Homme
Écoute ce que dit Michel Bakounine, un homme qui n’aura vécu au siècle précédent le mien que pour dire non à ce qui maintient les êtres humains en esclavage :
« Ce que tous les autres hommes sont m’importe beaucoup, parce que, tout indépendant que je m’imagine… je suis incessamment le produit de ce que sont les derniers d’entre eux ; s’ils sont ignorants, misérables, esclaves, mon existence est déterminée par leur ignorance, leur misère et leur esclavage. […] Moi voulant être libre, je ne le puis pas, parce qu’autour de moi tous les hommes ne veulent pas être libres encore, et ne le voulant pas, ils deviennent contre moi des instruments d’oppression. Je ne suis vraiment libre que lorsque tous les êtres humains qui m’entourent, hommes et femmes, sont également libres… Ma liberté personnelle ainsi confirmée par la liberté de tout le monde s’étend à l’infini. »
Abdellatif Laâbi, Le Livre imprévu
Jarilo, qui par l’éclair a donné à l’homme la pensée, par le tonnerre la parole, par la foudre à la fois le feu et l’éveil, « feu de l’action ». La triade, Pensée, parole, action dans la tradition indo-européenne
"Je détermine l'authentique valeur d'un homme d'après une seule règle: à quel degré et dans quel but l'homme s'est libéré de son Moi"
Je suis réellement un homme quand mes sentiments, mes pensées et mes actes n'ont qu'une finalité: celle de la communauté et de son progrès.
"Il faut mettre l’homme en dialogue avec l’homme et les sociétés en dialogue les unes avec les autres pour faire progresser la mise en application du dialogue des cultures" Issiaka Lalèye
Ainsi que le proclame Camus via Caligula, il n'est qu'un problème réellement sérieux : " Les hommes meurent et ne sont pas heureux. " (29)
Livre de la Genèse 3,9-15.20.
Quand l’homme eut désobéi à Dieu, le Seigneur Dieu l’appela et lui dit : « Où es-tu donc ? »
L'homme répondit : « Je t'ai entendu dans le jardin, j'ai pris peur parce que je suis nu, et je me suis caché. » Le Seigneur reprit : « Qui donc t'a dit que tu étais nu ? Je t'avais interdit de manger du fruit de l'arbre ; en aurais-tu mangé ? »
L'homme répondit : « La femme que tu m'as donnée, c'est elle qui m'a donné du fruit de l'arbre, et j'en ai mangé. »
Le Seigneur Dieu dit à la femme : « Qu'as-tu fait là ? » La femme répondit : « Le serpent m'a trompée, et j'ai mangé. »
Alors le Seigneur Dieu dit au serpent : « Parce que tu as fait cela, tu seras maudit parmi tous les animaux et toutes les bêtes des champs. Tu ramperas sur le ventre et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie.
Je mettrai une hostilité entre la femme et toi, entre sa descendance et ta descendance : sa descendance te meurtrira la tête, et toi, tu lui meurtriras le talon. »
L'homme appela sa femme Ève (c'est-à-dire : la vivante), parce qu'elle fut la mère de tous les vivants.
Adam
Être humain
« la mise en question de la qualité d'homme provoque une revendication presque biologique d’appartenance à l'espèce humaine » - Robert Antelme
[…] que la Nature a distribué les mesures du corps humain comme ceci.
Quatre doigts font une paume, et quatre paumes font un pied, six paumes font un coude : quatre coudes font la hauteur d’un homme. Et quatre coudes font un double pas, et vingt-quatre paumes font un homme ; et il a utilisé ces mesures dans ses constructions.
Si vous ouvrez les jambes de façon à abaisser votre hauteur d’un quatorzième, et si vous étendez vos bras de façon que le bout de vos doigts soit au niveau du sommet de votre tête, vous devez savoir que le centre de vos membres étendus sera au nombril, et que l’espace entre vos jambes sera un triangle équilatéral.
La longueur des bras étendus d’un homme est égale à sa hauteur.
Depuis la racine des cheveux jusqu’au bas du menton, il y a un dixième de la hauteur d’un homme. Depuis le bas du menton jusqu’au sommet de la tête, un huitième. Depuis le haut de la poitrine jusqu’au sommet de la tête, un sixième ; depuis le haut de la poitrine jusqu’à la racine de cheveux, un septième.
Depuis les tétons jusqu’au sommet de la tête, un quart de la hauteur de l’homme. La plus grande largeur des épaules est contenue dans le quart d’un homme. Depuis le coude jusqu’au bout de la main, un quart. Depuis le coude jusqu’à l'aisselle, un huitième.
La main complète est un dixième de l’homme. Le début des parties génitales est au milieu. Le pied est un septième de l’homme. Depuis la plante du pied jusqu’en dessous du genou, un quart de l’homme. Depuis sous le genou jusqu’au début des parties génitales, un quart de l’homme.
La distance du bas du menton au nez, et des racines des cheveux aux sourcils est la même, ainsi que l’oreille : un tiers du visage. (Vitruve, dans son ouvrage De l’architecture).
Yang
Symbolique de Mars
Droits de l'Homme
Le « Hara », centre vital de l’homme, est au cœur de la sagesse extrême-orientale. On ignore, hélas, que c’est une réalité aussi fondamentale dans la Bible et toute la Tradition chrétienne. Le Hara fait du corps un pont vers l’Au-delà, déconnecte l’homme de son « moi » dépendant et lui donne un accès à l’Être. Cet enracinement, exercé à chaque moment, fait du quotidien un exercice pour la pratique de la voie intérieure et la maîtrise de la vie.
Définir la folie ?
" Vanité des vanités, dit l'Ecclésiaste, vanités des vanités, tout est vanité.
Quel avantage revient-il à l'homme de toute la peine qu'il se donne sous le soleil ? Une génération s'en va, une autre vient, et la| terre subsiste toujours... Toutes choses sont en travail au delà de ce qu'on peut dire, l'oeil ne se rassasie pas de voir, et l'oreille ne se lasse pas d'entendre. Ce qui a été, c'est ce qui sera, et ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera, il n'y a rien de nouveau sous le soleil. " (26) " Alors j'ai tourné mes regards vers la sagesse, et vers la sottise et la folie ...
Et j'ai vu que la sagesse a de l'avantage sur la folie, comme la lumière a de l'avantage sur les ténèbres; le sage a ses yeux à la tête, et l'insensé marche dans les ténèbres. Mais j'ai reconnu aussi qu'ils ont l'un et l'autre un même sort. Et j'ai dit en mon coeur : J'aurais le même sort que l'insensé; pourquoi donc ai-je été plus sage ? Et j'ai dit en mon coeur que c'est encore là une vanité. Car la mémoire du sage n'est pas plus éternelle que celle de l'insensé, puisque déjà les jours qui suivent tout est oublié... " (27)
" Car l'homme s'en va vers sa demeure éternelle, et les pleureurs parcourent les rues ... " (28)
A quoi bon soigner si tout n'est que vanité, si soignants et soignés finissent l'un et l'autre par s'en aller vers leur demeure éternelle ?
A quoi bon se soucier de la " folie ", si sagesse et folie sont les deux faces d'une même journée ?
Ainsi que le proclame Camus via Caligula, il n'est qu'un problème réellement sérieux : " Les hommes meurent et ne sont pas heureux. " (29)
Qu'y puis-je ?
