Humanisme
- Faciliter l'accès à l'art et à la culture au plus grand nombre par tous moyens, événementiels et éducatifs.
- Faire connaître des artistes remarquables par leur démarche d'ouverture et d'implication sociale.
- Créer un lien social entre les artistes et les TPE - PME par un mécénat de proximité.
- soutenir des projets en France et à l'international pour la diffusion de la musique classique, en particulier celle pour piano, et des arts en général.
- organiser des concerts, des concours internationaux de piano et de composition musicale, des stages et festivals, au moyen de financements publics, privés, ou par la cotisation de ses membres.
- accorder des bourses d'études pour les cours et master classes organisés par elle-même ou par d'autres, au moyen de financements publics, privés, ou par la cotisation de ses membres.
- créer des synergies entre musiciens classiques, artistes et chercheurs de toutes disciplines
- créer des passerelles entre les arts, musique, danse, théâtre, peinture, sculpture, littérature, poésie.. et entre les cultures du monde.
- Relier les connaissances entre les différents champs du savoir, Art et Science, Art et Société, Art et Économie...
- ouvrir la musique classique et les arts à une dimension sociale, les comprenant comme un moyen d'éducation et de prévention contre l'exclusion, la délinquance et la pauvreté.
- Créer et soutenir des initiatives s'inscrivant dans le cadre du développement culturel et économique.
- Soutenir et développer des initiatives artistiques en direction du troisième âge.
- mettre la musique au service de la construction du dialogue interculturel, la fraternité et la paix, et incarner ainsi au plus près la vision humaniste et universelle de Franz Liszt.
art
Dictionnaire historique de la langue française : art n.m. l'un des mots les plus importants de notre culture, vient de l'accusatif du latin ars, artis, nom féminin à valeur très générale, signifiant "façon d'être" (cf. Ovide, qui associe mores "les moeurs, les habitudes", et artes) et "façon d'agir". C'est avec le thème -ti, une des réalisations de la racine armus (> arme), qui désigne le haut du bras et l'épaule, mot apparenté à artus - dont le diminutif "articulus" a donné article _ et au grec harmos" 'jointure, épaule" (> harmonie), et renvoie à une racine indoeuropéenne er, ar que l'on retrouve dans le verbe grec arariskein "arranger" et en arménien. Elargi par "ei", cette racine à donné le latin ritus "compte", le grec ari-thmos "nombre" (> arithmétique) : ritus ayant pris le sens religieux (>rite) correspondant au sanskrit rtam, qui transmet la notion générale d'"ordre" conforme à la religion (rite) ou la logique ("compte - nombre"). Ainsi le latin ars" réunit des idées essentielles, toute liées à l'activité humaine tendue vers un ordre, que cet ordre soit dicté par les dieux ou imposé par les lois logiques (cf. la notion de loi est elle-même ambiguë). Ars" a pris en latin le sens d'"habileté acquise par l'étude ou la pratique", et celui de "talent", opposé à natura, à ingenium, à scientia puis est passé au sens de "métier, profession" 'd'où artifex) et à la valeur péjorative de ruse, d'où artificium (> artifice). Le mot à servi d'équivalent au grec tekhné (> technique), d'où la valeur de "traité", qui a abouti en français par exemple à art poétique et en ancien provençal à "grammaire" (v. 1300). Le composé iners "inhabile" se retrouve dans inerte", et les dérivés latins de ars dans artisan et artiste. Le latin ars, artis est passé dans toutes les langues romanes sauf le roumain.
Le premier groupe d'emplois en français correspond à la valeur générale de "moyen, méthode, connaissance" (fin Xe siècle), aussi attesté dans males arz (1080, Roland) qui désignera un peu plus tard (XIIIe siècle) d'après le latin médiéval, la sorcellerie et les connaissances occultes. Benoît de Sainte-Maure (v. 1165)ndonne au mot deux valeurs venant du latin : "discipline des études" (les sept arts) et "habileté pour parvenir à un effet". De ce dernier sens vient en ancien français la valeur de "ruse, artifice" (XIIe - XVIIe s.), antérieure en ancien provençal (1025) et continuée par l'acception classique qui correspond plutôt à "affectation" qu'à "artifice". Par ailleurs, l'idée d'habileté plus ou moins secrète et d'efficacité technique s'incarne dans l'emploi pour "sorcellerie" de art seul (v. 1130) de mame arz (pluriel : déb. XIIe siècle) mauvais art (v. 1450) et subtil art (av. 1465).
