Fès

Un article de Nature et Culture en Hautes-Terres.

"Véritable creuset où se croisent les traditions d'Europe, d'Afrique et d'Orient, où se mêlent les civilisations juive, chrétienne et musulmane, Fès est un exemple de recherche et de cohabitation harmonieuse des religions et des cultures"

Sommaire

Présentation

Fès ou parfois transcrit Fez ( فـاس en arabe, פאס en hébreu) est la troisième plus grande ville du Maroc, après Casablanca et Rabat avec une population de 1 008 782 d'habitants. C'est l'une des quatre « villes impériales » (avec Marrakech, Meknès et Rabat). La fertilité de la région due à ses pluies favorables à l'agriculture, mais aussi de par la position stratégique de la plaine du Saïs, au pied du Moyen Atlas, ont convaincu Moulay Idriss d'établir le siège de sa dynastie. Son fils Idriss II l'agrandit et l'embellit. Chassées de Cordoue, 8 000 familles musulmanes andalouses s'y installent. Selon une légende, le nom de la ville viendrait de la découverte d'une pioche (arabe : فأس [fa's], pioche) à l'emplacement des premières fondations.

Depuis très longtemps il existe dans ce pays des élites proprement marocaines en particulier liées au pouvoir royal. Il existe quatre villes dites « impériales » au Maroc, Marrakech, Meknès, Rabat et Fès, qui ont toutes à un moment donné été la capitale du royaume. La plus importante historiquement est Fès. Encore aujourd’hui la bourgeoisie fassi occupe le premier plan, même si la plupart de ses membres vit à Rabat, capitale politique ou à Casablanca, capitale économique. Il ne s’agit en aucun cas d’une élite fabriquée de toute pièce par la colonisation comme on peut le voir en Afrique noire ou en Algérie.

La ville, dont les quartiers anciens sont classés patrimoine de l'humanité par l’Unesco, est un grand centre religieux et universitaire ainsi qu’un haut-lieu de l’architecture. On peut y admirer notamment la très belle mosquée Qarawiyin (IXe siècle), les remparts et le palais impérial. Elle en outre possède la plus grande médina arabe du monde. Son rayonnement international passé en fait l'une des capitales de la civilisation arabo-musulmane aux côtés de Damas, Bagdad, Alger, Cordoue, Grenade... La médina (vieille ville), un exemple modèle d'une ville orientale, inchangée depuis le XIIe siècle. Aujourd’hui, la médina demeure un labyrinthe de ruelles étroites. Elle compte cent quatre-vingt-sept quartiers, et chacun d’eux possède une mosquée, une école coranique, une boulangerie, une fontaine et un hammam. La médina est le foyer de nombreux artisans ; on y trouve un marché couvert et de nombreuses petites boutiques. Les plus célèbres monuments de la médina sont : la Zaouia de Moulay Idris (bâtie au ixe siècle, reconstruite au xiiie siècle), tombe du fondateur de la cité ; la mosquée al-Qarawiyin (fondée en 859, agrandie jusqu’au xiiie siècle) ; la Bou Inania Medersa, résidence pour étudiants construite en 1355 ; et la mosquée andalouse (fondée en 860, agrandie en 1200).

Fès ne se livre pas facilement. Pour y accéder, il faut rentrer par la grande porte, à la fois visible et voilée, du sacré. Car Fès est un sanctuaire. C'est ainsi d'ailleurs que les soufis, ces initiés de l'islam, l'ont toujours appelée: la Zaouïa. Le voyageur qui venait de loin savait qu'en arrivant aux portes de la ville, c'est à son fondateur et à son saint patron lui-même qu'il demandait l'hospitalité. Pour lui, Fès est la ville de Moulay Idriss.

Beaucoup de fassis connaissent encore par cœur ce que les chroniqueurs rapportent comme étant les paroles, lors de la prière inaugurale, du saint : « Ô Dieu, Tu sais que je n'ai pas construit cette ville par vanité, par désir de renommée ou par orgueil. Mais je voudrais que tu y sois adoré, que Ton Livre y soit Lu et Ta Loi appliquée tant que durera le monde. Ô Dieu, guide vers le bien ceux qui y habitent et aide les à l'accomplir, voile à leurs yeux l'épée de l'anarchie et de la dissidence… »

Fès, qui fut pendant plusieurs siècles une capitale politique et intellectuelle du Maroc, était devenue un centre de rencontres et d'échanges. On rapporte que Gerbert d'Aurillac, Pape de 999 à 1003, y séjourna dans sa jeunesse pour y faire des études à la suite desquelles il introduisit les chiffres arabe en Europe. Maïmonide, médecin et philosophe juif, y vécut également quelques années durant lesquelles il enseigna à la Quaraouiyine. L'œuvre de ce philosophe est une merveilleuse illustration de cette symbiose de la culture judéo-islamique qui avait prévalu en Andalousie, et trouvé un écho similaire à Fès.

En 1666, Moulay Rachid désigne à nouveau Fès comme capitale. Après une longue période d'agitation dans la première moitié du XVIIIe siècle, la ville retrouvera son calme et son prestige au XVIIIe siècle, grâce à l'alliance de l'armée et des dirigeants de la vieille université de la Qaraouiyne,siège d'une véritable force politique. Concurrencée par l'activité économique naissante de Casablanca, Fès maintient son rayonnement religieux, intellectuel et commercial.

