Christ

De Nature et Culture en Hautes-Terres.

Christ (du grec χριστός/ grc-Latn christós) est la traduction du mot hébreu Messie, signifiant « l'oint [du Seigneur] », c’est-à-dire une personne consacrée par une onction divine.

Les chrétiens ont attribué ce nom à Jésus de Nazareth, qu'ils désignent par Jésus-Christ (souvent abrégé J.-C.), ou simplement Le Christ.

La vie du Christ, ou Verbe Incarné, est racontée dans les Évangiles. Le débat sur son historicité existe entre les tenants des diverses formes de la Thèse mythiste (Jésus non historique) et ceux de Jésus historique.

Le Christ pantocrator (tout puissant) est un mode de représentation artistique de Jésus-Christ.

Sommaire

Contributions

Faut-il bannir Jésus-Christ des datations ?

La BBC recommande à ses journalistes et animateurs d'utiliser les termes « ère commune » (common era) et « avant l'ère commune » (before common era) plutôt que les références avant/après Jésus-Christ.

Cette hypothèse heurte le bon sens de pas mal de Britanniques, qui ne comprennent pas cette manifestation de ce qu'ils appellent « le politiquement correct absurde ».

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 15,35-37.42-49.

L'un de vous peut demander : « Comment les morts ressuscitent-ils ? avec quelle sorte de corps reviennent-ils ? » - Réfléchis donc ! Quand tu sèmes une graine, elle ne peut pas donner vie sans mourir d'abord ; et tu ne sèmes pas le corps de la plante qui va pousser, tu sèmes une graine toute nue : du blé ou autre chose. Il en sera de même quand les morts ressusciteront. Ce qui est semé dans la terre est périssable, ce qui ressuscite est impérissable ; ce qui est semé n'a plus de valeur, ce qui ressuscite est plein de gloire ; ce qui est semé est faible, ce qui ressuscite est puissant ; ce qui est semé est un corps humain, ce qui ressuscite est un corps spirituel ; puisqu'il existe un corps humain, il existe aussi un corps spirituel. L'Écriture dit : Le premier Adam était un être humain qui avait reçu la vie ; le dernier Adam - le Christ - est devenu l'être spirituel qui donne la vie. Ce qui est apparu d'abord, ce n'est pas l'être spirituel, c'est l'être humain, et ensuite seulement, le spirituel. Pétri de terre, le premier homme vient de la terre ; le deuxième homme, lui, vient du ciel. Puisque Adam est pétri de terre, comme lui les hommes appartiennent à la terre ; puisque le Christ est venu du ciel, comme lui les hommes appartiennent au ciel. Et de même que nous sommes à l'image de celui qui est pétri de terre, de même nous serons à l'image de celui qui vient du ciel.

Cf. « Du grain est tombé dans la bonne terre..., et il a porté du fruit au centuple »

[...] Le récit de la multiplication des pains et des poissons nous enseigne dès lors qu'en offrant le pain, symbolisant une attitude de partage de nos ressources essentielles, et le poisson, évoquant une offrande de notre propre fécondité, Dieu est invité à intervenir dans notre vie, selon la qualité de notre réceptivité, pour "multiplier" cette nourriture en lui donnant un caractère nouveau sustentant en nous un sentiment de plénitude. Notre existence est alors transformée radicalement passant d'un état mortifère à une prodigieuse fécondité. Ainsi nous passons du désert du monde à la Terre promise : c'est la Pâque. En effet, celui qui partage et offre ses ressources en suivant le Christ, tout se transfigure. Aux sentiments de limitation, de frilosité et de platitude, se substituent alors de nouveaux horizons, une confiance et un enthousiasme, l'amour ne connaissant pas de limites. C'est donc à cette expérience que le récit de la multiplication des pains et des poissons nous invite.

