Humanité
"La lumière sera ou l'humanité se perdra !"
« Tout rêve n’est pas onirique. Ce serait extrêmement réducteur de voir ainsi cette chose si éminemment ontologique qu’est l’acte de rêver ! Tout ce qui a été réalisé de grand par le genre humain, a commencé par un rêve… » Camille Loty-Malebranche
L'humanité désigne à la fois l'ensemble des individus appartenant à l'espèce humaine (Homo sapiens) mais aussi les caractéristiques particulières qui définissent l'appartenance à cet ensemble.
Un autre usage de ce mot désigne des traits de personnalité d'un individu qui, par exemple, amplifient les qualités ou les valeurs considérées comme essentielles à l'humain, telles que la bonté, la générosité dans les civilisations. Le concept d'humanité est aussi à rapprocher de la notion de nature humaine qui souligne l'idée que les êtres humains ont en commun certaines caractéristiques essentielles, une nature limitée et des comportements spécifiques. Ce qui les différencie des autres espèces animales.
La question qui se pose est donc double. D'une part, on doit s'interroger sur le « propre de l'homme » : quelles sont les particularités de la physiologie et du comportement humain que l'on ne retrouve pas dans le reste du règne animal ? Et d'autre part, cette notion pose la question de l'unité de l'homme : dans quelle mesure ces spécificités sont-elles véritablement partagées par tous les membres de l'espèce humaine, avec notamment le problème posé par l'ethnocentrisme qui essentialise des caractéristiques (par exemple la couleur de la peau) ou des comportements propres à tel ou tel groupe humain ou à telle tradition culturelle et qui, par conséquent, refuse le statut d'humain à des individus d'une autre ethnie.
Ces questions ont d'abord été abordées sous les angles de la philosophie et de la religion. Une illustration célèbre de ces débats fut la controverse de Valladolid (en 1550) qui posa la question du statut des Indiens d'Amérique. Par la suite, et notamment à partir du XVIIIe siècle, ces questions seront reprises dans une perspective scientifique croisant les approches de la zoologie, de l'éthologie, de l'anthropologie, de la génétique et de la paléoanthropologie. Bien que reposant sur une démarche scientifique, ces approches ont été et continuent parfois d'être critiquées pour ce qu'elles restent influencées, voire biaisées, par les idéologies des sociétés contemporaines. De nos jours, les différentes conceptions de l'humanité ont des implications morales, éthiques, scientifiques, juridiques et environnementales qui s'expriment, par exemple, dans les débats sur la personnalité juridique de l'embryon humain ou le statut des grands singes.
Quelques définitions
L'humanité est un terme qui a plusieurs sens.
- Dans un premier sens elle désigne l'ensemble des êtres humains : elle a une dimension principalement biologique et descriptive en rapport avec l'évolution des espèces. C'est un synonyme des Homo sapiens.
- Dans un deuxième sens, évaluatif, elle insiste sur l'unité constitutive du groupe humain et prend une dimension morale à prétention normative sur les visions tendant à créer une distinction entre ses membres. La source de cette unité constitutive est problématique : le patrimoine génétique, le partage d'une rationalité idéologique, d'un rapport à l'existence, ou encore la reconnaissance mutuelle : dans cette acception, l'humanité dispose d'une force expressive qui dépasse le débat du fondement conceptuel. Cette définition est celle qui donne sens au Crime contre l'humanité et trouve un écho dans les questions de discriminations.
- Enfin, dans un troisième sens, également évaluatif, l'humanité désigne une prescription proprement comportementale, pour certains relevant d'un modèle existant mais qui, pour d'autres, représente une idée vers laquelle tend notre espèce. Cette définition exprime son sens lorsque les actes réalisés par les genres sont relevés comme manquant d'humanité, ou encore qualifiés d'« inhumains ». C'est dans cette unique acception que prennent également sens les jugements populaires selon lesquels certains animaux ont plus d'humanité que certains humains.
