Être humain
Victor Hugo écrivait : "Le théâtre n'est pas le pays du réel : il y a des arbres en carton, des palais de toile, un ciel de haillons, des diamants de verre, de l'or de clinquant, du fard sur la pêche, du rouge sur la joue, un soleil qui sort de dessous la terre. C'est le pays du vrai : il y a des coeurs humains dans la coulisse, des coeurs humains dans la salle."
"Il n'est pas difficile de parler avec un être humain, d'embrasser un être humain, de se marier avec un être humain, de mettre au monde un être humain. Ce qui est difficile et seul intéressant, c'est d'avoir un être humain." Réjean Ducharme
Femme
Homme
Enfant
Corps humain
Esprit
Âme
Composition de l'être dans l'Égypte antique
Développement chez l'humain
Contributions
Science
Dictionnaire historique de la langue française : science n.f est emprunté (1080, Chanson de Roland) au latin classique scientia "connaissance", spécialement connaissance scientifique, qui prend dès l'époque classique le sens du grec épistêmé "savoir théorique", aussi employé en philosophie (épistémologie).Scientia dérive de sciens, scientis "qui sait", "instruit", "habile" et substantivement "connaisseur", participe présent de scire "savoir", parfois employé à l'époque impériale pour "décider, décréter", par confusion avec siscere, inchoactif de scire. Scire à peut-être eu à l'origine le sens de "trancher" puis "décider". Il n'a pas de correspondant dans les autres langues indoeuropéennes.
Le français reprend les deux valeurs générales du latin, "connaissance" au sens courant, prédominante à partir du XIIe siècle, et "savoir théorique", qui s'impose au XVIIIe siècle.
Science désigne d'abord le savoir-faire que donne des connaissances jointes à l'habileté puis (v.1119, la science) les connaissances étendues que l'on a acquises sur un objet d'étude (cf. savoir). Le mot, avant le XIVe siècle, concerne la connaissance, notamment un savoir pratique (notion proche d'art "technique") au service de la religion. D'ailleurs, le mot s'emploie en religion (v.1120) à propos de la connaissance profonde de Dieu et des créatures, d'où l'esprit de science, "l'esprit de Dieu en tant qu'il donne la science à l'homme." (1553) et aussi de la connaissance transcendante que Dieu a des êtres et des choses (v.1165). Toujours en théologie, l'expression la science du bien et du mal (v.1170) concerne la connaissance parfaite de ce qui est bon ou mauvais, par référence à la Genèse (II,9) et au mythe de l'Eden. La science de qqchose (1170, l'escience...) équivaut à "connaissance exacte et approfondie". Cet emploi, comme dans la science de qqn "ensemble de connaissances" (1250)., d'abord mettre sa science à qqch "s'appliquer à qqch, avec tous ses moyens intellectuels" (1225), est devenu archaïque. Avec cette valeur, le mot entrait dans locution par science "en sachant de quoi il s'agit" (v.1165), devenue en science (fin XIVe siècle) puis avec science (1694), encore vivante. Par métonymie, science est aussi employé (v.1225) pour "intelligence avisée, pleine de connaissances, capable de sagesse", d'où faire science "agir sagement" (1501) sorti d'usage. Au milieu du XIIe siècle se construit, avec la valeur de générale de "savoir, connaissance", l'opposition entre pratique et théorie.
Depuis le XIIIe siècle, avec une valeur proche du sens moderne, science désigne (v.1265) un ensemble de connaissances ayant un objet déterminé et une méthode propre et les sciences (XIIIe siècle) l'ensemble des disciplines qui forment le savoir théorique. Cette valeur se précise au XIVe siècle où apparait le mot scientifique. Avec sa valeur plus générale, le mot s'emploie dans les locutions avoir science aperte (ouverte) de... savoir de façon sûre" (1270) puis de certaine science (1291) devenu au XVIIe siècle de science (v.1650) et de science certaine (v.1660), toujours en usage.. De là l'emploi disparu de science pour "certitude". (apr. 1350) sorti d'usage.
En philosophie, science acquise signifie "puissance intellectuelle de l'homme en tant que fondement du savoir dans le sujet (v.1375); on dit aussi aboslument science (1413). Avec la valeur pragmatique de "technique connue", science s'est employé (1373) pour "art de la chasse" et, plus largement, (XVe siècle), "pratique nécessitant des connaissances". A la fin du XVe siècle, avoir la science infuse, en théologie, correspond à "avoir la connaissance que donne Dieu par pure inspiration", par référence à la connaissance qu'Adam reçut de Dieu; l'expression a pris le sens courant de "savoir de façon innée" puis de "prétendre tout savoir" (1835).
A la fin du XVIe siècle, on relève la gaie science, expression sortie d'usage pour désigner l'art poétique et les connaissances qu'il implique.
Le sens général ancien est appliqué dans des syntagmes comme la science du monde, science des affaires (1672), la science du coeur (1695) "la connaissance intuitive des sentiments humains"; ces emplois ont vieilli.
Concernant l'évolution des connaissances et le savoir réglé, l'emploi du même terme peut masquer des évolutions considérables. A la "science" médiévale servante de la foi, cumulative, rhétorique, fondée en révélation et en sources d'autorité (par ex. Aristote, surtout à partir du XIVe siècle) succède la science de la Renaissance. A cette époque, deux types de savoir se disputent la prééminence : le droit, émanation de la pensée divine et réglage de la vie humaine, et les mathématiques, qui manifestent elles-aussi l'ordre du monde. Les penseurs les plus modernes comprennent alors, avec Léonard de Vinci, que la science doit être fondée sur le raisonnement formel (mathématiques) et sur l'observation et l'expérience contrôlée. C'est aussi à cette époque que les effets de la science sont confrontés à une morale (science sans conscience... Rabelais).
Au XVIIe siècle, parallèlement aux valeurs courantes du mot, le concept de science, grâce à des pensées comme celles de Francis Bacon, puis de Descartes s'écartent de ceux de philosophie et de théologie, et l'idée de méthode prend toutes son importance.