Les Sept miracles du Christ, le chemin de l’initiation chrétienne. Charles-Raphaël Payeur P. 126


Cerf Blanc. Mosaïque représentant le Christ et les Quatre évangélistes

La voie du silence. Des pistes pour méditer par Père Alphonse Goettmann

La divinisation

Ceux qui essaieront d'avancer dans cette voie pourront y intégrer tout leur corps. Mais là un guide est indispensable. Assis sur un petit banc ou sur les talons, comme le conseillent certains Pères, soit dans la verticale, soit au contraire le dos incurvé jusqu'à ce que le menton vienne se poser sur le sternum. Puis diriger le regard sur le milieu de la poitrine.

Dans la détente totale et l'attention la plus aiguë, faire descendre l'intellect dans le coeur et de là laisser jaillir la prière de Jésus, en y ramassant toute la force de notre être : corps-âme-esprit. Toute la visée est la, comme pour toute autre méditation ou prière : que l'intellect descende dans le coeur. Là est le centre de l'homme, la racine de sa substance humaine et en même temps, le locus Dei, trône de Dieu. « C'est par le coeur, dit Théophane le Reclus, que la vie divine se diffuse dans l'homme tout entier... et c'est par le coeur que l'homme entre en contact avec tout ce qui existe et peut saisir le secret même de l'univers... »

Le coeur est l'organe même de notre divinisation... C'est là que l'homme rencontre Dieu face à face. Aussi, tant que l'on ne prie qu'avec l'intellect dans la tête, on ne réalisera jamais une rencontre personnelle avec Dieu, ni avec qui que ce soit d'ailleurs. On peut s'imaginer un brasier ou une flamme, une lumière dans la région du coeur.

Même si l'on recommande parfois de diriger la concentration vers l'ombilic (le nombril) ou de « pousser le Nom de Jésus jusque dans les entrailles » selon certains Pères, c'est toujours le coeur qui reste le point culminant de toute maturité spirituelle. Il est le centre intégrateur du haut (intellect) et du bas (entrailles), le Lieu où l'Homme redevient un. Le coeur s'ouvre quand l'homme a des racines terrestres (Hara) et que l'intellect accepte de descendre de son autonomie indue.

D'autres Pères hésychastes synchronisent respiration et répétition du Nom. Il faut « coller à notre souffle le Nom de Jésus », dit saint Jean Climaque comme si « la prière était continuellement respirée », écrit Hésychius. Concrètement, d'après la tradition byzantine, on peut dire Seigneur Jésus Christ Fils de Dieu sur l'inspir : et aie pitié de moi pécheur sur l'expir. Si la respiration est trop courte au début, partager la phrase en quatre : sur l'inspir Seigneur Jésus Christ, expir : Fils de Dieu, inspir : aie pitié, expir : de moi pécheur. Aspirer doucement l'air avec les paroles.

En général, à moins d'une grâce exceptionnelle, l'invocation du Nom est d'abord extérieure : on la prononce avec les lèvres et les cordes vocales ; puis elle pénètre dans l'intellect pour devenir mentale : on la prononce alors sans les lèvres ni la participation des cordes vocales ; ensuite elle s'intériorise en descendant dans le coeur où sa répétition se fait de plus en plus spontanément et sans effort volontaire ; enfin, dernière étape, le méditant est entièrement saisi par la grâce qui désormais est l'auteur de la prière, remplissant le coeur d'amour et de lumière.

Ce sont là les degrés habituels de ce chemin, où chaque pas doit être respecté, sans en sauter aucun. Rien dans ce domaine ne peut être le résultat de notre effort volontaire, rien surtout n'oblige la grâce à être au bout d'une technique psychosomatique. La vraie prière est don gratuit accueilli dans la foi et le repentir. « Plus profond est le repentir, plus court est le chemin », dit le staretz Sophrony, « voilà son unique fondement ». D'où la nécessité d'une lutte sans merci contre tout ce qui fait barrage : toutes les passions qui assiègent notre coeur, dont la première est l'orgueil.

