Esclavage

De Nature et Culture en Hautes-Terres.

Esclavage, institution sociale établie par la loi et la coutume, la plus contraignante des formes de servitude humaine. Près de 27 millions de personnes seraient réduites en esclavage dans le monde aujourd'hui. C'est ce qu'a indiqué la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, au moment où les Etats-Unis dévoilait, mardi 19 juin 2012, leur rapport annuel sur le trafic d'êtres humains. Parmi les dix-sept pays les moins bien notés, se trouvent l'Algérie, la République démocratique du Congo, la Libye, la Corée du Nord et l'Arabie saoudite. La Syrie, elle, a fait son entrée sur la liste noire des pays accusés de trafic d'êtres humains, car "le gouvernement syrien n'applique pas les mesures destinées à éliminer le trafic (d'êtres humains) et ne fait aucun effort en ce sens", explique le rapport américain.

Au cours des siècles, la malédiction de Canaan a servi à justifier l’esclavagisme des Noirs. Au Moyen Âge, les Arabes possédaient déjà beaucoup d’esclaves noirs. Même si aucun texte du Coran ne traite de cette malédiction, le récit était bien connu et des théologiens musulmans en ont fait le fondement de l’asservissement des Noirs.

Il y a cependant un problème à cette interprétation : selon la Bible, les peuples africains sont des descendants de Cham, mais par son fils Koush et non par Canaan. Pour contourner cet obstacle, les sources musulmanes insistent sur le fait que ce n’est pas Canaan qui a reçu la malédiction de l’esclavage, mais bien Cham [1]. Dans les Mille et une nuits, on trouve une dispute entre une concubine noire et une concubine blanche. La blanche raconte l’histoire de la malédiction de Cham et affirme que Cham fut noirci pour avoir ridiculisé son père, tandis que Sem fut blanchi pour n’avoir pas fait de même. La concubine noire, quant à elle, réplique que la blancheur est associée à la lèpre et à la mort. (David Goldenberg. The Curse of Cham : Race and Slavery in Early Judaism, Christianity, and Islam, Princeton University Press, 2003, p. 164.)

Les principales caractéristiques de l'esclavage sont le travail ou des services par la force, ainsi que le fait que la personne physique est considérée comme la propriété d'une autre personne, son propriétaire, à la volonté duquel elle est entièrement assujettie. Depuis les temps les plus reculés, dans la plupart des sociétés, les esclaves ont été légalement rangés dans la catégorie des biens matériels et des instruments fonctionnels. Aussi pouvaient-ils être achetés, vendus, négociés, offerts en cadeau ou mis en gage pour une dette contractée par leur propriétaire, sans avoir d'ordinaire le moindre pouvoir d'objection personnelle ou légale. Il y a souvent une différence ethnique entre les propriétaires et leurs esclaves et le phénomène de l'esclavage repose souvent sur le racisme ou sur le puissant préjugé de la « supériorité » du groupe ethnique auquel appartient le propriétaire sur celui des esclaves. L'asservissement par un propriétaire d'esclaves de membres de son propre groupe ethnique est exceptionnel, la Russie des XVIIe et XVIIIe siècles constituant une de ces rares exceptions.

Si la pratique de l'esclavage remonte aux temps préhistoriques, son institutionnalisation date vraisemblablement de l'époque où les progrès de l'agriculture permirent une forme d'organisation sociale plus développée. Les esclaves étaient utilisés pour différentes fonctions spécialisées dans ces sociétés qui se les procuraient soit par des rafles ou des conquêtes parmi d'autres populations, soit au sein de la société même, certaines personnes se vendant pour payer leurs dettes ou étant asservies en punition de leurs crimes.

L'exploration côtière de l'Afrique, l'invasion de l'Amérique du Nord et du Sud par les Européens au XVe siècle, et la colonisation des Amériques durant trois siècles, conduisirent au phénomène moderne de la traite des esclaves. Le Portugal, qui manquait de main-d'œuvre agricole, fut le premier pays européen à satisfaire ses besoins en main-d'œuvre en important des esclaves. Les Portugais, qui avaient inauguré cette pratique, en 1444, importaient annuellement, dès 1460, 700 à 800 esclaves en provenance des comptoirs commerciaux ou des forts établis sur la côte africaine. Ces esclaves étaient des Africains, faits prisonniers par d'autres Africains et transportés sur la côte occidentale. L'Espagne s'engagea bientôt dans la même voie mais, pendant plus d'un siècle, le Portugal monopolisa littéralement le trafic africain. Au cours du XVe siècle, des négriers arabes d'Afrique du Nord transportèrent des Africains originaires d'Afrique centrale vers les marchés d'Arabie, d'Iran et d'Inde.

