Cinéma marocain
Présentation
En fait le cinéma, dans un pays comme le Maroc, est une arme très dangereuse, tout comme l’image en général. Parce qu’on est dans un pays, le Maroc où il y a 40 % d’analphabètes. Donc, pour le régime, l’image, c’est très dangereux parce qu’un analphabète même s’il ne peut pas lire un livre, il peut comprendre une image.
Industrie privée, le cinéma n'a pas connu, au Maroc, de débuts aussi fastes qu'en Algérie et en Tunisie où, après l'indépendance, l'État avait facilité la naissance d'une cinématographie nationale. En revanche, les quelques cinéastes marocains qui ont pu s'exprimer, grâce à des capitaux souvent français, l'ont fait, au moins dans leurs premiers films, avec une liberté d'expression inconnue dans le reste du Maghreb. Citons Hamid Benami (Traces , 1970), Souhayl Ben Barka (Les Mille et Une Mains , 1972), Moumen Smihi (El Chergui ou Le Silence violent , 1975), Ahmed al Maanouni (Alyam ! Alyam ! , 1978) et, plus contemporains, Jilalli Farhati (La Plage des enfants perdus , 1991), Hassan Benjelloun (La Fête des autres , 1990), Mohamed Abderrahmane Tazi (À la recherche du mari de ma femme , 1993). Si le cinéma connait actuellement un essor au Maroc, c'est en partie grâce à la nouvelle génération des cinéastes dont la plupart ont fait leurs études en Europe et notamment en Belgique et aux États-Unis. Le Maroc nous a ouvert les yeux sur ces jeunes du futur qui ne tarderont pas à se confirmer à leur tour sur la place marocaine sur la scène mondiale. Dans un monde régi par une mondialisation culturelle, hégémonique et agressive, les pays et les civilisations doivent, pour continuer à exister, exposer fièrement leur richesse culturelle et artistique. Le cinéma, à ce titre, est un outil idéal pour communiquer cette richesse. Le Royaume du Maroc essaye tant bien que mal de se maintenir au niveau de l'échiquier cinématographique mondial.
Le cinéma marocain concerne la production cinématographique produite au Maroc. Les films produits traitent de tous les sujets de la société marocaine. Certains de ces films connaissent un succès international comme Marock en 2004 et regagne depuis quelques années confiance et renoue avec le public. Une présence dans les plus grands festivals en l'occurrence Cannes, San Sebastian ou Marrakech et des cinéastes reconnus à travers le monde. En évoquant le cinéma marocain, on ne peut s'empêcher d'évoquer des noms qui ont marqué à travers leurs signatures, l'histoire cinématographique marocaine et continuent à satisfaire leur public au moment où d’autres déçoivent. Ceci étant, le Maroc peut se réjouir de compter parmi sa filmographie des « chefs d'œuvre » et des cinéastes prêts à sortir de sa léthargie le septième art. Longtemps dominé les écrans du monde arabe par la qualité et la quantité de sa production. Le septième art n'y est pas un apport récent de la décolonisation. Certains évoquent le manque de publicité pour promouvoir le cinéma, d'autres le manque de créativité au moment où une nouvelle vague de cinéastes que les journalistes et critiques appellent « les jeunes cinéastes » ont décidé de dépasser cet état de choses et se débrouiller avec leurs propres moyens.
Lors d'un séjour à Essaouira pour le tournage d'Othello de 1949 à 1952, le cinéaste britannique Orson Welles se rendit souvent au hammam Pabst au point qu'il tourna une scène mémorable dans ce même lieu...Si le Maroc est depuis toujours une terre d'accueil pour le cinéma étranger (L'homme qui en savait trop d'Alfred Hitchcock en 1956, ou Lawrence d'Arabie en 1962)
C'est depuis les années 2000 que cette activité se développe vraiment, avec l'ouverture de studios de tournage aux normes internationales à Ouarzazate. On peut citer Astérix & Obélix : Mission Cléopâtre en 2002 Kingdom of Heaven de Ridley Scott en 2005.
Parmi les raisons de cet engouement pour les production au Maroc, ce sont les variétés de paysages, l'architecture variées, l'éclairage lumineux et ses nuances..
