Blé

De Nature et Culture en Hautes-Terres.
blé

L'origine du blé, nourriture universelle, est totalement inconnue, comme pour de nombreuses céréales ou plantes cultivées. La culture du blé marque pour l'Homme le début de sa sédentarisation, et permet au nouvel Homme-Paysan d'appréhender le temps différemment : désormais, le temps s'écoule en fonction du rythme des labours, semailles et moissons.

Récolte manuelle du blé, en Inde

Le blé est l'espèce avec laquelle l'homme a commencé à manipuler la nature et gérer le milieu. Auparavant, dans la lointaine préhistoire, il se contentait de prélever ce qui était disponible et se comportait comme tout animal prédateur : avec la mise en culture du blé et la sélection des variétés les mieux exploitables, il a commencé à gérer la production de l'environnement. Ce fut la "Révolution Néolithique" il y a de cela 100 000 à 5000 ans.

La gerbe de blé est une céréale sacrée qui est considéré depuis toujours comme un porte bonheur qui permet s’assurer bonheur et prospérité tout en conjurant le mauvais œil et cela est dû notamment à la capacité dont dispose le grain de blé qui le fait mourir et renaitre...Le cycle nourricier se poursuit, inexorablement en fonction du cycle solaire des saisons. Le blé est la céréale la ancienne travaillée par l’Homme.

Elle est la plus croisée et parfois, génétiquement modifiée pour la rendre stérile et ainsi asservir des Hommes à d'autres. Le cycle risque de se rompre si les apprentis sorciers poursuivent ces desseins, mais on peut également multiplier les espèces, les métisser, améliorer la qualité...C'est donc par cette céréale que l'élan vers la civilisation moderne a été donné. Les grains étaient d'abord utilisés crus ou grillés. L'homme a ensuite appris à extraire le produit qui lui convenait - la farine - et à le transformer, en particulier en pain. Ces innovations sont des tournants décisifs dans l'évolution de la culture occidentale. Elles supposent l'invention de techniques et de profondes transformations des structures mentales. Des pratiques divinatoires, des rituels, des prières ont entouré de tout temps ce travail soumis aux aléas du ciel et de la terre, où se mêle en permanence le sacré.

Depuis tous temps, la gerbe de blé est le symbole du bonheur et de prospérité et les prémices de cette superstition remonteraient au temps de le Rome Antique durant laquelle le blé était lancé sur les jeunes mariés afin d’assurer une belle et grande descendance. Cette gerbe s'accrochait jadis au faît d'une maison neuve lorsque la charpente est terminée, ou sur la porte d'entrée de la maison.

C'est pourquoi elles apparaissent dans beaucoup de civilisations comme un présent des dieux lié au don de la vie. Déméter (Cérès pour les romains) donne l'orge et envoie Triptolème répandre le blé dans le monde. Xochiquetzal apportait quant à lui le maïs, ... Le blé symbolise le don de la vie qui ne peut être qu'un don des dieux, la nourriture essentielle et primordiale. Les grains de blé retournés au sol sont une promesse d'autres épis.

La graine de blé, semée en pleine terre à l’automne séjourne quelque 6 mois, pour recevoir l'eau va peu à peu germer. C’est l’hiver, saison où tout semble mort et éteint, qui prépare à la vie la plante la plus utile à l'homme. Ensuite la graine sortira de terre à l'air libre et grâce à la Lumière du Soleil et à sa chaleur va poursuivre sa croissance. L’analogie entre le profane et l’homme initié aux mystères de la franc maçonnerie peut revéler que les épreuves de la Terre, de l’Eau, de l’Air et du Feu sont toutes présentes dans ce processus de vie. La sigle V.I.T.R.I.O.L. (Visita Interiora Terrae, Rectificandoque, Invenies, Occultam Lapidem) s'applique ainsi au blé. Le blé qui sort de terre va croître en un épi porteur de plusieurs autres graines. L'épi est un transmetteur, un porteur de vie. C’est lui qui travaille pour les graines, leur apportant par sa tige l’eau et les nutriments puisés dans le sol. Il les soutient et les aide à se fortifier. L'épi porte en lui la vie. L'épi de blé était déjà un emblème d'Osiris, symbole de sa mort et de sa résurrection.

Chez les grecs et les romains, les prêtres répandaient du blé ou de la farine sur la tête des victimes avant de les immoler. Blé semence d'immortalité ou promesse de résurrection est nourriture fondamentale signifiant nourriture d'immortalité.

Au Moyen-âge, le blé avait également beaucoup d’importance dans certaines croyances de l'époque, s’il était récolté sous un clair de lune cela signifiait une promesse d'amour tout comme les récoltes de blé qui était bonne était considérée comme un présage d'amour et de mariage heureux.

Pour s'assurer la prospérité, douze grains de blé étaient lancés sur une plaque brûlante et s'ils ne se consommaient pas cela indiquait le mois du bonheur et de la prospérité. Tout on faisant toujours couper la première gerbe de blé de la moisson à une jeune fille ce qui lui assurait de se marier dans l’année suivant avec un époux à son goût.

Dans la tradition et la poésie populaire en Roumanie, l'épi de blé est le symbole de la royauté, du pouvoir et du plus haut prestige social. Il signifie aussi l'opulence et l'abondance et sert de terme de comparaison pour une partie du visage ou l'ensemble du jeune homme. Le parallèle humain/végétal représente la base d'une métaphore de l'amour.

