Tunis

Un article de Nature et Culture en Hautes-Terres.


Tunis, capitale de la Tunisie, située dans le nord-est du pays, au fond du golfe de Tunis qui s’ouvre sur la mer Méditerranée.

Édifiée sur les flancs d’une chaîne de collines longue d’une dizaine de kilomètres et large de deux kilomètres, Tunis s’étend jusqu’au lac du même nom, que prolonge un cordon littoral. Reliée à La Goulette et à la Méditerranée par un canal, desservie par un aéroport international, la ville portuaire est également en relation avec les autres ports d’Afrique du Nord par chemins de fer.

Sur le plan urbanistique, Tunis se caractérise par la cohabitation de ses deux ensembles urbains : la ville ancienne, au cœur de laquelle s’élève la médina, bâtie à flanc de colline, et la ville basse européenne, édifiée après la conquête française, en 1881.

Sommaire

L’héritage précolonial : la ville musulmane ou médina

La médina, entourée des faubourgs populaires de Bab Souïka et de Bab Djazira, possède un tracé labyrinthique ; ses rues étroites et sinueuses abritent les souks où sont vendus les produits du riche artisanat tunisien. La mosquée al-Zaytuna (ou mosquée de l’Olivier), fondée en 732, centre d’enseignement islamique supérieur, se dresse en son centre. En contrebas se trouve l’ancien quartier « franc », aux maisons de style italien. Fait urbain ancien dans le monde arabo-musulman :les médinas sont avantagées par rapport au monde rural à la fois pour des raisons religieuses, historiques (héritage urbain de l’antiquité gréco - romaine) et économiques (villes - carrefours commerciaux ) dans un monde qui vit de sa position stratégique commerciale entre l’orient et l’occident. La médina est un espace urbain aux caractéristiques qu’il faut rappeler, car au delà des apparences, il marque durablement la ville arabe moderne (cf. carte). Rappeler que la médina est le lieu d’une double ségrégation de l’espace urbain : ségrégation entre l’espace public central (le souk autour de la grande Mosquée) à la fois politique, commercial et religieux, et l’espace habité, privé. Ségrégation dans l’espace habité entre les rues publiques (les zquaq et les souika) et les ruelles privées se terminant en impasse (les derbs) pour préserver l’intimité de la vie familiale ou clanique du regard des autres (qui se conjugue aussi avec les murs aveugles sur la rue, l’horizontalité de l’habitat...).

L’espace privé des derbs représente 69% de la médina de Tunis et de ses faubourgs ! Elle occupe environ 600 ha en 1902 (le protectorat français remonte à 1881...), ce qui est encore sa superficie actuelle. En 1902, le territoire urbain de Tunis coïncide avec celui de la Médina. La ville possède 100 000 habitants et semble tourner le dos au littoral.

La ville européenne

La ville européenne, située entre la médina et le lac de Tunis, est construite selon un plan géométrique : le quartier des affaires et des spectacles se prolonge par des quartiers résidentiels au nord et par la zone portuaire à l’est. Tunis, dont la population s’est considérablement accrue depuis l’indépendance de la Tunisie (acquise en 1956), est ceinturée de banlieues résidentielles sur le littoral. Au sud sont concentrées les usines. La ville européenne est l’exacte inverse de la médina :espace ouvert, aéré, tourné vers le littoral qui accueille aussi les infrastructures ferroviaires et routières drainant les richesses et les hommes de l’arrière pays. Des extensions de cet espace ont lieu dans 3 directions :

  • Vers le Nord-est, se développent des quartiers à fonction plutôt administrative et résidentielle (quartiers de Mutuelleville et du Belvédère) avec ses extensions " chics " le long du littoral (les stations balnéaires de Carthage, Sidi Bou Saïd et la Marsa). Le Nord-ouest se développe de l’autre côté de la médina, autour du nouveau quartier du Bardo, aux fonctions également administratives (prolongement de l’ancien pôle turc de la médina/ quartier du bey). Plus loin, se développent des habitats plus populaires, sur le mode du bâti horizontal identique à celui de la médina.
  • Vers le sud-est, autour de la gare, s’implantent des entrepôts et des activités industrielles et un habitat également populaire.
  • Les contraintes du site (présence du lac de Séjoumi à l’ouest de la médina et du lac de Tunis à l’est) donnent déjà à l’agglomération naissante son aspect en " trognon de pomme " et contrarient son développement en auréoles concentriques harmonieuses.