Ce pays, à l'opposé par exemple du cinéma algérien, a dégagé toute responsabilité de l'état, en omettant de rencontrer le nécessaire équilibre entre un cinéma commercial et un cinéma esthétisant à public essentiellement élitiste : On retrouve au niveau national des réalisateurs qui ont donné leur lettres de noblesse : Wechma (Traces) Hamid Benani , Moumen Smihi (El Chergui ou le Silence violent, 1975), Jilali Ferhati (Poupées de roseau, 1981 ; la Plage des enfants perdus, 1991), Farida Benlyazd (Une porte sur le ciel, 1988), Saad Chraibi (Chronique d'une vie normale, 1990), Mohamed Abderrahmane Tazi (Badis, 1989 ; À la recherche du mari de ma femme, 1993), Hakim Noury (le Marteau et l'Enclume, 1990), Hassan Benjelloun (la Fête des autres, 1990). Actuellement de jeunes réalisateurs sont en train de révolutionner le cinéma marocain. Parmi ceux-ci citons des réalisateur comme Nabil Ayouch ou Narjiss Nejjar, Faouzi Bensaïdi, Noureddine Lakhmari, Leila Triki, Laïla Marrakchi. Son premier long métrage, Marock, est produit en 2004 et figure dans la section Un certain regard au Festival de Cannes en 2005. D'après une étude publiée par le cabinet valyans à la demande du centre cinématographique marocain (CCM), même si la production du cinéma au Maroc est abondante, les salles de cinéma ferment et 60% des marocains ne regardent pas de films http://www.aujourdhui.ma/culture-details54057.html 60% des Marocains ne vont pas au cinéma (in Aujourd’hui le Maroc par Qods Chabâa).
Mais si le cinéma peut et veut encore être le lieu d'une pratique partagée, nous ne saurions oublier que la construction de l'histoire à laquelle il aspire contribuer, ne peut s'écrire qu'avec le regard de spectateurs dans leur diversité sociale, sexuée, culturelle, générationnelle, de spectateurs désireux de se confronter ensemble à des images de soi et de l'autre.
Le cinéma marocain essaye de réaliser des progrès et de présenter, au public, des productions cinématographiques dignes de ce nom et modernes. Malheureusement, on remarque qu'il y a une faiblesse au niveau des scénarios, ce qui engendre parfois des productions vides de sens. Pour réaliser les résultats escomptés, on doit donner naissance à un institut où l'on mettra l'accent sur une formation de haut niveau en matière de cinéma.
Histoire du cinéma marocain
La première période de l'histoire du cinéma au Maroc se situe entre 1897 et la première guerre mondiale. C’est l’apparition du cinéma, le tournage de films documentaires. La seconde période est celle du cinéma colonial, cinéma de propagande bien sûr, mais aussi cinéma de divertissement pour les métropolitains, basé sur le dépaysement et l’exotisme. Ce cinéma colonial connut un premier grand succès en 1921 avec L’Atlantide. Une réussite qui apporta capitaux et compagnies commerciales. Environ trente cinq longs métrages de ce type furent réalisés au Maroc. Militaristes, flatteurs de l’identité française, ces films montrent « des Maghrébins qui apparaissent comme des êtres flottant dans un espace sans histoire et sans culture.
Le premier tournage au Maroc date de 1897, avec Le Chevrier marocain de Louis Lumière, qui inaugure une tradition de tournages étrangers au Maroc inscrit au catalogue des Lumière sous le numéro 1394. Le Centre Cinématographique Marocain (CCM), créé le 9 janvier 1944 et réorganisé en 1977, a pour rôle principal l’organisation et la promotion de l’industrie cinématographique au Maroc. Il veille à l’application de la législation et la règlementation concernant tous les métiers du secteur. La cinémathèque marocaine a principalement pour objet la préservation du patrimoine cinématographique national et international et de promouvoir la diffusion de la culture par le film. Cest dans cette optique, que le centre a diffusé, en janvier 2007, une nouvelle circulaire sur l'utilisation du fonds d'aide rebaptisé, à l'exemple du modèle français, “Avance sur recettes”. L'accent y est mis sur le principe du remboursement, au moins en partie, des fonds débloqués, et sur le contrôle de la comptabilité des films, selon une philosophie bien simple : quand on a 3 ou 4 millions de dirhams pour monter un film, on peut en défalquer 10.000 pour le compte d'une fiduciaire qui veillerait à la transparence des comptes. “étant donné que l'avance sur recettes est remboursable au prorata des apports du fonds d'aide et des autres apports du producteur, toutes les sommes destinées à la production du film doivent être déposées dans un seul compte bancaire ouvert au nom du film ayant bénéficié de l'avance sur recettes”, stipule notamment le nouveau texte. La note ne précise toutefois pas les montants et les modalités de remboursement, mais elle reste une première mesure concrète dans une série de “contraintes positives” qui devrait barrer la route aux derniers intrus (sociétés de production, cinéastes) du cinéma marocain.
Quelques dates-clefs
- 1907 : Félix Mesguich tourne à Casablanca un reportage sur les débuts de l’agression française contre le Maroc.(Le cinéma marocain par : Virginie Lelièvre)
- 1919 : un premier film de fiction colonial en français Mektoub est est produit par Jean Pinchon et Daniel Quintin avec Mary Harald Bogaerts.
