Berbère

De Nature et Culture en Hautes-Terres.


Les Berbères ou Imazighen constituent plusieurs ethnies autochtones d'Afrique du Nord ayant ou non des points communs entre elles (langues, habillements, coutumes, musiques, organisations sociales, origines ethniques, etc.) selon l'espace géographique où elles vivent. Chasseurs puis pasteurs et cultivateurs, les Berbères s’organisèrent en tribus et en confédérations, que les Grecs distinguaient sous les noms de libyques, numides et maures.

Dans l'Antiquité, les Berbères étaient connus sous les noms de Libyens, Maures, Gétules, Garamantes et Numides. Les plus connus d'entre eux étaient l'auteur romain Apulée, l'empereur romain Septime Sévère, et saint Augustin. En l'absence de recensements linguistiques fiables, toute évaluation numérique des berbérophones reste très approximative. Des trois pays du Maghreb, le Maroc semble de loin celui qui compte le plus de berbérophones; ils y sont estimés à 40 % de la population totale. Pour l'Algérie et la Libye, la proportion de 25 % est souvent retenue. La Tunisie est le pays de l'Afrique du Nord où ils sont les moins nombreux: quelques milliers de personnes seulement parlent encore le berbère. Le groupe zenaga mauritanien est, lui aussi, peu important.

Ibn Khaldoun (1332-1406) fait remonter l'origine des Berbères à Mazigh fils de Canaan. D'après lui, ils descendent de Canaan, fils de Cham. Ibn Khaldoun fait une étude comparative des différents généalogistes arabes et berbères existant bien avant lui et tire sa propre analyse sur l'origine des Berbères. Dans son livre sur l'Histoire des Berbères, Ibn Khaldoun cite presque tous les travaux déjà faits sur la généalogie ancienne. Ibn Khaldoun désigne deux grandes familles : Madghis (Medghassen) et Barnis.

Les Berbères sont les premiers occupants des territoires de l'Afrique du Nord. Le terme "Berbère" recouvre un ensemble de populations vivant au Maroc, en Algérie, en Libye, en Tunisie, en Égypte, en Mauritanie, au Niger, au Mali et au Burkina Faso. L'Algérie est habitée par des groupes chaoui, kabyles, zénètes et touaregs. Au Maroc, vivent les Chleuhs, les Imazirhenes et les Rifains. Ils représentent 40% de la population marocaine et 20% de la population algérienne. Tandis que des pays comme la Libye, l'Egypte et la Tunisie connaissent quelques groupes berbères plus restreints. D'une manière générale, le mouvement identitaire tend à désigner l'ensemble de ces populations sous le terme d'Imazirhen.

L'aire des parlers berbères et des langues apparentées s'étend de l'oasis de Siwa (désert occidental égyptien) aux îles Canaries — où le guanche parlé autrefois peut être identifié au berbère — jusqu'aux massifs du Sahara central. La communauté linguistique ainsi formée rassemble plus de douze millions de locuteurs, issus d'ethnies différentes et habitant divers pays : Maroc et Algérie (Kabylie) surtout, Niger et Mali (Sahel et Sahara des Touareg) également, Tunisie, Libye et Égypte dans une moindre mesure.

Les Berbères sont répartis sur près de cinq millions de kilomètres carrés — depuis le Maroc jusqu'à l'ouest de l'Égypte (Siwa) — en différents groupes, ayant une culture et une langue commune (le berbère ou tamazight), déclinée en plusieurs dialectes locaux. Cette partie de l'Afrique du Nord a longtemps été désignée en français par le terme de Berbérie ou Barbarie. Dans les régions subsahariennes, il y a plusieurs berbères comme le Mali, le Niger, etc. Le Sénégal est composé des Sanhadja tribus berbères. Les données sont pas exactes, mais approximatives , selon Frédéric Deroche et Julian Burger:

  • Au Maroc, 12 millions de Berbères.
  • En Algérie, 7 millions de Berbères. D'autres sources indiquent qu'il y a 8 millions de Kabyles. Les berbérophones Chaouis sont environ 2.870.000 en 2005.
  • Parmi les Touaregs subsahariens, il y a près de 3 millions de Berbères.