« Heureux les coeurs purs, car ils verront Dieu ! » (MAT 5,8). C'est toute l'oeuvre du retournement de la conscience et du renversement des idoles, la métanoia. Combat ascétique et prière sont inséparables, l'un ne cesse de provoquer l'autre, la réalisation de l'un étant la condition de l'autre et vice-versa. Aussi la prière elle-même est-elle déjà une véritable ascèse. « Le nom du Seigneur descend profondément dans le coeur », dit le moine Chrysostome, « il écrase le dragon et vivifie l'âme ».

Il faut que notre coeur absorbe le Seigneur et que le Seigneur absorbe notre coeur et que tous deux deviennent un. La prière de Jésus pose donc son levier à la racine même de nos passions. Elle entre d'abord dans notre vie « comme une lampe, dans les ténèbres, puis c'est comme un clair de lune, enfin c'est le lever du soleil » (HÉSYCHIUS). A mesure que le démon dénoue ses amarres, nous sommes « incorporés au Christ et devenons sa substance ! » (Saint Syméon le Nouveau Théologien).


Voir aussi sur http://eocf.free.fr/text_goettmann_terre_ciel.htm

Caractère Universel de le Prière de Jésus

«  Le Nom de «  Jésus » fut donné par révélation d’En-haut. Il provient de la sphère divine, éternelle, et n’est en aucune façon le produit de l’intelligence humaine, bien qu’il soit exprimé par un mot créé. La révélation est un acte, une énergie de la Divinité ; comme telle, elle appartient à un autre plan et transcende les énergies cosmiques. Dans sa gloire supraterrestre, le Nom de " Jésus " est métacosmique. Lorsque nous prononçons le Nom du Christ, lui demandant de se mettre en relation avec nous, lui qui remplit tout, il prête attention à nos paroles, et nous entrons en un contact vivant avec lui. Comme Logos éternel du Père, il demeure avec lui dans une unité indivisible, et ainsi Dieu le Père entre par son Verbe en relation avec nous. ... Le Nom de « Jésus » signifie « Dieu-Sauveur  » ... En priant par le Nom de Jésus-Christ, nous nous plaçons devant l’absolue plénitude et de l’Être premier incréé, et de l’être créé. Pour pouvoir pénétrer dans le domaine de cette plénitude de l'Être, nous devons le recevoir en nous de telle manière que sa vie devienne aussi la nôtre, et cela par l’invocation de son Nom en conformité avec son commandement. »

Archimandrite Sophrony, Caractère Universel de le Prière de Jésus

Magnifie, ô mon âme, celle qui est plus glorieuse et plus vénérable
que toutes les puissances des cieux.
Je vois un mystère étonnant qui dépasse l’entendement :
une grotte est devenue le Ciel
et la Vierge remplace le trône des Chérubins ;
la crèche est la demeure où repose
le Christ notre Dieu infini
que nous chantons et magnifions.

Guillaume Denis, Le Spoutnik : Nouveau Synecdimos, Diaconie Apostolique, Parme 1997 ; Paris 2001, p. 857

Invitation de Benoît XVI à être de "nouveaux évangélisateurs" pour une "nouvelle évangélisation"

Conclusion du discours du Saint-Père à l'issue de la rencontre internationale des "nouveaux évangélisateurs", le 15 octobre 2011 à Rome.


Le monde d'aujourd'hui a besoin de personnes qui annoncent et témoignent que c'est le Christ qui enseigne l'art de vivre, le chemin du vrai bonheur, parce qu'il est lui-même le chemin de la vie; de personnes qui avant tout tiennent le regard fixé sur Jésus, le Fils de Dieu : la parole de l'annonce doit toujours être immergée dans une relation intense avec lui, dans une intense vie de prière.