- 1935 : construction du Cinéma Vox à Casablanca par Marius Boyer. D'une capacité de 2000 places, c'est à l'époque le plus grand cinéma d'Afrique. Il est détruit dans les années 1970.
- 1944 : Création du Centre Marocain de la Cinématographie (CCM). Les studios et laboratoire Souissi sont ouverts à Rabat.
- 1958 : premier long-métrage marocain : Le fils maudit de Mohamed Ousfour.
- 1968 : Premier Festival du film Méditerranéen à Tanger. Le festival se tient aujourd'hui à Tetouan.
- 1970: Film fondateur du cinéma marocain.
- 1982 : Premier festival national à Rabat.
- 2001 : Première édition du Festival international du film de Marrakech
- 2007 : Inauguration de la Cinémathèque de Tanger.
Films étrangers tournés au Maroc
Le Maroc est devenu un des lieux de tournage les plus prisés par les producteurs internationaux, grâce à ses paysages aussi multiples que variés et son climat convivial et amical. Si le Maroc est depuis toujours une terre d'accueil pour le cinéma étranger (Othello d'Orson Welles en 1952, L'homme qui en savait trop d'Alfred Hitchcock en 1956. Le réalisateur débarqua à Marrakech avec armes et bagages (plus de 25 camions de matériel pour le tournage de ce film). Un espion est assassiné à Marrakech et confie au Dr. Benjamin McKenna, rencontré la veille, qu'un attentat se prépare à Londres. McKenna et sa femme se retrouvent embarqués dans un complot international, obligés de se taire pour sauver leur fils gardé en otage, ou Lawrence d'Arabie en 1962), c'est depuis les années 2000 que cette activité se développe vraiment, avec l'ouverture de studios de tournage aux normes internationales à Ouarzazate. Les portes du désert marocain recèlent un joyau envié et fréquenté depuis longtemps par les grands du monde du cinéma. Mais, avec l’ouverture de nouveaux studios, Ouarzazate se hisse désormais au rang de pôle international du septième art. Après Hollywood et Bollywood, voici Ouarzazate, "ville mythique qui séduit depuis toujours des générations de metteurs en scène, de cinéastes, de réalisateurs et d’acteurs". "Après Louis Lumière, qui, en 1897, y a filmé son Chevalier marocain, Orson Welles, David Lean, Michael Douglas, Martin Scorsese,...y ont fait un tour. Des légendes du cinéma ont vu leurs films gagner en notoriété et en célébrité après leur tournage dans cette capitale marocaine du cinéma." On peut encore citer Astérix & Obélix : Mission Cléopâtre en 2002, Kingdom of Heaven de Ridley Scott en 2005. Parmi les raisons de cet engouement pour les production au Maroc, ce sont les variétés de paysages, l' architecture variées, l'éclairage lumineux et ses nuances-Le cinéma marocain à l'heure d'Hollywood par Odile Tremblay-. "Exonérations fiscales, tarifs aériens et hôteliers préférentiels, facilités de transit douanier : le Maroc a compris dès le début des années 1990 que ses dunes et sa lumière ne suffiraient pas", note La Gazette du Maroc. C'est que "la concurrence est menaçante. Malte, la République tchèque, le Mexique et la Roumanie sont devenus aussi des terres d’accueil du cinéma mondial.
Le Maroc dans l'imaginaire cinématographique
Un certain nombre de films très célèbres, s'ils ont été tournés en Californie, font appel à l'image du Maroc, ou du moins la vision d'un orient romancé. En 1930, Cœurs brûlés (Morocco) de Josef von Sternberg réunit Marlene Dietrich et Gary Cooper. Quelques années plus tard, c'est l'énorme succès de Casablanca avec Humphrey Bogart et Ingrid Bergman qui consacre cette image à travers le monde.
Wechma de Hamid Bennani
La plupart des chercheurs et des critiques du cinéma admettent que la véritable histoire du cinéma marocain a débuté avec la production du film Wechma de Hamid Bennani en 1970, en effet les productions antérieures à cette date ne sont que des copies marocanisées de mélodrames égyptiens. Wechma est à l'origine d'un nouveau courant cinématographique appelé « modernité cinématographique ». Une histoire du cinéma marocain Festival des 3 Continents.
Festivals de cinéma au Maroc
Musique de film au Maroc
La place de la musique dans les œuvres cinématographiques est fondamentale : elle permet d'accompagner ou de renforcer le jeu des acteurs et peut au contraire desservir le film et nuire aux jeux des comédiens lorsqu'elle est mal faite ou mal programmée.De plus, elle permet au public de se souvenir, bien des années après la diffusion, de scènes ou des acteurs du film.