A partir du XVIe siècle ou au début du XVIIe siècle, science" s'est dit (1608) de toute connaissance assez précise et entre dans des syntagmes qui en précisent la valeur, courante ou théorique, les sciences libérales "les arts libéraux" les sciences spéculatives connaissances qui reposent sur le pur raisonnement (1670) les sciences naturelles (1674). Sciences humaines désigne d'abord (1690) l'ensemble "langue, grammaire, poésie, rhétorique" opposé au XVIIe et XVIIIe siècle à hautes sciences (1718) "théologie, philosophie, mathématiques" ou bien s'oppose à sciences divines (XVIIIe - XIXe s.) Sciences curieuses "l'astrologie et l'alchimie" à disparu, et sciences occultes " relatives aux phénomènes irrationnels de l'existence psychique" est enregistré aussi en 1690.
Depuis le début du XVIIIe siècle la science se dit de la connaissance exacte, universelle et vérifiable exprimée par des lois; avec cette valeur scientifique semble un peu antérieur. Le mot, de plus en plus employé avec cette valeur, concerne néanmoins dans des expressions plus large le sens de "connaissance précise", par exemple dans science philosophique, divine (1721) ou sciences morales (v.1750) A la même époque, le mot une branche de la connaissance dans sciences économiques (1760), science politique (1722). Les sciences sans qualification (1765) s'emploie pour les sciences ou le calcul et l'observation ont une grande part, c'est-à-dire les sciences exactes (1787) "les mathématiques et les sciences qui se fondent sur elles" et les sciences d'observation ou sciences de la nature. A partir de cette valeur apparaît l'opposition entre les sciences et les lettres.
Au XIXe siècle sont attestées plusieurs expressions qui témoignent d'une précision accrue dans la définition du concept : sciences positives " déductibles ou susceptibles d'être contrôlées expérimentalement" (v.1860), sciences expérimentales (1865), sciences physiques (1868), science pure opposé à sciences appliquées (1873).
Au XXe siècle, sciences humaines prend un sens nouveau, proches de sciences sociales qui semble un calque de l'anglais et correspond à "sciences dont l'objet est l'homme en société". Un autre calque de l'anglais produit les expressions récentes de sciences dures (sciences exactes, déductives ou hypothético-déductives) et sciences molles (les sciences humaines quand elles ne recourent ni au calcul ni à l'expérience)
Charte Marocaine du Tourisme Responsable
Quel est le message de l'islam?
Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 15,35-37.42-49.
L'un de vous peut demander : « Comment les morts ressuscitent-ils ? avec quelle sorte de corps reviennent-ils ? » - Réfléchis donc ! Quand tu sèmes une graine, elle ne peut pas donner vie sans mourir d'abord ; et tu ne sèmes pas le corps de la plante qui va pousser, tu sèmes une graine toute nue : du blé ou autre chose. Il en sera de même quand les morts ressusciteront. Ce qui est semé dans la terre est périssable, ce qui ressuscite est impérissable ; ce qui est semé n'a plus de valeur, ce qui ressuscite est plein de gloire ; ce qui est semé est faible, ce qui ressuscite est puissant ; ce qui est semé est un corps humain, ce qui ressuscite est un corps spirituel ; puisqu'il existe un corps humain, il existe aussi un corps spirituel. L'Écriture dit : Le premier Adam était un être humain qui avait reçu la vie ; le dernier Adam - le Christ - est devenu l'être spirituel qui donne la vie. Ce qui est apparu d'abord, ce n'est pas l'être spirituel, c'est l'être humain, et ensuite seulement, le spirituel. Pétri de terre, le premier homme vient de la terre ; le deuxième homme, lui, vient du ciel. Puisque Adam est pétri de terre, comme lui les hommes appartiennent à la terre ; puisque le Christ est venu du ciel, comme lui les hommes appartiennent au ciel. Et de même que nous sommes à l'image de celui qui est pétri de terre, de même nous serons à l'image de celui qui vient du ciel.
Cf. « Du grain est tombé dans la bonne terre..., et il a porté du fruit au centuple »
Les dix stratégies de manipulation de masses
Le linguiste nord-américain Noam Chomsky a élaboré une liste des « Dix Stratégies de Manipulation » à travers les médias. Nous la reproduisons ici. Elle détaille l'éventail, depuis la stratégie de la distraction, en passant par la stratégie de la dégradation jusqu'à maintenir le public dans l'ignorance et la médiocrité.
PressenzaBoston, 9/21/10PRESSENZA Boston, 21/09/10
1/ La stratégie de la distraction
Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »
2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions
Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.
3/ La stratégie de la dégradation
Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.
4/ La stratégie du différé
Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.
5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge
La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-age ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans ». Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »
6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion
Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…
7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise
Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »
8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité
Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…
9/ Remplacer la révolte par la culpabilité
Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution!…
10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes
Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.
« L'Occident ne veut pas comprendre la menace de l'islam politique » (Henri Boulad)
Pourquoi la gauche française avec sa vision simpliste du monde, continue t-elle dans cette voie sans issue malgré les différents avertissements reçus ...
Interview du père Boulad dans l'émission Second Regard, de Radio Canada; diffusée le 5 février 2012.
Henri Boulad est né à Alexandrie en 1931. Il est issu d'une ancienne famille syrienne chrétienne de rite grec-catholique (melkite) originaire de Damas mais installée en Egypte depuis 1860 et qui a donné plusieurs hommes d'église au cours des siècles. Il a rejoint en 1950 l'ordre des Jésuites, et a effectué son noviciat à Bikfaya, au Liban. De 1952 à 1954, il a étudié la littérature à l'université de Laval, en France, puis, de 1954 à 1957, il a étudié la philosophie à Chantilly, toujours en France. Il a enseigné deux ans au Collège des Jésuites du Caire, et a étudié la théologie de 1959 à 1963 au Liban. Il a été ordonné prêtre en 1963 selon le rite melkite. En 1965, il a participé à un programme de formation des Jésuites à Pomfret, au Connecticut, et a obtenu un doctorat en psychologie scolaire de l'Université de Chicago. Connaisseur de l'Islam, qu'il côtoie depuis toujours en Égypte, défenseur et militant des droits de l'homme, il est un observateur privilégié du Printemps Arabe, et en particulier de la révolution égyptienne. Il appelle l'Occident à ne pas céder au cynisme, à soutenir les aspirations des peuples à la liberté, et à ne pas s'allier aux fondamentalistes religieux.