Aujourd'hui, le monde a besoin de personnes qui parlent à Dieu, pour pouvoir parler de Dieu. Et nous devons toujours nous rappeler que Jésus n'a pas racheté le monde par de belles paroles ou des moyens voyants, mais par sa souffrance et sa mort.

Chers amis, être évangélisateur n'est pas un privilège, mais un engagement qui vient de la foi. A la question que le Seigneur adresse aux chrétiens : "qui enverrai-je et ira pour moi?", vous répondez avec le même courage et la même confiance que le prophète : "me voici Seigneur, envoie-moi" (Isaïe 6,8)

Le 15 octobre 2011. Benoît XVI

Une curieuse icône provenant du monastère de Sainte-Catherine sur le mont Sinaï en Israël

Un musée d'art à Kiev contient une curieuse icône provenant du monastère de Sainte-Catherine sur le mont Sinaï en Israël. Elle montre deux saints chrétiens en robe. On retrouve entre eux le traditionnel « pronubus » romain, surplombant un mariage. Le pronubus est le Christ. Le couple marié est composé de deux hommes. Cette icône suggère-t-elle un « mariage » homosexuel sanctifié par le Christ lui-même? L'idée semble choquante. Mais la réponse complète provient d'autres sources chrétiennes anciennes en lien avec les deux hommes figurant dans l'icône, saint Sergius et saint Bacchus, deux soldats romains qui furent martyrs chrétiens. Ces deux officiers de l'armée romaine provoquèrent la colère de l'empereur Maximien lorsqu'ils furent exposés en tant que « chrétiens cachés » en refusant d'entrer dans un temple païen. Ils furent tous deux envoyés en Syrie vers l'an 303 ap. J.-C où Bacchus serait mort par flagellation. Serge survécu à la torture, mais fut plus tard décapité. La légende dit que Bacchus serait apparu en tant qu'ange à la mort de Serge, en lui disant d'être courageux, car ils seraient bientôt réunis dans le ciel.

Commentaire de Saint Augustin

Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église

Sermon 18 ; PL 38, 128 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p.164 rev)

« Leurs yeux s'ouvrirent »

« Notre Dieu viendra manifestement, et il ne se taira pas » (Ps 49,3 Vulg). En effet, le Seigneur Christ, notre Dieu, le Fils de Dieu, est venu de façon cachée dans son premier avènement ; il viendra de façon manifeste dans son second. Quand il est venu caché, il n'a été connu que de ses serviteurs ; quand il viendra manifestement, il sera connu des bons et des mauvais. Quand il est venu caché, c'était pour être jugé ; quand il viendra manifestement, ce sera pour être le juge. Autrefois, il était jugé, il s'est tu, et le prophète avait prédit ce silence : « Comme un agneau conduit à l'abattoir, comme une brebis muette devant les tondeurs, il n'ouvre pas la bouche » (Is 53,7), mais « notre Dieu viendra manifestement, et il ne se taira pas »...

Maintenant ce qu'on appelle bonheur de ce monde, les méchants le possèdent aussi ; et ce qu'on appelle le malheur de ce monde les bons le possèdent aussi. Si des hommes ne croient qu'aux réalités présentes et ne croient pas aux réalités futures, c'est parce qu'ils observent que les biens et les maux de ce monde présent appartiennent indistinctement aux bons et aux mauvais. S'ils ambitionnent les richesses, ils voient qu'elles appartiennent aux pires des hommes aussi bien qu'aux bons. S'ils ont horreur de la pauvreté et des misères de cette vie, ils voient qu'elles font souffrir non seulement les mauvais, mais aussi les bons, et ils disent dans leur cœur : « Dieu ne voit pas » (Ps 93,7), il ne dirige pas les affaires humaines. Il nous laisse totalement rouler au hasard dans l'abîme profond de ce monde, et il ne nous montre en rien sa providence. Et s'ils méprisent les préceptes de Dieu, c'est parce qu'ils ne voient pas son jugement se manifester...

