Tolérance

Un article de Nature et Culture en Hautes-Terres.

Je n'aime pas le mot tolérance, mais je n'en trouve pas de meilleurs. M.Gandhi


La tolérance, du latin tolerare (supporter), est la vertu qui porte à accepter ce que l'on n'accepterait pas spontanément. Ce mot revêt également le respect de la liberté de conscience et ouverture d'esprit à l'égard de ceux qui professent une religion ou des doctrines religieuses différentes, voire de manière plus générale, une attitude qui consiste à admettre chez autrui une manière de penser ou d’agir différente de celle qu’on adopte soi-même. (Robert). Cette vertu devrait porter l'homme à se montrer vigilant tant envers l'intolérance qu'envers l'intolérable. En d'autres termes, une notion qui pourrait se définir globalement le degré d'acceptation face à un élément contraire à une règle morale, civile ou physique particulière. Plus généralement, elle définit la capacité d'un individu à accepter une chose avec laquelle il n'est pas en accord. Et par extension moderne, l'attitude d'un individu face à ce qui est différent d'un ensemble de valeurs.

La notion de tolérance pourrait s'appliquer à de nombreux domaines :

  • la tolérance sociale : attitude d'une personne ou d'un groupe social devant ce qui est différent de ses valeurs morales ou ses normes ;
  • la tolérance civile : écart entre les lois et leurs applications et l'impunité ;
  • la tolérance selon John Locke : « cesser de combattre ce qu'on ne peut changer » ;
  • la tolérance religieuse : attitude devant des confessions de foi différentes ;
  • la tolérance en technique : marge d'erreur acceptable, ou capacité de résistance à une agression.

Toute liberté ou tout droit implique nécessairement, pour s'exercer complètement, un devoir de tolérance et de respect. Le manque de tolérance amène aux plus grands drames de l'existence. Sur n'importe quel plan, religieux, politique, raciste,... l'intolérance est vraiment le mal profond qui conduit les hommes à se déchirer et à se détruire.


Sommaire

«La tolérance, c'est l'harmonie de la différence» - Frederico Mayor, ancien directeur général adjoint de l'UNESCO

La tolérance, c'est se placer dans l'autrui. C'est comme dit la déclaration des principes de la tolérance qui a été approuvée par l'UNESCO en 1995, la tolérance est l'harmonie de la différence. C'est faciliter la transition d'une culture de force vers une culture de l'entente et de la conciliation. C'est surtout être à l'écoute. Au lieu d'imposer, écouter et s'enrichir d'une manière mutuelle. Je pense que c'est cela la tolérance. La tolérance n'est pas seulement aujourd'hui une chose possible, mais urgente. J'ai voyagé de par le monde et partout j'ai rencontré des citoyens qui me disaient que nous étions tous égaux mais nous sommes abandonnés. On a augmenté le fossé entre les uns et les autres. Oui, la tolérance est possible. Oui, la tolérance est urgente. Mais aujourd'hui nous avons quelques grands obstacles et à ces pays qui ont été blessés, qui ont dans ces moments-là une réaction trop forte, il faut leur demander pourquoi ils ne reviennent pas à l'année 1945, leur dire qu'ils ont été eux-mêmes à l'avant-garde de ce mouvement qui a proclamé que «nous les peuples» et non pas «nous les gouvernements» ou «nous les États» ou encore «nous les vainqueurs». Nous devons donc nous tous revenir à cet espace de «nous les peuples». Un poète espagnol a écrit un tout petit poème qui résume tellement bien le concept de la tolérance. «Qui ? sinon tous». Autrement dit, nous être nous tous, sans exclusion.

Déclaration des principes de la tolérance

Tolérance : masque de l’intolérance ?

