Discussion:Musique marocaine
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L’émigration au miroir de la poésie berbère du Maroc
On s’ouvre mal en France aux musiques du Maroc. Nass el Ghiwane hier, les Gnawa aujourd’hui : voilà, ces deux décennies, la première héréditairement folk et la seconde accoucheuse de la world, voilà tout ce qui aura surnagé ; autrement dit, les artistes ou les styles programmés avec quelque constance, que des médias saluèrent, dont les enregistrements restent distribués... si bien qu’un bagage, du côté du public, a pu être acquis.
Bagage léger, certes, pour qui n’entend pas l’arabe dialectal de Nass el Ghiwane : hormis trois titres traduits par Tahar Ben Jelloun - sur une cinquantaine !-, l’âpre poésie du groupe n’a été rendue accessible en français qu’au travers des sous-titres d’un long-métrage marocain (Transes, d’Ahmed El Maaouni en 1981). Bagage inconsistant, même, au regard du pesant de souffrances et d’espérances que requiert une pleine adhésion aux rythmes en vérité thérapeutiques des Gnawa. Si l’on veut.
Mais enfin, dans ces deux cas, les bases existent pour un intérêt suivi, une écoute un tant soi peu avertie.
Concernant d’autres musiques marocaines, rien de tel ; pas même cela. La poésie chantée des populations berbérophones, en particulier, reste pour le grand public inconnue. Or ces populations, les Chleuhs du sud-ouest d’abord, ont ouvert en France le chemin de la migration marocaine de travail. Représentées dès avant la Grande Guerre, elles comptaient en 1930 pour les neuf dixièmes de cette main-d’oeuvre ; en 1960, après qu’avait augmenté la part des arabophones, pour les trois quarts. Alors, et comme s’emballait la demande, sont venus s’ajouter des Imazirhen de l’Atlas central, plus les Rifains que ne captaient pas en priorité la Belgique, les Pays-Bas, ou l’Allemagne.
De nos jours, une moitié des quelques 590.000 Marocains vivant en France est de culture berbère, à quoi il convient d’ajouter l’effectif de leurs congénères ayant changé de nationalité - disons une moitié, encore, des 68.200 ex-Marocains français par acquisition qu’avait dénombrés le recensement de mars 1990. Réserve étant faite de ces jeunes à qui leurs parents n’ont pas transmis la langue maternelle - la déperdition est bien moindre que pour les Kabyles et les Portugais, a révélé l’Insee -, on doit avoir dans l’hexagone 300.000 locuteurs des parlers berbères marocains. Au Maroc, faut-il le rappeler, la population compterait 40 % de berbérophones.
Cette base est large ; elle dépêche dans toute l’Europe des migrants qui trouvent en France leur principal réceptacle et atteignent là le troisième rang des communautés étrangères : approcher la culture berbère marocaine, et d’abord entendre une littérature populaire dont la partie la plus vivante est poésie chantée, écouter avant tout ce qui se dit de l’exil ouvrier... ce ne serait pas maladroit.
Claude Lefébure lematin.ma
Voir aussi
- Communauté marocaine en France
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- Migrant
- Exil ouvrier
- Discuter:Berbère
Moussem : Jil Jilala & Ghiwaniyat Orchestra à Bruxelles, le 19/11/09
Jeune musicien de Meknès
discuter:musique arabe
Communiqué du Mouvement du 20 Février de Rabat, suite à la répression de la manifestation du 13 août, mêlant contestation et arts de rue.
Hoba Hoba Spirit: "Il faut valoriser l'artiste marocain"
Rabat - Coller des étiquettes de jeunes à des artistes qui existent depuis plusieurs années est une manière de les "infantiliser", a estimé Réda Allali, guitariste-vocaliste du groupe Hoba Hoba Spirit.
"Nous refusons d'être mis dans le moule de la Nayda ou d'être réduit dans la classification de jeunes musiciens. C'est des appellations de la presse, on en est pas responsables", a-t-il affirmé dans un entretien à la MAP en marge du spectacle des Hoba Hoba dans le cadre de la 10è édition de Mawazine.
"Quand on dit que c'est jeune, c'est une manière de dire que c'est passager. Une sorte de consensus pour accepter une autre génération sous prétexte qu'avec le temps cela va changer", martèle le porte parole du groupe.
Pour lui, c'est une façon de dire "C'est des jeunes. Ne les prenez pas au sérieux, ils ne savent encore rien!". "Cela n'existe pas dans d'autres pays. Imaginez un artiste qui a à peine deux singles qui devient une starŒlui, on ne le traite pas de jeune", a-t-il déploré.
"Pourquoi les autres fabriquent des stars et pas nous? Moi cela ne me dérange pas qu'un artiste étranger soit payé plus qu'un marocain. Juste pourquoi un artiste marocain ne peut pas s'exporter, à son tour, à l'étranger", se demande-t-il.
"Regardez les artistes libanais par exemple. Ils ont la cote et c'est tout à fait légitime car ils ont une industrie musicale, le Maroc doit avoir une industrie musicale", justifie Réda Allali.
"A mon avis pour fabriquer des stars, la télé y est pour beaucoup", estime Réda alors que son collègue Anouar insiste sur d'autres détails comme "la rétribution des artistes pour leur passage dans les médias". "Cela valorise l'artiste. Ce n'est pas encore le cas", martèle Anouar, ajoutant que "les producteurs aussi sont frileux. Ils dépensent avec le risque zéro", a-t-il dit.
"C'est de la rente. Il ne cherche pas les musiciens. Vous avez notre exemple, ou encore celui de H-Kayne, on n'a jamais été produits par un marocains", précise Réda Allali.
Les Hoba Hoba Spirit ont commencé en 1998. Il compte jusqu'à aujourd'hui cinq albums. Leur marque de fabrique est le mélange subtil des langues, des sons, des sons entre énergie rock et la rythmique marocaine. MAP