Benoît XVI

De Nature et Culture en Hautes-Terres.
Benoît XVI - 本篤十六世

Avant de proposer une morale, explique Benoît XVI, le message chrétien est une bonne nouvelle où l'amour prend le pas sur les structures et les règles de l'Église.

Sommaire

Henri Boulad :Lettre personnelle au Pape Benoît XVI : SOS pour l’Église d’aujourd’hui

Voici trois 3 ans, vous avez adressé une lettre au Pape, mais il ne l’a jamais reçue...

J’ai lancé un appel à une réforme de l’institution avec des propositions concrètes, mais elle n’était pas destinée à être publiée. Un ami à qui je l’avais confiée n’a pas osé la transmettre à Benoît XVI. Je l’ai donc traduite en 7 langues et je la lui ai fait parvenir par le nonciature au Caire. Le Pape n’a pas accusé réception, mais la lettre a lancé le débat, ce qui était un peu mon objectif...

cf:Henri Boulad: "L’islam est dans une impasse"

Le pape et Mozart

La controverse de Ratisbonne

Le Pape Benoît XVI face au défi de l'islamisation de l'Europe

Logos en théologie

Dans la théologie catholique, logos s’emploie pour désigner la deuxième personne de la sainte Trinité et a le même sens que verbe: le Christ. Il désigne pour l'Église et la Papauté le rapport à Dieu entre l'homme via un discours rationnel, cohérent et appuyé par une démarche philosophique translative sur celle des Anciens Grecs.

Le cardinal Ratzinger, futur pape, écrit en 2005 :

Le christianisme doit toujours se souvenir qu'il est la religion du Logos. C'est la foi en le Creator Spiritus, le Saint-Esprit par qui procède tout ce qui existe. C'est aujourd'hui ce qui fait sa force philosophique en ce que soit le monde provient de l'irrationnel, et la raison n'est alors qu'un "sous-produit" à l'occasion même douloureuse de son développement, soit le monde provient du rationnel et est alors en conséquence son critère et son but.

La foi chrétienne penche pour cette seconde thèse, ayant ainsi d'un point de vue philosophique la haute main, en dépit du fait que beaucoup considèrent aujourd'hui que la première thèse est par excellence la seule option moderne et rationnelle. Cependant une raison qui prendrait sa source dans l'irrationnel, et ceci est tout compte fait irrationnel en soi, ne constitue pas la solution de nos problèmes. La raison créative seule, qui se manifeste dans le Dieu crucifié comme amour, peut nous montrer le chemin dans la réalité.

Nous, chrétiens, devons être extrêmement attentifs, dans le dialogue si nécessaire entre les "gens du monde" et les catholiques, à demeurer fidèles à cette ligne fondamentale : vivre une foi qui vient du Logos, de la raison créative, et ceci parce qu'elle est ouverte à ceux qui sont rationnels en vérité.

Le cardinal Ratzinger à propos de la crise de la culture européenne, extrait de Catholic Education

« Esprit mauvais, sors de cet homme ! »

« Vous donc, priez ainsi : ' Notre Père...' »

19 février 2010. Le gouvernement libanais décrète l’Annonciation « fête nationale commune islamo-chrétienne »

Pape Benoît XVI: La charité, âme de la mission

Ichtus, au service de la cité

La mission prophétique de Fatima. Homélie sur l'esplanade du sanctuaire de Fátima, 13 mai 2010. Benoît XVI

Le ciel s’est ouvert. Dans le ciel nous avons une mère. Le ciel a un cœur. » Benoit XVI

La session d’été des étudiants chinois de théologie en Europe. 2004

L’Eglise universelle nous a beaucoup aidés. Mais parfois, elle aide à partir de ses propres besoins et non pas des nôtres. La formation en Europe place l’accent sur les savoirs et non pas la croissance spirituelle personnelle.

Mgr Albert ROUET

Le danger est réel. L'Eglise est menacée de devenir une sous-culture. » A l'occasion de Pâques, Mgr Albert Rouet, archevêque de Poitiers, livre au Monde son diagnostic sur l'état de l'Eglise. « Un certain gel de la parole » le frappe. « Désormais, dit-il, le moindre questionnement sur l'exégèse ou la morale est jugé blasphématoire. » Au « climat de suspicion malsain » qui règne dans l'Eglise s'ajoute, selon Mgr Rouet, un autre phénomène : « On se protège, on s'enferme, c'est le signe même d'un monde clos, c'est catastrophique ! »

« C'est à nous d'apprivoiser le monde, affirme l'archevêque de Poitiers. Et c'est à nous de nous rendre aimables. »

Voir aussi : Créativité chrétienne

Extraits

Vous célébrez aujourd’hui vos 51 ans de sacerdoce. Cinquante et une années d’une prêtrise mouvementée. Quel diagnostic faites-vous de l’Eglise catholique ?

Le quart de siècle que nous avons traversé sous Wojtyla fut une impasse. Il a caché la gravité de la situation de l’Eglise par de grands rassemblements festifs, de grandes manifestations. Ce pape a mis en place un système de gouvernement rigide et centralisé, avec une profusion d’obligations et d’interdits qui a tué toute vie dans l’Eglise. La vérité, c’est que le clergé se meurt, les églises se vident, les chrétiens désertent. Une situation que la France, comme ses voisins, connaît bien. Cette érosion dangereuse a été cachée sous le pontificat de Wojtyla.


Que doit faire l’Eglise pour sortir de cette impasse ?

Il faut d’urgence se demander quelle est la meilleure stratégie à adopter. Veut-on se voiler la face, enterrer le problème, proclamer que nous détenons la vérité et que nous la conserverons et la répandrons par des campagnes d’évangélisation, affirmer que nous allons rendre l’Europe à nouveau chrétienne ? Osons enfin admettre que cette stratégie a jusqu’ici peu donné. La stratégie juste, c’est de conserver la substance de la chrétienté. Une Eglise qui vend sa substance n’est plus qu’une organisation séculaire et ne saurait se maintenir en vie. L’Eglise doit être ouverte, discuter sans se renier. Il ne suffit pas d’évangéliser, il faut connaître les faits, maîtriser les dernières découvertes de l’astrophysique, de la biologie moléculaire, de l’anthropologie, afin de déterminer les recoupements. J’ai participé cet été à Potsdam au colloque de l’Accademia europea, le plus grand rassemblement de physiciens, biologistes et philosophes d’Europe. On ne peut se contenter de dire aux scientifiques « Vous devez croire à cela ». Face à ces défis des sciences, la confrontation stérile est vaine, car, comme l’a déjà dit Emmanuel Kant, on ne peut répondre par la raison pure. Ou appeler de ses voeux une harmonisation artificielle. La théologie ne peut plus croire qu’elle peut sous son aile ordonner la science, et la science ne peut plus croire qu’elle peut s’ordonner toute seule. Il faut oser un modèle complémentaire qui prenne au sérieux les aspects de la réalité. La foi doit parler avec la politique, la morale, l’art, l’économie, la science. Quand j’ai raconté cela à Benoît XVI, il était très intéressé. Et ce fut là notre principal sujet de conversation.

[1] Todsünderinnen unter sich: die Bischöfinnen Gisela Forster, Patricia Fersen, Genevieve Beney und Christine Mayr-Lumetzberger machen eine Schifffahrt auf der Rhône


La France connaît désormais sa première « femme prêtre ». Agée de 56 ans, diplômée de théologie et mariée à un protestant, Geneviève Beney est catholique. Elle a été « ordonnée » prêtre de l’Église catholique le samedi 2 juillet 2005 à Lyon. La cérémonie s’est déroulée sur une péniche de tourisme naviguant sur la Saône et le Rhône, non loin de la colline de Fourvière qui abrite le siège de l’archevêché de Lyon. Vocation assumée ou provocation orchestrée, le geste de Geneviève de Beney est condamné par l’autorité cléricale. Mais pour Christian Terras, directeur de la revue catholique progressiste 'Golias', il s’agit d’« une transgression prophétique ».

Éditions Théosis, Sherbrooke, 2005 (ISBN: 2-922793-04-4)

Depuis de trop nombreux siècles, l'histoire de Sodome est utilisée pour condamner les homosexuels. En fait, ce récit était une illustration d'inhospitalité, d'arrogance et d'orgueil. Conscient de cette errance exégétique et soucieux de rétablir les faits, Dom Charles-Rafael a repris l'histoire de Sodome et l'a examinée avec beaucoup de soins et de minutie afin de dissiper ce malentendu et de dénoncer les abus qui ont été faits dans l'interprétation de ce texte, aussi bien par le public que par l’Église. Dans un second temps, il a aussi voulu montrer comment les relations homosexuelles, vécues dans le respect de l'autre et dans un engagement sincère, sont une expression de l'amour tout aussi valable et parfaitement équivalente à celle que l'on trouve au sein de relations hétérosexuelles. Je recommande ce livre à tous ceux qui veulent découvrir le vrai sens de l'histoire de Sodome mais aussi à tous ceux qui souhaitent trouver des éléments de réflexions utiles afin de réfléchir à l'opportunité de reconnaître civilement et religieusement l'union entre personnes de même sexe. (Mgr Derek Rawcliffe, ancien évêque de Glasgow)

Amour de Dieu et du prochain dans le christianisme et l'islam

Toute réalité qui n’est pas basée sur la vérité, je la repousse (Henri Boulad)

Toute réalité qui n’est pas basée sur la vérité, je la repousse. Je suis pour un dialogue qui mette carte sur table, qui accepte d’aborder les points chauds, sans menacer d’extermination ses adversaires. Je veux qu’on ait le courage de libérer le discours, et de permettre à tous de s’exprimer. Beaucoup d’intellectuels musulmans évoquent ces questions, il faut les écouter ! Je voudrais qu’on cesse la polarisation chrétien-musulman. Ce sont aussi les jeunes qui doivent engager un dialogue qui puisse aboutir. Au-delà des discours, il y a les faits. Je ne crois qu’aux faits. La Commission Européenne à qui j’ai écrit le mois dernier m’a répondu : « Nous nous refusons à toute stigmatisation ». C’est comme si du temps d’Hitler, on disait qu’« il ne faut surtout pas stigmatiser le nazisme ». L’islamisme est un nouveau fascisme, beaucoup plus dangereux que l’autre, car plus pernicieux. Ce qu’il faut demander aux nouveaux régimes qui se mettent en place dans le monde arabe, c’est la suppression de la mention religieuse sur carte d’identité, la signature de la déclaration universelle des droits de l’homme, la reconnaissance du principe d’égalité homme-femme, le respect de la liberté religieuse. Il faut que tout cela soit réel, et non simplement proclamé.

Henri Boulad

Invitation de Benoît XVI à être de "nouveaux évangélisateurs" pour une "nouvelle évangélisation"

Conclusion du discours du Saint-Père à l'issue de la rencontre internationale des "nouveaux évangélisateurs", le 15 octobre 2011 à Rome.


Le monde d'aujourd'hui a besoin de personnes qui annoncent et témoignent que c'est le Christ qui enseigne l'art de vivre, le chemin du vrai bonheur, parce qu'il est lui-même le chemin de la vie; de personnes qui avant tout tiennent le regard fixé sur Jésus, le Fils de Dieu : la parole de l'annonce doit toujours être immergée dans une relation intense avec lui, dans une intense vie de prière.