Au nom de quoi puis-je me prétendre soignant ? D'un examen réussi? D'une capacité à recevoir la souffrance de l'autre sans que celle-ci ne me détruise ? D'un don cultivé ?
Ma position de soignant raisonnable est-elle réellement préférable à celle de malade psychotique ?
Les hommes meurent et ne sont pas heureux écrit Albert Camus. Je pensais à cette phrase lorsque Jean me remit, le trois novembre 1995 ce texte pour le journal du secteur.
" J'ai éprouvé une impression de vide qui m'était familière depuis mon enfance, depuis que j'avais compris que les gens et les choses vous quittent ou disparaissent un jour. "
Patrick Modiano. "Livret de famille"
Livre de la Sagesse 7,22-30.8,1.
Il y a dans la Sagesse un esprit intelligent et saint, unique et multiple, subtil et rapide ; pénétrant, net, clair et intact ; ami du bien, vif, irrésistible, bienfaisant, ami des hommes ; ferme, sûr et paisible, tout-puissant et observant tout, traversant tous les esprits, même les plus intelligents, les plus purs, les plus subtils.
La Sagesse, en effet, peut se mouvoir d'un mouvement qui surpasse tous les autres, elle pénètre et traverse toute chose à cause de sa pureté. Car elle est la respiration de la puissance de Dieu, le rayonnement limpide de la gloire du Maître souverain ; aussi rien de souillé ne peut l'atteindre.
Elle est le reflet de la lumière éternelle, le miroir sans tache de l'activité de Dieu, l'image de sa bonté. Comme elle est unique, elle peut tout ; et sans sortir d'elle-même, elle renouvelle l'univers. De génération en génération, elle se transmet à des âmes saintes, pour en faire des prophètes et des amis de Dieu.
Car Dieu n'aime que celui qui vit avec la Sagesse.
Elle est plus belle que le soleil, elle surpasse toutes les constellations ; si on la compare à la lumière du jour, on la trouve bien supérieure, car le jour s'efface devant la nuit, mais contre la Sagesse le mal ne peut rien.
Elle déploie sa vigueur d'un bout du monde à l'autre, elle gouverne l'univers avec douceur.
Saint Paul a donné un célèbre tableau de la charité
Parmi les dons de Dieu, vous cherchez à obtenir ce qu'il y a de meilleur. Eh bien, je vais vous indiquer une voie supérieure à toutes les autres. J'aurais beau parler toutes les langues de la terre et du ciel, si je n'ai pas la charité, s'il me manque l'amour, je ne suis qu'un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante. J'aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, et toute la foi jusqu'à transporter les montagnes, s'il me manque l'amour, je ne suis rien. J'aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j'aurais beau me faire brûler vif, s'il me manque l'amour, cela ne me sert à rien. L'amour prend patience ; l'amour rend service ; l'amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d'orgueil ; il ne fait rien de malhonnête ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s'emporte pas ; il n'entretient pas de rancune ; il ne se réjouit pas de ce qui est mal, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ; il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout. L'amour ne passera jamais. Un jour, les prophéties disparaîtront, le don des langues cessera, la connaissance que nous avons de Dieu disparaîtra. En effet, notre connaissance est partielle, nos prophéties sont partielles. Quand viendra l'achèvement, ce qui est partiel disparaîtra. Quand j'étais un enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant. Maintenant que je suis un homme, j'ai fait disparaître ce qui faisait de moi un enfant. Nous voyons actuellement une image obscure dans un miroir ; ce jour-là, nous verrons face à face. Actuellement, ma connaissance est partielle ; ce jour-là, je connaîtrai vraiment, comme Dieu m'a connu. Ce qui demeure aujourd'hui, c'est la foi, l'espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c'est la charité. 1 Cor 12,31-13,13)
Commentaire du pape Benoît XVI
Encyclique « Spe salvi », § 38-39 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)
« Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés »
La mesure de l'humanité se détermine essentiellement dans son rapport à la souffrance et à celui qui souffre. Cela vaut pour chacun comme pour la société. Une société qui ne réussit pas à accepter les souffrants et qui n'est pas capable de contribuer, par la compassion, à faire en sorte que la souffrance soit partagée et portée aussi intérieurement est une société cruelle et inhumaine... La parole latine « con-solatio », consolation, l'exprime de manière très belle, suggérant un être-avec dans la solitude, qui alors n'est plus solitude. La capacité d'accepter la souffrance par amour du bien, de la vérité et de la justice est constitutive de la mesure de l'humanité, parce que si, en définitive, mon bien-être personnel, mon intégrité sont plus importants que la vérité et la justice, alors la domination du plus fort l'emporte ; alors règnent la violence et le mensonge...
Souffrir avec l'autre, pour les autres ; souffrir par amour de la vérité et de la justice, souffrir à cause de l'amour et pour devenir une personne qui aime vraiment -- ce sont des éléments fondamentaux d'humanité ; leur abandon détruirait l'homme lui-même. Mais encore une fois surgit la question : en sommes-nous capables ?... À la foi chrétienne, dans l'histoire de l'humanité, revient justement ce mérite d'avoir suscité dans l'homme d'une manière nouvelle et à une profondeur nouvelle la capacité de souffrir de la sorte, qui est décisive pour son humanité. La foi chrétienne nous a montré que vérité, justice, amour ne sont pas simplement des idéaux, mais des réalités de très grande densité. Elle nous a montré en effet que Dieu -- la Vérité et l'Amour en personne -- a voulu souffrir pour nous et avec nous.
Serais-je comme Peer Gynt qui rêvait sa vie ?
Est-ce que je me ferais emporter par les flots impétueux de la Moldau ? Je l’ignore.
Mon envie de me réfugier dans la caverne de Platon est très forte mais je sais que je ne dois pas y entrer. Je ne pourrais plus en sortir et les murs seraient remplis de mes rêves et de mes désirs.
Que faire alors ? Comment trouver le courage de s'ouvrir à nouveau au monde et créer ?
La seule activité qui soit importante et fait de nous des êtres humains. Je dis bien créer et non produire.
Produire est simple et facile. Il suffit de connaître un créateur et de s’appliquer. L’homme a créé tellement de beautés et les producteurs ont fabriqué tellement de merdes !!!!
Notre monde souffre du dédain opposé aux créatifs.
Un créateur de Facebook n’est rien d’autre qu’un opportuniste qui a vu l’intérêt d’utiliser cette merveilleuse invention qu’est l’internet (créée par des scientifiques). C’est un applicatif, un interprète, un opportuniste… en aucun cas un véritable créateur. Voilà, j’avais envie de m’énerver un peu.