Le parler vrai du Père Boulad est comme un bélier qui percute les murailles du déni et de l'aveuglement volontaire. Nos élites et nos gouvernements se couvrent les yeux, se bouchent les oreilles et refusent de prendre acte du danger, pris comme ils sont par leurs intérêts économiques et leurs calculs électoraux. Pour les doctrinaires et les aristocrates de la gauche c'est plutôt le désir plus ou moins conscient de succomber à la tentation totalitaire en se soumettant à la barbarie.
Nous gagnerions à voir l'islam avec les yeux du Père Boulad, non le soi-disant islam des lumières mort et enterré il y a huit siècles, mais l'islam obscurantiste d'aujourd'hui, celui dont l'idéal est le retour au septième siècle pour ce qui est du temps et au désert stérile pour ce qui est du lieu.
C'est en défenseur de la liberté et de la dignité de l'être humain que le Père Boulad nous parle sans fard, pour nous rappeler qu'elles sont en danger, non seulement en Égypte mais également en Occident où nous les tenons pour acquis. Pour lui, c'est par les Idées qu'il est possible de changer le monde : l'Esprit sera plus fort que le Glaive de la tyrannie islamique, et l' Espérance plus forte que le pessimisme. Pourquoi la gauche française avec sa vision simpliste du monde, continue t-elle dans cette voie sans issue malgré les différents avertissements reçus ...
Serais-je comme Peer Gynt qui rêvait sa vie ?
Est-ce que je me ferais emporter par les flots impétueux de la Moldau ? Je l’ignore.
Mon envie de me réfugier dans la caverne de Platon est très forte mais je sais que je ne dois pas y entrer. Je ne pourrais plus en sortir et les murs seraient remplis de mes rêves et de mes désirs.
Que faire alors ? Comment trouver le courage de s'ouvrir à nouveau au monde et créer ?
La seule activité qui soit importante et fait de nous des êtres humains. Je dis bien créer et non produire.
Produire est simple et facile. Il suffit de connaître un créateur et de s’appliquer. L’homme a créé tellement de beautés et les producteurs ont fabriqué tellement de merdes !!!!
Oui, c’est un peu expéditif mais, que cela se sache une bonne fois pour toutes. Mon admiration va aux compositeurs et non aux interprètes. Aux inventeurs et non aux chefs d’ateliers…..
Notre monde souffre du dédain opposé aux créatifs.
Un créateur de Facebook n’est rien d’autre qu’un opportuniste qui a vu l’intérêt d’utiliser cette merveilleuse invention qu’est l’internet (créée par des scientifiques). C’est un applicatif, un interprète, un opportuniste… en aucun cas un véritable créateur. Voilà, j’avais envie de m’énerver un peu.
Je rêve du « matin » dans Peer Gynt de Grieg. Quelle légèreté, quelle impression de fraîcheur et de renouveau. Quelle évidence ! Comment peut-on être aussi génial et réconfortant ?
Bêtise : continent infini
Prenons Flaubert le samedi 27 septembre 1878 dans le « Journal » d'Edmond de Concourt : « Flaubert, à la condition de lui abandonner les premiers rôles et de se laisser enrhumer par les fenêtres qu'il ouvre à tout moment, est un très agréable camarade. Il a une bonne gaieté et un rire d'enfant, qui sont contagieux; et dans le contact de la vie de tous les jours se développe en lui une grosse affectuosité qui n'est pas sans charme. »
Ce Goncourt ne comprend rien, cela va de soi, mais il nous donne une précieuse information sur l'ouverture des fenêtres. Flaubert étouffe, il suffoque, son « Bouvard et Pécuchet » lui donne un mal fou, c'est un bouquin infernal, atroce, qui le mène droit à la mort. « Mon but secret est d'abrutir tellement le lecteur qu'il en devienne fou. Mais mon but ne sera pas atteint, par la raison que le lecteur ne me lira pas. Il se sera endormi dès le commencement. »
On n'a pas assez insisté, à mon avis, sur la découverte fondamentale de Flaubert, son trait de génie, sa passion, sa rage. Sartre a eu tort d'inventer pour lui le rôle d'« idiot de la famille », alors qu'il aura été le premier à sonder ce continent infini, la Bêtise. De ce point de vue, Flaubert, c'est Copernic, Galilée, Newton : avant lui, on ne savait pas que la Bêtise gouvernait le monde. « Je connais la Bêtise. Je l'étudie. C'est là l'ennemi. Et même il n'y a pas d'autre ennemi. Je m'acharne dessus dans la mesure de mes moyens. L'ouvrage que je fais pourrait avoir comme sous-titre : “Encyclopédie de la Bêtise humaine”.»
Bêtise de la politique, bêtise de la littérature, bêtise de la critique, médiocrité gonflée à tout va, il faut dire que la fin du XIXe siècle se présente comme un condensé de tous les siècles, ce qui a le don de mettre Flaubert en fureur. Le pouvoir est bête, la religion est bête, l'ordre moral est insupportable, bourgeois ou socialistes sont aussi imbéciles les uns que les autres, et ce qui les unit tous, preuve suprême de la Bêtise, est une même haine de l'Art. « Qui aime l'Art aujourd'hui ? Personne, voilà ma conviction intime. Les plus habiles ne songent qu'à eux, qu'à leur succès, qu'à leurs éditions, qu'à leurs réclames ! Si vous saviez combien je suis écoeuré souvent par mes confrères ! Je parle des meilleurs.» Il faut lire ici (ou relire) la grande lettre à Maupassant, de février 1880, elle est prophétique. Un programme de purification du passé est en cours sous le nom de moralité, mais en réalité (et nous en sommes là aujourd'hui) par la mise en place d'une conformité fanatique plate. « Il faudra, dit Flaubert, supprimer tous les classiques grecs et romains, Aristophane, Horace, Virgile. Mais aussi Shakespeare, Goethe, Cervantès, Rabelais, Molière, La Fontaine, Voltaire, Rousseau. » « Après quoi, ajoute-t-il, il faudra supprimer les livres d'histoire qui souillent l'imagination ».