Aujourd'hui, le monde a besoin de personnes qui parlent à Dieu, pour pouvoir parler de Dieu. Et nous devons toujours nous rappeler que Jésus n'a pas racheté le monde par de belles paroles ou des moyens voyants, mais par sa souffrance et sa mort.

Chers amis, être évangélisateur n'est pas un privilège, mais un engagement qui vient de la foi. A la question que le Seigneur adresse aux chrétiens : "qui enverrai-je et ira pour moi?", vous répondez avec le même courage et la même confiance que le prophète : "me voici Seigneur, envoie-moi" (Isaïe 6,8)

Le 15 octobre 2011. Benoît XVI

Commentaire du pape Benoît XVI

Encyclique « Spe salvi », § 38-39 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

« Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés »


La mesure de l'humanité se détermine essentiellement dans son rapport à la souffrance et à celui qui souffre. Cela vaut pour chacun comme pour la société. Une société qui ne réussit pas à accepter les souffrants et qui n'est pas capable de contribuer, par la compassion, à faire en sorte que la souffrance soit partagée et portée aussi intérieurement est une société cruelle et inhumaine... La parole latine « con-solatio », consolation, l'exprime de manière très belle, suggérant un être-avec dans la solitude, qui alors n'est plus solitude. La capacité d'accepter la souffrance par amour du bien, de la vérité et de la justice est constitutive de la mesure de l'humanité, parce que si, en définitive, mon bien-être personnel, mon intégrité sont plus importants que la vérité et la justice, alors la domination du plus fort l'emporte ; alors règnent la violence et le mensonge...

Souffrir avec l'autre, pour les autres ; souffrir par amour de la vérité et de la justice, souffrir à cause de l'amour et pour devenir une personne qui aime vraiment -- ce sont des éléments fondamentaux d'humanité ; leur abandon détruirait l'homme lui-même. Mais encore une fois surgit la question : en sommes-nous capables ?... À la foi chrétienne, dans l'histoire de l'humanité, revient justement ce mérite d'avoir suscité dans l'homme d'une manière nouvelle et à une profondeur nouvelle la capacité de souffrir de la sorte, qui est décisive pour son humanité. La foi chrétienne nous a montré que vérité, justice, amour ne sont pas simplement des idéaux, mais des réalités de très grande densité. Elle nous a montré en effet que Dieu -- la Vérité et l'Amour en personne -- a voulu souffrir pour nous et avec nous.

Commentaire du Pape Benoît XVI

Encyclique « Deus caritas est », § 17 – 18 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

Aimer Dieu et aimer son prochain


L'histoire d'amour entre Dieu et l'homme consiste dans le fait que cette communion de volonté grandit dans la communion de pensée et de sentiment, et ainsi notre vouloir et la volonté de Dieu coïncident toujours plus : la volonté de Dieu n'est plus pour moi une volonté étrangère, que les commandements m'imposent de l'extérieur, mais elle est ma propre volonté, sur la base de l'expérience que, de fait, Dieu est plus intime à moi-même que je ne le suis à moi-même (Saint Augustin). C'est alors que grandit l'abandon en Dieu et que Dieu devient notre joie (cf Ps 72,23-28).

L'amour du prochain se révèle ainsi possible au sens défini par la Bible, par Jésus. Il consiste précisément dans le fait que j'aime aussi, en Dieu et avec Dieu, la personne que je n'apprécie pas ou que je ne connais même pas. Cela ne peut se réaliser qu'à partir de la rencontre intime avec Dieu, une rencontre qui est devenue communion de volonté pour aller jusqu'à toucher le sentiment. J'apprends alors à regarder cette autre personne non plus seulement avec mes yeux et mes sentiments, mais selon la perspective de Jésus-Christ. Son ami est mon ami... Je vois avec les yeux du Christ et je peux donner à l'autre bien plus que les choses qui lui sont extérieurement nécessaires : je peux lui donner le regard d'amour dont il a besoin.

Le christianisme promet l'éternité de ce qui s'est réalisé sur cette terre

Actualités

25/03/2013 Italie : Baptisé par Benoît XVI, l'ex musulman Magdi Allam quitte l'Eglise

Message Urbi et Orbi du pape Benoît XVI pour Noel 2012

16 octobre 2012. Magdi Cristiano Allam appelle Benoît XVI à recevoir au Vatican des musulmans convertis au christianisme…

Voici un texte intéressant d’une personnalité qui ne l’est pas moins… Né en 1952 au Caire, arrivé en Italie en 1972, élevé dans la religion islamique il finit pas se convertir au catholicisme et fut baptisé dans cette foi par le pape Benoît XVI le 22 mars 2008. Un baptême qui fit grand bruit… J’ai rencontré Magdi Cristiano à deux reprises ce week-end : d’abord samedi à la magnifique veillée organisée par Chrétienté Solidarité, puis dimanche au cours d’un déjeuner offert par Tradition, Famille, Propriété à un petit groupe de journalistes et de personnalités. Un déjeuner auquel l’invité d’honneur toucha peu, d’abord parce qu’il est frugal mais aussi en raison du grand nombre de questions qui lui furent posées. L’une d’elle l’a particulièrement marqué puisqu’il en a fait le sujet de son article, rédigé hier au soir, et publié ce matin dans Il Giornale. Je vous le laisse découvrir et je remercie le secrétaire de Magdi Cristiano de me l’avoir adressé si vite. Mon italien étant dès plus rudimentaire, je me suis appuyé sur un traducteur automatique. Le résultat n’est pas d’un style parfait, mais vous comprendrez bien quelle est la demande de son auteur et pourquoi il la lance au pape… D.H.


« Je demande au Pape qui a eu le courage de me donner le baptême, surmontant à la fois la peur de la vengeance islamique et la résistance interne de l’Église, d’accueillir une délégation de musulmans convertis au christianisme en Europe et dans le monde. L’idée, que j’ai immédiatement reçue avec enthousiasme, est de Mohammed Christophe Bilek, franco-algérien qui a fondé l’association Notre-Dame de Kabylie. Grâce à son site web (http://www.notredamedekabylie.net) elle favorise la mission de conversion des musulmans au christianisme par un dialogue fondé sur la certitude de notre foi et sur l’exhortation de Jésus à laquelle on doit se conformer : “Allez dans le monde entier et prêchez l’Évangile à toute créature” (Marc 16, 15-18).

Comme le phénomène des conversions est entouré de secret il est donc difficile de préciser avec certitude leur nombre, mais à partir de diverses sources on peut dire que de nombreux musulmans embrassent la foi au Christ. En 2006, le cheikh Ahmad al-Qataani, interviewé par Al-Jazira, a donné les chiffres suivant : “Chaque heure, 667 musulmans se convertissent au christianisme. Chaque jour, 16 000 musulmans se convertissent au christianisme. Chaque année, 6 millions de musulmans se convertissent au christianisme”. S’exprimant hier à Paris, Bilek a dit que même en Arabie saoudite, berceau de l’Islam et le gardien des deux principaux lieux de culte islamiques, il y aurait 120 000 musulmans convertis au christianisme. Les données de 2008 indiquent que les musulmans convertis étaient de 5 millions au Soudan, 250 000 en Malaisie, plus de 50 000 en Égypte, de 25 à 40 000 au Maroc, 50 000 en Iran, en Iraq 5 000, 10 000 en Inde, 10 000 en Afghanistan, 15 000 au Kazakhstan, 30 000 en Ouzbékistan.

J’étais à Paris ce week-end pour donner une conférence intitulée « L’Europe et ses racines face à l’implacable christianophobie », organisées par l’association Tradition, Famille, Propriété, présidée par Xavier Da Silveira, et Chrétienté Solidarité, fondée par Bernard Antony. C’était le lendemain de l’annonce de l’attribution du Prix Nobel de la paix à l’Union européenne. Quel scandale à un moment où l’Union européenne en Syrie est rangée du côté des extrémistes islamistes qui commettent le génocide contre les chrétiens ! Dans la soirée, sur la place devant l’église Saint-Augustin – un Algérien berbère également converti –, j’ai participé à une veillée de prière et de solidarité pour les chrétiens persécutés. Dans mon discours, je me suis aventuré cette prédiction : « Plus j’avance, plus je regarde autour de moi, plus j’apprécie toute chose, et plus je suis convaincu que l’avenir de la civilisation, de démocratie libérale laïque et de la primauté du droit, dépendra de sa capacité à se distancer de l’islam comme religion, sans discrimination contre les musulmans en tant que personnes. Comme je suis de plus en plus conscient que ce sont les chrétiens qui ont fui la persécution islamique qui nous sauveront. Seuls ceux qui ont personnellement connu la tyrannie de l’Islam peuvent convaincre l’Occident sur la vérité de l’Islam. Ceux qui ont tenu bon dans la foi en Jésus vaincront l’islam, ils sauveront le christianisme dans cet Occident déchristianisée et sauveront notre civilisation. Merci, Jésus. »


Et immédiatement après ma conférence, devant 500 personnes très à l’aise dans leur christianisme, Bilek m’a invité à créer une association qui regroupe des musulmans convertis au christianisme en Europe. Pour moi, l’idée d’être considéré comme un “ancien” musulman, je ne l’aime pas du tout, je suis chrétien et je veux être considéré ainsi, comme je suis aussi avec fierté un italien mais d’origine égyptienne. Mais j’ai saisi le sens du message : vous devez créer une institution qui encourage les musulmans à vaincre la peur, pour être baptisé publiquement, pour vivre ouvertement leur nouvelle foi. Nous sommes tous deux conscients que le vrai problème ce sont les chrétiens autochtones, parce qu’ils sont les premiers à avoir peur. Il y a beaucoup de plaintes de musulmans qui voudraient se faire baptiser, mais sont confrontés au refus des prêtres catholiques parce qu’ils ne veulent pas violer les lois des pays islamiques qui interdisent et punissent d’emprisonnement, parfois de mort, celui qui fait œuvre de prosélytisme ou celui qui comment le “crime” d’apostasie.

Il est paradoxal de constater qu’alors que les églises se vident de plus en plus au point qu’elles sont mises en vente et finalement transformées en mosquées, l’Église bloque la conversion de musulmans au christianisme. C’est pourquoi je fais appel au Saint-Père : recevez au Vatican des convertis au christianisme pour lancer un message fort et clair à tous les pasteurs de l’Église pour que les musulmans soient évangélisés. C’est eux qui nous libéreront de la dictature du relativisme religieux qui nous oblige à légitimer l’islam, nous ferons revenir à une foi solide dans la vérité du Christ afin de sauver notre civilisation laïque et libérale qui, qu’on le veuille ou non, est fondée sur le christianisme. »

Source : Il Giornale (depuis le site ioamolitalia.it)

GRANDE VEILLÉE DE PRIÈRE POUR LES CHRÉTIENS PERSÉCUTÉS LE 13 OCTOBRE 2012

APPEL POUR LE 13 OCTOBRE : ACTUALISATION.

Troisième grande veillée de solidarité et de prière avec les chrétiens persécutés

L'accélération de la dégradation du sort des chrétiens dans maints pays d'Afrique et d'Asie entraîne l'urgence d'une campagne d’alerte et d’appel à la mise en œuvre de nouvelles solidarités.