Selon Francis Manzano et Fernande Krier:

  • En Tunisie, environ 60.000 Berbères
  • En Mauritanie, entre 100.000 et 500.000 Berbères
  • En Egypte, il y a entre 10.000 et 50.000 Berbères
  • En Lybie, la population est Berbère, mais elle a été arabisée. 4% de la population y maîtrise le berbère

Le berbère se parle dans des aires dissociées, contrastant par l'histoire, le milieu, et que nul empire n'a rassemblées longtemps. Il ne s'est jamais beaucoup écrit. Il présente une profonde unité, les variations les plus fortes étant superficielles tandis que la structure reste partout la même. C'est à cette structure qu'il faut penser lorsque l'on parle de la "langue berbère" (en vérité une abstraction); aux variétés locales, on a donné le nom de "parlers".

  • Tachelhayt: chleuhs du haut atlas occidental
  • Tamazirht: Imarirhenes ou berabers du Maroc central
  • Taqbaylit: Kabyles

Convertis à l'islam dès la première invasion arabe, au VIIe siècle, les Berbères sont majoritairement sunnites de rite malékite. Leurs coutumes comportent cependant de nombreux éléments pré-musulmans. Leur habitat actuel, dans les montagnes, sur les hauts plateaux et dans les zones arides, reflète les combats et les refus qu’ils ont opposés à l’arabisation. Ils habitent dans de gros villages fortifiés (casbahs berbères) ou vivent dans des tentes, sur le modèle arabe s’ils sont nomades, spécifiques chez les Touareg. Les Berbères ont une tradition artisanale riche — sculpture du bois, poteries peintes, tapis de laine, bijoux d’argent et articles de cuir —, où dominent les motifs géométriques.

La France et l’Espagne conquièrent le Maroc et l'Algérie à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, mais les Berbères leur opposent une vive résistance, notamment dans le Rif, sous la conduite d’Abd el-Krim (1920-1926), et dans le sud du Maroc. Pour contrer le nationalisme arabe, la France inaugure une politique berbère visant à élargir le clivage avec les populations arabophones des plaines et des villes.

Ainsi, au Maroc, en 1953, les Français envoient en exil le sultan Mohammed V. Par la suite, le sentiment nationaliste finit par se renforcer aussi bien chez les Arabes que chez les Berbères du Maroc et la perte de l’appui berbère contribue au retour d’exil de Mohammed V en 1955 et à l’indépendance au Maroc en 1956.

En Algérie, la guerre d’indépendance est soutenue aussi bien par les Berbères que par les Arabes jusqu’à l’indépendance du pays en 1962.

Tlemcen fut la capitale Abdalwadides(connue par Zianides), elle abrite plusieurs berbères

Sommaire

Langue berbère

Le langage berbère s'appelle "tamazight", et n'a rien avoir avec l'arabe, l'hébreu ou le punique. On n'a trouvé aucune langue, ni écriture s'en rapprochant. Cette écriture possède des caractères très proches du grec.

La langue berbère demeure une énigme, tant ses origines sont difficiles à établir avec certitude. L’une des hypothèses les plus étudiées la rattache à la branche chamito-sémitique. Sans support écrit — l’existence d’un alphabet propre est attestée dès l'Antiquité, mais l’écriture berbère disparaît avec la colonisation romaine — le berbère a éclaté en plusieurs milliers de parlers locaux.

La lutte contre l'arabisation

L'indépendance des pays d'Afrique du Nord, qui s'est manifestée par une volonté d'arabisation dirigée contre l'ancienne culture du colonisateur, a touché les populations de langues berbères ; leur langue a été interdite à la radio, ainsi que son enseignement dans les écoles. En Algérie, cette volonté d'arabisation, liée à la montée de l'islamisme, a provoqué de violentes manifestations et une forte revendication culturelle, qui ont abouti en 2002 à la consécration constitutionnelle de la langue berbère en langue nationale. Depuis 1996, la Constitution algérienne reconnaît en outre l'identité berbère comme l'une des trois composantes fondamentales de l'identité nationale, à côté de l'arabité et de l'islamité.