Dans l'Amérique latine tropicale du XVIe siècle, les colons espagnols obligèrent d'abord les populations indigènes à travailler la terre. Ces populations indigènes ne survécurent pas aux conditions d'esclavage, les maladies européennes et le travail harassant les décimèrent. On commença alors à importer des Africains dans les colonies espagnoles, parce qu'ils étaient réputés mieux supporter le travail forcé dans le climat éprouvant des Caraïbes et de l'Amérique latine.

L'Angleterre se lança dans le commerce des esclaves à la fin du XVIe siècle, contestant au Portugal le monopole du ravitaillement en esclaves des colonies espagnoles. La France, la Hollande, le Danemark et les colonies américaines elles-mêmes entrèrent dans la concurrence du commerce des esclaves (voir Commerce triangulaire). En 1713, le droit exclusif de ravitailler les colonies espagnoles en esclaves fut accordé à la Compagnie britannique de la mer du Sud.

En Amérique du Nord, les premiers esclaves africains furent débarqués à Jamestown (Virginie) en 1619. Emmenés par d'anciens corsaires britanniques, ils étaient soumis à l'esclavage limité, statut légal des Indiens d'Amérique, des domestiques blancs et noirs avant l'esclavage, dans pratiquement toutes les colonies anglaises du Nouveau Monde. Le nombre d'esclaves importés n'étant pas très important au début, il n'apparut pas nécessaire de définir leur statut légal.

Avec le développement du système de plantations dans les colonies du Sud au cours de la seconde moitié du XVIIe siècle, le nombre d'Africains importés pour servir d'ouvriers agricoles augmenta considérablement et plusieurs villes côtières du Nord devinrent de grands ports négriers. Dans l'ensemble, dans les colonies du Nord, les esclaves étaient utilisés à des tâches domestiques et dans le commerce, dans les colonies du centre ils étaient davantage utilisés dans l'agriculture, et dans les colonies du Sud où dominait l'agriculture de plantations, presque tous les esclaves travaillaient dans celles-ci.

Lorsque le rôle des esclaves africains s'accrut dans les colonies anglaises d'Amérique, en particulier dans le Sud où il était fondamental pour l'économie et la société, les lois les concernant furent modifiées. Dès l'époque de la guerre de l'Indépendance américaine (1776-1783), ils n'étaient plus des serviteurs sous contrat mais des esclaves au sens propre du terme, des lois explicites à ce sujet définissant leur statut légal, politique et social vis-à-vis de leurs propriétaires.

Officiellement, les esclaves d'Amérique jouissaient de certains droits légaux, tels que le droit à une aide financière en cas de maladie ou de vieillesse, le droit à une instruction religieuse, le droit d'être représenté légalement et de participer à certains procès à titre de témoin. La coutume leur accordait également certains droits, comme le droit à la propriété privée, au mariage, au temps libre, droits que le propriétaire n'était cependant pas tenu de respecter. En réalité, les droits humains fondamentaux étaient le plus souvent bafoués. Les femmes esclaves étaient exposées en permanence au viol par leurs propriétaires et les familles étaient souvent disséminées, leurs membres étant vendus dans des plantations séparées. Les mauvais traitements comme la mutilation, les brûlures, l'enchaînement ou le meurtre, en théorie interdits par la loi, n'étaient pas chose rare jusqu'au XIXe siècle. Du XVIIe au XIXe siècle, on estime de 12 à 15 millions le nombre d'Africains déportés dans le Nouveau Monde par les Européens, avec l'appui des chefs locaux des royaumes africains. La condition des Noirs aux États-Unis fut marquée à jamais par cet épisode.

L'adoption de la Convention internationale sur l'esclavage en 1926 par la Société des Nations marque une date importante. Cette convention garantissait la suppression et l'interdiction de la traite des esclaves et la complète abolition de l'esclavage sous toutes ses formes. Les convictions contenues dans cette convention furent réaffirmées par la Déclaration universelle des droits de l'homme, adoptée par les Nations unies en 1948.