Flaubert voit loin : les idées reçues doivent remplacer la pensée, il y a, au fond de la bêtise, une « haine inconsciente du style », une « haine de la littérature » très mystérieuse, animale, qu'il s'agisse des gouvernements, des éditeurs, des rédacteurs en chef des journaux, des critiques « autorisés ». La société devient une énorme « farce », où, dit-il, « les honneurs déshonorent, les titres dégradent, la fonction abrutit ». Renan se présente à l'Académie française ? Quelle « modestie » ! « Pourquoi, quand on est quelqu'un, vouloir être quelque chose ? » Savoir écrire et lire est un don, sans doute, mais aussi une malédiction : « Du moment que vous savez écrire, vous n'êtes pas sérieux, et vos amis vous traitent comme un gamin.» Bref, l'être humain est en train de devenir irrespirable.
En janvier 1880, vers la fin de son existence physique de saint halluciné, Flaubert écrit à Edma Roger des Genettes (sa correspondante préférée, avec Léonie Brainne et sa nièce Caroline, plutôt des femmes, donc) : « J'ai passé deux mois et demi absolument seul, pareil à l'ours des cavernes, et en somme parfaitement bien, puisque, ne voyant personne, je n'entendais pas dire de bêtises. L'insupportabilité de la sottise humaine est devenue chez moi une maladie, et le mot est faible. Presque tous les humains ont le don de m'exaspérer, et je ne respire librement que dans le désert.»
Simple question : que dirait Flaubert aujourd'hui ? Autre prophétie pleinement réalisée : « L'importance que l'on donne aux organes uro-génitaux m'étonne de plus en plus.» Allons, bon : le sexe lui-même est en train de devenir Bête.
Gustave Flaubert, Correspondance, Tome V. Éditions Gallimard, Coll “la Pléiade”, 1584 p.
Le Nouvel Observateur n° 2250 du 20 décembre 2007.
Actualités
21 décembre 2012. Troisième Paradis
Je l'ai vu l' évènement, c'est très beau comme des papillons éphémères de nuit, qui surgissent un instant, et s'éteignent aussitôt, laissant derrière soi l'amertume, l'inachevé, comme si on ne change pas le caractère actuel de l'être humain, alors rien n'arrêtera le désastre....
12 décembre 2012. Message du Saint-Père pour la Journée Mondiale pour la paix en 2013
Message du Saint-Père pour célébration de la Journée Mondiale pour la paix le 1er janvier 2013 sur le thème "Heureux les artisans de Paix".
1. Chaque année nouvelle porte en elle l'attente d'un monde meilleur. Dans cette perspective, fondée sur la foi, je prie Dieu, Père de l'humanité, de nous donner la concorde et la paix afin que puissent se réaliser pour tous les aspirations à une vie heureuse et prospère.
À 50 ans de l'ouverture du Concile Vatican II qui a permis de renforcer la mission de l'Église dans le monde, il est encourageant de constater que les chrétiens - peuple de Dieu en communion avec lui et en chemin parmi les hommes - s'engagent dans l'histoire en partageant ses joies et ses espoirs, ses tristesses et ses angoisses [1], annonçant le salut du Christ et promouvant la paix pour tous.
Notre temps en effet, marqué par la mondialisation, avec ses aspects positifs et négatifs, mais aussi par des conflits sanglants toujours en cours et par des menaces de guerre, demande un engagement renouvelé et collectif pour la recherche du bien commun, du développement de tous les hommes et de tout l'homme.
Les foyers de tension et d'opposition causés par des inégalités croissantes entre riches et pauvres, par la prévalence d'une mentalité égoïste et individualiste qui s'exprime également au travers d'un capitalisme financier sans régulation, nous inquiètent. En plus des différentes formes de terrorisme et de criminalité internationales, les fondamentalismes et les fanatismes qui défigurent la vraie nature de la religion, appelée qu'elle est à favoriser la communion et la réconciliation entre les hommes sont autant de dangers pour la paix.
Et pourtant les nombreuses œuvres de paix dont le monde est riche, témoignent de la vocation innée de l'humanité à la paix. En chaque personne, le désir de paix est une aspiration essentielle qui coïncide, d'une certaine façon, avec le désir d'une vie humaine pleine, heureuse et accomplie. En d'autres termes, le désir de paix correspond à un principe moral fondamental, c'est-à-dire au développement intégral, social, communautaire, entendu comme un droit et un devoir, et cela fait partie du dessein de Dieu sur l'homme. L'homme est fait pour la paix qui est don de Dieu.
Tout ce qui précède m'a conduit à m'inspirer, pour ce Message, des paroles de Jésus-Christ : « Heureux les artisans de paix, parce qu'ils seront appelés fils de Dieu » (Mt 5,9).