Je rêve du « matin » dans Peer Gynt de Grieg. Quelle légèreté, quelle impression de fraîcheur et de renouveau. Quelle évidence ! Comment peut-on être aussi génial et réconfortant ?
art
Dictionnaire historique de la langue française : art n.m. l'un des mots les plus importants de notre culture, vient de l'accusatif du latin ars, artis, nom féminin à valeur très générale, signifiant "façon d'être" (cf. Ovide, qui associe mores "les moeurs, les habitudes", et artes) et "façon d'agir". C'est avec le thème -ti, une des réalisations de la racine armus (> arme), qui désigne le haut du bras et l'épaule, mot apparenté à artus - dont le diminutif "articulus" a donné article _ et au grec harmos" 'jointure, épaule" (> harmonie), et renvoie à une racine indoeuropéenne er, ar que l'on retrouve dans le verbe grec arariskein "arranger" et en arménien. Elargi par "ei", cette racine à donné le latin ritus "compte", le grec ari-thmos "nombre" (> arithmétique) : ritus ayant pris le sens religieux (>rite) correspondant au sanskrit rtam, qui transmet la notion générale d'"ordre" conforme à la religion (rite) ou la logique ("compte - nombre"). Ainsi le latin ars" réunit des idées essentielles, toute liées à l'activité humaine tendue vers un ordre, que cet ordre soit dicté par les dieux ou imposé par les lois logiques (cf. la notion de loi est elle-même ambiguë). Ars" a pris en latin le sens d'"habileté acquise par l'étude ou la pratique", et celui de "talent", opposé à natura, à ingenium, à scientia puis est passé au sens de "métier, profession" 'd'où artifex) et à la valeur péjorative de ruse, d'où artificium (> artifice). Le mot à servi d'équivalent au grec tekhné (> technique), d'où la valeur de "traité", qui a abouti en français par exemple à art poétique et en ancien provençal à "grammaire" (v. 1300). Le composé iners "inhabile" se retrouve dans inerte", et les dérivés latins de ars dans artisan et artiste. Le latin ars, artis est passé dans toutes les langues romanes sauf le roumain.
Le premier groupe d'emplois en français correspond à la valeur générale de "moyen, méthode, connaissance" (fin Xe siècle), aussi attesté dans males arz (1080, Roland) qui désignera un peu plus tard (XIIIe siècle) d'après le latin médiéval, la sorcellerie et les connaissances occultes. Benoît de Sainte-Maure (v. 1165)ndonne au mot deux valeurs venant du latin : "discipline des études" (les sept arts) et "habileté pour parvenir à un effet". De ce dernier sens vient en ancien français la valeur de "ruse, artifice" (XIIe - XVIIe s.), antérieure en ancien provençal (1025) et continuée par l'acception classique qui correspond plutôt à "affectation" qu'à "artifice". Par ailleurs, l'idée d'habileté plus ou moins secrète et d'efficacité technique s'incarne dans l'emploi pour "sorcellerie" de art seul (v. 1130) de mame arz (pluriel : déb. XIIe siècle) mauvais art (v. 1450) et subtil art (av. 1465).
Au début du XIIIe siècle, art a le sens général d'"activité professionnelle et manuelle"; à partir du XVIe siècle, cette valeur sera appuyée par l'emploi de artisan. De ces emplois médiévaux, le français moderne a retenu des syntagmes du modèle l'art de (et infinitif) et des locutions comme 'c'est du grand art.
Au XVIe siècle apparaissent par réemprunt au latin une spécialisation technique, "méthodes propres à une discipline", et une valeur générale, en opposition à nature (1580, Montaigne), qui correspond à tout ce qui est produit par l'homme (on parlera plus tard de culture). Ces sens humanistes ont donné lieu à des emplois toujours vivants, mais souvent mal interprétés, depuis le développement des sens modernes liés à l'esthétique : cependant des locutions comme les règles de l'art, l'enfance de l'art, l'art et la manière conservent ces valeurs anciennes, passablement isolées dans la langue contemporaine. De même, certains usage de un art, les arts continuent à faire vivre deux valeurs médiévales. La première est conceptuelle : "connaissance appliquée liée à un domaine d'activité réglée (c'est à dire "technique"), d'ou un homme de l'art "un médecin", l'art de la guerre et récemment (pris à l'anglais martial arts, ce qui explique l’archaïsme apparent) les arts martiaux, ou encore art poétique, calque latin du grec poietikê tekhnê méthode de création, chez Aristote. La seconde est institutionnelle : les sept arts (XIIe siècle) désigne les disciplines enseignées en tant que méthodes, et non en tant que connaissances abstraites dites scientiae dans le trivium : grammaire, didactique, réthorique, et dans le quadrivium : arithmétique, géométrie, histoire, musique, chacun de ces termes étant à prendre au sens latin et médiéval, non pas moderne. De là maistre en ars (1432; en hars, 1427), aux arts (1594), enfin maistre ès art (1534). Il s'agit là de techniques intellectuelles orientées vers la maîtrise du langage, des structures numériques et sonores, musicales (qui sont liées) et celle du discours de connaissance (historia) ou de conviction (la réthorique). Dans ces emplois, une partie du concept interfère avec celui que l'on désigne en français moderne par science. Il en va de même en ancien provençal, ou l'on trouve art d'astronomia (XIVe siècle) de arithmeticha (1492), à côté de art de trobar (de trouver - troubadour) "rhétorique" et art de gramatica (les deux v. 1290)
Au XVIIe siècle, les arts à l'université, désignes les humanités et la philosophie (1636), dans faculté des arts (1690). Disparues avec les mutation de l'institution pédagogique, ces valeurs de art" ont néanmoins subisté, surtout par une série de syntagmes. Arts mécaniques (1265; 1361) en opposition aux arts libéraux du trivium et du quadrivium, introduit et conserve la valeur de "technique artisanale", et est prolongée par les arts et métiers (1786). Les beaux-arts (1640; aussi belles arts au féminin. Bossuet 1653), expression diffusée au milieu du XVIIIe siècle, c'est-à-dire "les techniques de la beauté" s'applique en opposition à arts mécaniques et aussi à arts libéraux, qui a changé de valeur : ce sont au XVIIIe siècle les techniques nobles, poésie, musique, peinture, mais aussi lart militaire et lart naval. On voit alors se dégager deux oppositions, l'une conceptuelle "utilité, agrément" (les beaux-arts), l'autre sociale, les techniques pratiquées par l'honnête homme (Trévoux) étant opposées aux techniques vulgaires; la seconde opposition, discutées et contestée par Diderot dans lencyclopédie est la clef de l'opposition artiste - artisan dès le milieu du XVIIIe siècle.
