Fr:Espagne
Un article de Nature et Culture en Hautes-Terres.
L’Espagne est un pays d'Europe du sud qui occupe la plus grande partie de la péninsule Ibérique. Son territoire est limité au nord par les Pyrénées qui constituent une frontière naturelle avec la France et l'Andorre, à l'ouest par une longue frontière nord-sud avec le Portugal, et au sud par le territoire anglais de Gibraltar et le détroit du même nom, qui sépare le continent européen de l'Afrique. Les deux villes de Ceuta et de Melilla, limitrophes du Maroc, ainsi que les archipels des Îles Canaries dans l'océan Atlantique et des Îles Baléares en Méditerranée, sont des territoires non péninsulaires de l'Espagne. Deuxième plus ancienne puissance coloniale européenne après le Portugal, le pays s'est enrichi du XVe siècle au XVIIIe siècle, mais a décliné avec la perte de ses colonies tout aux long du XIXe siècle. L'Espagne est membre de l'OTAN depuis 1982 et de l'Union européenne depuis 1986. C'est un des pays les plus visités au monde après la France mais c'est le pays qui engrange une grande quantité financière d'origine touristique car l'Espagne a un pouvoir d'achat très important ; il accueille le siège de l'Organisation mondiale du tourisme (OMT). En 1801, Madrid est parvenu à occuper le district d'Olivença (territoire Portugais) situé au sud de Badajoz. Cette revendication territoriale n’est pas éteinte. La superficie totale de l’Espagne, territoires d’outre-mer compris, est de 505 990 km², ce qui en fait le deuxième plus grand pays de l’Union européenne après la France. C’est un pays maritime : les côtes atlantiques (710 km) et méditerranéennes (1 660 km) représentent 88 p. 100 de ses frontières. L’Espagne continentale forme un pays montagneux, au relief hercynien et alpin. Toute la partie centrale de la péninsule (Castille, Estrémadure) est occupée par le haut plateau de la Meseta, vaste bloc de socle hercynien. Deux chaînes montagneuses rattachées au système alpin viennent s’y accoler : au nord, les Pyrénées et, au sud, la cordillère Bétique. La Meseta est accidentée, sur sa périphérie, par de hauts rebords montagneux : les monts Cantabriques au nord, les monts Ibériques au nord-est, la serrania de Cuenca à l’est et la sierra Morena au sud. Elle est coupée en son centre par les sierras de Guadarrama et de Gredos, qui séparent les plateaux de la Vieille-Castille, au nord, des plateaux de la Nouvelle-Castille, au sud.
La plaine du Guadalquivir (Andalousie), au sud-ouest, et celle de l’Èbre (Aragon), au nord-est, sont des bassins d’effondrement tertiaires, au contact de la Meseta et des grandes chaînes alpines. Au nord-est de la péninsule, la chaîne des Pyrénées forme une barrière montagneuse continue, longue de 435 km, de l’Atlantique à la Méditerranée. Elle culmine au sommet du pic d’Aneto (3 404 m). Au sud de la péninsule, la cordillère Bétique s’étend sur 800 km de long, du détroit de Gibraltar au cap de la Nao. Elle culmine au sommet du Mulhacén (3 477 m), dans la sierra Nevada.
La plaine côtière est étroite, dépassant rarement 32 km de large. La côte méditerranéenne est la plus escarpée. Les grands sites portuaires y sont rares, à l’exception du port de Barcelone. Le point culminant de l’Espagne se situe dans les îles Canaries, au sommet du pic de Teide (3 715 m), sur l’île de Tenerife.
Les principaux fleuves d’Espagne sont le Douro, le Miño, le Tage, le Guadiana, le Guadalquivir et l’Èbre. Les cinq premiers sont tributaires de l’Atlantique et ont leur estuaire au Portugal, à l’exception du Guadalquivir. L’Èbre, au nord-est, se jette dans la Méditerranée. Ces fleuves traversent plaines et plateaux en perdant beaucoup de leur eau par évaporation. Seul le Guadalquivir est navigable sur tout son cours.
L’Espagne est située dans la zone climatique méditerranéenne. La vigueur et la diversité des reliefs contribuent à introduire des nuances climatiques.