En effet, comme seuls les naïfs pouvaient ne pas le pressentir, le soi-disant printemps arabe ne s'est traduit dans les faits que par une nouvelle poussée du fondamentalisme islamique et d’une application toujours plus littérale de la charia et de ses lois d'un autre âge.

Le principe de la liberté religieuse pour les non musulmans, pas plus d'ailleurs revendiqué par les foules islamiques en Tunisie qu’en Égypte et en Lybie, n'a été proclamé dans aucun pays. Partout, la dhimmitude s'est faite encore plus dure et sans cesse plus fréquents, des actes abominables de terreur.

Et rien de bon ne peut surgir pour les minorités chrétiennes du conflit qui se développe entre les deux fractions principales de l'Islam, la sunnite et la chiite, en Irak, en Syrie et au Liban.

Nous réclamons de l'État français et des autres États de l'Union européenne qu'ils agissent sur les régimes islamiques pour la reconnaissance du droit naturel à la liberté religieuse.

Cette exigence vaut aussi pour la Chine et la Corée.

Nous appelons les Français et les chrétiens à soutenir les initiatives d’aides à nos frères chrétiens persécutés d’Afrique et d’Asie.

Appel de Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne :

« C’est avec courage et persévérance que les chrétiens d’occident doivent défendre leurs frères persécutés, spécialement dans les pays du Moyen-Orient ; il est en effet urgent de passer des mots aux actes. Aussi j’invite chaque participant à la veillée du 13 octobre à continuer son action par la prière et sa prière par l’action.

Deus lo vult. Dieu le veut ! »

Rendez-vous le samedi 13 octobre 2012 à 19h30 place Saint-Augustin à Paris

Coordination laïque de solidarité chrétienne

Responsables :

Bernard Antony – Chrétienté-Solidarité-Persécutions

Christophe Bilek - Notre-Dame de Kabylie

Pasteur Saïd - Communautés chrétiennes d'Afrique du Nord

Comité d’appel pour la veillée du 13 octobre.

Présidence d’honneur :

- Magdi Christiano Allam, journaliste italien d’origine égyptienne converti, baptisé par S. S. Benoît XVI. Député italien au Parlement Européen.

Liste première :

- Père Yohanna Abadir, prêtre copte catholique – « Les Amis d’Égypte ».

- Monseigneur Marc Aillet, évêque de Bayonne.

- Marie-Geneviève Antony, Professeur agrégée de Philosophie.

- Révérend Père Argouarc'h, Sainte Croix de Riaumont.

- Jacques Arnould, Chœur Montjoie-Saint-Denis.

- Père Naoum Atallah, lazariste, Beyrouth.

- Mgr Athanasios, évêque copte orthodoxe.

- Hratch Bedrossian, éditeur « Mémoire arménienne ».

- Pierre Bernard, ancien député-maire de Montfermeil.

- Anne Brassié, écrivain.

- Général François Cann.

- Maurice Calmein et Pierre Dimech, présidents-fondateurs du Cercle Algérianiste.

- Louis Chagnon, Professeur d’histoire, historien.

- Max Champoiseau, ancien secrétaire général du Centre Charlier, responsable du Pèlerinage de Chartres.

- Anne Cognac, secrétariat AGRIF.

- Abbé Denis Coiffet, aumônier général du Pèlerinage de Chartres.

- Hilaire de Crémiers, directeur de Politique Magazine.

- Yves Daoudal, journaliste, rédacteur en chef de Reconquête.

- Rémi Fontaine, journaliste.

- David Fontey, Professeur d’histoire, responsable à Chrétienté-Solidarité-Persécutions.

- François Foucard, chroniqueur religieux.

- Marc Fromager, AED (Aide à l’Église en Détresse).

- Christophe Geffroy, directeur de La Nef.

- Bruno Gollnisch, député au Parlement Européen.

- Abbé Christian Gouyaud, curé de paroisse, Strasbourg.

- Sobhy Gress, « Visage et Culture des coptes ».

- Richard Haddad, éditeur.

- Daniel Hamiche, journaliste, Observatoire de la Christianophobie.

- Olivier Figueras, journaliste.

- Mona Ibrahim, docteur es-sciences, Toulouse – Beyrouth.

- Michel Janva, Salon Beige.

- Docteur Jacques Larmande, Chrétienté-Solidarité : branche médicale.

- Xavier Lemoine, maire de Montfermeil.

- Abbé Loiseau, Mission de la Miséricorde Divine.

- Anne-Charlotte Lundi, «Livres en famille ».

- Jean Maher, président des communautés coptes d’Europe.

- Dom Louis-Marie, Père Abbé du monastère du Barroux.

- Jean-Pierre Maugendre, président de Renaissance Catholique.

- Philippe Maxence, rédacteur en chef de l’Homme nouveau.

- Cécile Montmirail, journaliste.

- Jean-Yves Neriec, Notre-Dame de Kabylie.

- François Pichon, association Eleutheros.

- Maître Frédéric Pichon.

- Abbé Pozzetto, Fraternité Saint Pierre.

- Mgr Raphaël, curé de la cathédrale de Bagdad.

- Mgr Rey, évêque de Fréjus-Toulon.

- Abbé Vincent Ribeton, Supérieur de la Fraternité Saint Pierre.

- Bernard Seillier, sénateur honoraire.

- Jeanne Smits, directrice de Présent.

- Yvonne Soleil, Chrétienté-Solidarité.

- Abbé Guillaume de Tanouärn, Centre Saint Paul.

- Guillaume de Thieulloy, directeur de Riposte Catholique.

- Thibaut de la Tocnaye, Chrétienté-Solidarité.

- Maître Jérôme Triomphe, avocat AGRIF.

- Christian Vanneste, ancien député.

- Jean Vialatel, Centre Charlier.

- François Wagner, avocat AGRIF.

- Elish Yako, association d’entraide aux minorités d’orient

19 septembre 2012. LE PAPE AUX JEUNES DU LIBAN : « Les frustrations présentes ne doivent pas vous conduire à vous réfugier dans des mondes parallèles ... Soyez les messagers de l’Evangile de la vie ... Vous répandrez ainsi la paix autour de vous »

Repère Temps fort du voyage papal au Liban, Benoît XVI s’est rendu au patriarcat maronite de Bkerké (nord de Beyrouth), le samedi 15 septembre, pour y rencontrer des jeunes venus du tout le Moyen-Orient.


Voici en intégralité le discours qu’il y a tenu:

« Béatitude, frères évêques, chers amis,

Que la grâce et la paix vous soient accordées en abondance par la véritable connaissance de Dieu et de Jésus notre Seigneur  » (2 P 1, 2).

Le passage de la lettre de saint Pierre que nous avons entendu exprime bien le grand désir que je porte dans mon cœur depuis longtemps. Merci pour votre accueil chaleureux, merci de tout cœur pour votre présence si nombreuse ce soir!

Je remercie Sa Béatitude le Patriarche Bechara Boutros Raï pour ses paroles d’accueil, Mgr Georges Bou Jaoudé, Archevêque de Tripoli et président du Conseil pour l’apostolat des laïcs au Liban, et Mgr Elie Hadda, Archevêque de Sidon des Grecs melkites et vice président du même Conseil, ainsi que les deux jeunes qui m’ont salué en votre nom à tous. « Salami Outikom » ["Je vous donne ma paix"] (Jn 14, 27) nous dit le Christ-Jésus.

Chers amis, vous vivez aujourd’hui dans cette partie du monde qui a vu la naissance de Jésus et le développement du christianisme.

C’est un grand honneur! Et c’est un appel à la fidélité, à l’amour de votre région et surtout à être des témoins et des messagers de la joie du Christ, car la foi transmise par les Apôtres conduit à la pleine liberté et à la joie, comme l’ont montré tant de saints et de bienheureux de ce pays. Leur message éclaire l’Eglise universelle.

Il peut continuer à éclairer vos vies. Parmi les Apôtres et les saints, beaucoup ont vécu à des périodes troublées et leur foi a été la source de leur courage et de leur témoignage.

Puisez dans leur exemple et dans leur intercession, l’inspiration et le soutien dont vous avez besoin!

Je connais les difficultés qui sont les vôtres dans la vie quotidienne, à cause du manque de stabilité et de sécurité, de la difficulté à trouver un travail ou encore du sentiment de solitude et de marginalisation.

Dans un monde en continuel mouvement, vous êtes confrontés à de nombreux et graves défis.

Même le chômage et la précarité ne doivent pas vous inciter à goûter le « miel amer » de l’émigration, avec le déracinement et la séparation pour un avenir incertain.

Il s’agit pour vous d’être des acteurs de l’avenir de votre pays, et de remplir votre rôle dans la société et dans l’Eglise.

Vous avez une place privilégiée dans mon cœur et dans l’Eglise tout entière car l’Eglise est toujours jeune!

L’Eglise vous fait confiance. Elle compte sur vous. Soyez jeunes dans l’Eglise! Soyez jeunes avec l’Eglise! L’Eglise a besoin de votre enthousiasme et de votre créativité!

La jeunesse est le moment où l’on aspire à de grands idéaux, et la période où l’on étudie pour préparer un métier et un avenir. Cela est important et demande du temps. Recherchez ce qui est beau, et ayez le goût de faire ce qui est bien!

Témoignez de la grandeur et de la dignité de votre corps qui « est pour le Seigneur » (1 Co 6, 13.b). Ayez la délicatesse et la droiture des cœurs purs! A la suite du bienheureux Jean-Paul II, je vous redis moi aussi : « N’ayez pas peur. Ouvrez les portes de vos esprits et de vos coeurs au Christ! » La rencontre avec lui « donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive » (Deus caritas est, 1).

En lui, vous trouverez la force et le courage pour avancer sur les chemins de votre vie, en surmontant les difficultés et la souffrance. En lui, vous trouverez la source de la joie. Le Christ vous dit : « Salami Outikom » ["Je vous donne ma paix"] (Jn 14, 27). Là est la véritable révolution apportée par le Christ, celle de l’amour.

Les frustrations présentes ne doivent pas conduire à vous réfugier dans des mondes parallèles comme ceux, entre autres, des drogues de toutes sortes, ou celui de la tristesse de la pornographie. Quant aux réseaux sociaux, ils sont intéressants mais peuvent, avec grande facilité, vous entraîner à une dépendance et à la confusion entre le réel et le virtuel.

Recherchez et vivez des relations riches d’amitié vraie et noble.

Ayez des initiatives qui donnent du sens et des racines à votre existence en luttant contre la superficialité et la consommation facile!

Vous êtes soumis également à une autre tentation, celle de l’argent, cette idole tyrannique qui aveugle au point d’étouffer la personne et son cœur.

Les exemples qui vous entourent ne sont pas toujours les meilleurs. Beaucoup oublient l’affirmation du Christ disant qu’on ne peut servir Dieu et l’argent (cf. Lc 16, 13). Recherchez de bons maîtres, des maîtres spirituels, qui sachent vous indiquer le chemin de la maturité en laissant l’illusoire, le clinquant et le mensonge.

Soyez les porteurs de l’amour du Christ! Comment? En vous tournant sans réserve vers Dieu, son Père, qui est la mesure de ce qui est juste, vrai et bon.

