Roumanie
La Roumanie (roumain România) est un État d’Europe de l'Est, située au carrefour de l'Europe Centrale (46%: la Transylvanie, la Crişana, le Banat roumain, la Marmatie et la Bucovine), de l'Europe du Sud (38%: la Valachie et la région balkanique Dobroudja) et de l'Europe de l'Est (16%: la région de Moldavie sans la Bucovine), membre de l’Union européenne et de l'OTAN. Possédant un héritage latin, ce pays est entouré par des pays slaves comme la Bulgarie, la Serbie ou l’Ukraine et par la Hongrie. Il est bordé par la mer Noire au sud-est. Au nord-est, un petit pays également à majorité roumanophone, la République de Moldavie, ne fait plus partie de la Roumanie depuis 1944. La Roumanie, qui est le 7e pays le plus peuplé de l’Union européenne et le 9e par sa superficie, est aussi un pays stratégique pour l'Union européenne, de par ses relations étroites avec les pays de la mer Noire.
Ramassée autour de l'arc des Carpates, la Roumanie couvre une superficie de 238 391 km². Elle est limitée par au nord par l'Ukraine (362 Km et 169 Km) et la République de Moldavie (450 Km), à l'ouest par la Hongrie (443 Km) et la Serbie (476 Km), au sud par la Bulgarie (608 Km) et à l'est par la Mer noire (245 km de côtes). Principal fleuve du pays, le Danube sépare la Roumanie de la Serbie, de la Bulgarie et, à son estuaire, de l'Ukraine.
Souvent comparée à un Canada miniature, la Roumanie est riche en ressources naturelles. Les Daces puis les colons romains avaient choisi la région pour ses exploitations minières (charbon, fer, cuivre, plomb) et aurifères (or et argent dans les Monts Apuseni ; cuivre et fer dans les Carpathes Occidentales). L'exploitation du sel remonte également à la période romaine et constitua, à partir du XIV° siècle, la principale ressource du sous-sol de Transylvanie. Employés comme matériaux de construction, le granit, le basalte et le marbre proviennent des Carpathes Occidentales. Le pétrole et le gaz naturel, exploités dès 1857, avaient fait de la Roumanie un pays riche dans l'entre-deux-guerres.
Les terres agricoles, composées de sols fertiles, occupent 40 % de la surface du pays, les forêts 28 % et les pâturages 20 %. La Roumanie produit du maïs, du blé, du houblon, de l’avoine, du tabac et des fibres textiles et pratique l'élevage des moutons dans les prairies des hauteurs. Les forêts de Roumanie abritent de nombreuses espèces sauvages, dont des loups, des ours, des cerfs et des biches, des lynx, des chamois et de grandes variétes d’oiseaux.
L’État roumain
La Roumanie est un État national, souverain et indépendant, unitaire et indivisible. La forme de gouvernance est la république. La Roumanie est un État de droit, démocratique et social.
L’État est organisé suivant le principe de la séparation et de l’équilibre des pouvoirs - législatif, exécutif et judiciaire - dans le cadre de la démocratie constitutionnelle, garantie par le pluralisme politique.
Le Président de la Roumanie représente l’État roumain et il est le garant de l’indépendance nationale, de l’unité et de l’intégrité territoriale du pays (mandat de 5 ans). Depuis décembre 2004 le président de la Roumanie est Traian BAsescu (réélu le 6 décembre 2009 pour un nouveau mandat)
Pouvoir législatif: le Parlement de la Roumanie, qui comprend 469 membres, est bicaméral - le Sénat et la Chambre des Députés (mandat de 4 ans).
Pouvoir exécutif: le Gouvernement de la Roumanie, dirigé par le Premier ministre, chargé par le Président de la Roumanie de former le gouvernement, avec le Programme de gouvernance accepté par le Parlement par vote de confiance. Depuis décembre 2009, le Premier ministrede la Roumanie est EMIL BOC.
Pouvoir judiciaire: indépendant, garanti par le Conseil Supérieur de la Magistrature; les juges sont inamovibles. La Roumanie est membre de l’ONU (1955), de l’OTAN (2004) et, depuis le 1er janvier 2007, de l’Union européenne.
