Suisse

Un article de Nature et Culture en Hautes-Terres.

La Suisse, ou la Confédération suisse pour les usages officiels, est un pays d’Europe de l'Ouest sans accès à la mer entouré par l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Autriche et le Liechtenstein. Elle a quatre langues nationales : l'allemand (die Schweiz), le français, l'italien (Svizzera) et le romanche (Svizra). Elle est constituée de la fédération des 26 cantons suisses. Le pays a une longue tradition de neutralité politique et militaire et abrite de nombreuses organisations internationales.

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La Suisse et ses minarets
La Suisse et ses minarets

Les Suisses viennent de se prononcer à 57,5 % : c’est non à la construction de nouveaux minarets sur le territoire de la Confédération. On parle bien de minarets, et non de mosquées.

Les Européens ont déploré le vote suisse interdisant les minarets et ne cachaient pas leur préoccupation face aux conséquences d’une décision pouvant être perçue dans le monde musulman comme une stigmatisation de l’islam. « Il ne faudrait pas donner le sentiment de stigmatiser une religion, en l’occurence l’islam », a estimé le ministre français de l’Immigration Eric Besson à son arrivée à Bruxelles. La présidence suédoise a jugé « surprenant » de soumettre un tel sujet à référendum. « En Suède, cette question relève de l’urbanisme et des compétences des élus locaux », a souligné le ministre de l’Interieur Tobias Billström. « Il n’y a pas de problèmes entre les Musulmans et les Européens dans l’Union européenne. Les Musulmans sont Européens », a remarqué la ministre suédoise chargée de l’Intégration Nyamko Sabumi. La ministre suisse de la Justice Evelyne Widmer-Schlumpf ne dissimulait pas son embarras à son arrivée à Bruxelles. « Je vais expliquer à nos partenaires que ce n’est pas un vote contre la religion des musulmans, mais seulement contre les minarets », a-t-elle déclaré. « En Suisse, nous respectons la liberté de la foi. C’est un droit très important pour nous » , a-t-elle assuré, reconnaissant que ce vote « n’est pas un signe très bon de la part de la Suisse ».

Le ministre des Habous et des Affaires islamiques, M. Ahmed Toufiq, a souligné l'importance d'ouvrir un débat profond et élargi entre les musulmans sur les répercussions de l'annonce en Suisse de l'interdiction d'ériger des minarets sur les mosquées et déterminer la manière de traiter ce genre de questions à l'avenir. Le ministre, qui s'exprimait lors de la séance hebdomadaire des questions orales à la Chambre des représentants, a rappelé que le Maroc a condamné cette décision, à travers le communiqué rendu public par le Conseil supérieur des Ouléma, présidé par SM le Roi Mohammed VI, Amir Al Mouminine. Le Conseil a exprimé son étonnement de cette position qu'il estime "contraire à l'image civilisée que les Musulmans se font de la Suisse", la considérant comme une forme d'extrémisme, a-t-il encore rappelé. M. Toufiq a également relevé que dans le prêche de vendredi, l'imam de la mosquée Imam Ali Ibn Abi Talib à Imilchil a souligné, en présence de SM le Roi Mohammed VI, Amir Al Mouminine, que le Maroc a vigoureusement dénoncé l'interdiction de la construction de minarets sur les mosquées, puisqu'il ne saurait admettre que l'humanité soit privée de l'appel à la prière, cinq fois par jour, un appel pour le bienfait et la félicité, soulignant que cette dénonciation s'inscrit dans le cadre de la défense des valeurs et institutions de la religion. Le Conseil supérieur des Ouléma avait condamné l'annonce en Suisse de l'interdiction d'ériger des minarets sur les mosquées, souhaitant que les sages de ce pays conçoivent une démarche qui annulerait cette interdiction.