Méditez la Parole de Dieu! Découvrez l’intérêt et l’actualité de l’Evangile. Priez!

La prière, les sacrements sont les moyens sûrs et efficaces pour être chrétien et vivre « enracinés et fondés dans le Christ, affermis dans la foi » (Col 2, 7).

L’Année de la foi qui va débuter sera l’occasion de découvrir le trésor de la foi reçue au baptême. Vous pouvez approfondir son contenu grâce à l’étude du Catéchisme afin que votre foi soit vivante et vécue. Vous deviendrez alors pour les autres témoins de l’amour du Christ. En lui, tous les hommes sont nos frères. La fraternité universelle qu’il a inaugurée sur la Croix revêt d’une lumière éclatante et exigeante la révolution de l’amour.

« Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés » (Jn 13, 34). Là est le testament de Jésus et le signe du chrétien. Là est la véritable révolution de l’amour!

Et donc, le Christ vous invite à faire comme lui, à accueillir sans réserve l’autre, même s’il est d’appartenance culturelle, religieuse, nationale différente. Lui faire une place, le respecter, être bon envers lui, rend toujours plus riche d’humanité et fort de la paix du Seigneur. Je sais que beaucoup parmi vous participent aux diverses activités promues par les paroisses, les écoles, les mouvements, les associations.

Il est beau de s’engager avec et pour les autres. Vivre ensemble des moments d’amitié et de joie permet de résister aux germes de division, toujours à combattre!

La fraternité est une anticipation du ciel! Et la vocation du disciple du Christ est d’être « levain » dans la pâte, comme l’affirmait saint Paul: « Un peu de levain fait lever toute la pâte » (Ga 5,9).

Soyez les messagers de l’Evangile de la vie et des valeurs de la vie. Résistez courageusement à tout ce qui la nie: l’avortement, la violence, le refus et le mépris de l’autre, l’injustice, la guerre.

Vous répandrez ainsi la paix autour de vous. Est-ce que ce ne sont pas les « agents de paix » que nous admirons finalement le plus?

N’est-ce pas la paix ce bien précieux que toute l’humanité recherche?

N’est-ce pas un monde de paix qu’au plus profond nous voulons pour nous et pour les autres ?

« Salami Outikom » ["Je vous donne ma paix"] a dit Jésus. Il a vaincu le mal non par un autre mal, mais en le prenant sur lui et en l’anéantissant sur la croix par l’amour vécu jusqu’au bout.

Découvrir en vérité le pardon et la miséricorde de Dieu, permet toujours de repartir pour une nouvelle vie. Il n’est pas facile de pardonner. Mais le pardon de Dieu donne la force de la conversion, et la joie de pardonner à son tour. Le pardon et la réconciliation sont des chemins de paix, et ouvrent un avenir.

Chers amis, beaucoup parmi vous se demandent certainement d’une façon plus ou moins consciente: Qu’est-ce que Dieu attend de moi? Quel est son projet pour moi? Ne voudrais-je pas annoncer au monde la grandeur de son amour par le sacerdoce, la vie consacrée ou le mariage?

Le Christ ne m’appellerait-il pas à le suivre de plus près? Accueillez avec confiance ces questions. Prenez le temps d’y réfléchir et de demander la lumière. Répondez à l’invitation en vous offrant chaque jour à Celui qui vous appelle pour être de ses amis.

Cherchez à suivre avec cœur et générosité le Christ qui, par amour, nous a rachetés et a donné sa vie pour chacun de nous. Vous connaîtrez une joie et une plénitude insoupçonnées!

Répondre à la vocation du Christ sur soi: c’est là le secret de la vraie paix.

J’ai signé hier l’Exhortation apostolique Ecclesia in Medio Oriente. Cette lettre vous est aussi destinée, chers jeunes, comme à tout le peuple de Dieu. Lisez-la avec attention et méditez-la pour la mettre en pratique. Pour vous aider, je vous rappelle les paroles de saint Paul aux Corinthiens: « Notre lettre c’est vous, une lettre écrite en vos coeurs, connue et lue par tous les hommes. Vous êtes manifestement une lettre du Christ remise à nos soins, écrite non avec de l’encre, mais avec l’Esprit du Dieu vivant, non sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur les coeurs » (2 Co 3, 2-3).

Vous pouvez être, vous aussi, chers amis, une lettre vivante du Christ. Cette lettre ne sera pas écrite sur du papier et avec un crayon. Elle sera le témoignage de votre vie et celui de votre foi.

Ainsi, avec courage et enthousiasme, vous ferez comprendre autour de vous que Dieu veut le bonheur de tous sans distinction, et que les chrétiens sont ses serviteurs et ses témoins fidèles.

Jeunes libanais, vous êtes l’espérance et l’avenir de votre pays. Vous êtes le Liban, terre d’accueil, de convivialité, avec cette faculté inouïe d’adaptation. Et en ce moment, nous ne pouvons pas oublier ces millions de personnes qui composent la diaspora libanaise et qui maintiennent des liens solides avec leur pays d’origine. Jeunes du Liban, soyez accueillants et ouverts, comme le Christ vous le demande et comme votre pays vous l’enseigne.

Je voudrais saluer maintenant les jeunes musulmans qui sont avec nous ce soir. Je vous remercie pour votre présence qui est si importante. Vous êtes avec les jeunes chrétiens l’avenir de ce merveilleux pays et de l’ensemble du Moyen-Orient. Cherchez à le construire ensemble! Et lorsque vous serez adultes, continuez de vivre la concorde dans l’unité avec les chrétiens.

Car la beauté du Liban se trouve dans cette belle symbiose. Il faut que l’ensemble du Moyen-Orient, en vous regardant, comprenne que les musulmans et les chrétiens, l’Islam et la Chrétienté, peuvent vivre ensemble sans haine dans le respect des croyances de chacun pour bâtir ensemble une société libre et humaine.

J’ai appris également qu’il y a parmi nous des jeunes venus de Syrie. Je veux vous dire combien j’admire votre courage. Dites chez vous, à vos familles et à vos amis, que le Pape ne vous oublie pas. Dites autours de vous que le Pape est triste à cause de vos souffrances et de vos deuils. Il n’oublie pas la Syrie dans ses prières et ses préoccupations. Il n’oublie pas les Moyen-orientaux qui souffrent. Il est temps que musulmans et chrétiens s’unissent pour mettre fin à la violence et aux guerres.

En terminant, tournons-nous vers Marie, la Mère du Seigneur, Notre-Dame du Liban.

Du haut de la colline de Harissa, elle vous protège et vous accompagne, elle veille comme une mère sur tous les Libanais et sur tant de pèlerins, venant de tous les horizons pour lui confier leurs joies et leurs peines!

Ce soir, confions à la Vierge Marie et au bienheureux Jean-Paul II qui m’a précédé ici, vos vies, celles de tous les jeunes du Liban et des pays de la région, particulièrement ceux qui souffrent de la violence ou de la solitude, ceux qui ont besoin de réconfort.

Que Dieu vous bénisse tous! Et maintenant tous ensemble, nous la prions : « Al Salam Alayki ya Maryam… » ("Je vous salue Marie...").


Benoît XVI

Voir le discours des jeunes au Pape

10 janvier 2012. Le voyage à Cuba et au Mexique de Benoît XVI, dans le sillage de Jean-Paul II

25 décembre 2011. Noël: appel à la paix de Bethléem dans un monde arabe en pleine révolution

Troisième dimanche de l'Avent

Avent : « Dieu invite à la joie »

Benoît XVI salue les francophones à l'angélus

ROME, Dimanche 11 décembre 2011 (ZENIT.org) – « En ce 3e dimanche de l’Avent Dieu nous invite à la joie », a déclaré Benoît XVI aux visiteurs de langue française, venus ce dimanche 11 décembre, place Saint-Pierre, pour l’angélus de midi.

Après avoir rappelé en italien l’importance de vivre cette période de l’Avent dans un esprit « d’attente constante », de « vigilance » et de « joie », le pape a invité, en français, les fidèles à devenir « des enfants de lumière ».

Et ce, a-t-il dit, à l’exemple de Jean-Baptiste, « le serviteur humble et le témoin de la lumière divine qui vient nous visiter ».

« N’ayons pas peur de rayonner de cette joie profonde qui doit illuminer notre monde », a-t-il exhorté.

Benoît XVI a conclu son message en faisant sienne l’invitation de saint Paul aux Thessaloniciens : «  Soyez toujours dans la joie, priez sans relâche, rendez grâce en toute circonstance, n’éteignez pas l’Esprit ».

« Avec la Vierge Marie, Notre Dame de la Joie, a-t-il ajouté, préparons-nous à accueillir l’Emmanuel, Dieu avec nous ! »

Isabelle Cousturié

Avent: Angélus du dimanche 27 novembre 2011

Texte intégral des paroles de Benoît XVI

ROME, dimanche 27 novembre 2011 (ZENIT.org) – Nous publions ci-dessous le texte intégral des paroles prononcées ce dimanche place Saint-Pierre par Benoît XVI à l’occasion de la prière de l'Angélus.



AVANT L’ANGELUS

Chers frères et sœurs,

Nous commençons aujourd’hui avec toute l’Eglise une nouvelle année liturgique : un nouveau chemin de foi à vivre ensemble dans les communautés chrétiennes, mais aussi, comme toujours, à parcourir à l’intérieur de l’histoire du monde, afin de l’ouvrir au mystère de Dieu, au salut qui vient de son amour. L’année liturgique débute avec le temps de l'Avent: temps merveilleux où se réveille dans les coeurs l’attente du retour du Christ et la mémoire de sa première venue, quand il s’est dépouillé de sa gloire divine pour assumer notre chair mortelle.

"Veillez!" : c’est l’appel de Jésus dans l’Évangile d’aujourd’hui. Il l’adresse non seulement à ses disciples, mais à tous: "Veillez!" (Mt 13,37). C’est un rappel salutaire à se souvenir que la vie n’a pas seulement une dimension terrestre, mais est projetée vers un "au-delà", comme une petite plante qui germe de la terre et s’ouvre vers le ciel. Une petite plante pensante - l’homme - dotée de liberté et de responsabilité, c’est pourquoi chacun de nous sera appelé à rendre compte de la manière dont il a vécu, de la manière dont il a utilisé ses capacités: s’il les a gardées pour lui ou s’il les a faites fructifier également pour le bien de ses frères.

Isaïe, le prophète de l’Avent, nous fait aussi réfléchir aujourd’hui avec une prière sincère, adressée à Dieu au nom du peuple. Il reconnaît les manquements de son peuple, et, à un certain moment il dit : " Personne n'invoquait ton nom, nul ne se réveillait pour recourir à toi. Car tu nous avais caché ton visage, tu nous avais abandonnés au pouvoir de nos iniquités" (Is 64,6). Comment ne pas être frappés par cette description? Elle semble refléter certains panoramas du monde post-moderne: la ville où la vie devient anonyme et horizontale, où Dieu semble absent et l’homme le seul maître, qui se fait lui-même l’artisan et le metteur en scène de tout: les constructions, le travail, l’économie, les transports, les sciences, la technique, tout semble ne dépendre que l’homme. Et parfois, dans ce monde qui apparaît presque parfait, des choses bouleversantes se produisent, soit dans la nature, soit dans la société, alors nous pensons que Dieu s’est retiré, qu’il nous a, pour ainsi dire, abandonnés à nous-mêmes.