La période socialiste en Roumanie
Après les conférences de Yalta et de Postdam (1945), la Roumanie est placée sous l’influence de l’URSS. Dès les premières élections libres en 1945, le gouvernement élu est remplacé par celui du communiste Groza, sous la pression de l'URSS. Le roi Michel abdique en 1946 et les leaders politiques sont arrêtés. Le 13 avril 1948 est proclamée la République Populaire Roumaine.
Dès lors, la Roumanie socialiste présente un profil similaire à celui des autres démocraties populaires : toute-puissance du parti unique, économie planifiée, collectivisation. Les années 1950 sont marquées par l'industrialisation du pays, impulsée par le Parti Ouvrier Roumain, la collectivisation des terres et la forte censure politique. Les entreprises industrielles, les mines, les banques et les transports sont soumis à une économie planifiée.
En 1955, la Roumanie intègre le Pacte de Varsovie et devient une République Socialiste. Bien que dès la mort de Staline (mars 1953), les dirigeants roumains envisagent de priviligier l'intérêt national, la Roumanie aligne sa politique étrangère sur celle de l ’URSS et coopère pleinement au Kominform, au COMECON et au Pacte de Varsovie : soutien à Moscou contre Tito, contre la révolte de Budapest en 1956, russification de la culture... A partir de 1962, la Roumanie refuse de s’aligner sur les positions de l’URSS en matière de politique internationale et maintient ses relations avec la Chine et Israël.
N. Ceausescu succède en 1965 à Gheorghiu-Dej au poste de Secrétaire général du Parti Communiste roumain. Il mène une politique étrangère indépendante des buts soviétiques, mettant en avant l’intérêt national. En 1968, les troupes roumaines n’interviennent pas avec celles du Pacte de Varsovie à Prague, et l'intervention est condamnée par Ceaucescu. La Roumanie multiplie ses liens avec l’Occident et fait appel aux capitaux étrangers pour développer l’industrialisation. En 1972, elle adhère au Fonds monétaire international et à la Banque mondiale. Si la politique étrangère de Ceausescu fut par certains qualifiée de responsable et de pragmatique, sa politique intérieure prit en revanche les traits d’un régime dictatorial.
La dictature de Ceaucescu
Au niveau intérieur, l'ordre, la sécurité et un niveau de vie en progrès donnent au nouveau chef de l'Etat un certain soutien dans la population. Le culte de la personnalité se développe envers le Conducator, "génie des Carpathes", "fils le plus aimé de la nation" et "resplendissant militant révolutionnaire".
En 1974, Nicolae Ceausescu devient Président de la République. Disposant d'un pouvoir absolu, il met en place avec son épouse Elena une dictature personnelle. Le nationalisme exacerbé réduit les différends entre les provinces et les opposants sont poursuivis. Les Roumains sont soumis à la systématisation et à l’uniformisation du pays. La population est durement contrôlée par la police secrète (la Securitate, la plus crainte des polices secrètes des pays de l'Est) et par le gouvernement. La Roumanie pratique une politique linguistique ultra-nationaliste et anti-hongroise. Les centres culturels, les théâtres, l'université et les écoles de langue hongroise sont progressivement fermés, les échanges culturels avec la Hongrie fortement réduits, et l'emploi des noms hongrois des villages roumains habités par les minorités interdit en avril 1988.
La mise en place de nouvelles libertés publiques
Après la chute du régime de Ceausescu en 1989, la Roumanie rétablit peu à peu les libertés publiques fondamentales. En 1991, le pays se dote d'une constitution inspirée de celles des pays occidentaux. Sous la pression des partis d'opposition, le multipartisme et la liberté d'expression sont réintroduits. Deux cent partis politiques de divers horizons sont enregistrés au début des années 1990, mais seul un petit nombre d’entre eux joue un véritable rôle sur la scène nationale. Un nombre record de dix partis politiques obtinrent des vois aux dernières élections, ce multipartisme rendant cependant difficile la mise en œuvre de réformes importantes.
En 1989, le Front du salut national condamne la politique des minorités de Ceaucescu et rétablit les droits nationaux individuels et collectifs. Désormais, une quinzaine de petites minorités nationales ont droit d’office à un député chacune : les Ukrainiens, les Russes, les Serbes, les Croates, les Slovènes, les Turcs, les Tatars, les Slovaques, les Tchèques, les Roumains, les Grecs, les Arméniens, les Polonais et les Lipovans (ou Russes lipovans). L’ensemble des minorités nationales est représenté par quarante sièges à la Chambre des députés et onze sièges au Sénat, ce qui équivaut à ce que les minorités représentent proportionnellement dans la population (11 %). D'autre part, les membres des minorités nationales peuvent se faire élire lors des élections locales à des postes de maires, de conseillers municipaux ou de conseillers de comté.