Au début du XIIIe siècle, art a le sens général d'"activité professionnelle et manuelle"; à partir du XVIe siècle, cette valeur sera appuyée par l'emploi de artisan. De ces emplois médiévaux, le français moderne a retenu des syntagmes du modèle l'art de (et infinitif) et des locutions comme 'c'est du grand art.
Au XVIe siècle apparaissent par réemprunt au latin une spécialisation technique, "méthodes propres à une discipline", et une valeur générale, en opposition à nature (1580, Montaigne), qui correspond à tout ce qui est produit par l'homme (on parlera plus tard de culture). Ces sens humanistes ont donné lieu à des emplois toujours vivants, mais souvent mal interprétés, depuis le développement des sens modernes liés à l'esthétique : cependant des locutions comme les règles de l'art, l'enfance de l'art, l'art et la manière conservent ces valeurs anciennes, passablement isolées dans la langue contemporaine. De même, certains usage de un art, les arts continuent à faire vivre deux valeurs médiévales. La première est conceptuelle : "connaissance appliquée liée à un domaine d'activité réglée (c'est à dire "technique"), d'ou un homme de l'art "un médecin", l'art de la guerre et récemment (pris à l'anglais martial arts, ce qui explique l’archaïsme apparent) les arts martiaux, ou encore art poétique, calque latin du grec poietikê tekhnê méthode de création, chez Aristote. La seconde est institutionnelle : les sept arts (XIIe siècle) désigne les disciplines enseignées en tant que méthodes, et non en tant que connaissances abstraites dites scientiae dans le trivium : grammaire, didactique, réthorique, et dans le quadrivium : arithmétique, géométrie, histoire, musique, chacun de ces termes étant à prendre au sens latin et médiéval, non pas moderne. De là maistre en ars (1432; en hars, 1427), aux arts (1594), enfin maistre ès art (1534). Il s'agit là de techniques intellectuelles orientées vers la maîtrise du langage, des structures numériques et sonores, musicales (qui sont liées) et celle du discours de connaissance (historia) ou de conviction (la réthorique). Dans ces emplois, une partie du concept interfère avec celui que l'on désigne en français moderne par science. Il en va de même en ancien provençal, ou l'on trouve art d'astronomia (XIVe siècle) de arithmeticha (1492), à côté de art de trobar (de trouver - troubadour) "rhétorique" et art de gramatica (les deux v. 1290)
Au XVIIe siècle, les arts à l'université, désignes les humanités et la philosophie (1636), dans faculté des arts (1690). Disparues avec les mutation de l'institution pédagogique, ces valeurs de art" ont néanmoins subisté, surtout par une série de syntagmes. Arts mécaniques (1265; 1361) en opposition aux arts libéraux du trivium et du quadrivium, introduit et conserve la valeur de "technique artisanale", et est prolongée par les arts et métiers (1786). Les beaux-arts (1640; aussi belles arts au féminin. Bossuet 1653), expression diffusée au milieu du XVIIIe siècle, c'est-à-dire "les techniques de la beauté" s'applique en opposition à arts mécaniques et aussi à arts libéraux, qui a changé de valeur : ce sont au XVIIIe siècle les techniques nobles, poésie, musique, peinture, mais aussi lart militaire et lart naval. On voit alors se dégager deux oppositions, l'une conceptuelle "utilité, agrément" (les beaux-arts), l'autre sociale, les techniques pratiquées par l'honnête homme (Trévoux) étant opposées aux techniques vulgaires; la seconde opposition, discutées et contestée par Diderot dans lencyclopédie est la clef de l'opposition artiste - artisan dès le milieu du XVIIIe siècle.