En conclusion, développement d’un hypercentre à l’aspect dualiste fortement marqué du fait de la colonisation et de périphéries se situant dans le prolongement géographique de cet espace fortement ségrégatif. L’agglomération occupe une superficie de 3300 ha.

Tunis en musique

La ville abrite des institutions musicales parmi les plus prestigieuses du pays. La troupe de La Rachidia y est fondée en 1934 pour sauvegarder la musique arabe originale et valoriser particulièrement la musique tunisienne à travers de nouvelles créations inspirées des règles de la musique ifriquienne. Elle se compose de 22 membres (joueurs d’instruments et chorale)42.

La Troupe musicale de la ville de Tunis est créée en 1954 par Salah El Mahdi. Il charge en 1955 son disciple Mohamed Saâda de diriger cette troupe qui rassemble à cette époque les meilleurs artistes de la place qui intègrent par la suite la troupe de la radio nationale. Elle contribue à la promotion de plusieurs noms de la chanson tunisienne dont Oulaya.

L’Association de l’orchestre arabe de la ville de Tunis débute ses activités à la fin du mois d’avril 1982 en tant qu’atelier lié au centre culturel municipal. Il s’attache à la promotion de la musique arabe, à la formation musicale ainsi qu’à la coopération avec divers partenaires en Tunisie et à l’étranger. L’Orchestre symphonique tunisien, créé en 1969 par le ministère de la Culture, produit par ailleurs des concerts mensuels au Théâtre municipal ou dans l’un des espaces culturels de la capitale.

Dimanche sans voitures à l’Avenue Bourguiba» : seuls les piétons sont rois (+video)

Pour la sixième fois consécutive, l’avenue Habib Bourguiba de Tunis accueille pendant les soirées des dimanches du mois d’août, précisément les 2, 9 et 16 Aout, une animation carnavalesque.

La banlieue de Tunis
La banlieue de Tunis

Calicut

C'est là que Vasco de Gama accoste le 18 mai 1498, ou plutôt sur la plage du village de pêcheurs de Kappad à quelque 15km de Calicut. À sa grand surprise, il est accueilli par deux Arabes de Tunis s'exprimant dans un espagnol parfait et dans le dialecte de Gênes.

Tunis, terre de dialogue des écrivains de la Méditerranée

Les tentatives de promouvoir le dialogue entre les rives nord et sud de la Méditerranée se mutiplient. Voilà une autre initiative dans ce sens: « La Meuse », un bateau de la marine française vient de débarquer à la Goulette, première escale d’un périple littéraire à travers la méditerranée. Partie le 8 octobre 2009 de Malte, la traversée nommée "Ulysse 2009" où y participent 25 écrivains des différents pays méditerranéens, devrait rallier le Liban via la Tunisie, la Libye et Chypre. Les organisateurs précisent que cette traversée est destinée à "promouvoir le dialogue entre les deux rives". L’Escale du bateau à la Goulette doit durer trois jours qui seront ponctuées de conférences à l'université et au Collège international de Tunis, dirigé par l’écrivain Héla Béji, avant que le bateau ne se rende en Libye mercredi 13 octobre puis en Chypre pour achever sa croisière le 23 octobre prochain au Liban. Parlementaires et diplomates français participent à la mission animée par des écrivains d'Algérie, de Chypre, d'Égypte, de France, de Grèce, du Liban, de Libye, de Turquie et de Tunisie. D'après AFP

Bibliographie

  • Jellal Abdelkafi, La médina de Tunis, éd. Presses du CNRS, Paris, 1989
  • Alia Baccar-Bournaz [sous la dir. de], Tunis, cité de la mer (acte d’un colloque de 1997), éd. L’Or du temps, Tunis, 1999
  • Philippe Di Folco, Le goût de Tunis, éd. Mercure de France, Paris, 2007
  • Abdelwahab Meddeb, Talismano, éd. Christian Bourgois, Paris, 1979
  • Mohamed Sadek Messikh, Tunis. La mémoire, éd. Du Layeur, Paris, 2000
  • Paul Sebag, Tunis. Histoire d’une ville, éd. L’Harmattan, Paris, 2000
  • Paul Sebag, Tunis au XVIIème siècle. Une cité barbaresque au temps de la course, éd. L’Harmattan, Paris, 2000

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