Dés le début des années 1990, le téléphone, le télégraphe, la télévision et la Poste se répandent. Le nombre de journaux quotidiens passe de trente-six à soixante-cinq. Cependant, le retour à la démocratie fut à certains égards ralenti par le pouvoir en place, avec par exemple l'interdiction de la manifestation anti-communiste organisée par l'Alliance Nationale (regroupant l'opposition) ou le refus, par crainte d'un possible retour à une monarchie constitutionnelle, d'un visa au roi Michel de Roumanie en 1993 et 1994. Certains représentants des minorités estiment que la Roumanie est un "État unitaire" qui pratique le "nettoyage ethnique", bien qu’il n’y ait pas d’effusion de sang. Ils demandent au gouvernement la modification de la Loi sur l’éducation afin de la rendre compatible avec leurs aspirations. Dans un autre domaine, l'homosexualité fut longtemps considérée en Roumanie comme un délit par le code pénal, preuve des difficultés du pays à intégrer certaines valeurs européennes.
Selon diverses organisations de défense des droits de l'homme, les conditions de vie dans les prisons s’améliorent lentement. Il reste également à effectuer des progrès dans la démilitarisation de la police et dans le cas de traitement inhumain et dégradant.
Le système éducatif roumain
Les Roumains sont des personnes instruites. Le taux d'alphabétisation réel ne s'élève qu'à environ 95 % (officiellement 98 %), mais l'analphabétisme ne concerne guère que les minorités et plus particulièrement la population Rom. La tradition roumaine en matière d’éducation remonte aux écoles confessionnelles de Transylvanie et aux académies princières de Moldavie et de Valachie du XVIIe siècle. Les premières écoles dans les monastères datent du XVe siècle. Dès la fin du XIXe siècle, la culture et la science connurent un grand essor en Roumanie. Le système d’éducation moderne remonte à cette époque, mais il a été réformé par le communisme, qui a supprimé toutes les écoles privées pour mettre en place un système d’éducation gratuite et obligatoire pour tous. L’éducation a de nouveau été réformée depuis 1990. Les Ecoles et les Universités privées sont autorisées, mais elles ne sont pas reconnues par l’Etat. Les instituts d’enseignement supérieur sont devenus plus autonomes.
Le système éducatif roumain est performant dans le domaine technique, mais insuffisant dans les autres disciplines. Le niveau des élèves est toutefois meilleur que celui de la France. La Roumanie remporte régulièrement de nombreux prix en sciences, en mathématiques, en médecine, en dessin et en musique. Le pays a notamment obtenu de nombreuses médailles d'or aux dernières Olympiades Internationales d'Informatique.
L’école est gratuite et obligatoire jusqu’à l’école secondaire, ou jusqu’à ce que l’élève atteigne dix-huit ans. L’école primaire dure huit ans. Les élèves passent des examens à l'issue desquels une moitié environ d'entre eux sont admis à l'Ecole secondaire pour des études techniques, artistiques ou générales et l'autre moitié continue ses études dans des lycées de formation professionnelle qui préparent à des métiers dans
Culture en Roumanie
Pour qui cherche à définir la personnalité de la Roumanie, le premier caractère qui retient l'attention est sa diversité. La Roumanie est un carrefour culturel. L'histoire l'associe au monde balkanique, puisqu'elle a subi comme lui l'influence religieuse et artistique de Byzance et le joug ottoman. Mais elle n'atteste pas moins sa vocation carpato-danubienne, que la géographie impose, c'est-à-dire l'ouverture vers le monde germanique et hongrois, et par-delà, vers la civilisation occidentale, c'est-à-dire le catholicisme, la Réforme, le mouvement des Lumières et le romantisme.
Les différentes religions et les pratiques religieuses en Roumanie
La Constitution communiste garantissait la liberté religieuse, mais sous certaines conditions. Ainsi, les Eglises ne pouvaient-elles pas diriger d’écoles, exception faite des séminaires. Désormais, les Roumains de toutes religions peuvent de nouveau se vouer à leur culte, à l'image de l'ancien président Constantinescu, qui affiche des icônes orthodoxes dans son bureau.