Cependant, c'est au XIXe siècle, sous l'influence de l'allemand Kunst que le mot art va changer de domaine. Certes, dès le XVIIe et le XVIIIe s. on pouvait parler d'un art pour désigner la sculpture, la peinture, la littérature ou la poésie; mais le concept général était toujours lié aux oppositions évoquées ci-dessus. Ceci reste vrai dans de nombreux emplois, avant 1850 environ. Beaux-arts, de son côté, attesté au milieu du XVIIe siècle reste un terme dans une classification. Même dans les emplois absolus du mot art appliqué à la peinture ou à la sculpture (chez Diderot par exemple)), il ne s'agit pas de la valeur moderne. La valeur du mot art est alors liées à l'importance prise par le sentiment dans la création artistique, à l'intérieur de la dialectique nature - art, d'origine ancienne (latine), et à la notion de beau idéal. Seul artiste a pris au milieu du XVIIIe siècle un sens quasi moderne (mais il en conserve et en développe d'autres). C'est l'esthétique allemande, où Kunst transmet une idée de "savoir" plus centrale que celle d'"activité" (le mot est apparenté à können "savoir", "connaître"), qui transmet la valeur esthétique générale au français, par Mme de Staël, B. Constant, puis par Stendhal et les premiers romantiques. G. Matoré, étudiant ce mot, à montré que l'expression l'art pour l'art, employée par B. Constant (1804) après une conversation avec un disciple de Schelling, laquelle correspond au glissement complet du mot vers le concept esthétique, vient des idées des philosophes et écrivains allemands, Kant, Goethe, Schiller, Wieland, Hegel. Dès lors, art, en français, reçoit d'autres emplois, et la notion se subdivise selon les domaines de l'esthétique, en arts plastiques, arts appliqués"", arts décoratifs (d'où le style Art déco, après l'exposition des arts décoratifs en 1925). En outre,, selon un décompte arbitraire, septième art désigne le cinéma (1921), huitième et neuvième art la télévision et la bande dessinée. D'autres qualifications concernent l'origine (art nègre à l'époque cubiste), les styles, les époques, etc. L'expression histoire de l'art qui correspond à une notion culturelle essentielle, est attestée dans sa valeur actuelle au début du XIXe siècle. (L'histoire de l'art par les monuments de Séroux d'Agincourt, commence à paraître en 1811; là encore, il s'agit d'un concept allemand (lehrgebaüde der Geschichte der Kunst in der Altertum, par Winkelmann, 1764) modifiant profondément la tradition issue des vite ("vies") de Vasari (1550 - 1586).
Par métonymie, art s'applique aussi à l'ensemble des oeuvres (chez G. Planche; av. 1874) et, rarement, aux artistes (1891 chez Paul Verlaine).
Désormais associé aux notions de beauté et d'esthétique, l'art est ainsi devenu un objet de connaissance et de critique et l'une des références de consommation dite culturelle (objet d'art, marché de l'art) liée au thème de la conservation du patrimoine et de sa manifestation publique (musée, exposition).
En butte à une critique sociale très vive depuis les mouvement de contestation, dada et surréalisme en tête, l'art est aujourd'hui confronté d'une part à non-art, à anti-art (v. 1980) et aux formes marginales désignées par des syntagmes, qu'ils soient formés en français, art naïf, art brut (1944), empruntés : op'art (1964), pop art (v. 1955), land art (mot anglais), ou enfin calqués : art minimal, art conceptuel, de l'anglais, art pauvre de l'italien arte povera, etc.
Art n'a pas de dérivé vivant. L'ancien et moyen français ARTIEN ou ARCIEN n.m (XIIIe s.) a désigné jusqu'au XVe siècle un savant, habile dans les arts libéraux, puis spécialement (du XIII au XVIIIe s.) un étudiant en philosophie. ARTISER v. tr. "fabriquer (XVIe s.) puis "arranger avec art" (1793) a rapidement disparu.
Voir : article, articuler, artifice, artisan, artiste, inerte, orteil, artillerie
Sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur
Au pompier qui était à ses côtés pendant son dernier trajet suite à l'AVC qui lui sera fatal, Yves Montand déclara : "J'aurai bien vécu, j'en ai bien profité". On ne sait si cette phrase lui tint lieu de consolation, elle a en tout cas peu à voir avec le consolamentum des cathares. J'ai souvenir, avec beaucoup d'émotion, de la dernière phrase de Michel Despax, Professeur de droit du travail et de droit de l'environnement à l'Université de Toulouse qu'il présida, offerte à sa femme alors que la rupture d'anévrisme terminait son oeuvre : "Nous sommes peu de chose". Le nous et non le je, l'humilité et non le profit personnel, bref l'humanisme véritable. [1]
"On achève bien nos écoliers"
je suis prof à l'éducation nationale : quelle désillusion !
la profession ne suit pas le rythme du temps d'aujourd'hui, la connaissance, la remise en cause, la fluidité, l'intelligence, l'humanisme ont déserté depuis longtemps les établissements scolaires.