Dieu réserve beaucoup de choses pour le jugement à venir, mais quelques-unes sont jugées maintenant, afin que ceux dont il fait attendre le jugement soient saisis de crainte et se convertissent. Car Dieu n'aime pas condamner mais sauver, et c'est pourquoi il est patient envers les mauvais, pour qu'ils deviennent bons.

Commentaire de Basile de Séleuci

Basile de Séleucie (?-v. 468), évêque

Homélie 26, sur le Bon Pasteur ; PG 85, 299 (trad. Bouchet, Lectionnaire, p. 219)

« Il se réjouit pour elle plus que pour les quatre-vingt-dix-neuf autres qui ne se sont pas égarées »

Regardons notre berger, le Christ ; voyons son amour pour les hommes et sa douceur pour les conduire au pâturage. Il se réjouit des brebis qui l'entourent comme il cherche celles qui s'égarent. Monts et forêts ne lui font pas d'obstacle ; il court dans la vallée de l'ombre pour parvenir jusqu'à l'endroit où se trouve la brebis perdue. L'ayant trouvée malade, il ne la méprise pas, mais la soigne ; la prenant sur ses épaules, il guérit par sa propre fatigue la brebis fatiguée. Sa fatigue le remplit de joie, car il a retrouvé la brebis perdue, et cela le guérit de sa peine : « Lequel d'entre vous, dit-il, s'il a cent brebis et vient à en perdre une, n'abandonne pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour s'en aller auprès de celle qui est perdue, jusqu'à ce qu'il l'ait retrouvée ? »

La perte d'une seule brebis trouble la joie du troupeau rassemblé, mais la joie des retrouvailles chasse cette tristesse : « Quand il l'a retrouvée, il assemble amis et voisins et il leur dit : Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé ma brebis qui était perdue » (Lc 15,6). C'est pourquoi le Christ, qui est ce berger, disait : « Je suis le bon pasteur » (Jn 10,11). « Je cherche la brebis perdue, je ramène celle qui est égarée, je panse celle qui est blessée, je guéris celle qui est malade » (Ez 34,16).

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 7,18-23.

Jean Baptiste appela deux de ses disciples et les envoya demander au Seigneur : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? »

Arrivés près de Jésus, ils lui dirent : « Jean Baptiste nous a envoyés te demander : Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? »

A ce moment-là, Jésus guérit beaucoup de malades, d'infirmes et de possédés, et il rendit la vue à beaucoup d'aveugles.

Puis il répondit aux envoyés : « Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres.

Heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi ! »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Commentaire de Jean-Paul II

Bienheureux Jean-Paul II

Encyclique « Dives in Misericordia » § 3 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

« La bonne nouvelle est annoncée aux pauvres »

Devant ses compatriotes à Nazareth le Christ se réfère aux paroles du prophète Isaïe : « L'Esprit du Seigneur est sur moi parce qu'il m'a consacré par l'onction pour porter la bonne nouvelle aux pauvres ; il m'a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés, proclamer une année de grâce du Seigneur » (Lc 4,18-19)... Par ses faits et ses paroles, le Christ rend le Père présent parmi les hommes. Il est hautement significatif que ces hommes soient surtout les pauvres, qui n'ont pas de moyens de subsistance, ceux qui sont privés de la liberté, les aveugles qui ne voient pas la beauté de la création, ceux qui vivent dans l'affliction du coeur ou qui souffrent à cause de l'injustice sociale, et enfin les pécheurs. C'est surtout à l'égard de ces hommes-là que le Messie devient un signe particulièrement lisible du fait que Dieu est amour ; il devient un signe du Père...

Il est révélateur que Jésus, lorsque les messagers envoyés par Jean Baptiste le rejoignirent pour lui demander : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? », se soit référé au témoignage par lequel il avait inauguré son enseignement à Nazareth et leur ait répondu : « Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres », et qu'il ait ensuite conclu : « et heureux celui qui ne sera pas scandalisé à mon sujet ».