À cela il faut ajouter que de nombreuses bandes originales (BO) de films ou de téléfilms ont suivi leur propre chemin dans le champ musical général, faisant ainsi de la promotion pour le film bien des années après sa diffusion.
Le cinéma marocain a longtemps eu tendance à utiliser des compositions musicales diverses qu'il collait tant bien que mal au film créant parfois une inadéquation ou une distorsion entre les différentes séquences de l'œuvre et la musique d'accompagnement. Cette ancienne pratique tend de plus plus à disparaître avec la production de films à destination de festivals internationaux. Jusqu'à peu, les meilleurs morceaux de musique de films marocains consistaient en des solos de Oûd ou de Flûte accompagnant les parties mélodramatiques du film ou des morceaux de châabi ou gnaoui accompagnant les partie festives du film. Les solos d'orgue ou de piano présents dans les films à petit budget, quant à eux, donnent plutôt un effet quelconque sans rapport avec le message du Film. La musique gnaoui sera utilisée dans de nombreux films marocains et européens en particulier français ( tels que " Bye Bye Suerte ", " Le Bal des Génies", " Les Fils de Bilal ", " Gnaoua dans le Bocage"...)
Le cinéma marocain est souvent récompensé dans les plus grands festivals de films arabes ce qui démontre d'une part que (contrairement à ce que de nombreux marocains pensent) la darija peut également (avec ou sans sous-titrage) s'exporter dans les autres pays arabes (au même titre que le fort accent et la darija des séries et films égyptiens) et d'autre part que l'ouverture démocratique dans un pays est un catalyseur puissant dans les diverses créations artistiques et culturelles. En 2004, 2 films marocains ont été sélectionnés au Festival du film de Cannes : "Derb Moulay Cherif" de Hassan Benjelloun et "À Casablanca les anges ne volent pas" de Mohammed Asli. Inspiré de faits réels, le film de Hassan Benjelloun a été projeté dans le cadre de la section Francophonie, alors que celui de Mohamed Asli a été retenu dans la sélection de la Semaine Internationale de la Critique, la plus ancienne section parallèle du Festival de Cannes .
En dépit du net et récent progrès de la production et de la qualité des œuvres cinématographiques marocaines (en particulier sous l'impulsion du Festival International du Film de Marrakech et de la collaborations avec des artistes occidentaux), la place de la musique de films reste encore une piste à défricher.
- On trouve toutefois des BO bien réussies comme celles de :" Le comptable", " Ali Zaoua, l'enfant des rues", " Juste pour les couples ", "Wake up Morrocco", "Nissa ou Nissa (femmes, femmes)", "Rhimou", "Roumana Bertal", "Canada Pronto", "En attendant Pazzolini", "Où vas-tu Moshé ?", " Regraguiya", "Tarfaya Bab Al Bahr", " Whatever Lola wants " de Nabil Ayouch...
À ce jour, les BO de films, de téléfilms ou de séries marocaines ne sont ni commercialisées ni regroupées sous forme de CD proposés au public, contrairement en Occident où cette pratique commerciale (avec celle des produits dérivés) est, depuis des décennies, monnaie courante. De ce fait, les marocains de la diaspora et les étrangers d'une façon plus générale ont difficilement la possibilité de consommer les productions artistiques du pays faute d'un circuit de distribution adapté et performant.
Il faut également noter que les films euro-marocains (avec des acteurs marocains, euro-marocains et occidentaux ) passent souvent dans les salles ou dans les médias TV en Europe. Ces films sont bien construits sur le plan musical (exemples : "Alfaouine l'enfant des terrasses", "Astérix en Égypte de Chabah", "Iznogood de M Young", "Ali Baba de Jugnot", "il était une fois dans l'oued de Bensallah"…).
Actuellement les plus importants festivals arabes de films sont ceux de Marrakech, d'Alexandrie et de Dubaï ; le Festival international du Film de Marrakech doit sa réputation internationale à la qualité des membres du jury (composé d'acteurs, réalisateurs et producteurs internationalement connus) et à la qualité de son organisation.
En plus du festival de Marrakech on trouve aussi au Maroc le Festival du film africain de Khouribga, le Festival du film de Tanger, le festival du film documentaire d'Agadir, le Festival national du film et le festival national du film amazigh (berbère).
Pour des raisons financières, certaines productions marocaines (en particulier les téléfilms) ne font malheureusement pas suffisamment appels aux nombreux orchestres, compositeurs et artistes marocains.