Cependant, c'est au XIXe siècle, sous l'influence de l'allemand Kunst que le mot art va changer de domaine. Certes, dès le XVIIe et le XVIIIe s. on pouvait parler d'un art pour désigner la sculpture, la peinture, la littérature ou la poésie; mais le concept général était toujours lié aux oppositions évoquées ci-dessus. Ceci reste vrai dans de nombreux emplois, avant 1850 environ. Beaux-arts, de son côté, attesté au milieu du XVIIe siècle reste un terme dans une classification. Même dans les emplois absolus du mot art appliqué à la peinture ou à la sculpture (chez Diderot par exemple)), il ne s'agit pas de la valeur moderne. La valeur du mot art est alors liées à l'importance prise par le sentiment dans la création artistique, à l'intérieur de la dialectique nature - art, d'origine ancienne (latine), et à la notion de beau idéal. Seul artiste a pris au milieu du XVIIIe siècle un sens quasi moderne (mais il en conserve et en développe d'autres). C'est l'esthétique allemande, où Kunst transmet une idée de "savoir" plus centrale que celle d'"activité" (le mot est apparenté à können "savoir", "connaître"), qui transmet la valeur esthétique générale au français, par Mme de Staël, B. Constant, puis par Stendhal et les premiers romantiques. G. Matoré, étudiant ce mot, à montré que l'expression l'art pour l'art, employée par B. Constant (1804) après une conversation avec un disciple de Schelling, laquelle correspond au glissement complet du mot vers le concept esthétique, vient des idées des philosophes et écrivains allemands, Kant, Goethe, Schiller, Wieland, Hegel. Dès lors, art, en français, reçoit d'autres emplois, et la notion se subdivise selon les domaines de l'esthétique, en arts plastiques, arts appliqués"", arts décoratifs (d'où le style Art déco, après l'exposition des arts décoratifs en 1925). En outre,, selon un décompte arbitraire, septième art désigne le cinéma (1921), huitième et neuvième art la télévision et la bande dessinée. D'autres qualifications concernent l'origine (art nègre à l'époque cubiste), les styles, les époques, etc. L'expression histoire de l'art qui correspond à une notion culturelle essentielle, est attestée dans sa valeur actuelle au début du XIXe siècle. (L'histoire de l'art par les monuments de Séroux d'Agincourt, commence à paraître en 1811; là encore, il s'agit d'un concept allemand (lehrgebaüde der Geschichte der Kunst in der Altertum, par Winkelmann, 1764) modifiant profondément la tradition issue des vite ("vies") de Vasari (1550 - 1586).
Par métonymie, art s'applique aussi à l'ensemble des oeuvres (chez G. Planche; av. 1874) et, rarement, aux artistes (1891 chez Paul Verlaine).
Désormais associé aux notions de beauté et d'esthétique, l'art est ainsi devenu un objet de connaissance et de critique et l'une des références de consommation dite culturelle (objet d'art, marché de l'art) liée au thème de la conservation du patrimoine et de sa manifestation publique (musée, exposition).
En butte à une critique sociale très vive depuis les mouvement de contestation, dada et surréalisme en tête, l'art est aujourd'hui confronté d'une part à non-art, à anti-art (v. 1980) et aux formes marginales désignées par des syntagmes, qu'ils soient formés en français, art naïf, art brut (1944), empruntés : op'art (1964), pop art (v. 1955), land art (mot anglais), ou enfin calqués : art minimal, art conceptuel, de l'anglais, art pauvre de l'italien arte povera, etc.
Art n'a pas de dérivé vivant. L'ancien et moyen français ARTIEN ou ARCIEN n.m (XIIIe s.) a désigné jusqu'au XVe siècle un savant, habile dans les arts libéraux, puis spécialement (du XIII au XVIIIe s.) un étudiant en philosophie. ARTISER v. tr. "fabriquer (XVIe s.) puis "arranger avec art" (1793) a rapidement disparu.
Voir : article, articuler, artifice, artisan, artiste, inerte, orteil, artillerie
Citations
- Jim Morrison propose alors immédiatement le nom de « The Doors », en le justifiant de cette façon : « Il y a le connu. Il y a l'inconnu. Et entre les deux, il y a la porte, et c'est ça que je veux être ». Il fait ainsi référence au livre de Aldous Huxley, Les Portes de la perception, titre lui-même tiré d'une citation de William Blake : « If the doors of perception were cleansed everything/would appear to man as it is - infinite. » (« Si les portes de la perception étaient nettoyées toute chose/apparaîtrait à l'homme telle qu'elle est - infinie. », tiré de The Marriage Of Heaven And Hell).
Actualités
12 décembre 2012. Message du Saint-Père pour la Journée Mondiale pour la paix en 2013
Message du Saint-Père pour célébration de la Journée Mondiale pour la paix le 1er janvier 2013 sur le thème "Heureux les artisans de Paix".
1. Chaque année nouvelle porte en elle l'attente d'un monde meilleur. Dans cette perspective, fondée sur la foi, je prie Dieu, Père de l'humanité, de nous donner la concorde et la paix afin que puissent se réaliser pour tous les aspirations à une vie heureuse et prospère.
À 50 ans de l'ouverture du Concile Vatican II qui a permis de renforcer la mission de l'Église dans le monde, il est encourageant de constater que les chrétiens - peuple de Dieu en communion avec lui et en chemin parmi les hommes - s'engagent dans l'histoire en partageant ses joies et ses espoirs, ses tristesses et ses angoisses [1], annonçant le salut du Christ et promouvant la paix pour tous.
Notre temps en effet, marqué par la mondialisation, avec ses aspects positifs et négatifs, mais aussi par des conflits sanglants toujours en cours et par des menaces de guerre, demande un engagement renouvelé et collectif pour la recherche du bien commun, du développement de tous les hommes et de tout l'homme.
Les foyers de tension et d'opposition causés par des inégalités croissantes entre riches et pauvres, par la prévalence d'une mentalité égoïste et individualiste qui s'exprime également au travers d'un capitalisme financier sans régulation, nous inquiètent. En plus des différentes formes de terrorisme et de criminalité internationales, les fondamentalismes et les fanatismes qui défigurent la vraie nature de la religion, appelée qu'elle est à favoriser la communion et la réconciliation entre les hommes sont autant de dangers pour la paix.
Et pourtant les nombreuses œuvres de paix dont le monde est riche, témoignent de la vocation innée de l'humanité à la paix. En chaque personne, le désir de paix est une aspiration essentielle qui coïncide, d'une certaine façon, avec le désir d'une vie humaine pleine, heureuse et accomplie. En d'autres termes, le désir de paix correspond à un principe moral fondamental, c'est-à-dire au développement intégral, social, communautaire, entendu comme un droit et un devoir, et cela fait partie du dessein de Dieu sur l'homme. L'homme est fait pour la paix qui est don de Dieu.
Tout ce qui précède m'a conduit à m'inspirer, pour ce Message, des paroles de Jésus-Christ : « Heureux les artisans de paix, parce qu'ils seront appelés fils de Dieu » (Mt 5,9).
La béatitude évangélique
2. Les béatitudes, proclamées par Jésus (cf. Mt 5,3-12 et Lc 6,20-23), sont autant de promesses. Dans la tradition biblique en effet, le genre littéraire correspondant à la béatitude porte toujours en lui-même une bonne nouvelle, c'est-à-dire un évangile, qui culmine en une promesse. Les béatitudes ne sont donc pas seulement des recommandations morales dont l'observance prévoit, au temps prescrit - temps généralement situé dans l'autre vie -, une récompense, c'est-à-dire une situation de bonheur à venir. La béatitude consiste plutôt en l'accomplissement d'une promesse adressée à tous ceux qui se laissent guider par les exigences de la vérité, de la justice et de l'amour. Ceux qui mettent leur foi en Dieu et en ses promesses apparaissent souvent aux yeux du monde naïfs et éloignés de la réalité. Eh bien, Jésus leur déclare qu'ils découvriront être fils de Dieu non seulement dans l'autre vie mais déjà en celle-ci et que, depuis toujours et pour toujours, Dieu est pleinement solidaire d'eux. Ils comprendront qu'ils ne sont pas seuls parce qu'Il est du côté de ceux qui s'engagent en faveur de la vérité, de la justice et de l'amour. Jésus, révélation de l'amour du Père, n'hésite pas à s'offrir lui-même en sacrifice. Quand on accueille Jésus-Christ, Homme-Dieu, on vit la joyeuse expérience d'un don immense : le partage de la vie même de Dieu, ou encore la vie de la grâce, prémisse d'une existence pleinement heureuse. Jésus-Christ nous donne en particulier la paix véritable qui naît de la rencontre confiante de l'homme avec Dieu.