L'Espagne a-t-elle émergé de l’affrontement entre chrétiens et musulmans, ou du mélange des différentes traditions présentes sur son sol ? Les deux écoles qui se livrèrent à cette polémique non dénuée d’arrière-pensées politiques dans les années 1950 et 1960 s’accordaient à reconnaître le rôle déterminant de la présence de l’Islam. Beaucoup de médiévistes actuels (D. Menjot ou B. Reilly, par exemple) dépassent ce débat en postulant la diversité de l’espace péninsulaire et seuls les historiens du fait culturel (notamment A. Rucquoi) parlent encore, mais de manière plus nuancée, d’identité hispanique. M. R. Menocal revient pour sa part aux théories exprimées par Américo Castro en 1948. Pour la linguiste américaine, professeur à l’université de Yale, ce que les chercheurs considèrent comme un vieux mythe, la coexistence pacifique des trois religions dans la Péninsule, est une réalité. Une culture de la tolérance s’est formée en Andalousie, et, de là, a été transmise à l’Espagne chrétienne et au reste de l’Occident. Des vecteurs extérieurs d’intolérance l’étouffèrent progressivement au cours des derniers siècles du Moyen Âge.

M. R. Menocal précise dès l’introduction qu’elle envisage la tolérance comme une notion toute relative, un terme employé par commodité pour combattre le séculaire lieu commun de l’obscurantisme médiéval. Visant un large public, elle aspire plus modestement à rappeler l’importance de l’Andalousie dans l’histoire du monde musulman, et l’étendue de son influence sur l’Europe latine. Son approche est résolument culturelle et les exemples choisis relèvent de l’histoire de la langue, de la littérature ou de l’art.

Ce terme est devenu à la mode, et usité parfois un peu à tort et à travers. Prenons l'exemple, de ces personnes qui se proclament tolérants alors qu’il ne sont ni libres ni forts ? Ils mettent en avant leur tolérance pour cacher une faiblesse. Ce sont des faibles qui refusent de s'affirmer, qui fuient la contradiction et qui maquillent leur lâcheté en tolérance. La notion de [vertu]] connote celle de force et de qualité morale. Chez les Grecs de l'Antiquité, l’homme vertueux était celui qui accomplissait son humanité dans son excellence. Le vice au contraire renvoie à l’idée de faiblesse, de défaut moral. La question est de savoir ce qu’il en est de la tolérance sous le rapport de la force ou de la faiblesse morale. On entend par tolérance une attitude consistant à accepter des croyances, des conduites que l’on n’approuve pas. Dans l’idée de tolérance il y a à la fois l’idée d’une acceptation et celle d’une réprobation. L’Islam se montre, malheureusement à de maintes reprise d’une intolérance regrettable. S’il l'est, c'est parce qu’il se sent menacé et méprisé. Mais l’Islam de la civilisation arabo-andalouse, celui des princes Perses étaient des périodes fastes où souffle l’esprit et le rayonnement. A contrario, nombreux ceux qui en Occident se montrent d’une intolérance hystérique envers l’Islam, C’est parce qu’ils ont peur. Ils ne se sentent pas forts face à une croyance étrangère qu’il ne peuvent ni ne veulent appréhender. Peur de l’autre, voire la haine de l’autre !

Selon certains moralistes, la notion de tolérance est associée à la notion absolue de bien et de mal. La tolérance s'exerce lorsqu'on reconnait qu'une chose est un mal, mais que combattre ce mal engendrerait un mal encore plus grand.

Dans ce cas, la tolérance peut alors conduire à une abstention volontaire dans le combat contre un mal identifié comme tel. Cette abstention n'est pas motivée par une relativisation des notions de bien et de mal, mais au contraire par la pleine conscience d'un mal qui ne peut malheureusement pas être combattu sans produire un autre mal plus grave encore.

C'est en ce sens, par exemple, que le terme de maison de tolérance, était encore usité au début du XXe siècle.

Seuls sont en situation de tolérer ceux qui sont en situation d’interdire. Les majorités tolèrent les minorités, pas l’inverse. Elles s’abstiennent de sanctionner des opinions ou des conduites qu’elles condamnent pourtant.

Par exemple, y a-t-il sens à dire que les Édits de tolérance au XVI° siècle témoignent de la vertu des catholiques ? Non, car ceux-ci condescendent à admettre sur le territoire français le culte protestant, ils ne reconnaissent pas le droit des protestants à la liberté de croyance. Le tort de la tolérance est ici d’offrir comme un don gracieux de la charité] ce qui est un dû, en vertu du principe de justice. Elle cache sous une façade de tolérance une intolérance foncière consistant à refuser à l’autre un droit égal à la liberté de penser et à la détermination autonome de sa conduite. (source : la tolérance est-elle un vice ou une vertu?).

