Monde musulman
Le monde musulman médiéval recueille la culture de l’Antiquité grecque et iranienne. A Bagdad, au IXe siècle, le calife al-Mamûn fonde la Maison de la Sagesse : bibliothèque et centre d’études où l’on traduit le corpus grec, syriaque et persan.
Mais les Arabes ne se contentent pas de transmettre la pensée des Anciens. En mathématiques, ils adoptent les chiffres indiens, introduisent le zéro et la notion d’inconnue (x), développent l’algèbre en discipline indépendante. En astronomie, s’ils approuvent le système de Ptolémée, ils recalculent la position des planètes et de l’écliptique, éditent des tables d’observation plus exactes. L’astrolabe et le quadrant sont perfectionnés. En médecine, les données d’Hippocrate, de Dioscoride et de Galien sont corrigées et enrichies par des observations et des applications. La circulation du sang et la fonction pulmonaire sont connues, la science du pouls, pratiquée. Des hôpitaux sont dirigés par des médecins de grand renom. A Cordoue, au Xe siècle, Abu Qassim al-Zahrawi écrit le premier traité de chirurgie. La langue arabe s’impose à tous comme l’instrument de cette culture qui embrasse tout à la fois les sciences « exactes », les techniques artisanales et l’hermétisme alexandrin : astrologie, alchimie et magie.
Ce savoir s’infiltre en Occident latin par plusieurs canaux. Dès l’époque aghlabide, Kairouan aura des contacts avec l’Italie du Sud, via la Sicile. Mais c’est principalement par l’Andalousie que cette science arabe se diffuse en Europe du Nord, à la faveur de la Reconquête. Les monastères bénédictins de la Catalogne, puis les écoles-cathédrales de la France servent de relais. Antioche, au temps des Croisades, sera un troisième point de transmission. A Tolède vers 1160, un immense travail de traduction entrepris par Gérard de Crémone et parachevé au siècle suivant par Alphonse X le Sage, accentue ce transfert. La Renaissance se prépare.
Le monde arabe, à majorité musulmane, qui s’étend de l’Afrique du Nord à l’Asie centrale, a plusieurs fois chercher dans son histoire à s’unir pour défendre ses intérêts. C’est ainsi qu’a été fondée en 1945 la Ligue des Etats arabes, qui dispose notamment d’un Conseil de défense commune visant à garantir une sécurité collective. Au cours de son histoire, elle a joué un rôle important dans la décolonisation, mais a aussi souffert des divisions entre ses membres : conflits frontaliers, recherches d’hégémonie, et différences d’approches sur les modes de résolution du conflit israélo-arabe, qui constitue l’une de ses principales préoccupations. La signature des accords de Camp David en 1978, puis la guerre du Golfe en 1990 et 1991, ont constitué deux moments de crise grave.