Le fort succès, au Maroc, des comédies musicales indiennes "made in Bollywood", poussent certains réalisateurs à créer des comédies musicales marocaines (tel que Comédie musicale Kamenja)
Dans ce monde globalisé où les cultures entrent en concurrence et où certaines d'entre elles risquent de disparaître, les autorités culturelles du pays, conscientes du danger, se sont dotées récemment d'une industrie du Film (en omettant de faire la même chose pour la musique, la littérature, la BD, les livres jeunesse etc. En dépit des divers atouts du Maroc, on constate que les autorités culturelles du pays et les ministres de la culture successifs ont jusqu'à présent briller par leur inertie (en termes de projets innovants, ambitieux, commercialement offensifs ainsi qu'en termes de communications ou promotions nationales et internationales). En Europe, les États avaient réagi face à l'hégémonie des films et musiques américaines en mettant en place la notion d'exception culturelle pour trouver le bon équilibre entre productions étrangères et productions nationales ; en effet, un pays qui impose son cinéma ou sa musique impose fatalement et indirectement son mode de vie, sa vision du monde ou sa culture.
La création récente l'école du cinéma de Marrakech et le renouveau de la nouvelle scène marocaine vont très certainement donner à la musique de Film sa véritable place dans les œuvres cinématographiques marocaines dont l'avenir sont d'être diffusées dans des salles du monde arabe et occidental.
- Quelques exemples de BO internationalement connues :
- de films illustres : "le dernier des Mohicans", "Limelight de Chaplin", "Le grand Bleu de Besson", " Laurence d'Arabie de M Jarre", "il était une fois en Amérique", "Midnight Express", "les Blues Brothers", "Bagdad Café", "Les chariots de Feu", les œuvres d'Ennio Morricone etc.
- de téléfims ou séries illustres : Amicalement vôtre, Shaft, Mission impossible, Chapeau melon et bottes de cuir, la quatrième dimension, Joss Randall, Les mystères de l'ouest etc.
- Complément d'information : voir liens internes.
Vers de nouvelles perspectives du cinéma marocain
Le Maroc ne semble plus se contenter d’être une terre d'accueil des tournages des superproductions hollywoodiennes. D'un simple consommateur de fictions américaines, indiennes ou chinoises, le Maroc s’est mué en producteur de ses propres images. Conscient de ce fait, le spectateur marocain a le devoir de supporter son cinéma sous peine d’être submergé par des images mondialisées qui ne lui parlent pas. Les hindous sont connus et populaires au Maroc par l'intermédiaire des films provenant l'Inde. Malgré le fait que leur présence est lointaine, leurs produits cinématographiques trouvent un chaleureux accueil à côté des westerns et cinémas policiers américains. C'est vraisemblablement la raison pour laquelle leur religion hindoue - qui est sévèrement condamnée par les spécialistes de l'islam, les oulémas - se trouve plus acceptée que celle des chrétiens et des juifs. Et c'est dans ce sens que l’Université marocaine doit accompagner cet élan de créativité cinématographique. En garantissant, par exemple, un background académique et intellectuel au cinéma national. Mais également introduire une formation d'art en général, de cinéma en particulier, dans la vie de la future élite marocaine.
Le cinéma marocain se porte "globalement bien", et plutôt mieux que celui de ses voisins africains à l'exception de l'Égypte ou l'Afrique du sud, mais manque cruellement de salles, constate Nour-Eddine Saïl, directeur du centre cinématographique marocain (CCM). "Si on ne parle que de production, le cinéma marocain se porte globalement bien", affirme M. Saïl dans un entretien à l'AFP lors du Festival international du film de Marrakech (FIFM). Le Maroc, ajoute-t-il, produit annuellement une quinzaine de longs métrages et de 80 à 100 courts métrages. "Et aujourd'hui, poursuit Nour-Eddine Saïl, plus de 15% des films présentés au Maroc sont marocains, derrière les films américains, indiens et égyptiens".
"Ce qui n'est pas bon, observe-t-il toutefois, c'est l'exigüité du marché, avec seulement une cinquantaine de salles contre quelque 250 en 1975". Selon lui, les causes de cette situation, qui n'est d'ailleurs pas propre au Maroc, sont multiples.
- La première, explique-t-il, ce sont les DVD pirates, qui inondent le pays à des prix défiant toute concurrence (de 7 à 10 dirhams chacun, soit moins d'un euro). En toute illégalité mais au vu et au su de tout le monde, malgré des descentes de police à répétition.