En réalité, le vrai "maître" du monde, ce n’est pas l’homme, mais Dieu. L’Evangile dit : " Veillez donc, car vous ne savez pas quand le maître de la maison reviendra, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin. Il peut arriver à l'improviste et vous trouver endormis" (Mc 13,35-36). Le temps de l’Avent vient chaque année nous rappeler cela, afin que notre vie retrouve son orientation juste, vers le visage de Dieu. Non pas le visage d’un "maître", mais d’un Père et d’un Ami. Avec la Vierge Marie, qui nous guide sur le chemin de l'Avent, faisons nôtres les paroles du prophète. " Seigneur, tu es notre Père. Nous sommes l'argile, et tu es le potier : nous sommes tous l'ouvrage de tes mains. " (Is 64,7).

APRES L’ANGELUS

(En italien)

Les travaux de la Convention de l’ONU sur les changements climatiques et sur le Protocole de Kyoto commenceront demain à Durban, en Afrique du sud. Je souhaite que tous les membres de la communauté internationale se mettent d’accord sur une réponse responsable, crédible et solidaire à ce phénomène préoccupant et complexe, en tenant compte des exigences des populations plus pauvres et des générations futures.

(En français)

En ce début d’année liturgique, j’accueille avec joie les pèlerins francophones venus pour la prière de l’Angélus. Ce premier dimanche de l'Avent nous invite à demeurer vigilant. Menacé par l’assoupissement, ne laissons pas s’endormir notre dynamisme spirituel. Notre monde a besoin de veilleurs et de porteurs d’espérance. N’attendons pas passivement, mettons en œuvre activement et joyeusement ce temps de grâce en ouvrant tout grand nos cœurs et nos esprits à la lumière de l’Évangile. À la suite de la Vierge Marie, veillons et prions dans l’attente du retour du Seigneur ! Bonne et heureuse année liturgique !

(En anglais)

J’accueille chaleureusement les pèlerins et les visiteurs de langue anglaise présents à cette prière de l’angélus. Aujourd’hui, l’Eglise commence la célébration de l’Avent, qui marque le commencement d’une nouvelle année liturgique ainsi que notre préparation spirituelle à la célébration de Noël. Mettons en pratique le message de l’Evangile du jour en entrant par la prière en cette sainte saison, afin que nous soyons prêts à accueillir Jésus-Christ, qui est Dieu avec nous. Je vous souhaite à tous un bon dimanche. Que Dieu vous bénisse tous!

(En polonais)

Je salue tous les polonais. Avec les vêpres du premier dimanche de l’Avent nous avons commencé la nouvelle année liturgique. Une atmosphère de réflexion, d’espérance et d’attente joyeuse se répand à nouveau dans l’histoire du monde, de l’Eglise et de chacun de nous. En nous se ravive le souvenir de la naissance du Messie, le Sauveur, l’annonce de sa nouvelle venue dans la gloire. Nous devons veiller afin que nos coeurs – nos pensées, nos sentiments, nos désirs – " soient sans reproche au jour de notre Seigneur Jésus Christ" (1 Co 1,8). Pour ce temps de vigilance de l’Avent, je vous bénis de tout coeur.

(En italien)

J’adresse une salutation cordiale aux responsables européens de la Société Saint-Vincent-de-Paul, et je les encourage dans leur engagement pour affronter les pauvretés anciennes et nouvelles avec l’esprit de l’Evangile.

Je salue avec affection les pèlerins de langue italienne, en particulier les fidèles provenant de Lugano, Turin, Trieste et Avellino; le groupe de jeunes du diocèse de Milan qui se préparent à la profession de foi; et un salut spécial également à la communauté cubaine du diocèse de Bergame et au “Service universitaire africain” de Rome. A tous je souhaite un bon dimanche et un bon chemin d'Avent.

Merci. Bon Avent. Bon dimanche.


© Texte original plurilingue, Libreria Editrice Vaticane Traduction de Zenit (Anne Kurian)

15/11/11/. En Allemagne, l’Église protestante à l’heure de la « nouvelle Évangélisation »

Rassemblé la semaine dernière à Magdebourg, le synode de l’église protestante (EKD) a fait le bilan de la visite du pape et entrepris de réfléchir au moyen de relancer son dynamisme missionnaire.

Vouloir relancer l’évangélisation ressemble à un défi à Magdebourg, cette ville industrielle de l’ex-RDA où s’est tenu le synode de l’église évangélique allemande (EKD, luthérienne), la semaine dernière. Une personne sur six seulement y est membre d’une communauté religieuse.

Plusieurs témoins sont venus expliquer leurs réserves. Pascal von Wroblewski, chanteuse de jazz, évoquera sa jeunesse dans l’ex-RDA « sans baptême ou visite à l’église, même à Noël ». « Le christianisme c’est comme une langue, dira-t-elle, je peux l’apprendre mais ce ne sera jamais ma langue maternelle. »

Ralf Meister, évêque de l’Église luthérienne de Hanovre, souligne : « On ressent un investissement continu dans notre Église, autour d’une préoccupation constante de réformer les structures institutionnelles. Mais le défi qui nous est lancé au début du XXIe siècle est tout autre. Il exige la concentration spirituelle, notre orientation sur l’essentiel, Dieu et Christ lui-même. »

24 millions de fidèles

Si l’EKD compte aujourd’hui 24 millions de fidèles, les projections d’avenir sont en effet assez sombres : ils devraient n’être plus que 16 millions à l’horizon 2040, à la suite des sorties d’Église, de la chute des naissances et de la réduction du nombre des baptêmes.

Pour attirer de nouveaux fidèles, « l’Église doit rayonner de sa conviction intérieure », son discours doit être « joyeux, communicatif, l’évangélisation doit être libération » ont expliqué les intervenants. Elle doit s’investir avec ses critiques, dans les débats, la culture, la formation, l’économie ou le mode de vie.

« Dieu lui-même s’est ‘‘sécularisé’’ dans Jésus-Christ », assure le président de l’EKD, Nikolaus Schneider. Nous ne vivons pas nos fois chrétiennes étrangers au monde, en le fuyant. »

Il a dressé un bilan de la visite de Benoît XVI, soulignant la force de sa visite à Erfurt au cours de laquelle le pape a longuement évoqué Luther et « l’esprit fraternel » qui imprégnait la rencontre avec l’Église protestante. En revanche, les paroles de son sermon, annonçant qu’il n’avait pas amené avec lui de « cadeau d’invité » pour l’oecuménisme, ont irrité et déçus. « Les protestants n’attendent pas de cadeau mais une impulsion de l’œcuménisme », souligne Nikolaus Schneider. L’EKD veut dépasser maintenant cette étape, invitant l’Église catholique à fêter avec elle le jubilé de la Réform en 2017.

MICHEL VERRIER, à Berlin

Voyage Apostolique au Bénin (18-20 novembre 2011)

19 novembre 2011. Le pape dénonce la condescendance à l'égard de l'Afrique

Le pape Benoît XVI a appelé samedi le monde développé à ne plus jeter un regard condescendant et moralisateur sur l'Afrique mais à proposer de véritables partenariats susceptibles de régler les problèmes du continent.

En visite au Bénin, le chef de l'Eglise catholique a estimé que "trop souvent, notre esprit s'arrête à des préjugés ou à des images qui donnent de la réalité africaine une vision négative, issue d'une analyse chagrine".

"Il est toujours tentant de ne souligner que ce qui ne va pas; mieux encore, il est facile de prendre le ton sentencieux du moralisateur ou de l'expert, qui impose ses conclusions et propose, en fin de compte, peu de solutions adaptées", a-t-il poursuivi dans un discours devant des responsables béninois, dont le président Thomas Boni Yayi, et le corps diplomatique.

La visite de trois jours que Benoît XVI effectue au Bénin, qui a débuté vendredi, sera marquée par la publication d'une "Exhortation apostolique", document pontifical rédigé à partir des conclusions du synode des évêques africains qui s'est tenu en 2009 au Vatican.

Il a expliqué avoir choisi le Bénin en raison de l'exemplarité de cette ex-colonie française d'Afrique de l'Ouest qui, a-t-il dit, connaît la démocratie ainsi qu'une coexistence harmonieuse entre chrétiens, musulmans et animistes.

Samedi, Benoît XVI a appelé le reste du monde à ne pas voir l'Afrique uniquement comme "un énorme réservoir énergétique, minéral, agricole et humain facilement exploitable pour des intérêts souvent peu nobles".

"Nombreux ont été les conflits engendrés par l'aveuglement de l'homme, par sa volonté de puissance et par des intérêts politico-économiques qui font fi de la dignité des personnes ou de celle de la nature", a-t-il dit.

La veille, il avait invité les pays africains à résister à la tentation de "capituler face à la loi du marché et de la finance".

Ce déplacement au Bénin constitue la deuxième visite du pape en Afrique depuis son accession sur le trône de Saint-Pierre en 2005.

Jean-Loup Fiévet et Henri-Pierre André pour le service français


25.09.2011. Le Pape en Allemagne a mis en garde contre la théocratie

Effet Thilo Sarrazin ? Le pape a lors de son voyage en Allemagne prononcé des discours pointant la grande différence entre religiosité chrétienne et les "grandes religions" produisant du droit positif.

Discours du Bundestag le 22 septembre :

"Contrairement aux autres grandes religions, le christianisme n’a jamais imposé à l’État et à la société un droit révélé, ni un règlement juridique découlant d’une révélation. Il a au contraire renvoyé à la nature et à la raison comme vraies sources du droit – il a renvoyé à l’harmonie entre raison objective et subjective, une harmonie qui toutefois suppose le fait d’être toutes deux les sphères fondées dans la Raison créatrice de Dieu. Avec cela les théologiens chrétiens se sont associés à un mouvement philosophique et juridique qui s’était formé depuis le IIème siècle av. JC. Dans la première moitié du deuxième siècle préchrétien, il y eut une rencontre entre le droit naturel social développé par les philosophes stoïciens et des maîtres influents du droit romain[3]. Dans ce contact est née la culture juridique occidentale

Discours intégral


Voir aussi : Théocratie

[...] même si parfois tout peut sembler être un triste échec. Benoît XVI


Cet échec est largement imputable à un déficit grave de créativité, aggravé ici par la poids de la routine institutionnelle, de la ritualisation et de la "tradition". Si l'église catholique romaine, et cela relève de la même problématique dans toutes les institutions, qu'elles soit laïques ou religieuses, veut prendre a bras le corps cet échec patent, qu'elle impose dans les séminaires, les paroisses et les diocèses, un cours de créativité obligatoire. Cela pourrait même donner naissance à une nouvelle discipline : la créativité chrétienne.... Sans doute cela peut paraitre fantaisiste pour beaucoup, surtout pour tous ceux qui ont des problèmes avec leur créativité, mais le voilà le chemin véritable. Alors cette institution commencerait véritablement à s'ouvrir au monde, à l'autre et à la marge plutôt que d'en discourir sans poser aucun acte véritable et d'en rester sans cesse à la préservation névrotique du "pouvoir" et l'exercice du contrôle. Retrouver le chemin de l'évangélisation véritable et l'esprit de la visitation en quelque sorte...