Des Pyrénées occidentales à la Galice, l’Espagne est comprise dans le domaine océanique. Les précipitations sont abondantes en toutes saisons (entre 1 000 et 1 500 mm par an). C’est l’« Espagne humide », aux paysages verdoyants. Le voisinage de l’océan atténue les températures estivales et assure des hivers très doux. L’intérieur du pays connaît un climat méditerranéen altéré par la continentalité. Les contrastes thermiques y sont très accusés : forte chaleur estivale, hiver rigoureux. Le plateau central est quasi désertique. Les étés y sont si arides que presque tous les cours d’eau s’assèchent. Le total des pluies est réduit (entre 400 et 600 mm).
De la Catalogne au détroit de Gibraltar, le littoral oriental présente les caractères typiques d’un climat méditerranéen (étés secs et brûlants, hivers doux, pluies d’automne). Le total des précipitations décroît du nord (800 mm en Catalogne) au sud (170 mm à Carthagène). La moitié sud de l’Espagne connaît une longue sécheresse estivale. Une grande partie du pays se trouve ainsi confrontée au difficile problème de l’eau. De nombreuses régions sont, en effet, déficitaires et doivent faire face à des besoins en eau croissants, liés au développement du tourisme balnéaire, de l’irrigation ou encore de l’urbanisation. Ces difficultés ont donné lieu à d’importants travaux hydrauliques.
L’Espagne possède une longue tradition en matière d’éducation. Celle-ci remonte au Moyen Âge, où Maures, chrétiens et juifs fondèrent d’importants centres d’enseignement à Cordoue, Grenade et Tolède.
L’organisation de l’enseignement en Espagne est aujourd’hui fondée sur le principe de la liberté. Elle se partage entre l’enseignement public laïc et l’enseignement privé, en général catholique. Dans l’enseignement public, l’école est gratuite et obligatoire pour les enfants de 6 à 16 ans.
Le système scolaire est divisé en écoles maternelles (de 3 à 5 ans), écoles primaires (de 6 à 11 ans) et collèges (de 12 à 16 ans). Les élèves peuvent ensuite opter pour l’enseignement professionnel ou pour l’enseignement général préparant au baccalauréat et à l’entrée à l’université. Le système universitaire comprend trois cycles.
En 2001–2002, les établissements d’enseignement supérieur ont accueilli 1 832 760 étudiants. Les plus grandes universités du pays sont l’université de Madrid, fondée en 1510 à Alcalá de Henares puis transférée à Madrid en 1836, l’École polytechnique de Madrid (1971), l’université de Barcelone (1450), l’université de Salamanque (1218), l’université de Séville (1502), l’université de Valence (1500). L’Académie royale d’Espagne a été fondée en 1713 et l’Académie royale d’histoire en 1738. Sur la période 2002–2003, les dépenses publiques consacrées à l’éducation ont représenté 4,50 % du PNB.
L' Espagne a-t-elle émergé de l’affrontement entre chrétiens et musulmans, ou du mélange des différentes traditions présentes sur son sol ? Les deux écoles qui se livrèrent à cette polémique non dénuée d’arrière-pensées politiques dans les années 1950 et 1960 s’accordaient à reconnaître le rôle déterminant de la présence de l’Islam. Beaucoup de médiévistes actuels (D. Menjot ou B. Reilly, par exemple) dépassent ce débat en postulant la diversité de l’espace péninsulaire et seuls les historiens du fait culturel (notamment A. Rucquoi) parlent encore, mais de manière plus nuancée, d’identité hispanique. M. R. Menocal revient pour sa part aux théories exprimées par Américo Castro en 1948. Pour la linguiste américaine, professeur à l’université de Yale, ce que les chercheurs considèrent comme un vieux mythe, la coexistence pacifique des trois religions dans la Péninsule, est une réalité. Une culture de la tolérance s’est formée en Andalousie, et, de là, a été transmise à l’Espagne chrétienne et au reste de l’Occident. Des vecteurs extérieurs d’intolérance l’étouffèrent progressivement au cours des derniers siècles du Moyen Âge.
M. R. Menocal précise dès l’introduction qu’elle envisage la tolérance comme une notion toute relative, un terme employé par commodité pour combattre le séculaire lieu commun de l’obscurantisme médiéval. Visant un large public, elle aspire plus modestement à rappeler l’importance de l’Andalousie dans l’histoire du monde musulman, et l’étendue de son influence sur l’Europe latine. Son approche est résolument culturelle et les exemples choisis relèvent de l’histoire de la langue, de la littérature ou de l’art.