Le piratage constitue également un phénomène qui inquiète les exploitants des salles de cinéma puisque la copie piratée d'un film sort sur le marché parallèle avant même sa distribution en salle. Les acteurs du secteur réfléchissent maintenant à une riposte en incitant notamment le public à développer une culture cinéphile et en révisant à la baisse le prix de la séance de projection sur grand écran - un DVD pirate coûte moins de 30 dirhams (2,50 euros), contre 50 dirhams pour une place de cinéma. Illustration de cette concurrence de plus en plus exacerbée : à Casablanca se côtoient Derb Ghallef, souk à ciel ouvert de DVD, et le Mégarama, le premier complexe ultramoderne de cinéma. Les films piratés se vendent à 10 Dirhams (1 euro environ) à tous les coins de rues. A Casablanca, Rabat, Tanger, le marché de l’informel semble dicter sa loi au grand dam des producteurs et exploitants de salles qui voient leurs commerces disparaitre. Malgré le soutien de l’Etat, le piratage demeure un fléau dans le Royaume chérifien.
- La deuxième, c'est la multiplication des chaînes satellites, qui offrent chaque jour une quantité impressionnante de films.
- La troisième raison, c'est que les exploitants de salles ne se sont pas adaptés. "La 'marocanisation' des salles (ndlr: rachat ou prises de participation majoritaire par des ressortissants marocains), dès 1975, a profité à ceux qui les ont achetées, affirme Nour-Eddine Saïl. Mais les nouveaux exploitants n'ont pas ajusté leurs salles à la concurrence".
Depuis le début des années 2000, le cinéma marocain est en ébullition :les cinéastes indépendants marocains tentent d'exprimer toutes leurs aspirations et leurs visions à travers les images. Une nouvelle génération de réalisateurs est apparue, avec le souci de faire des films qui racontent le Maroc tel qu’il est. Qualifiés de « briseurs de tabous », ils ont fait émerger un cinéma moderne, ont découvert des acteurs de talent, mais surtout, ils ont réussi l'incroyable pari de ramener le public marocain dans les salles. Ils mesurent aujourd'hui l'enjeu majeur pour leur essor et pour leurs libertés de créer, d'une présence conséquente sur la scène internationale. La nouvelle génération du cinéma marocain s'empare des moyens de production avec une étonnante originalité et générosité. Peu connus ou encore mal connus, les réalisateurs du nouveau cinéma marocain traduisent à leur manière les réalités actuelles de s'émanciper des codes traditionnels. Les images dévoilent la société marocaine avec une force et une énergie grandissante. Autrefois, fortement muselé par une censure stricte, le cinéma de ce pays et certains sujets sont à présent abordés de manière encore timide. Avec des efforts, certes, colossaux, le pays arrive à produire des films régulièrement. "Les jardins de Samira" de Latif Lahlou est un long métrage sacré au festival international du film indépendant de Bruxelles. Il a même été projeté au parlement européen de Bruxelles devant un parterre de députés, intellectuels et cinéastes européens et arabes.
Pour le réalisateur Mohamed Ismaïl, le cinéma marocain doit refléter les problèmes du peuple marocain s'il veut attirer son public. La subvention du CCM (Centre cinématographique marocain) ne représente que 25 à 45% d’un film. Mais il est vrai que sans les subventions du CCM le cinéma marocain n’existerait pas. Parce que, malheureusement, on n’a pas assez de producteurs, ou d’autres guichets où chercher l’argent. On n’a pas non plus des prêts bancaires pour financer nos films. Lorsqu'on a une subvention, cela permet d’ouvrir un premier guichet et de trouver un complément de financement. Autrement, ce n’est pas possible parce que le cinéma est un secteur en souffrance, il n’y a pas d’amortissement de film. Pour Mohamed Ismaïl, le cinéma marocain cherche uniquement la quantité, on a oublié la qualité. Cela représente une déviation complète vers un cinéma qui est très loin du public. Je ne dis pas qu’il faut faire des films de guichets ou des films à l’égyptienne, mais des films à thème, qui traitent un peu des problèmes quotidiens des gens. On n’a pas encore un public cinéphile, ni des salles d’essai. On doit faire un cinéma sur mesure pour le large public. Il faut chercher ce public, l’attirer dans les salles de cinéma. Selon lui, lorsqu'on évoque une industrie cinématographique, on pense à la cacophonie que vit le secteur. On a encore beaucoup de chemin à faire dans ce domaine. Pour l’instant, on a pu former quelques techniciens valables. On a un parc de matériel qui commence à devenir intéressant. On n’a plus besoin de faire appel à des techniciens étrangers dans certains domaines. On ne sait pas qui fait quoi. Les professionnels sont cloîtrés dans leurs bureaux et les espèces de “producteurs GSM” sont dehors. Quand je vois les statistiques, je me demande où on va. Il faut revoir et recadrer ce métier. (source)
"Pégase": Les cinéphiles chinois découvrent le cinéma marocain
Le film, qui vient de remporter l'Etalon d'or du Fespaco, a reçu un accueil enthousiaste de la part du public chinois qui s'est déplacé en grand nombre pour découvrir le cinéma marocain.