Respect de l'humanité en ma personne et en celle d'autrui
"Tout homme a le droit de prétendre au respect de ses semblables et réciproquement il est obligé au respect envers chacun d'entre eux. L'humanité elle-même est une dignité ; en effet l'homme ne peut jamais être utilisé simplement comme moyen par aucun homme (ni par un autre, ni même par lui-même), mais toujours en même temps aussi comme une fin, et c'est en ceci précisément que consiste sa dignité (la personnalité), grâce à laquelle il s'élève au-dessus des autres êtres du monde, qui ne sont point des hommes et peuvent lui servir d'instruments, c'est-à-dire au-dessus de toutes les choses. Tout de même qu'il ne peut s'aliéner lui-même pour aucun prix (ce qui contredirait le devoir de l'estime de soi), de même il ne peut agir contrairement à la nécessaire estime de soi que d'autres se portent à eux-mêmes en tant qu'hommes, c'est-à-dire qu'il est obligé de reconnaître pratiquement la dignité de l'humanité en tout autre homme, et par conséquent sur lui repose un devoir qui se rapporte au respect qui doit être témoigné à tout autre homme".
Emmanuel Kant (Bac B, 1985).
Créatif
Le divin ou la nature, ont offert à l’homme la magique capacité de créer et qu’en faisons-nous ?
Il est remarquable de constater à quel point nous empêchons nos enfants de créer dans nos systèmes éducatifs « reproductifs ». Pourtant, certains s’en échappent et nous proposent de belles créations, je suis donc optimiste.
La création, à mon sens est un besoin pour certains. Une nécessité impérieuse !! Qu’on soit scientifique, artiste ou entrepreneur. Le ressort semble le même : Chercher une autre voie, une nouvelle idée, une nouvelle vie.
Aucune intention commerciale ! La curiosité, l’envie « d’autre chose », d’un monde nouveau, d’une distraction ou un cadeau à l’humanité. Cette démarche créative de la fondation Franz Liszt semble se heurter à une « inhibition » ambiante de la société à l’égard des créatifs. En effet, la générosité de l’offre de culture, d’ouverture, la possibilité de s'exprimer librement semble faire peur.
Serions-nous tous comme Laurent Artéco, cet « éconhomme » à qui il a fallut bien trop de temps avant de comprendre que l’expression et « le dire aux autres » n’est pas si dangereux. Ne fait pas mal !
Le créatif, ne doit pas se soucier de l’accueil qui sera réservé à son travail. Sa souffrance vient souvent de l’indifférence plus que des critiques négatives ou positives… La création reste un acte humain proche du divin… Qui peut l’expliquer ?
Petite réflexion de Laurent Artéco
Citations
Lorsque l’on veut vraiment empêcher les totalitarismes, il faut au contraire ne rechercher ni combat, ni ennemis qui vous haïraient, comme l’explique par exemple Liu Xiabo.
Le dissident chinois Liu Xiaobo, condamné en 2009 à onze ans de prisons, écrit du fond de sa prison tout le mal que produit « la mentalité d’ennemi » : « Aujourd’hui encore j’ai été poussé sur le banc des accusés par la « mentalité d’ennemi » du pouvoir. Mais je veux redire à ce pouvoir qui me prive de ma liberté que je persiste dans la conviction que j’ai affirmée il y a vingt ans dans ma « Déclaration de de grève de la faim du 2 juin » : « Je n’ai pas d’ennemis, je n’ai pas de haine (…) Par ce que la haine peut ronger la sagesse et la --conscience d’une personne, parce que la « mentalité d’ennemi » peut empoisonner l’esprit d’une nation, fomenter des luttes à mort, détruire l’humanité et la tolérance d’une société, et faire obstacle à la marche d’un pays vers la liberté et la démocratie, je souhaite être capable de transcender mon expérience personnelle pour envisager le développement du pays et les changements de société, pour faire face à l’hostilité du pouvoir avec bienveillance, et répondre à la haine par l’amour ». (La philosophie du porc » Gallimard 2011)