En 1911, Moulay Hafid, confronté à une insurrection, fait appel aux troupes françaises. Quelques mois plus tard, en mars 1912, il signe la Convention de Fès, traité établissant le protectorat français sur le Maroc. C'est alors que se développe la ville moderne, dite européenne, suivant un plan d'urbanisme très régulier. Cette nouvelle ville coexiste avec l'ancienne et Fès, cité millénaire, sait préserver sa personnalité profonde tout en s'ouvrant au modernisme. Fès cède la statut de capitale à Rabat plus tard, mais restera la capitale spirituelle de ce Maroc profond dans l'histoire.

Médina de Fès, centre historique de la ville de Fès, au Maroc

La médina de Fès — Madina signifiant « ville » en arabe — est également connue sous le nom de Fès el-Bali (« vieille Fès » en arabe). Elle a été inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco en 1981.

Fondée en 809 par Idris II, Fès est, dès ses premières années, l’une des cités impériales du Maroc. La ville prospère en tant que centre religieux et commercial, et chaque famille régnante (dont beaucoup font de Fès leur capitale) embellit la médina. Mosquées, maisons, boutiques, moulins, bains publics et fondouks (hôtels de deux étages réservés aux visiteurs) sont construits en si grand nombre qu’à la fin du xiiie siècle, il ne reste plus la moindre place dans les murs de la ville. On bâtit alors une ville de garnison nommée Fès el-Djedid (« Fès la nouvelle » en arabe). La ville est agrandie sous le protectorat français.

Aujourd’hui, la médina demeure un labyrinthe de ruelles étroites. Elle compte cent quatre-vingt-sept quartiers, et chacun d’eux possède une mosquée, une école coranique, une boulangerie, une fontaine et un hammam. La médina est le foyer de nombreux artisans ; on y trouve un marché couvert et de nombreuses petites boutiques. Les plus célèbres monuments de la médina sont : la Zaouia de Moulay Idris (bâtie au ixe siècle, reconstruite au xiiie siècle), tombe du fondateur de la cité ; la mosquée al-Qarawiyin (fondée en 859, agrandie jusqu’au xiiie siècle) ; la Bou Inania Medersa, résidence pour étudiants construite en 1355 ; et la mosquée andalouse (fondée en 860, agrandie en 1200).

Les confréries soufies de Fès

Confrérie Derkaouia de Moulay Larbi Derkaoui

Il y a à Fès plusieurs zaouias de derkaoui. La confrérie a connu une extension et un rayonnement considérables tels, que les Derkaoua au 19ème siècle. Aujourd'hui, presque abandonnée, cette zaouia vit repliée sur elle même et est ouverte uniquement le vendredi que pour la descendance du maître spirituel.

Confrérie Hamdouchiya

La vie de Abderrahim Amrani Marrakchi est une mélodie qu'il raconte en musique et spiritualité. Difficile de le faire se rapporter à sa simple existence. Chaque détour de ses phrases est le prétexte heureux à citer un vers, fredonner un poème ou raconter une anecdote de la mémoire collective. Amrani est un puit d'histoires et pas uniquement celles relatives à celles de la confrérie soufie des Hamadcha dont il s'impose localement comme le maâlem incontesté.  Il fait partie de ces détenteurs d'une mémoire vivante en voie d'extinction. De ses doigts, il bat la mesure sur la table, tire sur sa cigarette et regrette toute cette culture que « la seule tradition orale ne suffira pas à faire survivre la tradition séculaire ». La confrérie des Hamadcha se rattache au Saint Ali Ben Hamdouch, qui vécut au 17ème siècle, sous le règne du souverain marocain Moulay Ismaïl, contemporain de Louis XIV.
La vie de Abderrahim Amrani Marrakchi est une mélodie qu'il raconte en musique et spiritualité. Difficile de le faire se rapporter à sa simple existence. Chaque détour de ses phrases est le prétexte heureux à citer un vers, fredonner un poème ou raconter une anecdote de la mémoire collective. Amrani est un puit d'histoires et pas uniquement celles relatives à celles de la confrérie soufie des Hamadcha dont il s'impose localement comme le maâlem incontesté. Il fait partie de ces détenteurs d'une mémoire vivante en voie d'extinction. De ses doigts, il bat la mesure sur la table, tire sur sa cigarette et regrette toute cette culture que « la seule tradition orale ne suffira pas à faire survivre la tradition séculaire ». La confrérie des Hamadcha se rattache au Saint Ali Ben Hamdouch, qui vécut au 17ème siècle, sous le règne du souverain marocain Moulay Ismaïl, contemporain de Louis XIV.


Les Rencontres de Fès

Musique à Fès

Descendant d'un très vieille famille de la Cité de Fès Houssine Alaoui Chrifi, un passionné du patrimoine arabo-andalous
Descendant d'un très vieille famille de la Cité de Fès Houssine Alaoui Chrifi, un passionné du patrimoine arabo-andalous
.

Mohamed Cherabi

Conservatoire de Fès

Centre Dar Adyel à Fès

Salah Taouil, la chanson engagée marocaine

Transport au Maroc

Fes in all languages

Jumelage

Itinéraires internationaux de "Nature et Culture"

Liens externes

Articles connexes