La béatitude de Jésus dit que la paix est à la fois don messianique et œuvre humaine. En effet, la paix présuppose un humanisme ouvert à la transcendance. Il est fruit du don réciproque, d'un enrichissement mutuel, grâce au don qui jaillit de Dieu et permet de vivre avec les autres et pour les autres. L'éthique de la paix est une éthique de la communion et du partage. Il est alors indispensable que les différentes cultures contemporaines dépassent les anthropologies et les éthiques fondées sur des présupposés théorico-pratiques surtout subjectifs et pragmatiques, au nom desquels les relations de cohabitation sont inspirés par des critères de pouvoir ou de profit, où les moyens deviennent des fins et vice-versa, où la culture et l'éducation sont seulement centrées sur les instruments, sur la technique et sur l'efficience. Le démantèlement de la dictature du relativisme et de l'adoption d'une morale totalement autonome qui interdit la reconnaissance de l'incontournable loi morale naturelle inscrite par Dieu dans la conscience de chaque homme est une condition nécessaire de la paix. La paix est construction d'un vivre-ensemble en termes rationnels et moraux, s'appuyant sur un fondement dont la mesure n'est pas créée par l'homme mais par Dieu même. « Le Seigneur donne la puissance à son peuple, le Seigneur bénit son peuple dans la paix », rappelle le Psaume 29 (v.11).
La paix : don de Dieu et œuvre de l'homme
3. La paix concerne l'intégrité de la personne humaine et appelle l'implication de tout l'homme. C'est la paix avec Dieu, en vivant selon sa volonté. C'est la paix intérieure avec soi-même et la paix extérieure avec le prochain et avec toute la création. Elle comporte principalement, comme l'a écrit le bienheureux Jean XXIII dans l'encyclique Pacem in Terris dont nous commémorerons dans quelques mois le cinquantième anniversaire, la construction d'un vivre-ensemble fondé sur la vérité, sur la liberté, sur l'amour et sur la justice [2]. La négation de ce qu'est la véritable nature de l'être humain, en ses dimensions essentielles, en sa capacité intrinsèque de connaître le vrai et le bien et, en définitive, Dieu lui-même, met en danger la construction de la paix. Sans la vérité sur l'homme, inscrite en son coeur par le Créateur, la liberté et l'amour s'avilissent, la justice perd le fondement de son exercice.
Pour devenir d'authentiques artisans de paix, l'attention à la dimension transcendante est fondamentale comme l'est le dialogue constant avec Dieu, Père miséricordieux, dialogue dans lequel on implore la rédemption que nous a obtenue son Fils Unique. Ainsi l'homme peut vaincre ce germe d'affaiblissement et de négation de la paix qu'est le péché en toutes ses formes : égoïsme et violence, avidité et volonté de puissance et de domination, intolérance, haine et structures injustes.
La réalisation de la paix dépend avant tout de la reconnaissance d'être, en Dieu, une unique famille humaine. Celle-ci se structure, comme l'a enseigné l'Encyclique Pacem in Terris, à travers des relations interpersonnelles et des institutions soutenues et animées par un « nous » communautaire, impliquant un ordre moral, interne et externe, où sont sincèrement reconnus, selon la vérité et la justice, les droits réciproques et les devoirs correspondants. La paix est un ordre vivifié et structuré par l'amour; ainsi chacun ressent comme siens les besoins et les exigences d'autrui, fait partager ses propres biens aux autres et rend la communion aux valeurs spirituelles toujours plus répandue dans le monde. Cet ordre se réalise dans la liberté, c'est-à-dire de la façon qui convient à la dignité des personnes qui, par leur nature raisonnable elle-même, assument la responsabilité de leurs actes [3].
La paix n'est pas un rêve, ce n'est pas une utopie : elle est possible. Nos yeux doivent regarder plus profondément, sous la surface des apparences et des phénomènes, pour distinguer une réalité positive qui existe dans les cœurs parce que tout homme est créé à l'image de Dieu, et appelé à grandir, contribuant à l'édification d'un monde nouveau. Dieu lui-même en effet, par l'incarnation de son Fils et la rédemption qu'il réalise, est entré dans l'histoire, suscitant une nouvelle création et une nouvelle alliance entre Dieu et l'homme (cf. Jer 31,31-34), nous donnant la possibilité d'avoir « un cœur nouveau » et « un esprit nouveau » (cf. Ez 36,26).
C'est justement pourquoi l'Église est convaincue qu'existe l'urgence d'une nouvelle annonce de Jésus-Christ, premier et principal facteur du développement intégral des peuples et aussi de la paix. En effet, Jésus est notre paix, notre justice, notre réconciliation (cf. Ep 2,14 ; 2 Cor 5,18). L'artisan de paix, selon la béatitude de Jésus, est celui qui recherche le bien de l'autre, le bien complet de l'âme et du corps, aujourd'hui et demain.
De cet enseignement, on peut déduire que toute personne, toute communauté - religieuse, civile, éducative et culturelle -, est appelée à être artisan de paix. La paix est principalement réalisation du bien commun des différentes sociétés, qu'elles soient primaires ou intermédiaires, nationales, internationales ou mondiale. C'est justement pourquoi on peut dire que les voies de réalisation du bien commun sont aussi celles qu'il importe de parcourir pour obtenir la paix.
Les artisans de paix sont ceux qui aiment, défendent et promeuvent la vie dans son intégralité
4. Le chemin de réalisation du bien commun et de la paix est avant tout le respect pour la vie humaine, considérée dans la variété de ses aspects, à commencer par sa conception, dans son développement, et jusqu'à son terme naturel. Les vrais artisans de paix sont alors ceux qui aiment, défendent et promeuvent la vie humaine en toutes ses dimensions : personnelle, communautaire et transcendante. La vie en plénitude est le sommet de la paix. Qui veut la paix ne peut tolérer des atteintes ou des crimes contre la vie.
Ceux qui n'apprécient pas suffisamment la valeur de la vie humaine et, par conséquent, soutiennent la libéralisation de l'avortement par exemple, ne se rendent peut-être pas compte que de cette façon ils proposent la recherche d'une paix illusoire. La fuite des responsabilités qui avilit la personne humaine et, encore davantage, le meurtre d'un être sans défense et innocent, ne pourront jamais produire ni bonheur ni paix. Comment peut-on penser en effet construire la paix, le développement intégral des peuples ou la sauvegarde même de l'environnement sans que soit défendu le droit des plus faibles à la vie, à commencer par les enfants à naître ? Toute atteinte à la vie, en particulier à son origine, provoque inévitablement des dégâts irréparables pour le développement, pour la paix, pour l'environnement. Il n'est pas juste non plus de codifier de manière sournoise de faux droits ou des abus qui, fondés sur une vision réductrice et relativiste de l'être humain et sur l'utilisation habile d'expressions ambiguës destinées à favoriser un prétendu droit à l'avortement et à l'euthanasie, menacent le droit fondamental à la vie.