Le fanatisme de la tolérance

Ils n'ont que ce mot à la bouche et le brandissent tel un étendard qui claque au vent de la modernité. Tolérance ! Pas un jour sans qu'un animateur célèbre, un intellectuel à la mode ou un homme politique ne se drapent dans ce nouvel idéal. Il faut une sacrée dose de courage pour faire profession de tolérance. La tolérance ça vous campe un homme, fichtre ! Claudel nous avait prévenu, «la tolérance il y a des maisons pour çà» et notre société se découvre progressivement en maison de passe, comptoir clos pour discussions sans alcool. Il est un bon usage de la tolérance, vital tout autant que fécond, et c'est en son nom que nous dénonçons un usage plus mauvais. Aujourd'hui, nous aimons trop l'homme et sa liberté pour le laisser devenir esclave d'un nouveau fanatisme : le fanatisme de la tolérance.

La tolérance, c'est l'attitude du fort vis-à-vis du plus faible ?

C'est surtout l'acceptation de l'autre. L'histoire se crée à travers deux choses : l'égoïsme et l'amour de l'Autre. L'humanité tend parfois vers l'égoïsme et parfois vers l'amour de l'autre. Au siècle dernier, l'humanité a beaucoup plus penché vers l'égoïsme. Il devient alors nécessaire de retrouver l'équilibre encore une fois. Les guerres et les affrontements existent à cause des intérêts.

Saïd El Meftahi

Le Maroc doit son image de nation musulmane moderne au soufisme, une tradition islamique spirituelle et tolérante qui remonte aux premières générations de musulmans et qui, pendant des siècles, a soutenu la cohésion religieuse, sociale et culturelle de la société marocaine. Le soufisme apporte des réponses à quelques-uns des problèmes les plus complexes que connaît le monde musulman contemporain dont les jeunes constituent la majeure partie de la population.

Tassamouh ou la Tolérance

La tolérance est la qualité première de l'être magnanime

Cette magnanimité se trouve dans toutes les religions

Nos opinions divergent ainsi que notre vision de la connaissance Ces deux-là ne doivent pas nous empêcher de vivre ensemble

Notre origine humaine est Une

Nos religions nous séparent, nos traditions aussi

Laissez-nous vivre dans la paix sans la guerre

Pardonnons-nous et oublions le mal qui a été fait

Extirpons toute haine et oublions les jours mauvais

Demandons-nous pardon

Faisons travailler notre raison et laissons revenir la Foi en l'autre

Faisons en sorte que tous les peuples soient frères et nous connaîtrons alors quiétude, amour et paix

Enfouissons une bonne fois tout ce qui est mal

Oublions jusqu'aux jours des ténèbres

Et rions à l'avènement des nouveaux jours

L'Homme est constitué de son intelligence et de sa compréhension au monde

Ces deux qualités n'ont pas été attribuées au reste des vivants

Je souhaite que cette vérité règne et ne soit plus un rêve.

Sourions au Monde, sourions à toutes les Vies.



Paroles et musique de Saïd El Meftahi

La chaîne Nessma TV veut construire le Maghreb culturel

« La construction d'un monde interculturel est possible dans un espace empreint de respect et de tolérance de l'autre. Autrement dit, le dialogue des cultures est la résultante d'une articulation positive des différences et des ressemblances entre partenaires autonomes et actifs, partageant une même communauté de destin. »

Le but avoué des nouveaux partenaires de Nessma TV, est de toucher l’audience maghrébine qui pèse 90 millions de téléspectateurs potentiels, sans pour autant omettre le reste du monde arabe. L’objectif déclaré étant de produire du contenu télévisuel respectant les standards de qualité européens, tout en tenant compte des sensibilités culturelles du téléspectateur maghrébin. Les responsables parlent ainsi, de « contribuer, par un programme fédérateur, à la promotion de la culture maghrébine, à consolider les valeurs de tolérance et de modernité, et à développer le dialogue des cultures et des civilisations dans l'espace méditerranéen ».