En 1951, une commission des Nations unies sur l'esclavage fit état d'un rapide déclin de la pratique de l'esclavage, seuls quelques vestiges d'esclavage existant encore dans un petit nombre de pays du monde. Mais la commission affirmait qu'un grand nombre d'individus étaient encore soumis à des formes de servitude semblables à l'esclavage. Ce type de servitude englobe des formes de servage comme le travail journalier et différents mauvais traitements résultant de l'adoption d'enfants ou du mariage de femmes sans leur consentement. Sur recommandation de la commission, une conférence représentant cinquante et une nations fut organisée à Genève en 1956. Cette conférence adopta une convention supplémentaire sur l'abolition de l'esclavage, sur la traite des esclaves et sur les institutions et pratiques assimilées à l'esclavage, en complément de la Convention de 1926. La nouvelle convention condamne toute forme de servitude semblable à l'esclavage et prévoit des sanctions pénales contre la traite d'esclaves. Tout litige au sujet de la convention doit être soumis à la Cour internationale de justice. Cependant, dans certaines régions du monde (Soudan, Mauritanie), ces conventions n'empêchent pas le maintien et la pratique permanente de l'esclavage.

En septembre 2001, lors de la troisième Conférence des Nations unies contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance, l'esclavage fut reconnu comme « un crime contre l'humanité ». Contrairement aux souhaits des délégués africains, il ne fut pas question de « réparations » financières, mais la nécessité de l’aide au développement fut réaffirmée.

Sommaire

Prostitution en Forêt de Fontainebleau

Traite arabe

La traite désigne le commerce des êtres humains considérés comme des esclaves. Elle concerne toutes les périodes de l'Histoire ainsi que toutes sortes de populations, mais sa source la plus importante se trouve en Afrique. En général, il s'agit de la traite des Noirs, mais, en fonction de l'époque et de l'aire géographique considérée, on distingue plusieurs types de traites.

La traite arabe a concerné un territoire qui déborde de l'aire arabe ; les négriers n'étaient pas exclusivement musulmans ou arabes : Persans, Berbères, Indiens, Javanais, Malais, Chinois, Juifs et Africains ont participé à ces entreprises, à des degrés plus ou moins grands. Ainsi, une inscription trouvée à Java Est et datée de 860 après J.-C. mentionne, dans une liste de domestiques, la présence de Jenggi, c'est-à-dire de Zenj. Une inscription javanaise ultérieure parle d'esclaves noirs offerts par un roi javanais à la cour impériale de Chine. Il y avait aussi une traite visant des Européens, centrée sur la Méditerranée. L'un des plus grands centres de concentration et de vente d'esclaves, Tombouctou, n'était accessible qu'aux seuls musulmans.

D'un point de vue centré sur l'Occident, le sujet s'assimile à la traite arabe. Celle-ci a suivi trois types d'itinéraires au Moyen Âge :

Esclavage n.jpg

Contributions

Vous êtes en situation d'esclavage domestique?

L'abolition de l’esclavage en France le 27 avril 1848 n’empêche aucunement que certaines pratiques perdurent sous des formes variées : travail, mariage et mendicité forcés, prostitution, adoption illégale d'enfants, esclavage domestique.

La Traite des êtres humains aux fins d’exploitation si elle a revêtu d’autres aspects, d’autres moyens et techniques que les enlèvements et les fonds de cale de bateaux, continue et même s’intensifie depuis deux décennies favorisées par les crises économiques, politiques et les conflits qui jettent hors de leurs frontières nationales de nombreux candidats à une vie financièrement et physiquement meilleure. Elle est devenue un enjeu international majeur lié aux problématiques migratoires et à la criminalité transnationale organisée et aux profits énormes qu’elle engendre.

QUE FAIRE?

Identifier et accueillir les victimes, les assister sur le plan juridique et administratif, leur rendre leur dignité avec un suivi psychologique, éducatif et professionnel est une criante nécessité, tout autant que l’identification, la poursuite et la répression des trafiquants et des exploiteurs si nous voulons réellement éradiquer ce fléau qui touche des millions de pauvres gens et en majorité des femmes.

  • La confiscation des passeports ou papiers d’identité qui prive la personne de son existence légale sur le territoire français et l’expose à des poursuites.
  • La séquestration ou une mobilité restreinte et surveillée liée aux taches à effectuer (écoles, courses)
  • Conditions de travail et d’hébergement contraires à la dignité humaine (horaires, menaces, coups, salaire, d’espace privé, nourriture)
  • Rupture des liens familiaux (correspondance, sorties)
  • Isolement culturel et social (accès à l’éducation, religion, relations)

Vous connaissez quelqu'un dans cette situation?