Le Maroc expulse une famille suisse qui aurait "propagé le credo évangéliste"

L'affaire a été révélée par le site http://www.oujdacity.net/regional-article-23960-fr.html et fait grand bruit en Suisse. Vendredi dernier, en fin de journée, à la suite semble-t-il d'une dénonciation, 17 personnes ont été interpellées à Saïdia (Nouvelle station de Saïdia : fiasco ou feu d'artifice ?), tout près d'Oujda, par les services de police marocaine de la préfecture pour "avoir participé aux travaux d’une réunion publique non déclarée, donc non autorisée" et qui, selon la police marocaine, visait "la propagande d’un credo évangéliste par le biais de recrutement d’adeptes marocains" (au centre une des mosquées d'Oujda et à droite l'église d'Oujda). Un couple suisse et ses trois enfants de 8, 13 et 15 ans, qui résidaient au Maroc depuis sept ans, dans le cadre d'un projet humanitaire au service des handicapés, deux Sud-Africains, un Guatémaltèque et un Français d'origine algérienne, marié à une Marocaine, ont été expulsés. Une douzaine de Marocains, dont deux médecins convertis au christianisme, ont été soumis à un "examen de situation" avant d’être relâchés. La perquisition a abouti à la saisie de ce que la police nomme "plusieurs documents de prosélytisme (ouvrages religieux et CD)".

Le couple expulsé travaille pour la très petite ONG helvétique nommée Consulting, Training and Support (CTS), basée à Peseux (à gauche le château de cette localité), dans le canton de Neuchâtel, tout près de chez moi, et dont je n'avais jusqu'ici jamais entendu parler, mais dont l'activité au service des handicapés marocains (au centre) paraît très utile à la collectivité si l'on en croit son site http://www.cts-pro.org/index.htm. CTS assure que ses activités sont reconnues et que les permis de séjour sont en ordre, sur la base d'un travail concret, puisque elle anime un atelier de fabrication d'orthèses et de fauteuils roulants. Elle forme aussi des agents de réadaptation (à droite). Entre autres objectifs qui semblent on ne peut plus louables.

CTS dément avoir "mis en danger les valeurs religieuses du royaume" et toute allégation de ce type. Son président, Pierre-Alain Porret, a affirmé au quotidien "L'Express" que la foi chrétienne des expulsés "relève du domaine privé, même si leurs valeurs transparaissent dans leur vie quotidienne". D'après lui, "ils se réunissaient chez des privés et pratiquaient leur foi en toute discrétion, sans prosélytisme". A "L'Express", qui l'a contacté lundi à Melilla, enclave espagnole où il s'est réfugié avec sa famille, l'humanitaire expulsé a précisé qu'il était en train de converser avec un médecin marocain au sujet des activités humanitaires de l'association, quand la police l'a arrêté. "C'était musclé, mais sans brutalité", a-t-il relevé. L'ONG souhaite reprendre le plus rapidement possible ses activités en faveur des handicapés. Elle espère pouvoir négocier un retour de la famille suisse au Maroc.

L'humanitaire expulsé n'exclut pas que le scrutin suisse sur les minarets (voir Interdiction des minarets en Suisse : je suis surpris, fâché mais pas inquiet) ait déclenché la descente de police, qui est intervenue le premier vendredi suivant le résultat. Ce dernier est lui-même tombé en pleine fête de l'Aïd (voir Vendredi ou samedi, ce sera l'Aïd, plus grande fête musulmane de l'année). L'expulsion de la famille suisse donne en tout cas des arguments supplémentaires aux anti-minarets helvétiques, qui auront beau jeu de faire valoir que le Maroc ne respecterait pas la liberté religieuse. Mais rien ne serait davantage contre-productif, au Maroc comme en Suisse, de tomber dans le piège d'une escalade, qui ne favoriserait que les extrémistes. Ces derniers ont déjà suffisamment retiré de bénéfices de ce dossier !

Critiquer l’islam: un acte citoyen. Tribune de Genève

islamophobie
L'islam en Europe

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