Voie

De Nature et Culture en Hautes-Terres.



Au milieu du chemin de notre vie
je me retrouvai par une forêt obscure
car la voie droite était perdue.
(Enfer, Chant I, vers 1-3)





Dieu ordonne à Son peuple de Le suivre et non pas suivre les tradition des hommes. Les voies de Dieu sont plus élevées et meilleures que les voies des hommes (És 55:8-9). Les hommes ne peuvent déterminer par eux-mêmes ce qui est bien et ce qui est mal ni la façon dont Dieu doit être adoré. Pourquoi ? Parce que «le coeur est tortueux par-dessus tout, et il est méchant» (Jér 17:9), et que «la voie de l’homme n’est pas en son pouvoir; ce n’est pas à l’homme, quand il marche, à diriger ses pas» (10:23). Dieu nous a conçus et nous a donné la vie. Il sait de quelle façon nous devons L’adorer.




La grande Voie n’a pas de porte. Des milliers de routes y débouchent

Proverbe zen

Dao/Tao, la voie



Sommaire

Voie du salut et de l'amour

Au Maroc, toutes les voies mènent aux rois !

La voie du silence. Des pistes pour méditer par Père Alphonse Goettmann

Voie du silence

La divinisation

Ceux qui essaieront d'avancer dans cette voie pourront y intégrer tout leur corps. Mais là un guide est indispensable. Assis sur un petit banc ou sur les talons, comme le conseillent certains Pères, soit dans la verticale, soit au contraire le dos incurvé jusqu'à ce que le menton vienne se poser sur le sternum. Puis diriger le regard sur le milieu de la poitrine.

Dans la détente totale et l'attention la plus aiguë, faire descendre l'intellect dans le coeur et de là laisser jaillir la prière de Jésus, en y ramassant toute la force de notre être : corps-âme-esprit. Toute la visée est la, comme pour toute autre méditation ou prière : que l'intellect descende dans le coeur. Là est le centre de l'homme, la racine de sa substance humaine et en même temps, le locus Dei, trône de Dieu. « C'est par le coeur, dit Théophane le Reclus, que la vie divine se diffuse dans l'homme tout entier... et c'est par le coeur que l'homme entre en contact avec tout ce qui existe et peut saisir le secret même de l'univers... »

Le coeur est l'organe même de notre divinisation... C'est là que l'homme rencontre Dieu face à face. Aussi, tant que l'on ne prie qu'avec l'intellect dans la tête, on ne réalisera jamais une rencontre personnelle avec Dieu, ni avec qui que ce soit d'ailleurs. On peut s'imaginer un brasier ou une flamme, une lumière dans la région du coeur.

Même si l'on recommande parfois de diriger la concentration vers l'ombilic (le nombril) ou de « pousser le Nom de Jésus jusque dans les entrailles » selon certains Pères, c'est toujours le coeur qui reste le point culminant de toute maturité spirituelle. Il est le centre intégrateur du haut (intellect) et du bas (entrailles), le Lieu où l'Homme redevient un. Le coeur s'ouvre quand l'homme a des racines terrestres (Hara) et que l'intellect accepte de descendre de son autonomie indue.

D'autres Pères hésychastes synchronisent respiration et répétition du Nom. Il faut « coller à notre souffle le Nom de Jésus », dit saint Jean Climaque comme si « la prière était continuellement respirée », écrit Hésychius. Concrètement, d'après la tradition byzantine, on peut dire Seigneur Jésus Christ Fils de Dieu sur l'inspir : et aie pitié de moi pécheur sur l'expir. Si la respiration est trop courte au début, partager la phrase en quatre : sur l'inspir Seigneur Jésus Christ, expir : Fils de Dieu, inspir : aie pitié, expir : de moi pécheur. Aspirer doucement l'air avec les paroles.

En général, à moins d'une grâce exceptionnelle, l'invocation du Nom est d'abord extérieure : on la prononce avec les lèvres et les cordes vocales ; puis elle pénètre dans l'intellect pour devenir mentale : on la prononce alors sans les lèvres ni la participation des cordes vocales ; ensuite elle s'intériorise en descendant dans le coeur où sa répétition se fait de plus en plus spontanément et sans effort volontaire ; enfin, dernière étape, le méditant est entièrement saisi par la grâce qui désormais est l'auteur de la prière, remplissant le coeur d'amour et de lumière.

Ce sont là les degrés habituels de ce chemin, où chaque pas doit être respecté, sans en sauter aucun. Rien dans ce domaine ne peut être le résultat de notre effort volontaire, rien surtout n'oblige la grâce à être au bout d'une technique psychosomatique. La vraie prière est don gratuit accueilli dans la foi et le repentir. « Plus profond est le repentir, plus court est le chemin », dit le [[staretz Sophrony], « voilà son unique fondement ». D'où la nécessité d'une lutte sans merci contre tout ce qui fait barrage : toutes les passions qui assiègent notre coeur, dont la première est l'orgueil.

« Heureux les coeurs purs, car ils verront Dieu ! » (MAT 5,8). C'est toute l'oeuvre du retournement de la conscience et du renversement des idoles, la métanoia. Combat ascétique et prière sont inséparables, l'un ne cesse de provoquer l'autre, la réalisation de l'un étant la condition de l'autre et vice-versa. Aussi la prière elle-même est-elle déjà une véritable ascèse. « Le nom du Seigneur descend profondément dans le coeur », dit le moine Chrysostome, « il écrase le dragon et vivifie l'âme ».

Il faut que notre coeur absorbe le Seigneur et que le Seigneur absorbe notre coeur et que tous deux deviennent un. La prière de Jésus pose donc son levier à la racine même de nos passions. Elle entre d'abord dans notre vie « comme une lampe, dans les ténèbres, puis c'est comme un clair de lune, enfin c'est le lever du soleil » (HÉSYCHIUS). A mesure que le démon dénoue ses amarres, nous sommes « incorporés au Christ et devenons sa substance ! » (Saint Syméon le Nouveau Théologien).


Voir aussi sur http://eocf.free.fr/text_goettmann_terre_ciel.htm

Actualités

12 août 2011. Activité Royale. S.M. le Roi, Amir Al Mouminine, préside une nouvelle causerie religieuse du mois sacré du Ramadan

Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Amir Al Mouminine, que Dieu l'assiste, accompagné de S.A.R. le Prince Moulay Rachid et de S.A. le Prince Moulay Ismail, a présidé, mercredi au palais royal à Rabat, une nouvelle causerie religieuse du mois sacré du Ramadan. Cette causerie a été animée par l'érudit Hassan Chafii, alem d'Al Azhar Acharif (Égypte) sur le thème « Les règles doctrinales de la Charia », en partant du verset coranique : « Et jamais Dieu ne donnera une voie aux mécréants contre les croyants » (Al-Nisâa).

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