A l'intérieur, c'est le régne de tous les égoïsmes et de toutes les frustrations. Le système se moque des élèves et détruit aussi les enseignants ! Les gagnants sont toujours les mêmes, ceux qui ont peu de valeur morale, qui ne pensent qu'à leurs points de carrière, qui au passage marchent sur les pieds des autres, oubliant qu'ils vivent en société; alors ne faudra t'il pas s'étonner que l'école délaisse les plus fragiles c'est-à-dire : les élèves
- Apprendre à penser, à réfléchir, à être précis, à peser les termes de son discours,
- à échanger les concepts, à écouter l'autre, c'est être capable de dialoguer,
- c'est le seul moyen d'endiguer la violence effrayante qui monte autour de nous.
- La parole est le rempart contre la bestialité.
- Quand on ne sait pas, quand on ne peut pas s'exprimer,
- quand on ne manie que de vagues approximations,
- comme beaucoup de jeunes de nos jours,
- quand la parole n'est pas suffisante pour être entendue,
- pas assez élaborée parce que la pensée est confuse et embrouillée,
- il ne reste que les poings, les coups, la violence fruste, stupide, aveugle.
- Et c'est ce qui menace d'engloutir notre idéal occidental et humaniste.
Informations
Tous les chemins de l'art...
Se présentant sous la forme "d'ateliers d'artistes portes ouvertes", dont la première édition à eu lieu dans le 20e arrondissement de Paris, il y a une trentaine d'années, l'art en chemin s'en distingue par quelques points essentiels. Celui ci à vocation à ouvrir un chemin permanent d'art et de culture à dimension internationale s'inscrivant dans le cadre du développement culturel et économique et à imprimer une dynamique de transversalité entre les pays et les savoirs. Le réseau de cercles géographiques et thématiques, créé et à développer sans cesse au sein du site wiki de l'association Nature et Culture en Hautes-Terres, très visité de par le monde (plus de 4000 visiteurs journaliers venus du monde entier) et mis gratuitement à la disposition de chacun, se présente ici comme un outil privilégié et optimum pour cela, sachant que c'est le concept même de "chemin d'art" qui lui à donné naissance dès l'origine. Cette initiative devient, pour toutes celles et tous ceux qui souhaitent rejoindre ce chemin, un formidable véhicule de communication leur permettant de faire connaitre au monde entier leurs activités dans quelques domaines que ce soit. La notion d'art est ici très large et relie toutes les "façons d'être et d'agir, toutes les manières de penser le monde et de l'habiter". Ce grand chemin s'adresse ainsi à chacun, personnes de toutes conditions, associations, très petites, petites et moyennes entreprises, tous ceux qui souhaitent contribuer à développer une dynamique positive de communication entre les hommes et les pays et participer d'une manière intelligente et efficace à la prospérité de leur propre territoire. Nous sommes ici dans une application concrète de ce que l'on appelle le "penser global pour agir local", une manière de penser qui se révèle être une nécessité incontournable à l'heure de la mondialisation et ou nous faisons tous partie, d'une manière ou d'une autre, du village global dessiné par nos usages au sein de l'internet. Voilà ainsi une utilisation efficace et concrète de cet outil prodigieux mais qui a aussi paradoxalement l'inconvénient de "virtualiser" les relations humaines au point très souvent de les effacer dans une sorte de leurre. Nous avons ici la possibilité d'un "aller-retour" permanent entre le virtuel et le réel pour le plus grand profit de nos réalisations.
Partenaire de la Fondation Franz Liszt, qui partage des buts humanistes similaires tout en ayant sa spécificité, l'association Nature et Culture en Hautes-Terres offre ainsi à cette dernière un outil privilégié pour tisser du lien social sur un plan international et travailler à relever ensemble le grand défi du XXIe siècle, selon les mots d'Edgar Morin, à savoir celui de relier les connaissances. Ceci par son approche "encyclopédique" totalement ouverte et en phase avec les problématiques majeures d'aujourd'hui.
Nous vous invitons ainsi à rejoindre l'une ou l'autre des structures (ou les deux, ce qui est préférable) et participer à cette initiative inédite et humaniste en faveur d'un "monde meilleur".