Si les populations berbères possèdent une tradition orale riche et vivace, elles sont victimes des politiques d’arabisation menées dans les pays d'Afrique du Nord après l’indépendance et de la volonté de ces pays de s’inscrire dans le panarabisme. Aussi la langue est-elle devenue le fondement de la culture berbère et l'une des principales revendications des mouvements identitaires berbères nés dans les années 1980-1990. L'abondance historiquement de la littérature est attestée de ses productions (témoignages de l'Antiquité, chroniqueurs espagnols de la conquête des îles Canaries, Ibn Khaldun) accuse surtout l'étendue des pertes. Il fallut attendre la deuxième moitié du XIXe s. pour disposer de documents écrits d'inégale importance.

Femme berbère

Dans pratiquement toutes les civilisations, la femme est le pilier de la famille et des traditions, le principal transmetteur de la culture du quotidien. Dans la tradition marocaine, elle occupe une place prépondérante malgré les interprétations restrictives pour ses droits dans les écrits religieux. C'est ainsi que son combat pour exister dans la société marocaine est très souvent passé par la musique au prix des pires préjugés, les chanteuses ayant longtemps été considérées par les hommes comme des femmes aux mœurs légères. Malgré les injures, ces femmes ont réussi à imposer leur talent et à s'octroyer le droit de porter le titre de Cheikha (titre traditionnellement réservé aux hommes pour leurs connaissances religieuses, scientifiques ou artistiques). En dépassant le cercle intimiste du foyer, ces musiciennes ont pris en main les fêtes de villages, les mariages et les cabarets, portant sur la place publique une parole devenue indispensable au bon équilibre de la communauté.

Les associations berbères au Maroc

Les berbères de Tunisie

Les données les plus admises disent que les berbérophones (je ne dit pas les berbères, nuance!!!) représentent moins de 1% de la population générale (moins de 100.000 personnes), essentiellement regroupées dans la région du sud-est du pays.

Groupes éthniques des berbérophones en Tunisie

Shawiya parlent le chaouia (39.000 personnes), Djerbi (Djerba) nafusi (26.000 personnes), Tmagourt et Sened tous les 2 parlent le sened (6.000 et 5.400 personnes respectivement) et le groupe des Ghadamès qui parle le ghadamès (2.000 personnes)

Selon d'autres sources (le Congrès mondial amazigh), les amazighophones représenteraient entre 5 et 10 % de la population totale du pays (jusqu'à un million de personnes!!!!!). Ils sont principalement concentrés dans le sud de la Tunisie (Djerba, Matmata, Tataouine, Médenine, Kebili, Tozeur) mais il subsiste également plusieurs groupes formant des villages de quelques centaines de personnes à plusieurs milliers de personnes sur la côte méditerranéenne et à l’ouest, le long de la frontière avec l’Algérie (Monts de Tebessa, El Kef, Siliana) et dans la région de Gafsa.

En fait, une question peut se poser, comment un pays ayant comme voisin 2 pays (Algérie et Libye) avec une assez forte présence berbère, peut-il avoir une si mineur proportion de berbérophone?

Il est vrai que depuis l'indépendance, l'état a mis l'accent principalement sur l'arabité et l'islamité de la Tunisie (constitution, articles 1 et 2).

La période berbère de l'histoire du pays n'est que rarement évoquée et la langue berbère n'est pas enseignée (à l'université on peut apprendre le chinois ou l'hébreu mais pas le berbère). L'art populaire berbère (chants....) est totalement absent des médias et mêmes la radio régionale qui couvre la région à forte concentration berbérophone (Radio Tataouine) ne diffuse aucune minute en langue berbère. Cette ligne directrice instituée à l'aube de l'indépendance voulait sûrement que les tunisiens soient unis et "homogènes" pour éviter peut-être certaines revendications séparatistes possibles (comme en Algérie), mais elle a certainement abouti à un abandon de bien des berbères à leur langue maternelle qui devenait une sorte de ghetto. Il est probable que les berbères (ou ceux d'origne berbère) en Tunisie soient plus nombreux que le chiffre de moins de 1% ne le laisse présager, mais la proportion de berbères qui parlent amazigh et/ou qui le comprennent est sûrement devenu plus faible. La langue berbère en Tunisie ne s'enseigne pas, ne s'écrit probablement pas, se parle de moins en moins et disparaîtra sûrement un jour!