contactez SOS ESCLAVES

Tel, 06 42 60 54 05

E-mail : sosesclaves@gmail.com

http://www.sos-esclaves.com/

Syndrome du larbin

Le labyrinthe des esclaves : Même les plus lâches finissent, un jour, par se ressaisir, face à l'ampleur des injustices qui les accablent, sauf cette race d'homme particulière, générée par le makhzen et qui n'appartient à aucune espèce humaine connue à ce jour. Elle a vendu son âme, a dévoué son corps, son esprit et sa conscience à servir un homme et revendique fièrement son appartenance à la race des esclaves, contre quelques prébendes, quelques postes ou avantages, certes distribuées avec plus ou moins de générosité, mais que le peuple reprendra un jour ou l'autre, car lui appartenant !Il n’y a pas lieu de les dessiner mieux que cela, ils se reconnaîtront

Chez un individu, le syndrome du larbin est un comportement pathologique visant à prendre systématiquement la défense des classes les plus favorisées au détriment de celles dont il est issu. Ce syndrome diminue les capacités d’analyse du larbin et se traduit par un blocage psychologique l’incitant à agir préférentiellement contre ses propres intérêts au profit de ceux qui l’exploitent.

PHOTOS DE LA MARCHE DES ESCLAVES 2008 A NANTES


Écoute ce que dit Michel Bakounine, un homme qui n’aura vécu au siècle précédent le mien que pour dire non à ce qui maintient les êtres humains en esclavage :

« Ce que tous les autres hommes sont m’importe beaucoup, parce que, tout indépendant que je m’imagine… je suis incessamment le produit de ce que sont les derniers d’entre eux ; s’ils sont ignorants, misérables, esclaves, mon existence est déterminée par leur ignorance, leur misère et leur esclavage. […] Moi voulant être libre, je ne le puis pas, parce qu’autour de moi tous les hommes ne veulent pas être libres encore, et ne le voulant pas, ils deviennent contre moi des instruments d’oppression. Je ne suis vraiment libre que lorsque tous les êtres humains qui m’entourent, hommes et femmes, sont également libres… Ma liberté personnelle ainsi confirmée par la liberté de tout le monde s’étend à l’infini. »

Abdellatif Laâbi, Le Livre imprévu

Olivier Pétré-Grenouilleau

Pensée unique

« Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout-petits »

Commentaire de Saint Alphonse-Marie de Liguori

Saint Alphonse-Marie de Liguori (1696-1787), évêque et docteur de l'Église

3ème Discours pour la neuvaine de Noël (trad. Éds Saint-Paul 1993, p. 59)

« Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout-petits »

Dieu nous a fait naître après la venue du Messie : quelles actions de grâces ne lui devons-nous pas ! La rédemption une fois opérée par Jésus Christ, quels bienfaits plus grands n'avons-nous pas reçus ! Abraham, les patriarches, les prophètes ont ardemment désiré voir le Rédempteur ; ils n'ont pas eu ce bonheur. Ils ont fatigué pour ainsi dire le ciel par leurs soupirs et leurs supplications : « Cieux, s'écriaient-ils, répandez d'en-haut votre rosée, et que les nuées fassent pleuvoir le Juste !... Envoyez l'Agneau Dominateur de la terre (Is 45,8 ; 16,1 Vulg)... C'est ainsi qu'il règnera dans nos coeurs et nous affranchira de l'esclavage dans lequel nous vivons misérablement. Seigneur, fais-nous voir ta bonté, et accorde-nous le salut (Ps 84,8) ». C'est-à-dire : « Hâte-toi, Dieu très miséricordieux, de faire éclater sur nous ta tendresse en nous envoyant l'objet principal de tes promesses, celui qui doit nous sauver ». Tels ont été les soupirs, telles ont été les supplications ardentes des saints, avant la venue du Messie ; pourtant ils ont été privés pendant quatre mille ans du bonheur de le voir naître.

Ce bonheur nous était réservé : mais que faisons-nous ? Quel profit en tirons-nous ? Sachons aimer cet aimable Rédempteur, maintenant qu'il est venu, qu'il nous a délivrés des mains de nos ennemis, qu'il nous a rachetés de la mort éternelle au prix de sa vie..., qu'il nous a ouvert le paradis, qu'il nous a munis de tant de sacrements et de tant de puissants secours pour que nous l'aimions et le servions en paix durant cette vie, que nous en jouissions à jamais dans l'autre... Mon âme, tu serais vraiment remplie d'ingratitude, si tu n'aimais pas ton Dieu, ce Dieu qui a voulu être emmailloté pour te délivrer des chaînes de l'enfer, pauvre pour te communiquer ses richesses, faible pour te rendre fort contre tes ennemis, accablé de souffrances et de tristesse pour laver tes péchés par ses pleurs.

Loi Taubira

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Malek Chebel : Esclavage en terres d'islam

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