Les Danois et la tolérance

La tolérance des Scandinaves est bien connue. Et l'excellence de leur système social, médical et économique est souvent vantée, du moins à gauche...

Concert pour la tolérance : le rendez-vous des français d'Agadir, le 17/10/09

Ce concert-prétexte est un pur concept marketing promouvant plus la Marina d'Agadir que d'être une oeuvre prônant de vrais vecteurs de Tolérance ou de fraternité. Il est organisé par Electron libre Production et l'Association pour la tolérance, avec le support télévisuel des chaînes de télévision M6 et 2M, donnent rendez-vous au public français sur la plage d'Agadir le 17 octobre 2009 à partir de 20 heures.

Façade

Etymologie du mot "tolérance"

Étymol. et Hist.


1.

a) Ca 1365 « action de tolérer, d'admettre quelque chose qu'on n'approuve pas ou qui est défendu, mais que l'on renonce par indulgence à interdire, à empêcher » la tollerance et souffrance d'icelle (Nicole Oresme, Traité des monnaies, éd. B. Wolowski, p. 3);

b) 1690 « liberté accordée à certaines personnes, en divers cas, à l'égard d'une loi, d'un règlement » (Fur.); en partic. 1964 tolérance grammaticale, orthographique (Rob.);

c) 1842 maison de tolérance (v. maison étymol. B 6 a); d) 1973 société de tolérance (L'Express, loc. cit.);


2.

a) 1567 « disposition à admettre chez les autres une manière d'être, de penser, d'agir différente de la sienne » ici, en partic. « permission accordée à des dissidents de pratiquer librement leur religion » (Condé, Mém., p. 609); cf. déb. xviie s. la tolerance ou non tolerance de deux religions (D'Aub., Hist., II, 236 ds Littré);

b) 1691 tolé-rance ecclésiastique (Boss., 6 avert. III, 11, ibid.);

c) 1691 tolerance civile (Id., op. cit., ibid.);

d) 1763 « respect de la liberté d'autrui en ce qui concerne ses opinions politiques, philosophiques » cet écrit sur la tolérance (Voltaire, Traité sur la tolérance, p. 645); 1764 esprit de tolérance (J. J. Rousseau, Lettres écrites sur la mont., p. 799);


3.

a) 1812 « ce que la loi permet de donner aux monnaies d'or et d'argent en plus ou en moins que le titre ou le poids réel » (Mozin-Biber t. 2);

b) 1834 méd. « propriété que possède l'organisme de supporter certains remèdes » (Jour. de méd. et de chir. pratiques, V, p. 510 ds Quem. DDL t. 8);

c) 1836 ici au plur. « marge d'inexactitude admise dans l'exécution d'une pièce usinée » (Ac. Suppl.). Empr. au lat. class. tolerantia « constance à supporter, endurance ».


http://www.cnrtl.fr/etymologie/tol%C3%A9rance

Havre de paix, de liberté et de tolérance, les femmes ne portent pas de voiles mais des chapeaux de pailles et des costumes aux couleurs vives.

Cheb Wissem, chanteur originaire des îles Kerkennah.

Informations

Bibliographie

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  • Mendus, Susan, ed. (1988) Justifying Toleration: Conceptual and Historical Perspectives (New York: Cambridge University Press).
  • Mendus, Susan (1989) Toleration and the Limits of Liberalism (Atlantic Highlands, New Jersey: Humanities Press).
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  • Nicholson, Peter P. (1985) "Toleration as a Moral Ideal" in Aspects of Toleration: Philosophical Studies ed. John Horton and Susan Mendus (New York: Methuan).
  • Stebbins, Robert A. (1996) Tolerable Differences: Living with Deviance, 2nd ed. Toronto, ON: McGraw-Hill Ryerson.
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Articles connexes

Lien internet

  • http://www.tolerance.ca [Webzine] canadien. Tolerance.ca publie des articles en français et en anglais. Indépendant et neutre par rapport à toute orientation politique ou religieuse,