Jésus a révélé, surtout par son style de vie et ses actions, comment l'amour est présent dans le monde où nous vivons, l'amour actif, l'amour qui s'adresse à l'homme et embrasse tout ce qui forme son humanité. Cet amour se remarque surtout au contact de la souffrance, de l'injustice, de la pauvreté, au contact de toute la condition humaine historique..., le caractère limité et fragile de l'homme, aussi bien physiquement que moralement. Or la manière dont l'amour se manifeste et son domaine sont, dans le langage biblique, appelés « miséricorde ». Ainsi le Christ révèle Dieu qui est Père, qui est amour, comme saint Jean le dira dans sa première lettre (4,16) ; il révèle Dieu « riche en miséricorde » (Ep 2,4).

Actualités

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Avent : Première prédication du P. Cantalamessa, ofmcap. « La première vague d'évangélisation »

15/11/11/. En Allemagne, l’Église protestante à l’heure de la « nouvelle Évangélisation »

Rassemblé la semaine dernière à Magdebourg, le synode de l’église protestante (EKD) a fait le bilan de la visite du pape et entrepris de réfléchir au moyen de relancer son dynamisme missionnaire.

Vouloir relancer l’évangélisation ressemble à un défi à Magdebourg, cette ville industrielle de l’ex-RDA où s’est tenu le synode de l’église évangélique allemande (EKD, luthérienne), la semaine dernière. Une personne sur six seulement y est membre d’une communauté religieuse.

Plusieurs témoins sont venus expliquer leurs réserves. Pascal von Wroblewski, chanteuse de jazz, évoquera sa jeunesse dans l’ex-RDA « sans baptême ou visite à l’église, même à Noël ». « Le christianisme c’est comme une langue, dira-t-elle, je peux l’apprendre mais ce ne sera jamais ma langue maternelle. »

Ralf Meister, évêque de l’Église luthérienne de Hanovre, souligne : « On ressent un investissement continu dans notre Église, autour d’une préoccupation constante de réformer les structures institutionnelles. Mais le défi qui nous est lancé au début du XXIe siècle est tout autre. Il exige la concentration spirituelle, notre orientation sur l’essentiel, Dieu et Christ lui-même. »

24 millions de fidèles

Si l’EKD compte aujourd’hui 24 millions de fidèles, les projections d’avenir sont en effet assez sombres : ils devraient n’être plus que 16 millions à l’horizon 2040, à la suite des sorties d’Église, de la chute des naissances et de la réduction du nombre des baptêmes.

Pour attirer de nouveaux fidèles, « l’Église doit rayonner de sa conviction intérieure », son discours doit être « joyeux, communicatif, l’évangélisation doit être libération » ont expliqué les intervenants. Elle doit s’investir avec ses critiques, dans les débats, la culture, la formation, l’économie ou le mode de vie.

« Dieu lui-même s’est ‘‘sécularisé’’ dans Jésus-Christ », assure le président de l’EKD, Nikolaus Schneider. Nous ne vivons pas nos fois chrétiennes étrangers au monde, en le fuyant. »

Il a dressé un bilan de la visite de Benoît XVI, soulignant la force de sa visite à Erfurt au cours de laquelle le pape a longuement évoqué Luther et « l’esprit fraternel » qui imprégnait la rencontre avec l’Église protestante. En revanche, les paroles de son sermon, annonçant qu’il n’avait pas amené avec lui de « cadeau d’invité » pour l’oecuménisme, ont irrité et déçus. « Les protestants n’attendent pas de cadeau mais une impulsion de l’œcuménisme », souligne Nikolaus Schneider. L’EKD veut dépasser maintenant cette étape, invitant l’Église catholique à fêter avec elle le jubilé de la Réform en 2017.

MICHEL VERRIER, à Berlin

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