CM Vinson 29 août 2011 à 11:10 (UTC)


Le langage de l’Église est désuet, anachronique, ennuyeux, répétitif, moralisant, totalement inadapté à notre époque. Il ne s’agit pas du tout d’aller dans le sens du poil et de faire de la [(démagogie]], car le message de l’Évangile doit être présenté dans toute sa crudité et son exigence. Ce qu’il faudrait plutôt, c’est de procéder à cette « nouvelle évangélisation » à laquelle nous conviait Jean-Paul II. Mais celle-ci, contrairement à ce que beaucoup pensent, ne consiste pas du tout à répéter l’ancienne, qui ne mord plus, mais à innover, inventer un nouveau langage qui redise la foi de façon pertinente et signifiante pour l’homme d’aujourd'hui.

Henri Boulad

Les défenseurs de la laïcité manifestaient contre le coût de ces Journées mondiales de la jeunesse. Ce jeudi, Benoît XVI sera accueilli à Madrid par une séance de baisers organisée par un collectif de défense des gays et trans.

Des milliers de défenseurs de la laïcité ont manifesté mercredi à Madrid contre la visite du pape Benoît XVI, croisant dans un face-à-face tendu de jeunes pèlerins catholiques qui criaient "Vive le pape" ou priaient à leur passage.

De part et d'autre des importants cordons de policiers qui les séparaient, les deux groupes se sont retrouvés face-à-face sur la place de la Puerta del Sol, dans le centre de la capitale espagnole.

Des centaines de pèlerins qui participent aux Journées mondiales de la Jeunesse et doivent être rejoints jeudi par le pape Benoît XVI ont accueilli les manifestants aux cris de "Vive le pape", "Cette jeunesse est celle du pape". D'autres chantaient "Alleluia", priaient, jouaient de la musique.

Le ton est parfois monté, des cris de "Pédéraste, attention aux enfants" ou "Votre pape est un nazi" fusant du côté des manifestants.

Plusieurs milliers d'entre eux s'étaient rassemblés dans la soirée derrière une pancarte portant les mots "De mes impôts, zéro centime pour le pape. Etat laïc", répondant à l'appel d'environ 140 associations de défense de la laïcité, de chrétiens progressistesde militants de gauche ou de la cause homosexuelle.

De tous âges, ils criaient des slogans ou portaient des pancartes avec les mots: "Cette jeunesse n'est pas celle du pape", "Stop, transphobie, sexisme, homophobie", "Et non, et non avec mes impôts" ou "Nous exigeons un véritable état laïc, la liberté de conscience est un droit".

Les manifestants promenaient une fausse papamobile, occupée par un faux pape dansant, une tête de diable posée sur le capot, suivie par une petite cohorte de religieuses.



Manifestation ce jeudi des gays et trans

Des manifestants du mouvement des "indignés" participaient au défilé, autour de deux photos géantes du pape et de l'écrivain français Stéphane Hessel, auteur du manifeste "Indignez-vous".

Les deux portraits étaient légendés par ces mots: " Choc de titans", "Joseph 'sainteté' Ratzinger, Stéphane 'indigné" Hessel".

"On leur fournit une aide que l'on ne donne à personne d'autre pour la simple raison qu'ils sont religieux, comme l'ouverture d'écoles publiques et de salles sportives, et des réductions sur le prix du métro", s'indignait Irene, une étudiante de 20 ans portant le drapeau républicain rouge, jaune, violet.

"Que chacun croit en ce qu'il veut, mais quand vient leur leader, qu'ils paient".

Jeudi, Benoît XVI sera accueilli à Madrid par une nouvelle séance de baisers, convoquée sur Facebook par un collectif de défense des homosexuels et transsexuels, sur le modèle des "flashmobs" qui avaient salué sa précédente visite en Espagne en novembre 2010.

L'Espagne, où le mariage homosexuel a été légalisé en 2005 par le gouvernement socialiste, est l'un des pays où la tradition catholique accuse le plus fort recul, face à de puissants courants laïcs qui ont suscité des condamnations du Vatican.

100 millions d'euros de retombées estimés

Les défenseurs de la laïcité ont calculé que les différentes administrations auront dépensé plus de cent millions d'euros pour ces JMJ, où sont attendus jusqu'à dimanche un million de pèlerins, un coût jugé exorbitant alors que l'Espagne, étranglée par la crise, affiche un taux de chômage de plus de 20%.

Ils dénoncent notamment les coûts liés à la sécurité (plus de 10.000 policiers mobilisés), à l'hébergement, avec la mise à la disposition des pèlerins d'écoles et de salles de sport publiques. Ou encore la réduction accordée aux pèlerins sur les transports, au moment où le prix du ticket de métro vient d'être brusquement porté de un à 1,50 euro.

Les organisateurs des JMJ font eux valoir que ces journées, avec un coût estimé à 50,5 millions d'euros, sont autofinancées par les contributions des pèlerins et les dons d'entreprises, et évaluent à cent millions d'euros les retombées pour l'économie locale et le tourisme.

Voir aussi:

21 juillet 2011 Mgr Mazzolari avait expérimenté l'islam au Soudan.

—Ceux qui parlent d’affrontement entre civilisation opposant l’Occident et l’Islam exagèrent-ils?

— Non, et nous n’en sommes qu’au début. L’Eglise a renversé le communisme mais elle commence seulement à percevoir le défi lancé par l’islamisme, qui est bien pire. Le Saint-Père (Jean-Paul II) ne pouvait pas relever ce défi à cause de son âge. Le prochain Pape devra l’affronter. La porte de sortie n’est pas que nous ayons raison et qu’ils aient tort. Nous nous vantons d’une tradition chrétienne que nous ne vivons pas dans les faits. Le musulman a une constance en matière de pratique et de prosélytisme qui est supérieure à la nôtre.

27 mai 2011. Le compositeur Franz Liszt vu par Benoît XVI

Extrait du discours du Saint-Père, à l'issue du concert offert par le Président de la République de Hongrie, sur le Psaume XIII, datant de l'époque où Franz Liszt séjourna à Tivoli et à Rome :

"C'est la période où le compositeur vit sa foi de manière intense, au point de produire presque exclusivement de la musique sacrée; rappelons-nous qu'il reçut les ordres mineurs. Le morceau que nous avons écouté nous a donné l'idée de la qualité et la profondeur de cette foi. C'est un Psaume où le psalmiste se trouve en difficulté, l'ennemi l'entoure, l'assiège, et Dieu semble absent".

"la prière se fait anxieuse devant cette situation d'abandon: 'Jusqu'à quand, Seigneur?', répète le Psalmiste à quatre reprises, 'Herr, wie lange?' répètent, presque en martelant, le ténor et le choeur, dans le morceau écouté. C'est le cri de l'homme et de l'humanité, qui sent le poids du mal dans le monde; et la musique de Liszt nous a transmis cette sensation de pesanteur, d'angoisse".

"Dieu n'abandonne pas. Le psalmiste le sait, et Liszt lui-même, en homme de foi, le sait".

De l'angoisse, "naît une supplique pleine de confiance qui se termine dans la joie. 'Mon coeur exultera de ton salut ... Je chanterai au Seigneur, qui m'a couvert de bienfaits". Et ici, la musique de Liszt se transforme: ténor, chœur et orchestre élèvent un hymne de confiance totale en Dieu, qui ne trahit jamais, n'oublie jamais, ne nous laisse jamais seuls".

Ce psaume, "le grand musicien hongrois l'a plus prié que composé, ou mieux, qu'il l'a prié avant de le composer."

Source

7 janvier 2011. Noël de sang entre le Nil et l'Indus, Benoît XVI parle de christianophobie

par Sandro Magister

Le 07 janvier 2011 - Eucharistie Sacrement de la Miséricorde - Dans de nombreuses régions du monde, les chrétiens sont aujourd’hui "la minorité la plus opprimée et la plus harcelée" : voilà une donnée de fait qui est entrée avec force et en des termes nouveaux dans le langage de l’autorité suprême de l’Église catholique.

Dans le discours de vœux qu’il a adressé à la curie romaine le 20 décembre dernier – chaque année, dans ce discours, le pape fait le point sur les questions essentielles pour l’Église – Benoît XVI a employé pour la première fois le mot "christianophobie".

Comme thème pour la journée mondiale de la paix qui a été célébrée le 1er janvier dernier, le pape a choisi la liberté de foi : thème qu’il a estimé nécessaire après une année tellement "marquée par la persécution, par la discrimination, par de terribles actes de violence et d’intolérance religieuse".

Après l'Angelus du dimanche 2 janvier, le pape a affirmé que le fait de prendre les chrétiens comme cible était une "stratégie de violences" qui "offense Dieu et l'humanité tout entière".

Et il reviendra certainement sur ces thèmes dans le discours qu’il adressera lundi prochain, 10 janvier, comme à chaque début d’année, au corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège.

Les attaques récentes qui ont le plus impressionné les autorités de l’Église sont celle du 31 octobre contre la cathédrale catholique syriaque de Bagdad et celle du 31 décembre contre l’église copte des Saints à Alexandrie, en Égypte, qui ont fait plusieurs dizaines de morts et de blessés.

Dans les deux cas, l'agression a eu lieu à un moment où les églises étaient remplies de fidèles venus assister à la messe.

Et, dans les deux cas, les motivations de l'attaque présentaient des points communs. Typiquement religieux, pour un islam "pur" contre les infidèles et les apostats. Lorsqu’ils ont revendiqué l'agression contre l’église de Bagdad, les auteurs du massacre ont mentionné, parmi leurs mobiles, la vengeance pour le prétendu enlèvement, par les coptes, de deux femmes égyptiennes converties du christianisme à l'islam.

L’Église copte a toujours affirmé que ces conversions n’avaient jamais eu lieu et que les deux femmes, qui sont mariées à des prêtres, faisaient l’objet d’une protection parce que l’on craignait qu’elles ne soient enlevées.

Mais cela fait maintenant quatre ans que cette accusation est continuellement martelée, dans le cadre d’une campagne semblable à celle qui est menée en Occident pour sauver l'iranienne Sakineh de la peine de mort. Le 31 décembre dernier, tout de suite après la prédication du vendredi, un cortège de musulmans qui réclamaient la libération des deux femmes est parti de la mosquée qui se trouve à deux cents mètres de l’église des coptes d’Alexandrie qui allait être attaquée quelques heures plus tard.

Les chrétiens et leurs églises sont devenus la cible principale et proclamée des cellules islamistes. C’est une cible facile et efficace, qui fait immédiatement la une des médias du monde entier et qui obtient beaucoup plus de visibilité que les massacres entre musulmans sunnites et chiites, qui continuent pourtant à avoir lieu, et avec des effets plus marqués sur les populations et les états. En Irak, en Égypte, dans tout le Moyen-Orient, en Asie, en Afrique et même en Europe.

Même au Nigeria, par exemple, où les sanglantes altercations entre chrétiens et musulmans étaient jusqu’à hier considérées par les autorités de l’Église comme fondamentalement "politiques", cette opinion a changé.