La béatitude évangélique
2. Les béatitudes, proclamées par Jésus (cf. Mt 5,3-12 et Lc 6,20-23), sont autant de promesses. Dans la tradition biblique en effet, le genre littéraire correspondant à la béatitude porte toujours en lui-même une bonne nouvelle, c'est-à-dire un évangile, qui culmine en une promesse. Les béatitudes ne sont donc pas seulement des recommandations morales dont l'observance prévoit, au temps prescrit - temps généralement situé dans l'autre vie -, une récompense, c'est-à-dire une situation de bonheur à venir. La béatitude consiste plutôt en l'accomplissement d'une promesse adressée à tous ceux qui se laissent guider par les exigences de la vérité, de la justice et de l'amour. Ceux qui mettent leur foi en Dieu et en ses promesses apparaissent souvent aux yeux du monde naïfs et éloignés de la réalité. Eh bien, Jésus leur déclare qu'ils découvriront être fils de Dieu non seulement dans l'autre vie mais déjà en celle-ci et que, depuis toujours et pour toujours, Dieu est pleinement solidaire d'eux. Ils comprendront qu'ils ne sont pas seuls parce qu'Il est du côté de ceux qui s'engagent en faveur de la vérité, de la justice et de l'amour. Jésus, révélation de l'amour du Père, n'hésite pas à s'offrir lui-même en sacrifice. Quand on accueille Jésus-Christ, Homme-Dieu, on vit la joyeuse expérience d'un don immense : le partage de la vie même de Dieu, ou encore la vie de la grâce, prémisse d'une existence pleinement heureuse. Jésus-Christ nous donne en particulier la paix véritable qui naît de la rencontre confiante de l'homme avec Dieu.
La béatitude de Jésus dit que la paix est à la fois don messianique et œuvre humaine. En effet, la paix présuppose un humanisme ouvert à la transcendance. Il est fruit du don réciproque, d'un enrichissement mutuel, grâce au don qui jaillit de Dieu et permet de vivre avec les autres et pour les autres. L'éthique de la paix est une éthique de la communion et du partage. Il est alors indispensable que les différentes cultures contemporaines dépassent les anthropologies et les éthiques fondées sur des présupposés théorico-pratiques surtout subjectifs et pragmatiques, au nom desquels les relations de cohabitation sont inspirés par des critères de pouvoir ou de profit, où les moyens deviennent des fins et vice-versa, où la culture et l'éducation sont seulement centrées sur les instruments, sur la technique et sur l'efficience. Le démantèlement de la dictature du relativisme et de l'adoption d'une morale totalement autonome qui interdit la reconnaissance de l'incontournable loi morale naturelle inscrite par Dieu dans la conscience de chaque homme est une condition nécessaire de la paix. La paix est construction d'un vivre-ensemble en termes rationnels et moraux, s'appuyant sur un fondement dont la mesure n'est pas créée par l'homme mais par Dieu même. « Le Seigneur donne la puissance à son peuple, le Seigneur bénit son peuple dans la paix », rappelle le Psaume 29 (v.11).
La paix : don de Dieu et œuvre de l'homme
3. La paix concerne l'intégrité de la personne humaine et appelle l'implication de tout l'homme. C'est la paix avec Dieu, en vivant selon sa volonté. C'est la paix intérieure avec soi-même et la paix extérieure avec le prochain et avec toute la création. Elle comporte principalement, comme l'a écrit le bienheureux Jean XXIII dans l'encyclique Pacem in Terris dont nous commémorerons dans quelques mois le cinquantième anniversaire, la construction d'un vivre-ensemble fondé sur la vérité, sur la liberté, sur l'amour et sur la justice [2]. La négation de ce qu'est la véritable nature de l'être humain, en ses dimensions essentielles, en sa capacité intrinsèque de connaître le vrai et le bien et, en définitive, Dieu lui-même, met en danger la construction de la paix. Sans la vérité sur l'homme, inscrite en son coeur par le Créateur, la liberté et l'amour s'avilissent, la justice perd le fondement de son exercice.
Pour devenir d'authentiques artisans de paix, l'attention à la dimension transcendante est fondamentale comme l'est le dialogue constant avec Dieu, Père miséricordieux, dialogue dans lequel on implore la rédemption que nous a obtenue son Fils Unique. Ainsi l'homme peut vaincre ce germe d'affaiblissement et de négation de la paix qu'est le péché en toutes ses formes : égoïsme et violence, avidité et volonté de puissance et de domination, intolérance, haine et structures injustes.
La réalisation de la paix dépend avant tout de la reconnaissance d'être, en Dieu, une unique famille humaine. Celle-ci se structure, comme l'a enseigné l'Encyclique Pacem in Terris, à travers des relations interpersonnelles et des institutions soutenues et animées par un « nous » communautaire, impliquant un ordre moral, interne et externe, où sont sincèrement reconnus, selon la vérité et la justice, les droits réciproques et les devoirs correspondants. La paix est un ordre vivifié et structuré par l'amour; ainsi chacun ressent comme siens les besoins et les exigences d'autrui, fait partager ses propres biens aux autres et rend la communion aux valeurs spirituelles toujours plus répandue dans le monde. Cet ordre se réalise dans la liberté, c'est-à-dire de la façon qui convient à la dignité des personnes qui, par leur nature raisonnable elle-même, assument la responsabilité de leurs actes [3].
La paix n'est pas un rêve, ce n'est pas une utopie : elle est possible. Nos yeux doivent regarder plus profondément, sous la surface des apparences et des phénomènes, pour distinguer une réalité positive qui existe dans les cœurs parce que tout homme est créé à l'image de Dieu, et appelé à grandir, contribuant à l'édification d'un monde nouveau. Dieu lui-même en effet, par l'incarnation de son Fils et la rédemption qu'il réalise, est entré dans l'histoire, suscitant une nouvelle création et une nouvelle alliance entre Dieu et l'homme (cf. Jer 31,31-34), nous donnant la possibilité d'avoir « un cœur nouveau » et « un esprit nouveau » (cf. Ez 36,26).
C'est justement pourquoi l'Église est convaincue qu'existe l'urgence d'une nouvelle annonce de Jésus-Christ, premier et principal facteur du développement intégral des peuples et aussi de la paix. En effet, Jésus est notre paix, notre justice, notre réconciliation (cf. Ep 2,14 ; 2 Cor 5,18). L'artisan de paix, selon la béatitude de Jésus, est celui qui recherche le bien de l'autre, le bien complet de l'âme et du corps, aujourd'hui et demain.