La structure naturelle du mariage doit être aussi reconnue et promue, c'est-à-dire l'union entre un homme et une femme, face aux tentatives de la rendre juridiquement équivalente à des formes radicalement différentes d'union qui, en réalité, la dénaturent et contribuent à la déstabiliser, éclipsant son caractère particulier et son rôle social irremplaçable.
Ces principes ne sont pas des vérités de foi ; ils ne sont pas non plus seulement une conséquence du droit à la liberté religieuse. Ils sont inscrits dans la nature humaine elle-même, identifiables par la raison, et donc communs à toute l'humanité. L'action de l'Église en faveur de leur promotion ne revêt donc pas un caractère confessionnel mais s'adresse à toutes les personnes, quelle que soit leur appartenance religieuse. Cette action est d'autant plus nécessaire que ces principes sont niés ou mal compris, car cela constitue une offense faite à la vérité de la personne humaine, une grave blessure infligée à la justice et à la paix.
C'est pourquoi la reconnaissance par les ordonnancements juridiques et par l'administration de la justice du droit à l'usage du principe d'objection de conscience face à des lois et à des mesures gouvernementales portant atteintes à la dignité humaine, comme l'avortement et l'euthanasie, est aussi une importante contribution à la paix.
Parmi les droits fondamentaux, concernant aussi la vie pacifique des peuples, il y a également celui des particuliers et des communautés à la liberté religieuse. En ce moment de l'histoire, il devient de plus en plus important qu'un tel droit soit promu non seulement du point de vue négatif, comme liberté face à - par exemple des obligations ou des restrictions relatives à la liberté de choisir sa propre religion -, mais aussi du point de vue positif, en ses différentes articulations, comme liberté de : par exemple de témoigner de sa propre religion, d'annoncer et de communiquer ses enseignements ; d'accomplir des activités éducatives, de bienfaisance et d'assistance qui permettent d'appliquer les préceptes religieux ; d'exister et d'agir en tant qu'organismes sociaux, structurés selon les principes doctrinaux et les fins institutionnelles qui leur sont propres. Malheureusement, même dans les pays de vieille tradition chrétienne, se multiplient les épisodes d'intolérance religieuse, en particulier contre le christianisme et contre ceux qui revêtent simplement les signes distinctifs de leur propre religion.
L'artisan de paix doit aussi avoir conscience que de plus en plus de secteurs de l'opinion publique sont touchés par les idéologies du libéralisme radical et de la technocratie qui leur instillent la conviction selon laquelle la croissance économique est à obtenir aussi au prix de l'érosion de la fonction sociale de l'État et des réseaux de solidarité de la société civile, ainsi que des droits et des devoirs sociaux. Or, il faut considérer que ces droits et devoirs sont fondamentaux pour la pleine réalisation des autres, à commencer par les droits et les devoirs civiques et politiques.
Parmi les droits et les devoirs sociaux aujourd'hui les plus menacés, il y a le droit au travail. Cela est dû au fait que le travail et la juste reconnaissance du statut juridique des travailleurs sont de moins en moins correctement valorisés, parce que le développement économique dépendrait surtout de la pleine liberté des marchés. Le travail est appréhendé comme une variable dépendant des mécanismes économiques et financiers. À ce sujet, je répète ici que la dignité de l'homme, ainsi que la logique économique, sociale et politique, exigent que l'on continue à « se donner comme objectif prioritaire l'accès au travail ou son maintien, pour tous » [4]. La réalisation de cet objectif ambitieux a pour condition une appréhension renouvelée du travail, fondée sur des principes éthiques et des valeurs spirituelles de nature à renforcer sa conception en tant que bien fondamental pour la personne, la famille, la société. À ce bien correspondent un devoir et un droit qui exigent des politiques courageuses et novatrices en faveur du travail pour tous.
Construire le bien de la paix par un nouveau modèle de développement et d'économie
5. De plusieurs côtés, il est reconnu qu'aujourd'hui un nouveau modèle de développement comme aussi un nouveau regard sur l'économie s'avèrent nécessaires. Aussi bien le développement intégral, solidaire et durable, que le bien commun, exigent une échelle correcte de "biens-valeurs", qu'il est possible de structurer en ayant Dieu comme référence ultime. Il ne suffit pas d'avoir à disposition de nombreux moyens et de nombreuses opportunités de choix, même appréciables. Autant les multiples biens efficaces pour le développement, que les opportunités de choix doivent être utilisés dans la perspective d'une vie bonne, d'une conduite droite qui reconnaisse le primat de la dimension spirituelle et l'appel à la réalisation du bien commun. Dans le cas contraire, ils perdent leur juste valeur, finissant par s'ériger en nouvelles idoles.
Pour sortir de la crise financière et économique actuelle - qui a pour effet une croissance des inégalités - il faut des personnes, des groupes, des institutions qui promeuvent la vie en favorisant la créativité humaine pour tirer, même de la crise, l'occasion d'un discernement et d'un nouveau modèle économique. Le modèle prévalant des dernières décennies postulait la recherche de la maximalisation du profit et de la consommation, dans une optique individualiste et égoïste, tendant à évaluer les personnes seulement par leur capacité à répondre aux exigences de la compétitivité. Au contraire, dans une autre perspective, le succès véritable et durable s'obtient par le don de soi, de ses propres capacités intellectuelles, de son esprit d'initiative, parce que le développement économique vivable, c'est-à-dire authentiquement humain, a besoin du principe de gratuité comme expression de fraternité et de la logique du don [5]. Concrètement, dans l'activité économique, l'artisan de paix se présente comme celui qui instaure avec ses collaborateurs et ses collègues, avec les commanditaires et les usagers, des relations de loyauté et de réciprocité. Il exerce l'activité économique pour le bien commun, vit son engagement comme quelque chose qui va au-delà de son intérêt propre, au bénéfice des générations présentes et futures. Et ainsi, il travaille non seulement pour lui, mais aussi pour donner aux autres un avenir et un travail décent.
Dans le domaine économique, il est demandé, spécialement de la part des États, des politiques de développement industriel et agricole qui aient le souci du progrès social et de l'universalisation d'un État de droit, démocratique. Ensuite, la structuration éthique des marchés monétaires, financiers et commerciaux est fondamentale et incontournable; ceux-ci seront stabilisés et le plus possible coordonnés et contrôlés, de façon à ne pas nuire aux plus pauvres. La sollicitude des nombreux artisans de paix doit en outre se mettre - avec plus de résolution par rapport à ce qui s'est fait jusqu'à aujourd'hui - à considérer la crise alimentaire, bien plus grave que la crise financière. Le thème de la sécurité des approvisionnements alimentaires en est venu à être central dans l'agenda politique international, à cause de crises connexes, entre autre, aux fluctuations soudaines des prix des matières premières agricoles, aux comportements irresponsables de certains agents économiques et à un contrôle insuffisant de la part des gouvernements et de la communauté internationale. Pour faire face à cette crise, les artisans de paix sont appelés à œuvrer ensemble en esprit de solidarité, du niveau local au niveau international, avec pour objectif de mettre les agriculteurs, en particulier dans les petites réalités rurales, en condition de pouvoir exercer leur activité de façon digne et durable, d'un point de vue social, environnemental et économique.
Éducation pour une culture de paix : le rôle de la famille et des institutions
6. Je désire rappeler avec force que les nombreux artisans de paix sont appelés à cultiver la passion pour le bien commun de la famille et pour la justice sociale, ainsi que l'engagement en faveur d'une éducation sociale valable.