A la veille de Noël plusieurs explosions ont atteint des églises à Jos, capitale de l’état nigérian de Plateau, provoquant la mort de 86 personnes auxquelles s’ajoute une centaine de blessés. Les jours suivants, plusieurs lieux de culte chrétiens ont été attaqués par des hommes armés dans la région de Maiduguri, au nord-est du Nigeria, faisant d’autres victimes. Ces attaques ont été revendiquées par la secte islamiste Boko Haram. Le 4 janvier dernier, l'archevêque de Jos, Ignatius Ayau Kaigama, a déclaré à l’agence de presse vaticane "Fides" :

"Précédemment, les affrontements qui se produisaient à Jos et dans les environs comportaient une composante religieuse qui était mêlée à d’autres motivations : les frustrations des jeunes sans travail ; les rivalités entre pasteurs et agriculteurs ; les tensions ethniques entre populations locales et personnes venues d’autres régions du pays. En revanche ces attaques de Noël ont une signification clairement religieuse, parce que l’on a voulu frapper les symboles du christianisme au moment où celui-ci célèbre sa fête la plus sacrée avec Pâques. En second lieu, lors des affrontements antérieurs, les combattants utilisaient des armes tranchantes et quelques fusils. Cette fois-ci, en revanche, ce sont des explosifs qui ont été employés. C’est également pour cette raison que je pense que les récents événements vont au-delà du Nigeria".

Mais la dernière affaire retentissante - qui persuade encore davantage les autorités de l’Église qu’une "stratégie de violences" antichrétienne générale est mise en œuvre dans le monde musulman - a été l'assassinat au Pakistan, le 4 janvier, de Salman Taseer, gouverneur du Pendjab et futur premier ministre potentiel.

Taseer était musulman. Mais son tort – d’après les propos mêmes de son meurtrier, qui est l’un de ses gardes du corps – a été de vouloir que soit abrogée la loi pakistanaise qui punit le blasphème et qui est instrumentalisée pour faire condamner à mort des chrétiens sur la base d’accusations qui ne sont que des prétextes.

Ce n’est pas tout. Taseer s’est également battu pour empêcher que soit exécutée, sur la base de cette loi, une chrétienne pakistanaise nommée Asia Bibi.

La campagne en faveur d’Asia Bibi dure depuis un certain temps dans différents pays. En Italie, les appels pour la sauver sont soutenus avec beaucoup de vigueur par les deux médias de la conférence des évêques d’Italie, le quotidien "Avvenire" et la chaîne télévisuelle TV 2000.

À la veille de Noël, Taseer avait rencontré l'archevêque de Lahore, la capitale du Pendjab, Lawrence John Saldanha. Celui-ci, après l’assassinat de Taseer, a déclaré à l’envoyé d’"Avvenire" :

"Il existe au Pakistan un affrontement entre l’islam orthodoxe et l’islam libéral. C’est une lutte qui perdure depuis la naissance de ce pays et qui est arrivée aujourd’hui à une situation critique où ce qui prévaut, c’est la violence et les attentats. Où les talibans et les groupes terroristes liés à Al-Qaida menacent non seulement les minorités religieuses mais tous les citoyens. Nous chrétiens, dans cette situation, nous sommes une 'soft target', une cible facile".

En octobre dernier, les évêques du Moyen-Orient ont tenu à Rome un synode spécial consacré à leur région, dans laquelle l’Église a connu son premier épanouissement mais dont les chrétiens risquent, ici ou là, de disparaître, parce qu’ils sont poussés à l'exil par les agressions continuelles.

Chaque pays a ses caractéristiques particulières. Il en est de même pour la résistance des chrétiens. Au Liban, pendant les années de la guerre civile, les chrétiens combattaient avec leurs propres milices armées. En Égypte, les coptes protestent vigoureusement dans la rue et affrontent la police. Au Nigeria, il arrive quelquefois que des chrétiens attaquent des mosquées.

Mais presque partout la résistance des chrétiens est pacifique. L'Irak est aujourd’hui l'exemple le plus spectaculaire de massacres perpétrés contre des victimes innocentes et désarmées, qui sont assassinées uniquement parce qu’elles sont chrétiennes.

On se rappellera que c’est précisément l’Irak qui a inspiré le mot "génocide". Ce mot a été créé en 1943 par un avocat juif polonais, Raphael Lemkin, grand promoteur de causes humanitaires, après qu’il eut étudié l’extermination systématique de chrétiens assyriens réalisée dix ans auparavant par les dirigeants musulmans de la nouvelle nation irakienne, issue de la désagrégation de l'empire ottoman.

En somme, les récents événements confirment les jugements de fond que le pape Joseph Ratzinger porte sur l'islam, sur son rapport non résolu entre foi et raison, dont naît la violence contre les infidèles et les apostats.

En 2006, l’année même de son discours de Ratisbonne, Benoît XVI se rendit également en Turquie. Et avant Noël, dans le discours qu’il prononça devant la curie, il lança au monde musulman cette proposition révolutionnaire :

"Dans un dialogue à intensifier avec l'Islam, nous devrons garder à l'esprit le fait que le monde musulman se trouve aujourd'hui, avec une grande urgence, face à une tâche très semblable à celle qui fut imposée aux chrétiens à partir du Siècle des Lumières et à laquelle le concile Vatican II a apporté des solutions concrètes pour l’Église catholique au terme d’une longue et difficile recherche.

"D'une part, nous devons nous opposer à la dictature de la raison positiviste, qui exclut Dieu de la vie de la communauté et de l'organisation publique, privant ainsi l'homme de ses critères spécifiques de mesure.

"D'autre part, il est nécessaire d'accueillir les véritables conquêtes de la philosophie des Lumières, les droits de l'homme et en particulier la liberté de la foi et de son exercice, en y reconnaissant les éléments essentiels également pour l'authenticité de la religion. De même que dans la communauté chrétienne, il y a eu une longue recherche sur la juste place de la foi face à ces convictions – une recherche qui ne sera certainement jamais conclue de façon définitive – ainsi, le monde musulman également, avec sa tradition propre, se trouve face à la grande tâche de trouver les solutions adaptées à cet égard.

"Le contenu du dialogue entre chrétiens et musulmans consistera, en ce moment en particulier, à se rencontrer dans cet engagement en vue de trouver les solutions appropriées. Nous chrétiens, nous sentons solidaires de tous ceux qui, précisément sur la base de leur conviction religieuse de musulmans, s'engagent contre la violence et pour l'harmonie entre foi et religion, entre religion et liberté. En ce sens, les deux dialogues dont j'ai parlé s’interpénètrent".

L'actuelle "stratégie de violences" antichrétienne est la preuve que le monde musulman est dramatiquement éloigné de cette révolution des Lumières, souhaitée par le pape Benoît XVI.

16 décembre 2010. Message du Pape pour la journée mondiale de la Paix : un plaidoyer pour la liberté religieuse

19 novembre 2010. L'islam radical inquiète Benoît XVI

Le Pape consulte ce vendredi le collège des cardinaux, sénat de l'Église, sur des questions cruciales dont les relations avec l'islam.


Il y a un mois, l'islam radical inquiétait à Rome, mais sur le papier. Il avait fait l'objet de multiples débats et déclarations, pendant les quinze jours du synode sur le Proche-Orient. Cette réunion des évêques et experts de dix pays de cette région du monde avait été volontairement convoquée par Benoît XVI pour tenter de protéger les chrétiens de Terre Sainte contre la montée de l'intolérance islamiste extrémiste. Et leur ménager un avenir.

Mais cette inquiétude a tourné à la confrontation depuis les attentats de Bagdad en Irak le 31 octobre, qui ont visé, deux semaines après la clôture du synode -dimanche pour dimanche- la cathédrale syriaque catholique de Bagdad, faisant 53 morts. Sans parler, la semaine dernière, d'attaques au mortier et à la bombe, contre des maisons et des commerces de la même ville, appartenant à des catholiques. Bilan: 33 blessés et six morts. Le tout revendiqué par la branche irakienne d'al-Qaida qui considère les chrétiens comme des «cibles légitimes».

Le Vatican qui a déjà condamné, par la voix de Benoît XVI, ces «attaques barbares» ne veut pas tomber dans le piège de la surenchère mais après ce traumatisme, la question de l'islam radical a pris une tournure réaliste qu'elle n'avait pas, il y a encore peu, au Saint-Siège. Il n'est, dès lors, pas étonnant que le Pape ait placé cette question en priorité, parmi quatre autres dossiers à l'ordre du jour de la réunion exceptionnelle des cardinaux qu'il convoque ce vendredi matin à Rome, avant de créer, ce samedi, par «consistoire» vingt-quatre nouveaux cardinaux. Et qu'il ait confié l'analyse de cette question, à son bras droit, le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d'État.

Diplomatie oblige

Bien sûr, diplomatie oblige, le thème de cet atelier s'intitule «La liberté religieuse». Mais à regarder de près, ce problème de liberté religieuse ne se pose plus drastiquement dans les pays qui s'inspirent encore du communisme, la Chine ou le Vietnam. Il y a des difficultés mais elles sont surtout liées à l'étonnant dynamisme des communautés catholiques qui se heurtent aux scléroses du contrôle bureaucratique. Cuba vient même d'ouvrir officiellement un séminaire! Quant aux attaques antichrétiennes en Inde, elles sont liées à des questions de nationalisme politique.

Mais cela n'a rien à voir avec «le climat de peur» dont les chrétiens du Proche-Orient se plaignent et qu'ils assurent voir s'accentuer devant «la montée de l'intolérance de l'islam radical» comme entendu lors du récent synode. Une intolérance structurelle, juridique, fondée sur une application de plus en plus stricte de la loi islamique qui entend brimer la vie des chrétiens, interdire la construction d'églises, menacer de mort la conversion d'un musulman au christianisme.

Enfin, on a très mal vécu, à Rome, l'assassinat au poignard par son chauffeur -qui a expliqué son geste par une «révélation»- de Mgr Luigi Padovese, vicaire apostolique pour le sud de la Turquie. C'était le 3 juin dernier, la veille du voyage de Benoît XVI à Chypre. Là, le Pape venait remettre symboliquement aux Églises de Terre Sainte, le «document préparatoire» du synode du Proche-Orient. Mgr Luigi Padovese, Italien, y avait notoirement travaillé.


13 novembre 2010 Asia Bibi : Les Evêques du Pakistan adresse un appel au Pape Benoît XVI

Le 13 novembre 2010 - Eucharistie Sacrement de la Miséricorde - « Nous adressons un appel éploré au Saint-Père Benoît XVI afin qu’il puisse prier, intercéder et se prodiguer en faveur d’Asia BIBI, la chrétienne condamnée à mort injustement pour blasphème. Nous demandons que lui soit garanti le pardon et qu’elle soit libérée. Nous invitons la communauté internationale à hausser le ton, à faire des pressions et à œuvrer à tous les niveaux en faveur du salut de cette femme qui est innocente. Nous disons à toutes les mères pakistanaises : Asia est une maman comme vous, défendez-la, ne permettez pas que ses enfants deviennent orphelins » : c’est ce que déclare à l’Agence Fides S.Exc. Mgr Bernard Shaw OFM, Evêque auxiliaire de Lahore, le diocèse où s’est vérifié le cas d’Asia Bibi, la première femme pakistanaise chrétienne condamnée à mort pour blasphème.