De cet enseignement, on peut déduire que toute personne, toute communauté - religieuse, civile, éducative et culturelle -, est appelée à être artisan de paix. La paix est principalement réalisation du bien commun des différentes sociétés, qu'elles soient primaires ou intermédiaires, nationales, internationales ou mondiale. C'est justement pourquoi on peut dire que les voies de réalisation du bien commun sont aussi celles qu'il importe de parcourir pour obtenir la paix.
Les artisans de paix sont ceux qui aiment, défendent et promeuvent la vie dans son intégralité
4. Le chemin de réalisation du bien commun et de la paix est avant tout le respect pour la vie humaine, considérée dans la variété de ses aspects, à commencer par sa conception, dans son développement, et jusqu'à son terme naturel. Les vrais artisans de paix sont alors ceux qui aiment, défendent et promeuvent la vie humaine en toutes ses dimensions : personnelle, communautaire et transcendante. La vie en plénitude est le sommet de la paix. Qui veut la paix ne peut tolérer des atteintes ou des crimes contre la vie.
Ceux qui n'apprécient pas suffisamment la valeur de la vie humaine et, par conséquent, soutiennent la libéralisation de l'avortement par exemple, ne se rendent peut-être pas compte que de cette façon ils proposent la recherche d'une paix illusoire. La fuite des responsabilités qui avilit la personne humaine et, encore davantage, le meurtre d'un être sans défense et innocent, ne pourront jamais produire ni bonheur ni paix. Comment peut-on penser en effet construire la paix, le développement intégral des peuples ou la sauvegarde même de l'environnement sans que soit défendu le droit des plus faibles à la vie, à commencer par les enfants à naître ? Toute atteinte à la vie, en particulier à son origine, provoque inévitablement des dégâts irréparables pour le développement, pour la paix, pour l'environnement. Il n'est pas juste non plus de codifier de manière sournoise de faux droits ou des abus qui, fondés sur une vision réductrice et relativiste de l'être humain et sur l'utilisation habile d'expressions ambiguës destinées à favoriser un prétendu droit à l'avortement et à l'euthanasie, menacent le droit fondamental à la vie.
La structure naturelle du mariage doit être aussi reconnue et promue, c'est-à-dire l'union entre un homme et une femme, face aux tentatives de la rendre juridiquement équivalente à des formes radicalement différentes d'union qui, en réalité, la dénaturent et contribuent à la déstabiliser, éclipsant son caractère particulier et son rôle social irremplaçable.
Ces principes ne sont pas des vérités de foi ; ils ne sont pas non plus seulement une conséquence du droit à la liberté religieuse. Ils sont inscrits dans la nature humaine elle-même, identifiables par la raison, et donc communs à toute l'humanité. L'action de l'Église en faveur de leur promotion ne revêt donc pas un caractère confessionnel mais s'adresse à toutes les personnes, quelle que soit leur appartenance religieuse. Cette action est d'autant plus nécessaire que ces principes sont niés ou mal compris, car cela constitue une offense faite à la vérité de la personne humaine, une grave blessure infligée à la justice et à la paix.
C'est pourquoi la reconnaissance par les ordonnancements juridiques et par l'administration de la justice du droit à l'usage du principe d'objection de conscience face à des lois et à des mesures gouvernementales portant atteintes à la dignité humaine, comme l'avortement et l'euthanasie, est aussi une importante contribution à la paix.
Parmi les droits fondamentaux, concernant aussi la vie pacifique des peuples, il y a également celui des particuliers et des communautés à la liberté religieuse. En ce moment de l'histoire, il devient de plus en plus important qu'un tel droit soit promu non seulement du point de vue négatif, comme liberté face à - par exemple des obligations ou des restrictions relatives à la liberté de choisir sa propre religion -, mais aussi du point de vue positif, en ses différentes articulations, comme liberté de : par exemple de témoigner de sa propre religion, d'annoncer et de communiquer ses enseignements ; d'accomplir des activités éducatives, de bienfaisance et d'assistance qui permettent d'appliquer les préceptes religieux ; d'exister et d'agir en tant qu'organismes sociaux, structurés selon les principes doctrinaux et les fins institutionnelles qui leur sont propres. Malheureusement, même dans les pays de vieille tradition chrétienne, se multiplient les épisodes d'intolérance religieuse, en particulier contre le christianisme et contre ceux qui revêtent simplement les signes distinctifs de leur propre religion.
L'artisan de paix doit aussi avoir conscience que de plus en plus de secteurs de l'opinion publique sont touchés par les idéologies du libéralisme radical et de la technocratie qui leur instillent la conviction selon laquelle la croissance économique est à obtenir aussi au prix de l'érosion de la fonction sociale de l'État et des réseaux de solidarité de la société civile, ainsi que des droits et des devoirs sociaux. Or, il faut considérer que ces droits et devoirs sont fondamentaux pour la pleine réalisation des autres, à commencer par les droits et les devoirs civiques et politiques.
Parmi les droits et les devoirs sociaux aujourd'hui les plus menacés, il y a le droit au travail. Cela est dû au fait que le travail et la juste reconnaissance du statut juridique des travailleurs sont de moins en moins correctement valorisés, parce que le développement économique dépendrait surtout de la pleine liberté des marchés. Le travail est appréhendé comme une variable dépendant des mécanismes économiques et financiers. À ce sujet, je répète ici que la dignité de l'homme, ainsi que la logique économique, sociale et politique, exigent que l'on continue à « se donner comme objectif prioritaire l'accès au travail ou son maintien, pour tous » [4]. La réalisation de cet objectif ambitieux a pour condition une appréhension renouvelée du travail, fondée sur des principes éthiques et des valeurs spirituelles de nature à renforcer sa conception en tant que bien fondamental pour la personne, la famille, la société. À ce bien correspondent un devoir et un droit qui exigent des politiques courageuses et novatrices en faveur du travail pour tous.