"C'est la première fois que je vois un film marocain. C'est très beau : la réalisation, les images, la prise de son, les acteurs à J'ai bien aimé", Mlle. Huang Yan Chin a confié à la MAP à la sortie de la salle de projection de l'Institut français à Pékin.
"C'est une très bonne initiative et j'espère voir d'autres films marocains projetés en Chine afin de découvrir le cinéma marocain qu'on ne connait pas assez", a ajouté la jeune cinéphile chinoise, qui ne cache pas sont intérêt pour la culture marocaine.
L'objectif de ce festival est de faire découvrir au peuple chinois la diversité culturelle et linguistique de la francophonie, a souligné Mme. Mylène Hardy, coordinatrice du festival.
"Projeter un film, c'est montrer une partie de la culture", a-t-elle indiqué, relevant que les cinéphiles chinois s'intéressent de plus en plus à la diversité culturelle et à la découverte d'autres cultures et d'autres pays.
A travers "Pégase", les cinéphiles chinois ont pu découvrir une facette de la culture marocaine. "ça restera une image qui sera celle du Maroc", a noté Mme Hardy.
Le film "Pégase" raconte l'histoire d'une psychiatre, Zineb. Son supérieur lui confie une jeune fille terrorisée qui croit être enceinte. La mission de Zineb consiste à la faire parler. La jeune fille ne s'avère pas très coopérante.
Le film "Pégase" est le premier long métrage de Mohamed Mouftakir, qui avait auparavant réalisé trois courts métrages.
Outre l'Etalon d'or du Fespaco - le premier prix du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou-, " Pégase " avait remporté le grand Prix de la 11ème édition du Festival national du film de Tanger (janvier 2010) et le grand Prix Ousmane Sembène du 17ème Festival du cinéma africain de Khouribga (juillet 2010).
Initié par les ambassades francophones et les Alliances Françaises en Chine, le Festival du film francophone propose 31 films en provenance de 27 pays, dont le Maroc. Les films sont projetés en version originale sous-titrée en chinois, ainsi qu'en français ou en anglais. 18/03/2011 08:02. (MAP) Maghreb Arabe Presse
Réalisateur
Réalisateurs marocains
- Nabil Ayouch - Mohamed Asli - Hamid Bennani - Mourad Boucif - Ahmed Boulane - Ismaël Ferroukhi - Mohamed Ulad-Mohand - Saïd Naciri - Swel et Imad Noury - Hakim Noury - Mohamed Ousfour - Hassan Benjelloun - Nour-Eddine Lakhmari - Mohamed Zineddaine - Nabyl Lahlou - Mohamed Lyounssi - Mahmoud Frites - Mohamed Mouftakir - Hicham Ayouch - Faouzi Bensaïdi - Mohamed Ismaïl - Nadir Bouhmouch - Nabil Ayouch -
Acteur
Acteur marocain
Actrice marocaine
Film marocain
Filmographie sélective
- Ali Zaoua prince de la rue
- Les Anges de Satan
- L'Enfant endormi
- L'Ennemi intime
- Le Grand Voyage (film, 2004)
- Marock
- Wechma
- Whatever Lola Wants (film, 2008)
- Amours Voilées (film, 2009)
- Pégase de Mohamed Mouftakir
Des défis et des objectifs à atteindre
Au Maroc, on ne va pas au ciné, parce qu'on préfère acheter 5, 6 films piratés et les regarder en un soir, parce qu'on a PLUS cette culture du cinéma, parce qu'on n'a pas cette idée de regarder un film comme étant un évènement, on pioche un film sur le net pour tuer l'ennui, c'est tout! On ne va pas au musée parce qu'on a pas cette culture du musée, parce qu'on préfère flâner au café d'à côté de la place. Il ne faut pas mettre en cause le système, pour causer le changement, il faut commencer par soi, et dans ce sens, les Marocains seront cultivés quand ils le voudront, pas quand le ticket du cinéma sera distribué gratuitement à l'entrée.
- Comme cela s'est passé pour de nombreux cinémas, le cinéma marocain doit trouver les moyens d'attirer le public marocain vers les salles. Actuellement la piste étudiée est celle qui a été envisagée par le cinéma français (qui a connu le même souci) à savoir la création de complexe moderne et attractif.
- Augmenter la taille de la classe moyenne et améliorer le revenu moyen de la population pour qu'elle devienne consommatrice de produits culturels.
- Lutter contre le piratage numérique des œuvres
- Améliorer le statut de l'artiste et les droits d'auteur
- Créer des produits dérivés (poster, T-Shirt, DVD avec bonus, figurines, CD de BO, etc.)
- Développer une communication nationale et internationale offensive (bande d'annonces, promotion, etc.)