Les Roumains sont croyants et relativement pratiquants. Selon un sondage de mai 2001 d'un grand quotidien roumain, 80 % des jeunes roumains se retrouvent dans les valeurs de l'Eglise. Quinze cultes religieux sont reconnus et aidés par l'Etat en Roumanie. Les représentants des différentes religions élisent leurs organes de directions et nomment leurs ministres de culte, sans ingérence de l'Etat.
Avec plus de 85 % de croyants, l’Orthodoxie domine nettement. En Valachie et en Moldavie, les Roumains de religion orthodoxe représentent la quasi-totalité de la population. L'Eglise catholique (de rite latin) est puissante en Transylvanie où elle compte plus de mille Eglises et plus d'un million de fidèles, soit 5 % de la population du pays. La majorité des croyants sont d'origine hongroise ou saxonne.
Une partie des roumanophones de Transylvanie sont uniates. Ces catholiques de rite grec, parfois appelés chrétiens orientaux, avaient été réunis par la force aux orthodoxes par le régime communiste. Ils souhaitent désormais récupérer leurs Eglises, ce qui crée des tensions avec les orthodoxes. Les Roms ne possèdent pas de religion spécifique, mais ils se distinguent par leur superstition, teintée de fatalisme. En Roumanie, leurs pratiques religieuses se rapprochent de l'orthodoxie.
Regroupant environ 5 % de la population, la Communauté Protestante est active en Roumanie, principalement en Transylvanie. Née de la Réforme au XVIe siècle, elle se décompose en Eglises traditionnelles, luthériennne et réformée. L'Eglise luthérienne se caractérise par des services religieux uniques, dont les chorales sont chantées en allemand et accompagnées à l’orgue. Les Eglises "Néo-Protestantes" (Adventiste, Baptiste, Pentecôtiste...) connaissent un succès important auprès de populations rurales, déçues par les abus du clergé orthodoxe. Ce phénomène est à relier à celui de l'émergence des sectes, dont une par semaine en moyenne se crée depuis 1989. D'autres Eglises chrétiennes existent, liées aux appartenances ethniques comme l'Eglise Arménienne ou les Chrétiens de Rites Ancien (populaire chez les Lipovènes).
Comptant à peine 50 000 croyants, l'Islam n'est présent que le long de la Mer Noire, résultat de l'occupation de la Dobroudja par les armées turques à partir du XIV° siècle. Il s'agit de sunnites répartis entre Turcs, venant essentiellement d'Anatolie, et de Tatars (la Horde d'Or). La communauté juive, qui a été décimée sous l'Holocauste et a vu les survivants émigrer vers Israël à la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, ne représentent qu'environ 20 000 personnes.
Les Roumains et les minorités nationales
Les Roumains d'origine représentent près de 90 % des habitants du pays. Principalement concentrés dans plusieurs îlots en Transylvanie, les Magyars constituent avec environ 1,5 millions d'individus la plus grande minorité en Roumanie. De religions catholique, calviniste ou luthérienne et fort d'un dynamisme économique supérieur à la moyenne du pays, les Hongrois cherchent à préserver leur culture et leurs traditions. Etouffées sous le communisme, les tensions entre les Roumains et les Hongrois ont resurgi à partir de 1989. Au moins deux cent mille d'entre eux ont quitté la Roumanie ces quinze dernières années.
Officiellement, les Roms (appelés vulgairement Tsiganes ou Gitans) représentent environ quatre cent mille personnes, soit moins de 2 % de la population. Leur nombre réél est en fait probablement supérieur à un million de personnes, ceux-ci s'étant le plus souvent déclarés roumains, hongrois ou turcs lors des recensements ou n'ayant pas été comptabilisés lors du recensement, en l'absence de papiers d’identité. Représentés au Parlement mais souvent haïs de la population locale, ils parlent encore fréquemment le romani et vivent dans des "villages Rom" ou sont semi-nomades, c'est-à-dire qu'ils s'installent périodiquement dans un endroit donné pour pratiquer leur métier. Leur situation s'est fortement détériorée depuis la fin du communisme. Une partie des enfants ont quitté l'Ecole et les adultes ont été très durement touchés par le chômage. Une partie des Roms se sont intégrés à la société roumaine, mais les autres sont contraints à la pauvreté, la délinquance juvénile, la criminalité chez les hommes et la mendicité des femmes.