Construire le bien de la paix par un nouveau modèle de développement et d'économie
5. De plusieurs côtés, il est reconnu qu'aujourd'hui un nouveau modèle de développement comme aussi un nouveau regard sur l'économie s'avèrent nécessaires. Aussi bien le développement intégral, solidaire et durable, que le bien commun, exigent une échelle correcte de "biens-valeurs", qu'il est possible de structurer en ayant Dieu comme référence ultime. Il ne suffit pas d'avoir à disposition de nombreux moyens et de nombreuses opportunités de choix, même appréciables. Autant les multiples biens efficaces pour le développement, que les opportunités de choix doivent être utilisés dans la perspective d'une vie bonne, d'une conduite droite qui reconnaisse le primat de la dimension spirituelle et l'appel à la réalisation du bien commun. Dans le cas contraire, ils perdent leur juste valeur, finissant par s'ériger en nouvelles idoles.
Pour sortir de la crise financière et économique actuelle - qui a pour effet une croissance des inégalités - il faut des personnes, des groupes, des institutions qui promeuvent la vie en favorisant la créativité humaine pour tirer, même de la crise, l'occasion d'un discernement et d'un nouveau modèle économique. Le modèle prévalant des dernières décennies postulait la recherche de la maximalisation du profit et de la consommation, dans une optique individualiste et égoïste, tendant à évaluer les personnes seulement par leur capacité à répondre aux exigences de la compétitivité. Au contraire, dans une autre perspective, le succès véritable et durable s'obtient par le don de soi, de ses propres capacités intellectuelles, de son esprit d'initiative, parce que le développement économique vivable, c'est-à-dire authentiquement humain, a besoin du principe de gratuité comme expression de fraternité et de la logique du don [5]. Concrètement, dans l'activité économique, l'artisan de paix se présente comme celui qui instaure avec ses collaborateurs et ses collègues, avec les commanditaires et les usagers, des relations de loyauté et de réciprocité. Il exerce l'activité économique pour le bien commun, vit son engagement comme quelque chose qui va au-delà de son intérêt propre, au bénéfice des générations présentes et futures. Et ainsi, il travaille non seulement pour lui, mais aussi pour donner aux autres un avenir et un travail décent.
Dans le domaine économique, il est demandé, spécialement de la part des États, des politiques de développement industriel et agricole qui aient le souci du progrès social et de l'universalisation d'un État de droit, démocratique. Ensuite, la structuration éthique des marchés monétaires, financiers et commerciaux est fondamentale et incontournable; ceux-ci seront stabilisés et le plus possible coordonnés et contrôlés, de façon à ne pas nuire aux plus pauvres. La sollicitude des nombreux artisans de paix doit en outre se mettre - avec plus de résolution par rapport à ce qui s'est fait jusqu'à aujourd'hui - à considérer la crise alimentaire, bien plus grave que la crise financière. Le thème de la sécurité des approvisionnements alimentaires en est venu à être central dans l'agenda politique international, à cause de crises connexes, entre autre, aux fluctuations soudaines des prix des matières premières agricoles, aux comportements irresponsables de certains agents économiques et à un contrôle insuffisant de la part des gouvernements et de la communauté internationale. Pour faire face à cette crise, les artisans de paix sont appelés à œuvrer ensemble en esprit de solidarité, du niveau local au niveau international, avec pour objectif de mettre les agriculteurs, en particulier dans les petites réalités rurales, en condition de pouvoir exercer leur activité de façon digne et durable, d'un point de vue social, environnemental et économique.
Éducation pour une culture de paix : le rôle de la famille et des institutions
6. Je désire rappeler avec force que les nombreux artisans de paix sont appelés à cultiver la passion pour le bien commun de la famille et pour la justice sociale, ainsi que l'engagement en faveur d'une éducation sociale valable.
Personne ne peut ignorer ou sous-évaluer le rôle décisif de la famille, cellule de base de la société du point de vue démographique, éthique, pédagogique, économique et politique. Elle a une vocation naturelle à promouvoir la vie : elle accompagne les personnes dans leur croissance et les incite au développement mutuel par l'entraide réciproque. La famille chrétienne, tout particulièrement, porte en elle le projet embryonnaire de l'éducation des personnes à la mesure de l'amour divin. La famille est un des sujets sociaux indispensables à la réalisation d'une culture de la paix. Il faut protéger le droit des parents et leur rôle premier dans l'éducation des enfants, tout d'abord dans le domaine moral et religieux. Dans la famille, naissent et grandissent les artisans de paix, les futurs promoteurs d'une culture de la vie et de l'amour [6].
Dans cette immense tache de l'éducation à la paix, les communautés religieuses sont particulièrement impliquées. L'Église se sent partie-prenante d'une si grande responsabilité à travers la nouvelle évangélisation, qui a comme pivot la conversion à la vérité et à l'amour du Christ, et, par conséquent, la renaissance spirituelle et morale des personnes et des sociétés. La rencontre avec Jésus Christ façonne les artisans de paix en les engageant à la communion et au dépassement de l'injustice.
Une mission spéciale concernant la paix est remplie par les institutions culturelles scolaires et universitaires. Il leur est demandé une contribution importante non seulement à la formation de nouvelles générations de leader, mais aussi au renouvellement des institutions publiques, nationales et internationales. Elles peuvent aussi contribuer à une réflexion scientifique qui enracine les activités économiques et financières dans un solide fondement anthropologique et éthique. Le monde actuel, particulièrement le monde politique, a besoin du support d'une nouvelle pensée, d'une nouvelle synthèse culturelle, pour dépasser les approches purement techniques et harmoniser les multiples tendances politiques en vue du bien commun. Celui-ci, considéré comme un ensemble de relations interpersonnelles et institutionnelles positives, au service de la croissance intégrale des individus et des groupes, est à la base de toute éducation véritable à la paix.