Sommaire

Pays producteurs de blé

La production globale de céréales au début des années 1990 montre bien la nature des changements intervenus. La Chine vient au premier rang avec 14 ,6 % de la production mondiale, devant l'Inde (11,7 %), les États-Unis (9,4 %), la Russie (7 %), la France (5 %) et le Canada (4 %). Parmi les pays d'Asie, seule l'Inde équilibre bien production et consommation. Cette situation, favorable aujourd'hui aux gros producteurs-exportateurs du monde occidental, même si les États-Unis et l'Europe sont fortement concurrents, pourrait changer si l'Asie parvenait à un certain niveau d'autosuffisance et si la production des Républiques de l'ex-URSS se redressait. Au cours des années 1980, l'URSS importait annuellement à peu près l'équivalent de ce qui était perdu chaque année par incurie ou insuffisance d'équipements, même lorsque les récoltes étaient bonnes. (source)

Le grain de blé tombé en terre

Saint Jean 12, 20-33

Parmi les Grecs qui étaient montés à Jérusalem pour adorer Dieu durant la Pâque, quelques-uns abordèrent Philippe, qui était de Bethsaïde en Galilée. Ils lui firent cette demande : « Nous voudrions voir Jésus. » Philippe va le dire à André ; et tous deux vont le dire à Jésus. Alors Jésus leur déclare : « L’heure est venue pour le Fils de l’homme d’être glorifié. Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il donne beaucoup de fruit. Celui qui aime sa vie la perd ; celui qui s’en détache en ce monde la garde pour la vie éternelle. Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ; et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. Maintenant je suis bouleversé. Que puis-je dire ? Dirai-je : Père, délivre-moi de cette heure ? - Mais non ! C’est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci ! Père, glorifie ton nom ! » Alors, du ciel vint une voix qui disait : « Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore. » En l'entendant, la foule qui se tenait là disait que c’était un coup de tonnerre ; d’autres disaient : « C’est un ange qui lui a parlé. » Mais Jésus leur répondit : « Ce n’est pas pour moi que cette voix s’est fait entendre, c’est pour vous. Voici maintenant que ce monde est jugé ; voici maintenant que le prince de ce monde va être jeté dehors ; et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. » Il signifiait par là de quel genre de mort il allait mourir.

Elle est simple et belle, mais surtout riche et évocatrice de sens cette image du grain de blé déposé en terre que Jésus utilise pour parler de sa mort. Malgré sa petitesse, le grain de blé est doté d’un potentiel extraordinaire car il renferme la vie qui s’épanouira en épi. En se comparant au grain de blé, Jésus aborde sa mort avec confiance et espérance, car il voit sa mort comme le don de sa vie, un don qui sera fécond et fera naître une moisson de disciples. Une telle façon d’envisager sa mort, ou plutôt de remettre sa vie, ne peut qu’exprimer un amour total, intense, ultime.

Cet amour-là, beaucoup de personnes en font l’expérience et sont en mesure de le comprendre. Pensons par exemple aux parents qui se donnent, et donnent le meilleur d’eux-mêmes, et même jusqu’à donner leur vie, pour que vivent leurs enfants. Pensons aussi à cet homme qui chaque jour visite son épouse atteinte de la maladie d’Alzheimer, ou à cette femme qui met en veilleuse son travail pour prendre soin d’un parent en fin de vie. Ces personnes vivent des situations qui les apparentent à un grain de blé déposé en terre pour qu’un autre puisse vivre dignement. Il y a dans cette générosité, dans ce don de soi, quelque chose qui se rapproche de la parole de Jésus : Celui qui aime sa vie la perd; celui qui s’en détache en ce monde la garde pour la vie éternelle (Jean 11, 25).

Attention, ne semez pas le grain dans la terre!

Attention, ne semez pas le grain dans la terre! Il y a assez de blé, les greniers sont pleins depuis longtemps, mais le Ciel est vide. Personne n'y a encore semé du grain. Semez le grain là où personne ne l'a jamais osé.

Livre d'Osée 14,2-10.

Reviens, Israël, au Seigneur ton Dieu ; car tu t'es effondré par suite de tes fautes. Revenez au Seigneur en lui présentant ces paroles : « Enlève toutes les fautes, et accepte une belle offrande : au lieu de taureaux, nous t'offrons en sacrifice les paroles de nos lèvres. Puisque les Assyriens ne peuvent pas nous sauver, nous ne monterons plus sur des chevaux, et nous ne dirons plus à l'ouvrage de nos mains : 'Tu es notre Dieu', car toi seul as compassion de l'orphelin. » Voici la réponse du Seigneur : Je les guérirai de leur infidélité, je leur prodiguerai mon amour, car je suis revenu de ma colère. Je serai pour Israël comme la rosée, il fleurira comme le lis, il étendra ses racines comme les arbres du Liban. Ses jeunes pousses vont grandir, sa parure sera comme celle de l'olivier, son parfum comme celui de la forêt du Liban. Ils reviendront s'asseoir à son ombre, ils feront revivre le blé, ils fleuriront comme la vigne, ils seront renommés comme le vin du Liban. Éphraïm ! peux-tu me confondre avec les idoles ? C'est moi qui te réponds et qui te regarde. Je suis comme le cyprès toujours vert, c'est moi qui te donne ton fruit. Qui donc est assez sage pour comprendre ces choses, assez pénétrant pour les saisir ? Oui, les chemins du Seigneur sont droits : les justes y avancent, les pécheurs y tombent.

Par les beaux soirs d’été...

Par les beaux soirs d’été, j’irai dans les sentiers
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue:
Rêveur, j'en sentirai la fraicheur à mes pieds:
Je laisserai le vent baigner ma tête nue...
Je ne parlerai pas, je ne penserai rien...
Mais un amour immense entrera dans mon âme:
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature,- heureux comme avec une femme !


Arthur Rimbaud.


Que ceux qui ont faim aient du pain ! Que ceux qui ont du pain aient faim de justice et d’amour ! Abbé Pierre

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