Destin
Un article de Nature et Culture en Hautes-Terres.
Le destin désigne, au moment présent, l'histoire future d'un être humain ou d'une société telle qu'elle est prédéfinie par une instance qui est soit considérée comme supérieure aux hommes (éventuellement divine) dans les conceptions finalistes du Monde, soit comme immanente à l'univers (éventuellement la Philosophie de l'histoire ou la nature) dans les conceptions déterministes. S'il faut définir philosophiquement le destin, le résultat de cette conceptualisation doit contenir l'expression, d'une part, d'un déterminisme et, d'autre part, d'une saisie de ce déterminisme au moment de la mort : mort par anticipation ou saisie rétrospective. On aurait par exemple la formulation suivante : « enchaînement des causes et des effets conduisant à la mort ». Ce qui, à proprement parler, n'est rien d'autre que la vie. Vie, mort, l'idée de destin s'articule autour de cette évidence inéluctable et à travers elle : autant dire que, à la différence d'une notion philosophique, elle relève largement du mythe. Destin : mythe et concept. De nombreux philosophes ont utilisé le terme de destin, à moins que ce ne soit l'inverse, et qu'ils aient été « utilisés » par lui : la conceptualisation du destin, à travers les romantiques, Hegel et Kierkegaard, ou à travers les Anciens, Platon, Aristote et les stoïciens, est un terrain d'élection pour qui veut saisir sur le fait la contamination, dans la démarche philosophique, des images et des concepts.
Face à son destin (dans les religions)
Dans ces conceptions, il est souvent considéré comme très difficile – voire impossible – à un homme ou à une société d'échapper à son destin, au moins dans ses grandes lignes. La notion de destin s'oppose ainsi à celle de libre arbitre.
En religion, le destin est analogue au salut ou à la providence. Il y existe plusieurs conceptions du destin dans les différentes Églises.
- Dans la religion catholique, la foi est nécessaire au salut, mais cela nécessite en même temps des œuvres de charité. Cette doctrine est appelée l'augustinisme.
- Dans la religion calviniste, la foi est nécessaire au salut mais les œuvres ne sont pas considérées utiles au salut, mais elles sont le fruit de la foi reçue. Sauvé par la Grâce, pour servir, aimer et témoigner. Il y est aussi question de prédestination.
- En islam, la prédestination divine est un pilier de la foi, mais Allah ordonne aux musulmans de pratiquer les causes et les œuvres. Il y a donc une insistance sur la responsabilité personnelle de tous les croyants. La notion de qadar (arabe : al-qaḍāʾ wa al-qadar, la fatalité ; la volonté de Dieu) est un terme utilisé dans l'islam pour désigner la destinée. Il suppose un certain libre arbitre et s'oppose au djab, le fatalisme.
Cette notion est l'une des six croyances nécessaires à la foi. Elle a été développée par Ma'bad al-Juhani dans le cadre de sa madhhab. Deux acceptions sont possibles :
- Pour certains, l'action d'une personne n'est pas écrite en soi, mais doit arriver pour cette personne. Le libre arbitre (ikhtiyar) est donc limité.
- Une autre perspective affirme que Dieu est omniscient et par conséquent a la prescience de tous les futurs possibles. Dieu juge alors quels futurs seront permis, et le choix des hommes se situe entre les différentes possibilités approuvées par Lui. Elle suppose donc un certain libre arbitre. Les adeptes de cette doctrine ont été appelés Qadarîy (qadarīy : fataliste). Ce terme est à prendre par antiphrase puisqu'au contraire il désigne une personne croyant en la responsabilité personnelle de tous les croyants.
- Chiisme
Pour les chiites, la vérité se situe entre les deux : Ni contrainte, ni libre arbitre total, la vérité se trouve entre les deux extrêmes. La Voie Intermédiaire (Amrun Bayn-al-Amrayn) est considérée comme une question complexe qui ne peut pas être pleinement comprise de tous.
- Dans la religion orthodoxe, la doctrine officielle est le semi-pélagianisme, qui met beaucoup d'emphase sur les œuvress.
La Force du destin de Giuseppe Verdi
Premier acte : Séville. Dans le palais du Marquis de Calatrava.
Après avoir reçu de son père — le vieux Marquis de Calatrava — la bénédiction du soir, Donna Leonora s’apprête à s’enfuir avec son bien-aimé Don Alvaro, le descendant d’une famille royale péruvienne persécutée par les conquérants espagnols. Partagée entre son amour pour Don Alvaro et son désir d’obéir à la volonté de son père — contraire à son mariage avec un jeune homme aux origines incertaines — la jeune fille voudrait renvoyer le départ. Mais après quelques instants d’hésitation, elle accepte de partir. Le Marquis fait irruption dans la chambre et se jette sur l’amant présumé de sa fille. Pour prouver son innocence, ce dernier n’hésite pas à jeter à terre son pistolet. Mais ce faisant, un coup part accidentellement et frappe le vieux gentilhomme à mort. Le Marquis meurt en maudissant sa fille.