Descendants des premiers colons allemands arrivés en Transylvanie au XII° siècle et fondateurs de villes telles que Sibiu, Sighisoara ou Brasov, les Allemands de Transylvanie ou Saxons ont massivement quitté le pays après 1989. Ils ne représentent plus que 0,5 % de la population roumaine aujourd'hui. Les Ukrainiens au Nord, connus pour leurs oeufs peints, les Turcs, installés près des côtes de la Mer Noire, et les Lipovènes ou « vieux-croyants », descendants de Russes ayant fui les persécutions du Tsar Pierre le Grand au XVIIe siècle, constituent d'autres petites minorités, en compagnie des Serbes, des Croates et des Juifs.
Avec ses opéras, ses salles de concert, ses galeries d'art et ses musées de renommée internationale, Bucarest était autrefois appelée "le petit Paris". La capitale, et dans une certaine mesure le reste du pays, regorge d'expositions, de foires, d’opéras et d’orchestres philharmoniques de haut niveau. Peu chers par rapport aux standards occidentaux, les tickets doivent être achetés à l'avance. Les cinémas sont nombreux et diffusent les films en version originale. Le pays compte plus de mille cinq cent musées d’art, d’histoire ou de culture, les plus petits étant ouverts à la demande. La Roumanie offre également des festivals de grande qualité parmi lesquels le Festival international du théâtre d’amateurs, le Festival national et international de danses sportives, le Festival international de jazz et le Festival international de musique légère, appelé aussi le Cerf d’or.
Les Roumains font des efforts vestimentaires pour sortir et ils apprécient que les expatriés et les touristes fassent de même. Les fréquentes interdictions (de photographier, de fumer, etc.) doivent être respectées.
Avec ses clubs et autres bars, Bucarest propose une vie nocture animée. Il est bon de rappeler que la conduite sous l'influence de l'alcool peut entraîner la confiscation du permis de conduire. De même, la possession, la consommation ou le trafic de produits stupéfiants sont interdits en Roumanie. Il n'est pas rare que des ressortissants français soient interpelés, au cours de fêtes, en possession de drogues douces et soient incarcérés. Très lourdes, les peines encourues pour ce type de délits peuvent aller jusqu'à plusieurs années de prison ferme.
Musique roumaine
La musique roumaine est particulière au sein de l'Europe de l'Est, car la population de Roumanie n'est pas majoritairement slave mais latine, tout comme celle de Moldavie (dont la musique fait partie, selon les musicologues et les ethnologues roumains). De plus, il existe une grande minorité tsigane particulièrement versée dans la musique et appelée les Lăutari et leur qui anime de leur musique débridée, avec leur joueur de cithare et leur violoniste virtuose les fêtes et banquets (mariages...).
Les sources archéologiques attestent l’existence d’une culture musicale bien individualisée dans la Dacie préromaine et romaine. Au Moyen Age, l'art roumain est une réalité spirituelle originale, la danse valaque étant mentionnée dans les codex musicaux européens. La musique classique roumaine s’est affirmee par l’œuvre d’un musicien de génie: Georges Enesco, compositeur et violoniste. Le festival international «Georges Enesco» a célébré une fois de plus, lors de sa XIXe édition, la personnalité de l’éminent musicien, avec la participation de prestigieux artistes de la musique contemporaine.
Sur les scènes du monde se sont imposés des interprètes roumains de grande valeur, tels que le chef d’orchestre Sergiu Celibidache, le pianiste Dinu Lipatti, le violoniste Ion Voicu et d’autres instrumentistes célèbres, ainsi que de grands artistes lyriques, de Haricleea Darclée (première interprète du rôle Tosca de l’opéra de Puccini),jusqu'au soprano Angela Gheorghiu.