Pour plus d'information, merci de me contacter : president@natureculture.org
Charles-Michaël Vinson, président de l'association Nature et Culture en Hautes-Terres, secrétaire et trèsorier de la Fondation Franz Liszt
Actualités
13 juillet 2012. Bassel el-Baba à l’Assembly Hall : un subjuguant salut à Franz Liszt
Bassel el-Baba à l’Assembly Hall : un subjuguant salut à Franz Liszt
Chirurgien et pianiste, Bassel el-Baba se place dans la digne et rare tradition de l’humanisme de la Renaissance. Et c’est dans l’esprit de cette Renaissance que l’interprète a tenu à faire revivre, à l’Assembly Hall de l’AUB, la sonate en si mineur de Franz Liszt et le concerto pour piano n. 4 en sol majeur de Beethoven.
Entamé par la sonate de Liszt, le concert a reflété l’oscillation entre un thème violent et menaçant, méphistophélique, et une mélodie suave et cristalline; le timbre sévère et nerveux du premier thème contrastant avec l’envolée du second. L’interprétation a clairement rendu la lutte du bien et du mal. El-Baba a ainsi navigué entre le premier spectre symphonique et le second, transportant l’audience de l’écoute tendue à la délicieuse rêverie.
Le concerto de Beethoven, plus ludique, inspiré du mythe d’Orphée, a ensuite été interprété sur deux pianos. El-Baba et Sabalbal, professeur au Conservatoire national de musique, ont bien rendu la poésie et l’intériorité des mouvements et ont ménagé un espace à l’improvisation. Une meilleure synchronisation entre les deux instruments serait toutefois souhaitable.
Le court prélude Opus 37 d’Alexandre Scriabine, qui questionne succinctement l’origine du cosmos et de l’existence, a élégamment clôturé le concert.
L’audience, enchantée et unanime, a salué l’effort et le brio du pianiste, d’autant plus que le programme comprenait des pièces difficiles. La sonate de Liszt, qui requiert une technique indéfectible et une sensibilité à fleur de peau, est rarement jouée au Liban.
22 juin 2005. La musique classique sort les enfants du ghetto
On le sait, la musique adoucit les mœurs. Au Venezuela, elle fait même mieux : dans les quartiers les plus déshérités, elle transforme les enfants et adolescents confrontés à la violence et à la délinquance. Ces jeunes deviennent alors des adultes responsables férus de musique classique, des musiciens professionnels. Cette réussite est due à un programme pédagogique aussi ambitieux que généreux, fondé il y a trente ans et qui a vu passer depuis près de 400 000 enfants, rapporte The Boston Globe.
"L'auteur de ce programme, José Antonio Abreu, 66 ans, avait envisagé dès 1975 l'initiation à la musique classique comme un service social qui pourrait changer l'existence d'enfants pauvres, en danger et particulièrement nécessiteux. Depuis l'époque des premières notes, dans un garage de Caracas, avec onze jeunes musiciens, sa vision a donné naissance à un véritable trésor national, avec plusieurs milliers d'enfants - dont certains n'ont pas plus de 2 ans et d'autres sont sourds ou aveugles - qui se produisent dans des orchestres et des chorales à travers tout le pays. Des centaines d'entre eux font des tournées internationales", ajoute le quotidien américain.
L'initiative de José Antonio Abreu a fait des émules dans vingt-deux autres pays d'Amérique latine. Le Centre interaméricain pour l'action sociale à travers la musique, que l'humaniste a créé, a toujours été financé par les gouvernements vénézuéliens successifs. Son budget annuel s'élève aujourd'hui à 29 millions de dollars - un succès reconnu internationalement par le monde de la musique classique. Ainsi, le Conservatoire de Nouvelle-Angleterre, aux États-Unis, vient de signer une convention d'échange d'élèves avec le centre, note le grand journal de Boston.
L'apprentissage de la musique est quotidien et intensif. Les élèves font des progrès remarquables. "La grande majorité deviennent membres d'orchestres ou de formations vénézuéliennes ou bien travaillent comme professeurs de musique au sein du programme. Quelques talents exceptionnels ont remporté de grands concours internationaux de direction musicale ou jouent dans de prestigieux orchestres étrangers." Pour sir Simon Rattle, chef d'orchestre du Philharmonique de Berlin, qui a visité le centre l'an dernier, "ce programme est ce qui est arrivé de plus important pour l'avenir de la musique classique"


