Personne ne peut ignorer ou sous-évaluer le rôle décisif de la famille, cellule de base de la société du point de vue démographique, éthique, pédagogique, économique et politique. Elle a une vocation naturelle à promouvoir la vie : elle accompagne les personnes dans leur croissance et les incite au développement mutuel par l'entraide réciproque. La famille chrétienne, tout particulièrement, porte en elle le projet embryonnaire de l'éducation des personnes à la mesure de l'amour divin. La famille est un des sujets sociaux indispensables à la réalisation d'une culture de la paix. Il faut protéger le droit des parents et leur rôle premier dans l'éducation des enfants, tout d'abord dans le domaine moral et religieux. Dans la famille, naissent et grandissent les artisans de paix, les futurs promoteurs d'une culture de la vie et de l'amour [6].
Dans cette immense tache de l'éducation à la paix, les communautés religieuses sont particulièrement impliquées. L'Église se sent partie-prenante d'une si grande responsabilité à travers la nouvelle évangélisation, qui a comme pivot la conversion à la vérité et à l'amour du Christ, et, par conséquent, la renaissance spirituelle et morale des personnes et des sociétés. La rencontre avec Jésus Christ façonne les artisans de paix en les engageant à la communion et au dépassement de l'injustice.
Une mission spéciale concernant la paix est remplie par les institutions culturelles scolaires et universitaires. Il leur est demandé une contribution importante non seulement à la formation de nouvelles générations de leader, mais aussi au renouvellement des institutions publiques, nationales et internationales. Elles peuvent aussi contribuer à une réflexion scientifique qui enracine les activités économiques et financières dans un solide fondement anthropologique et éthique. Le monde actuel, particulièrement le monde politique, a besoin du support d'une nouvelle pensée, d'une nouvelle synthèse culturelle, pour dépasser les approches purement techniques et harmoniser les multiples tendances politiques en vue du bien commun. Celui-ci, considéré comme un ensemble de relations interpersonnelles et institutionnelles positives, au service de la croissance intégrale des individus et des groupes, est à la base de toute éducation véritable à la paix.
Une pédagogie de l'artisan de paix
7. En conclusion, ressort la nécessité de proposer et de promouvoir une pédagogie de la paix. Elle demande une vie intérieure riche, des références morales claires et valables, des attitudes et des manières de vivre appropriées. En effet, les œuvres de paix concourent à réaliser le bien commun et créent l'intérêt pour la paix, en éduquant à la paix. Pensées, paroles et gestes de paix créent une mentalité et une culture de la paix, une atmosphère de respect, d'honnêteté et de cordialité. Il faut alors enseigner aux hommes à s'aimer et à s'éduquer à la paix, et à vivre avec bienveillance, plus que par simple tolérance. L'encouragement fondamental est celui de « dire non à la vengeance, de reconnaître ses torts, d'accepter les excuses sans les rechercher, et enfin de pardonner » [7], de sorte que les erreurs et les offenses puissent être reconnues en vérité pour avancer ensemble vers la réconciliation. Cela demande qu'une pédagogie du pardon se répande. Le mal, en effet, se vainc par le bien, et la justice est recherchée en imitant Dieu, le Père, qui aime tous ses enfants (cf. Mt 5, 21-48). C'est un travail de longue haleine, parce qu'il suppose une évolution spirituelle, une éducation aux valeurs les plus élevées, une vision neuve de l'histoire humaine. Il convient de renoncer à la fausse paix que promettent les idoles de ce monde et aux dangers qui l'accompagnent, à cette fausse paix qui rend les consciences toujours plus insensibles, qui porte au repliement sur soi, à une existence atrophiée vécue dans l'indifférence. Au contraire la pédagogie de la paix implique action, compassion, solidarité, courage et persévérance.
Jésus incarne l'ensemble de ces attitudes dans son existence, jusqu'au don total de lui-même, jusqu'à « perdre sa vie » (cf. Mt 10,39 ; Lc 17,33 ; Jn 12,25). Il promet à ses disciples que, tôt ou tard, ils feront la découverte extraordinaire dont nous avons parlé au début, à savoir que dans le monde, il y a Dieu, le Dieu de Jésus, pleinement solidaire des hommes. Dans ce contexte, je voudrais rappeler la prière par laquelle nous demandons à Dieu de faire de nous des instruments de sa paix, pour porter son amour là où il y a la haine, son pardon là où il y a l'offense, la vraie foi là où il y a le doute. Pour notre part, avec le bienheureux Jean XXIII, demandons à Dieu qu'il éclaire les responsables des peuples, afin que, tout en se préoccupant du légitime bien-être de leurs compatriotes, ils garantissent et défendent le précieux don de la paix. Qu'il enflamme la volonté de tous pour renverser les barrières qui divisent, renforcer les liens de l'amour mutuel, user de compréhension à l'égard d'autrui et pardonner à ceux qui leur ont fait du tort, de sorte que, grâce à son action, tous les peuples de la terre fraternisent et que parmi eux ne cesse de fleurir et de régner la paix tant désirée [8].
Par ce vœu, je souhaite que tous puissent être de véritables artisans et bâtisseurs de paix, de sorte que la cité de l'homme grandisse dans une concorde fraternelle, dans la prospérité et dans la paix.
Du Vatican, le 8 décembre 2012.
[1] Cf. CONC. ŒCUM. VAT. II, Const. past. sur l'Église dans le monde de ce temps Gaudium et spes, n. 1.
[2] Cf. Lett. enc. Pacem in terris (11 avril 1963) : AAS 55 (1963), 265-266.
[3] Cf. ibid. : AAS 55 (1963), 266.
[4] BENOÎT XVI, Lett. enc. Caritas in veritate (29 juin 2009), n. 32 : AAS 101 (2009), 666-667.
[5] Cf. ibid., n. 34 et 36 : AAS 101 (2009), 668-670 et 671-672.
[6] Cf. JEAN-PAUL II, Message pour la Journée mondiale de la Paix 1994 (8 décembre 1993): AAS 86 (1994), 156-162.
[7] Benoît XVI, Discours aux membres du Gouvernement, aux institutions de la République, au corps diplomatique, aux chefs religieux et aux représentants du monde de la culture, Baabda-Liban (15 septembre 2012) : L'Osservatore romano, édition française n. 3.253 (20 septembre 2012), p. 7.
[8] Cf. Lett. enc. Pacem in terris (11 avril 1963) : AAS 55 (1963), 304.
Avent
Avent: Angélus du dimanche 27 novembre 2011
Texte intégral des paroles de Benoît XVI
ROME, dimanche 27 novembre 2011 (ZENIT.org) – Nous publions ci-dessous le texte intégral des paroles prononcées ce dimanche place Saint-Pierre par Benoît XVI à l’occasion de la prière de l'Angélus.
AVANT L’ANGELUS
Chers frères et sœurs,
Nous commençons aujourd’hui avec toute l’Eglise une nouvelle année liturgique : un nouveau chemin de foi à vivre ensemble dans les communautés chrétiennes, mais aussi, comme toujours, à parcourir à l’intérieur de l’histoire du monde, afin de l’ouvrir au mystère de Dieu, au salut qui vient de son amour. L’année liturgique débute avec le temps de l'Avent: temps merveilleux où se réveille dans les coeurs l’attente du retour du Christ et la mémoire de sa première venue, quand il s’est dépouillé de sa gloire divine pour assumer notre chair mortelle.