Cuisine roumaine
Comme tous les peuples, les Roumains pensent que leur cuisine est la meilleure du monde. Elle aussi puise aux différentes influences qui se croisent dans le pays : le nord (Transylvanie et Moldavie) se rapproche de l'Europe du nord, où dominent le chou, la pomme de terre, les farces, les vins bruts ; le sud (Valachie) se rapproche des Balkans avec des plats plus légers, du poisson, des brochettes, des vins doux ; partout, ciorbă, mămăligă, aubergines, tomates, poivrons doux, courgettes, ail, oignon, laitages et grillades forment les plats traditionnels (à ceci près que depuis l'arrivée du maïs en Europe, la mămăligă est à base de farine de maïs). La cuisine roumaine n'est pas pimentée, comme se l'imaginent souvent les occidentaux.
La cuisine roumaine et moldave est le reflet du caractère multiculturel de la Roumanie, la cuisine porte la marque des nombreux envahisseurs : les romains, les tatars, les hongrois, les allemands, les russes, les grecs, les turcs, etc. Et le résultat est une étonnante richesse de goût. Hors ces aspects historiques, la cuisine roumaine liée à ses racines paysannes est également très influencée par les saisons : l'été, c'est l'abondance de fruits et de légumes frais, et l'hiver les légumes et les fruits frais sont remplacés par des conserves au vinaigre. La géographie contrastée a aussi conditionné la diversité des préparations culinaires.
Bien qu'avec la mondialisation les goûts soient en train de changer, traditionnellement les Roumains ne considèrent pas comme comestibles les fromages très faits, les escargots ou les fruits de mer autres que les crustacés. Leur petit-déjeuner est plus proche du modèle anglo-saxon que du modèle latin, et comporte des laitages, des oeufs et des charcuteries. Dans le monde du travail, le repas de midi est rarement pris : on mange surtout le matin et le soir.
Tourisme
Il est difficile de parler de la Roumanie, sans évoquer la célèbre figure du comte Dracula popularisé par l'écrivain irlandais Bram Stoker et des dizaines d'œuvres de l'industrie cinématographique américaine. Grâce à lui, l'image de la Roumanie est associée aux mythes des vampires et de ce personnage fictif inspiré par le nom et les vies de deux princes de Valachie: Vlad II le Dragon (Vlad Dracul, membre de l'ordre du Dragon initié par Sigismond de Luxembourg) et son fils Vlad III l'Empaleur (Vlad Ţepeş). Sa légende associe également (sur des critères non-historiques) la ville médiévale de Sighişoara et le château de Bran, qui sont devenus des destinations touristiques importantes, au détriment d'autres richesses plus authentiques comme la tour de Chindia à Târgovişte, moins spectaculaire mais réellement bâtie sous le règne de Vlad Ţepeş.
Grâce à la diversité de ses sites, la Roumanie bénéficie d'un fort potentiel touristique. Avec cinq aéroports internationaux et un réseau étendu de ports, de routes et de voies ferrées, le pays possède les infrastructures nécessaires à l'arrivée des touristes. Cependant, du fait d'investissements insuffisants et d'un manque de savoir-faire en publicité et marketing, leur nombre plafonne à environ cinq millions par an. Ils proviennent essentiellement d'Europe de l'Est et plus particulièrement de Hongrie, de Russie et d'Ukraine.
La Roumanie est riche en sites architecturaux et historiques, dont plusieurs sont placés sous la protection de l'UNESCO. Le pays est connu pour ses monastères, ses églises fortifiées, ses villages et cités anciennes, ses musées, ses parcs et ses jardins. Brasov, dont les édifices les plus anciens remontent au XIIIe siècle, est probablement la ville roumaine possédant la plus belle architecture. Bucarest, dont N. Ceaucescu a rasé 20 % après le tremblement de terre de 1977, jouit d'une mauvaise réputation mais ne manque pas d'intérêt.
Les stations de ski de Sinaia, Predeal et Poiana Brasov font partie des principales attractions du pays. Le tourisme balnéaire se concentre sur quelques villes telles que Constanta, mais le projet de la station balnéaire Europa devrait en faire l'Antalya de la Mer Noire à partir de 2005. Parmi les lieux de cure et de stations thermales en Roumanie, dont la plupart ont été fondés par les Romains, les plus populaires sont Baile Felix (près d'Oradea), Tusnad (près de Miercurea Ciuc), Sovata (près de Targu Mures) et Baile Herculane (près d'Orsova). Le gouvernement roumain a abandonné le projet de construction du " Dracula Park " près du Château de Bran, mais il devrait l'entreprendre au bord du lac Snagov, près de Bucarest.