- Création de sites internet commerciaux permettant au public de visualiser les œuvres à la demande.
- Promouvoir l'enseignement des arts dans la formation des jeunes (musique, théâtre, peinture, etc.)
- Améliorer la qualité des musiques de films
- Incorporer les nouveaux outils audiovisuels dans les œuvres (images de synthèse, image 3D, trucages etc..)
- Faire face à la concurrence des films syriens, indiens, égyptiens, américains et européens.
- Amélioration du maquillage, des costumes, des accessoires, etc.
- Proposer au public marocain un cinéma à leur image actuelle
- Produire des films de historiques, de fictions, d'actions et fantastiques
- Produire des films à destination des enfants et des adolescents.
La critique cinématographique au Maroc
La critique a vu le jour au Maroc en 1916, c’est-à-dire avant la naissance du septième art marocain, d'après M. Damoun, mettant l’accent, dans ce sens, sur le rôle des ciné-clubs dans l’émergence d’un mouvement critique malgré la faiblesse des oeuvres produites.
Evoquant le rôle du critique dans le développement du cinéma, M. Damoun a souligné que la critique donne une « légitimité et longévité aux oeuvres ».
Des films comme « Hallaq Darb Al-Fouqara », « Wachma » ou encore « Alf Yad wa Yad » ont persisté grâce aux critiques qui leur ont conféré une certaine légitimité. « Des productions où l’acte de critique s’est marié à la création cinématographique », a-t-il précisé.
La critique et le monde virtuel
Pour M. Damoun, les nouvelles technologies, notamment l’Internet, « ne sont pas nécessairement une menace ». « L’acte de lire sur Internet est différent et les internautes font une lecture diagonale des critiques proposées ».
Il a, à cet égard, estimé que ces technologies peuvent contribuer à la promotion de ce genre puisqu’elles peuvent attirer les jeunes internautes vers le monde de la critique dans les magazines ou les revues spécialisées, d’autant plus « qu’on n’a plus le choix ». « Ce sont des technologies qui s’imposent, et il faudra bien faire avec et en tirer profit, » a-t-il ajouté.
Le parfait serait de marier entre l’usage du support papier et du document numérisé, a-t-il dit, déplorant le fait que les journaux consacrent de moins en moins d’espaces aux lectures critiques, ce qui limitent les tribunes des critiques. Et d’ajouter que le travail des critiques se trouve également contrecarrer par la fermeture des salles obscures, une « situation qui handicape l’accès aux films ».
Contributions
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Actualités
Vidéastes à vos caméras ! Yallah film, un festival du film dédié au Printemps Arabe Le Printemps Arabe et les évènement liés à la dictature marocaine devrait être un évènement qui devrait inspirer le cinéma ! C’est dans ce sens que le Yallah Film festival est organisé. Objectif : collecter un maximum de courts métrages qu'ils soient réalisés par des professionnels du cinéma ou de simples amateurs. Voir Artistes marocains libres du Mouvement du 20 février
Le Festival international du film de l'étudiant du 24 au 27 mars 2010 à Casablanca
Initiée par l'Association "Arts et métiers", en collaboration avec d'autres partenaires institutionnels et privés, cette édition promet un riche programme, ont indiqué les organisateurs, lors d'une rencontre mardi soir avec la presse, précisant que les projections auront lieu au Théâtre Mohammed VI, à l'Institut français et l'Institut Cervantès de Casablanca, l'Institut culturel italien de Rabat, la Villa des arts de Casablanca, le Cinéma ABC, l'Ecole supérieure des beaux-arts de Casablanca et à l'Institut IHB Art Media. Cette manifestation ambitionne de promouvoir des films réalisés par les étudiants lauréats des écoles du cinéma.
29 janvier au 6 février 2010. Festival du court métrage à Clermont-Ferrand : Le Maroc invité d’honneur
Du 7 au 18 octobre 2009. Vingtième Festival du film arabe de Fameck : Projection de quatre films marocains
Du 7 au 18 octobre prochain, le cinéma marocain sera à l'honneur au Festival du film arabe de Fameck. Dans ce sens, quatre films marocains seront au programme de cette manifestation. Il s'agit de "Amours voilées" de Aziz Salmy, "Casanegra" de Noureddine Lakhmari, "Tu te souviens d'Adil" (Mohamed Zineddaine) et "Number one" de Zakia Tahri.
Agenda
Liens internet
- Groupe cinéma marocain sur le réseau francophone
- Centre cinématographique marocain
- liste de films marocains sur IMDB
- http://www.maghrebarts.ma/cinema.html réference incontournable pour l'actualité du cinéma marocain
- Le cinéma marocain célèbre ses 50 ans en 2008
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- Culture marocaine
- Jeunesse marocaine
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