Deuxième acte : Village d’Hornachuelos et alentours. Grande cuisine d’une auberge.
Don Carlo de Vargas, fils du Marquis de Calatrava, a juré de venger la mort de son père. Il est depuis longtemps à la recherche de sa sœur Leonora et de son complice, convaincu que les deux jeunes gens se sont enfuis ensemble. En fait, depuis la nuit tragique de la mort du Marquis, Leonora et Don Alvaro ne se sont plus revus. Revêtue d’habits masculins, la jeune fille arrive dans l’auberge où se trouve son frère. Elle le reconnaît sous les fausses apparences d’un étudiant et sous le faux nom de Pereda, mais lui ne la reconnaît pas, et elle réussit à s’éloigner tandis que la bohémienne Preziosilla exalte les joies de la vie militaire.
Sur les pentes d’une montagne escarpée. Une petite esplanade devant l’église Notre-Dame-des-Anges.
Dans l’espoir d’échapper à la colère de son frère et se sentant responsable de la mort de son père, Leonora cherche asile dans un couvent. Elle raconte son histoire au Père supérieur et lui demande de pouvoir se retirer dans un ermitage voisin pour y passer le reste de ses jours dans la solitude. Après avoir invité la jeune fille à méditer sur une telle décision, le Père accepte. Il réunit les moines du couvent, leur donne l’ordre de ne pas violer le secret qui entoure ce pénitent inconnu, puis implore la bénédiction de la Vierge.
Troisième acte : Bois dans les environs de Velletri, en Italie.
Sur le champ de bataille les armées espagnoles et italiennes se battent contre les troupes autrichiennes. Don Alvaro, sous le faux nom de Don Federico Herreros, s’est enrôlé dans l’armée espagnole où il s’est acquis la renommée d’un héros. Il médite sur ses malheurs et pleure Leonora, qu’il croit morte. Au cours d’une rixe, Don Alvaro sauve la vie de l’officier Don Felice de Bornos, qui n’est autre que Don Carlo, frère de Leonora. Sans se reconnaître, les deux soldats se jurent une amitié éternelle.
Salon chez un officier supérieur de l’armée espagnole en Italie.
Don Alvaro a été grièvement blessé. Se croyant près de sa fin, il confie à son ami une valise contenant un pli cacheté, lui demandant de le brûler après sa mort. Mais Don Carlo, qui a des soupçons sur l’identité de Don Alvaro, ouvre la valise et, même sans décacheter le pli, il découvre le portrait de Leonora. Il a maintenant la preuve que son ami est en fait le séducteur de sa sœur et l’assassin de son père. À l’annonce de la nouvelle que Don Alvaro est hors de danger, Don Carlo savoure sa vengeance.
Campement militaire près de Velletri.
Don Carlo révèle à Don Alvaro — qui est maintenant guéri — qu’il connaît sa véritable identité, et après lui avoir révélé la sienne, il le provoque en duel. Don Alvaro cherche en vain à se soustraire à la colère de son ami, mais quand il apprend que Leonora est vivante et que son frère a l’intention de la tuer, il accepte de se battre. Le duel est interrompu par l’arrivée d’une patrouille. Don Alvaro jure alors qu’il passera le reste de ses jours dans un couvent. Le campement se réveille et s’anime de danses et de chants : au sermon du Père Melitone répond le Rataplan entonné par Preziosilla.
Quatrième acte : Dans les environs de Hornachuelos. Intérieur du couvent Notre-Dame des Anges.
Depuis cinq ans Don Alvaro s’est retiré dans le couvent de Notre-Dame-des-Anges, ignorant que Leonora vit dans un ermitage voisin, dans la solitude la plus totale. Après avoir distribué le pain quotidien à une foule de mendiants, le Père Melitone lui annonce la visite d’un étranger. Il s’agit de Don Carlo, qui a réussi à le retrouver. Ce dernier provoque et insulte Don Alvaro et le contraint, à la fin, à se battre.
Vallée encaissée et inaccessible, traversée par un ruisseau.
Après avoir blessé Don Carlo à mort, Don Alvaro s’approche de l’ermitage et implore de l’aide. Leonora arrive et reconnaît son bien-aimé. Puis elle court secourir son frère mourant. Mais celui-ci la frappe à mort. Réconfortée par les paroles du Père supérieur, Leonora meurt en invoquant, pour eux tous, le pardon de Dieu.
Source : Teatro alla Scala, http://lascala.milano.it/