Le delta du Danube, qui se découvre en bateau, offre un paysage unique quant à sa faune et sa flaure. La Roumanie est un excellent terrain pour les randonneurs : Pays des Moti (monts Apuseni), les Maramures, la Bucovine, les Monts Bucegi et Piatra Craiului, les montagnes moldaves...
Dans les Carpates roumaines, les stations alpines offrent des séjours inoubliables. Citons-en Borsa et Vatra Dornei au nord, Slanicul Moldovei, Borsec et Sovata au centre du pays, Poiana Brasov, Predeal, Sinaia, Busteni, Caciulata, Calimanesti, Govora au centre-sud, Semenic et Baile Herculane au sud-ouest, Stâna de Vale au nord-ouest, qui font partie d’un riche réseau touristique. Nombre de ces stations sont riches en eaux minérales, indiquées pour le traitement de plusieurs maladies. D’ailleurs, les sources thermales et minérales de Roumanie, ayant des propriétés médicinales, sont les plus connues de l’Europe de sud-est.
Le littoral de la mer Noire, l’une des «Riviera» les plus étendues en Europe, d’une longueur de 50 km, égrène un chapelet de stations charmantes, ou il y a aussi des hôtels et des sanatoriums équipés pour le traitement balnéaire.
Le Delta du Danube se trouve au nord de ce littoral. Il est unique en Europe. La splendeur des sites, la richesse de la flore et de la faune ont conduit l’UNESCO à cataloguer cette zone parmi les réserves de la biosphère. D’âpres ses dimensions, c’est le troisième delta de l’Europe, étant en même temps le plus nouveau et plus bas territoire de la Roumanie, avec un paysage qui change encore.
L’altitude la plus basse et de -36 mètres sur le bras fluvial de Chilia, tandis que la plus haute est de +13 mètres sur les dunes du banc de Letea. Avec une superficie de 2590 km2, le Delta du Danube a des zones de sol sec aussi bien que des marais avec des lacs et des sources.
Au nord-ouest de la Moldavie il y a les monastères orthodoxes médiévaux de Bucovine, aux fresques intérieures et extérieures (Voronet, Sucevita, Moldovita, Humor, etc.), qui sont des chefs-d’œuvre d’art et d’architecture. D’ailleurs ils font partie du patrimoine mondial de l’UNESCO. Le monastère de Voronet, avec son magnifique scène du Jugement dernier peint tout au long du mur ouest, est surnommé «la Chapelle Sixtine de l’Orient» ; encore, la couleur dominante, le « bleu Voronet « , est entrée dans le lexique artistique, aux côtés du «rouge Titien» et du «vert Véronèse». De plus, les environs de ces monastères sont merveilleux.
Les églises en bois de Maramures – huit monuments qu’on peut admirer à Barsana, Budesti, Josani, Desesti, Ieud, Sisesti, Poienile Izei et Targu Lapus – font également partie du patrimoine mondial répertorié par l’UNESCO.
La Roumanie a plus de 50 forteresses et des châteaux – à Râsnov, Bran, Hunedoara, Sinaia, Suceava, Neamt, Alba Iulia, Sighisoara (le plus beau et complexe centre médiéval de Roumanie) et ailleurs ; puis, les forteresses daces des monts d’Orastie (Blidaru, Capalna, Costesti, Luncani Piatra Rosie, Sarmizegetusa Regia – Gradistea de Munte) ; il convient de mentionner aussi les palais de Cotroceni à Bucarest, de Mogosoaia, le Palais de la culture de Jassy qui, tout comme beaucoup d’autres monuments, sont chargés de signifiance historique et culturelle.
Ce patrimoine est joint par les villes avec leurs monuments, les musées, les foires, les jardins botaniques, les réserves naturelles et le grand nombre des villages touristiques.
Le tourisme rural, écologique est déjà bien connu pour l’hébergement dans des pensions situées au sein de paysages merveilleux et pour les mets traditionnels.
Les relations internationales avec les autorités du tourisme des pays de l’Union européenne - l’Organisation Mondiale du Tourisme, l’Association pour la Promotion du Tourisme des Pays danubiens «Die Donau», l’Initiative Centre Européenne, la Coopération Économique à la mer Noire - ont bénéficié d’un régime prioritaire de développement.