Cuisine berbère

Contributions

André et René Bertrand : Tribus berbères du Haut-Atlas. Edita-Vilo, Lausanne 1977. Les berbères, l'organisation sociale, le droit coutumier, la famille berbère, la vie quotidienne, l'habitat, costumes coiffures et bijoux, musiques danses et jeux..., 140 pages. Orné de 115 illustrations dont 47 en couleurs, nombreuses pleine page ou double page. Relié toile orange, 22 sur 29 cm.

Agenda

Du 13 au 20 novembre 2009. La sagesse des contes, pour un nouveau chemin de vie dans le désert de Tunisie.

Semaine résidentielle du 13 au 20 novembre 2009 au camp de Ghouraf. Logement en tentes berbères.

« Sur la berge escarpée du fleuve est une voix qui parle. J’ai vu le maître de cette voix. Il m’a salué. J’ai parlé avec lui. Il a répondu à toutes mes questions. Il m’a dit : Tout ce que tu vois est vivant ». (Un chaman de Sibérie).

Dans ce monde qui nous prédit chaque matin une nouvelle apocalypse, pouvons-nous être en paix, plus vivants, plus conscients, plus heureux ? Les contes nous montrent le chemin.

Là où des œuvres réputées immortelles se perdaient corps et biens dans les dédales de l'oubli, ces histoires sans auteur ont trouvé le moyen de venir jusqu'à nous à travers des millénaires de pestes, d'exodes, de guerres, d'invasions et d'épreuves en tout genre. Comment ont-elles fait ? Henri Gougaud nous invite à découvrir leur secret.

Une part importante de cette rencontre est consacrée à l'approche de notre nature, à la connaissance de soi (au sens socratique du terme : « Connais-toi toi-même »). L'expérience montre que l'on touche chez l'autre le lieu à partir duquel on parle en soi. D'où la nécessité de prendre conscience et se défaire de tout ce qui entrave la circulation « amoureuse » de la parole : peurs, désir de briller, encombrements mentaux divers, intellectualisation, etc.

Le but de ce stage est d'apprendre à devenir entiers. A partir d'exercices, d'expériences, de dialogues, pouvoir affirmer je suis, sans rien ajouter. Que tout ce qui nous constitue –corps, désir, coeur, esprit- soit au service de ce que nous sommes.

Les contes nous initient à des savoirs secrets : l'art de la relation, qui est connivence entre les êtres, et nous met à l'unisson. La légèreté du papillon que ne peut attraper la grosse patte du lion. Le rire, qui sauve la vie quand les mots ne peuvent plus rien. Le jeu, qui donne du plaisir et en prend innocemment, gratuitement, et cette sorte particulière d'attention qu'on appelle l'amour. Ils réveillent notre ancienne mémoire, et, comme le dit Satprem, « cette vieille musique, ce vieil oiseau sauvage jamais attrapé qui bat quand même des ailes dans notre cage ».

Et si les contes étaient les éveilleurs d'une sagesse impossible à dire autrement ?

Quand nous aurons rejoint notre nature, nous pourrons faire enfin notre ouvrage de source.

Chaque soir, veillée sous les étoiles. Chants nomades autour du feu avec les gardiens du camp, contes, chansons, thé à la menthe

Prix du séjour de Paris à Paris : 1310 euros (Hors assurance annulation)

Renseignements : Sylvie de Berg

Tél : 06 16 23 27 40 / sylviedeberg@hotmail.com

http://www.henrigougaud.fr/

Mythologie Berbère

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