L’Evêque déclare à Fides espérer en l’action et en la mobilisation de l’opinion publique de la société civile pakistanaise « au sein de laquelle existent des organisations chrétiennes et musulmanes qui travaillent pour la paix et l’harmonie, pour lutter contre le fanatisme religieux et affaiblir la polarisation entre les différentes communautés ». Le cas d’Asia Bibi est « un authentique outrage à la dignité humaine et à la vérité. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour que la sentence soit modifiée en appel près la Haute Cour de Lahore » a déclaré à Fides Peter Jacob, Secrétaire exécutif de la Commission « Justice et Paix », signalant au moins cinq autres cas de fausses accusations de blasphèmes et de violations des droits de l'homme au cours des deux derniers mois seulement.

S.Exc. Mgr Joseph Coutts, Vice-Président de la Conférence épiscopale et héraut de la campagne en faveur de l’abolition de la loi en question s’arrête lui aussi sur les problèmes créés au sein de la société pakistanaise par la loi sur le blasphème, annonçant l’engagement de l’Eglise du Pakistan « pour soutenir la famille d’Asia Bibi et toutes les familles injustement frappées par cette loi ».

« Le danger – explique l’Evêque à Fides – vient de l’abus de cette loi. En demandant son abrogation, nous ne voulons pas encourager ceux qui désacralisent le nom du Prophète. Nous déplorons ce qui se passe en ce qui concerne l’application de la loi : toutes les excuses sont bonnes : si l’on veut frapper un adversaire ou un ennemi, on l’accuse de blasphème ». La loi se prête à de tels abus parce qu’elle ne prévoit pas la charge de la preuve pour l’accusateur : il suffit d’un témoignage ou d’une déclaration. « Et souvent, on a pu vérifier que les accusations sont totalement fausses » remarque-t-il. « L’Eglise – conclut l’Evêque – en demande l’abolition mais il est difficile que cela arrive au Parlement en ce qui l’on touche là un sujet qui suscite de fortes émotions. Les leaders religieux musulmans disent que la loi sert à protéger l’honneur du Prophète. Le gouvernement devrait au moins accomplir une démarche sérieuse afin de prévenir et de contrôler la prolifération de fausses accusations, qui frappent souvent les chrétiens mais également les citoyens musulmans. Les hommes politiques subissent cependant des pressions de la part des groupes islamiques radicaux et ceci au niveau des autorités locales et de la police. La situation se trouve donc dans une impasse ». (PA)


Mobilisation des avocats musulmans et des militants des droits de l’homme en faveur d’Asia Bibi

La société civile au Pakistan – et non seulement les communautés chrétiennes – se mobilise actuellement en faveur d’Asia Bibi, la première femme chrétienne condamnée à mort pour blasphème. « Nous soutenons Asia Bibi et nous organiserons une vaste campagne de protestation en sa faveur. Nous ferons tout ce qui est nécessaire au niveau légal pour que le jugement soit complètement réformé en appel par la Haute Cour de Lahore. Son cas est emblématique de l’abus de la loi sur le blasphème aux dépens des minorités religieuses. Il s’agit de violations flagrantes des droits de l’homme », déclare à l’Agence Fides Mehdi Hasan, journaliste et universitaire, Président de la « Human Rights Commission of Pakistan » (HRCP), l’une des ONG les plus importantes et les plus répandues au sein de la société pakistanaise. « En tant que Commission pour les Droits de l’homme, nous mènerons des enquêtes soigneuses et crédibles sur ce cas. Je peux déjà dire que tous les cas enregistrés pour blasphème sont basés sur de fausses accusations, et sont le fruit de la haine interreligieuse ou du sectarisme. Nous n’avons aucune confiance dans l’enquête annoncée par le gouvernement par le biais du Ministre chargé des Minorités religieuses », remarque Hasan. « Depuis des années – conclut-il – nous demandons l’abolition de cette loi qui est un mauvais héritage du passé : elle fut voulue par le Général Zia afin de faire taire l’extrémisme religieux. Des cas comme celui d’Asia Bibi imposent de poursuivre notre engagement ».

Aslam Khaki, avocat connu et chercheur musulman, se déclare lui aussi favorable à l’abrogation de la loi, racontant devoir souvent défendre des citoyens faussement accusés de blasphème « seulement pour des motifs d’hostilité religieuse ou de sectarisme ». Dans le cas d’Asia Bibi, Aslam Khaki se déclare prêt à assurer gratuitement sa défense et suggère un double appel : l’un devant la Haute Cour de Lahore, dans le cadre duquel pourra être demandé à l’accusation de présenter des preuves concrètes et l’autre devant la « Federal Sharia Court » attendu que « la loi islamique elle-même interdit la peine de mort à l’encontre des femmes et des non musulmans ». « La loi sur le blasphème devrait être abolie – remarque-t-il dans un entretien avec Fides – mais le gouvernement est faible et s’il essayait de le faire, les groupes radicaux islamiques descendraient dans la rue. Ce qui peut se faire pour l’instant est de modifier au moins les procédures légales : pour enregistrer officiellement une plainte pour blasphème, un témoignage ne devrait pas suffire mais des preuves concrètes devraient être présentées. Cela constituerait déjà un progrès et éviterait beaucoup de souffrance ». L’avocat explique à Fides : « Au niveau juridique, il faut remarquer que la Cour d’appel renverse 95% des condamnations pour blasphème infligées en premier degré. Le système juridique national reconnaît donc le manque de fondement des accusations. Mais entre temps, nombre de personnes souffrent, victimes de discriminations, de menaces de mort et d’années de prison ». (PA)

Les chrétiens cherchent leur place en terre d'islam

«Si l'Orient était vidé de ses chrétiens (…) toute occasion serait propice pour un nouveau choc des cultures, des civilisations et même des religions, un choc destructeur entre l'Orient arabe musulman et l'Occident chrétien.»


Entre résistance et dialogue, la question du radicalisme musulman est posée à Rome.

Pas même un Notre Père commun, sinon en latin! Un comble pour les neuf Églises catholiques, latines et orientales, dont l'avenir est en débat dans le cadre du synode sur le Proche-Orient en cours au Vatican. Rédiger, en l'an 2010, une traduction, commune et en arabe, de la prière du Notre Père en sera sans doute l'une des propositions phares, mais il y en aura beaucoup d'autres qui sortiront, samedi prochain, de cette réunion sans précédent voulue par Benoît XVI pour sauver les chrétiens de Terre Sainte.

Ce matin s'achève d'ailleurs une première phase où les «pères synodaux» -ils sont 250 avec les experts- auront quasiment tous pris la parole (cinq minutes et pas une seconde de plus, le micro est coupé!) pour faire part de leurs préoccupations. À partir de lundi, ils entreront en «cercles linguistiques» pour aboutir, avant la clôture, dimanche 24 octobre, à un «message» final et surtout à des «propositions» concrètes, votées en assemblée et remises au Pape.

Benoît XVI assiste à la première séance du matin, jusqu'à 11 heures. Puis, avec beaucoup d'assiduité, à la dernière séance de l'après-midi, à 18 heures, celle des «interventions libres». C'est d'ailleurs lui qui l'a imposée dans le règlement des synodes, pour favoriser le débat et pour que chacun puisse s'exprimer librement, avec un engagement de confidentialité. Les propos sont versés dans les «Actes du synode», mais jamais le nom des orateurs ne sera mentionné.

Et c'est peut-être là que se joue le «vrai» synode, car la vivacité des réactions lors de ces séances donne la température de l'assemblée. Ses enthousiasmes et ses peurs aussi… C'est en effet une forme de «peur» qui se confirme comme première tendance, à la mi-parcours de cette assemblée, même si certains préfèrent parler de «prudence». La peur de s'exprimer sur la confrontation avec l'islam radical et politique. Même dans l'enceinte du Vatican, ce qui en dit long… Certes, les représentants des Églises du Maghreb insistent sur le maintien du dialogue avec l'islam, ceux de pays accablés comme l'Irak redoublent de précautions, mais ceux des pays où les chrétiens ne sont pas persécutés pressent pour s'opposer plus nettement -au côté de l'islam modéré- aux extrémistes musulmans. Pour l'ancien numéro deux de Jean-Paul II, le cardinal Angelo Sodano, «il est urgent d'œuvrer pour que les courants agressifs de l'islam prennent fin».


Divisions catholiques

Autre tendance nette, la nécessité de mettre un terme au «confessionnalisme». En clair, à la division profonde des catholiques. Pas moins de neuf Églises catholiques, latines et orientales coexistent en Terre sainte et… au synode romain. Sept «Patriarches» y sont présents. «Il faut reconnaître que le Pape est le seul à pouvoir tous nous réunir ainsi», reconnaît un membre du synode. Mais sans cette unité, pensent beaucoup, «comment être crédible» face à l'islam? Sans oublier les huit Églises orthodoxes de Terre sainte!

Deux curiosités sont aussi apparues. La première est politique. Le conflit israélo-palestinien n'est pas le sujet qui revient le plus. Il est «tellement connu comme une des clés des problèmes actuels, explique un expert, qu'il n'est pas nécessaire d'insister.» Sans rien éluder pour autant. Le rapporteur général du synode, Mgr Antonios Naguib, patriarche copte d'Alexandrie, a affirmé, en début de session que «dans les Territoires palestiniens, la vie est très difficile et parfois insoutenable». Quant au rabbin David Rosen, invité, mercredi, à s'exprimer devant le synode, il a reconnu «la responsabilité» des Israéliens envers leurs «voisins qui souffrent».

La seconde curiosité touche la réalité chiffrée des chrétiens de Terre sainte. Leur nombre a été divisé par trois en un siècle. Ils représentent aujourd'hui 20 millions de personnes (dont 5,7 millions de catholiques) sur un bassin de 356 millions d'habitants. Soit 5,6% de la population (1,6% de catholiques). Ce qui est moins connu est qu'environ 40 % de ces catholiques sont des travailleurs immigrés, philippins ou indiens en majorité, employés dans les pays du Golfe… Ils ont aussi leurs problèmes spécifiques.

Il reste une semaine pour démêler l'écheveau de ce Moyen-Orient réellement compliqué. Pour l'Église, l'enjeu est clair. Remarquablement exprimé par l'un des deux intervenants musulmans, il a été ainsi défini par Grégoire III Laham, patriarche d'Antioche des Grecs melkites: «Si l'Orient était vidé de ses chrétiens (…) toute occasion serait propice pour un nouveau choc des cultures, des civilisations et même des religions, un choc destructeur entre l'Orient arabe musulman et l'Occident chrétien.»

15 septembre 2010. Projet avorté de brûler le Coran: le pape dénonce "haine" et "violence"

Le pape Benoît XVI a dénoncé mercredi la "haine" et la "violence" en cours "particulièrement en Inde, au Pakistan et en Afghanistan", notamment à la suite des manifestations déclenchées par le projet avorté d'un pasteur américain de brûler le Coran le 11 septembre.

10 juin 2010. Lettre ouverte au Pape sur la situation de l'islam actuel

Homélie du Pape Benoît XVI. Messe de la Nuit de Noël 2007

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