"Veillez!" : c’est l’appel de Jésus dans l’Évangile d’aujourd’hui. Il l’adresse non seulement à ses disciples, mais à tous: "Veillez!" (Mt 13,37). C’est un rappel salutaire à se souvenir que la vie n’a pas seulement une dimension terrestre, mais est projetée vers un "au-delà", comme une petite plante qui germe de la terre et s’ouvre vers le ciel. Une petite plante pensante - l’homme - dotée de liberté et de responsabilité, c’est pourquoi chacun de nous sera appelé à rendre compte de la manière dont il a vécu, de la manière dont il a utilisé ses capacités: s’il les a gardées pour lui ou s’il les a faites fructifier également pour le bien de ses frères.
Isaïe, le prophète de l’Avent, nous fait aussi réfléchir aujourd’hui avec une prière sincère, adressée à Dieu au nom du peuple. Il reconnaît les manquements de son peuple, et, à un certain moment il dit : " Personne n'invoquait ton nom, nul ne se réveillait pour recourir à toi. Car tu nous avais caché ton visage, tu nous avais abandonnés au pouvoir de nos iniquités" (Is 64,6). Comment ne pas être frappés par cette description? Elle semble refléter certains panoramas du monde post-moderne: la ville où la vie devient anonyme et horizontale, où Dieu semble absent et l’homme le seul maître, qui se fait lui-même l’artisan et le metteur en scène de tout: les constructions, le travail, l’économie, les transports, les sciences, la technique, tout semble ne dépendre que l’homme. Et parfois, dans ce monde qui apparaît presque parfait, des choses bouleversantes se produisent, soit dans la nature, soit dans la société, alors nous pensons que Dieu s’est retiré, qu’il nous a, pour ainsi dire, abandonnés à nous-mêmes.
En réalité, le vrai "maître" du monde, ce n’est pas l’homme, mais Dieu. L’Evangile dit : " Veillez donc, car vous ne savez pas quand le maître de la maison reviendra, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin. Il peut arriver à l'improviste et vous trouver endormis" (Mc 13,35-36). Le temps de l’Avent vient chaque année nous rappeler cela, afin que notre vie retrouve son orientation juste, vers le visage de Dieu. Non pas le visage d’un "maître", mais d’un Père et d’un Ami. Avec la Vierge Marie, qui nous guide sur le chemin de l'Avent, faisons nôtres les paroles du prophète. " Seigneur, tu es notre Père. Nous sommes l'argile, et tu es le potier : nous sommes tous l'ouvrage de tes mains. " (Is 64,7).
APRES L’ANGELUS
(En italien)
Les travaux de la Convention de l’ONU sur les changements climatiques et sur le Protocole de Kyoto commenceront demain à Durban, en Afrique du sud. Je souhaite que tous les membres de la communauté internationale se mettent d’accord sur une réponse responsable, crédible et solidaire à ce phénomène préoccupant et complexe, en tenant compte des exigences des populations plus pauvres et des générations futures.
(En français)
En ce début d’année liturgique, j’accueille avec joie les pèlerins francophones venus pour la prière de l’Angélus. Ce premier dimanche de l'Avent nous invite à demeurer vigilant. Menacé par l’assoupissement, ne laissons pas s’endormir notre dynamisme spirituel. Notre monde a besoin de veilleurs et de porteurs d’espérance. N’attendons pas passivement, mettons en œuvre activement et joyeusement ce temps de grâce en ouvrant tout grand nos cœurs et nos esprits à la lumière de l’Évangile. À la suite de la Vierge Marie, veillons et prions dans l’attente du retour du Seigneur ! Bonne et heureuse année liturgique !
(En anglais)
J’accueille chaleureusement les pèlerins et les visiteurs de langue anglaise présents à cette prière de l’angélus. Aujourd’hui, l’Eglise commence la célébration de l’Avent, qui marque le commencement d’une nouvelle année liturgique ainsi que notre préparation spirituelle à la célébration de Noël. Mettons en pratique le message de l’Evangile du jour en entrant par la prière en cette sainte saison, afin que nous soyons prêts à accueillir Jésus-Christ, qui est Dieu avec nous. Je vous souhaite à tous un bon dimanche. Que Dieu vous bénisse tous!
(En polonais)
Je salue tous les polonais. Avec les vêpres du premier dimanche de l’Avent nous avons commencé la nouvelle année liturgique. Une atmosphère de réflexion, d’espérance et d’attente joyeuse se répand à nouveau dans l’histoire du monde, de l’Eglise et de chacun de nous. En nous se ravive le souvenir de la naissance du Messie, le Sauveur, l’annonce de sa nouvelle venue dans la gloire. Nous devons veiller afin que nos coeurs – nos pensées, nos sentiments, nos désirs – " soient sans reproche au jour de notre Seigneur Jésus Christ" (1 Co 1,8). Pour ce temps de vigilance de l’Avent, je vous bénis de tout coeur.
(En italien)
J’adresse une salutation cordiale aux responsables européens de la Société Saint-Vincent-de-Paul, et je les encourage dans leur engagement pour affronter les pauvretés anciennes et nouvelles avec l’esprit de l’Evangile.
Je salue avec affection les pèlerins de langue italienne, en particulier les fidèles provenant de Lugano, Turin, Trieste et Avellino; le groupe de jeunes du diocèse de Milan qui se préparent à la profession de foi; et un salut spécial également à la communauté cubaine du diocèse de Bergame et au “Service universitaire africain” de Rome. A tous je souhaite un bon dimanche et un bon chemin d'Avent.
Merci. Bon Avent. Bon dimanche.
© Texte original plurilingue, Libreria Editrice Vaticane
Traduction de Zenit (Anne Kurian)
Du 30 septembre au 2 octobre 2011 au Monastère Sainte-Présence (Saint-Dolay, Morbihan) LE JARDIN DE LA CRÉATION DE LA TERRE À LA MER ET... DES HOMMES
Festival Georges Cziffra 2011 Samedi 26 mars 20h30, Soirée Liszt - Que vos cœurs s'élèvent !
Romain Hervé, Pianiste, François Beaulieu, Acteur - Conteur
Une histoire d’amour. Un regard nouveau sur la musique de Liszt.
Ce qui différencie ce programme unique des autres spectacles musico-littéraires, c'est que poésie et musique fusionnent par magie pour laisser apparaître une véritable histoire mélodramatique tels les maillons d'une même chaine. Le choix de la poésie n'est pas fortuit car la poésie devient musique de même que la musique dévient poésie pour nous conter l'extraordinaire histoire d'amour d'un homme épris d'une femme tant attendue.
Se succèderont des états d'âme forts et profonds : rêve et attente amoureuse, passion, bien-être, interrogation et incertitude, mal-être, folie, drame, rédemption.
Les chefs d'œuvre poétiques de Paul Verlaine, Charles Baudelaire, Alfred de Musset, Victor Hugo, Alphonse Beauregard, Albert Samain, René-Guy Cadou intensifient, ouvrent un regard nouveau sur la musique de Liszt et contribuent à créer un climat captivant, magique, impressionnant et émouvant.
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