Une pédagogie de l'artisan de paix
7. En conclusion, ressort la nécessité de proposer et de promouvoir une pédagogie de la paix. Elle demande une vie intérieure riche, des références morales claires et valables, des attitudes et des manières de vivre appropriées. En effet, les œuvres de paix concourent à réaliser le bien commun et créent l'intérêt pour la paix, en éduquant à la paix. Pensées, paroles et gestes de paix créent une mentalité et une culture de la paix, une atmosphère de respect, d'honnêteté et de cordialité. Il faut alors enseigner aux hommes à s'aimer et à s'éduquer à la paix, et à vivre avec bienveillance, plus que par simple tolérance. L'encouragement fondamental est celui de « dire non à la vengeance, de reconnaître ses torts, d'accepter les excuses sans les rechercher, et enfin de pardonner » [7], de sorte que les erreurs et les offenses puissent être reconnues en vérité pour avancer ensemble vers la réconciliation. Cela demande qu'une pédagogie du pardon se répande. Le mal, en effet, se vainc par le bien, et la justice est recherchée en imitant Dieu, le Père, qui aime tous ses enfants (cf. Mt 5, 21-48). C'est un travail de longue haleine, parce qu'il suppose une évolution spirituelle, une éducation aux valeurs les plus élevées, une vision neuve de l'histoire humaine. Il convient de renoncer à la fausse paix que promettent les idoles de ce monde et aux dangers qui l'accompagnent, à cette fausse paix qui rend les consciences toujours plus insensibles, qui porte au repliement sur soi, à une existence atrophiée vécue dans l'indifférence. Au contraire la pédagogie de la paix implique action, compassion, solidarité, courage et persévérance.
Jésus incarne l'ensemble de ces attitudes dans son existence, jusqu'au don total de lui-même, jusqu'à « perdre sa vie » (cf. Mt 10,39 ; Lc 17,33 ; Jn 12,25). Il promet à ses disciples que, tôt ou tard, ils feront la découverte extraordinaire dont nous avons parlé au début, à savoir que dans le monde, il y a Dieu, le Dieu de Jésus, pleinement solidaire des hommes. Dans ce contexte, je voudrais rappeler la prière par laquelle nous demandons à Dieu de faire de nous des instruments de sa paix, pour porter son amour là où il y a la haine, son pardon là où il y a l'offense, la vraie foi là où il y a le doute. Pour notre part, avec le bienheureux Jean XXIII, demandons à Dieu qu'il éclaire les responsables des peuples, afin que, tout en se préoccupant du légitime bien-être de leurs compatriotes, ils garantissent et défendent le précieux don de la paix. Qu'il enflamme la volonté de tous pour renverser les barrières qui divisent, renforcer les liens de l'amour mutuel, user de compréhension à l'égard d'autrui et pardonner à ceux qui leur ont fait du tort, de sorte que, grâce à son action, tous les peuples de la terre fraternisent et que parmi eux ne cesse de fleurir et de régner la paix tant désirée [8].
Par ce vœu, je souhaite que tous puissent être de véritables artisans et bâtisseurs de paix, de sorte que la cité de l'homme grandisse dans une concorde fraternelle, dans la prospérité et dans la paix.
Du Vatican, le 8 décembre 2012.
[1] Cf. CONC. ŒCUM. VAT. II, Const. past. sur l'Église dans le monde de ce temps Gaudium et spes, n. 1.
[2] Cf. Lett. enc. Pacem in terris (11 avril 1963) : AAS 55 (1963), 265-266.
[3] Cf. ibid. : AAS 55 (1963), 266.
[4] BENOÎT XVI, Lett. enc. Caritas in veritate (29 juin 2009), n. 32 : AAS 101 (2009), 666-667.
[5] Cf. ibid., n. 34 et 36 : AAS 101 (2009), 668-670 et 671-672.
[6] Cf. JEAN-PAUL II, Message pour la Journée mondiale de la Paix 1994 (8 décembre 1993): AAS 86 (1994), 156-162.
[7] Benoît XVI, Discours aux membres du Gouvernement, aux institutions de la République, au corps diplomatique, aux chefs religieux et aux représentants du monde de la culture, Baabda-Liban (15 septembre 2012) : L'Osservatore romano, édition française n. 3.253 (20 septembre 2012), p. 7.
[8] Cf. Lett. enc. Pacem in terris (11 avril 1963) : AAS 55 (1963), 304.
Nativité
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu'il aime »
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 2,1-14.
En ces jours-là, parut un édit de l'empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre -
ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. -
Et chacun allait se faire inscrire dans sa ville d'origine.
Joseph, lui aussi, quitta la ville de Nazareth en Galilée, pour monter en Judée, à la ville de David appelée Bethléem, car il était de la maison et de la descendance de David.
Il venait se faire inscrire avec Marie, son épouse, qui était enceinte.
Or, pendant qu'ils étaient là, arrivèrent les jours où elle devait enfanter.
Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l'emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n'y avait pas de place pour eux dans la salle commune.
Dans les environs se trouvaient des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux.
L'ange du Seigneur s'approcha, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d'une grande crainte, mais l'ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : Aujourd'hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur.
Et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »
Et soudain, il y eut avec l'ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant :
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu'il aime. »
La meilleure élève dénonce l’enseignement scolaire dans son discours de remise des diplômes. Coxsackie-Athènes le 25 juin 2010
Le discours ci-dessous a été prononcé par Erica Goldson, meilleure élève de sa classe durant la cérémonie de remise des diplômes du lycée de Coxsackie-Athènes le 25 juin 2010.
Ici je me tiens
L’histoire d’un jeune, mais sérieux étudiant en Zen raconte que, s’approchant de son professeur, il demanda au Maître, “Si je travaillais très dur et avec assiduité, combien de temps me faudrait-il pour trouver le Zen ?” Le Maître y réfléchit, puis répondit, “Dix ans…” L’étudiant dit ensuite, “Mais si je travaille très, très dur, et si je m’applique vraiment à apprendre vite — Combien de temps dans ce cas ?” Le Maître répondit, “Eh bien, vingt ans.” “Mais, si vraiment, vraiment j’y travaille, combien de temps dans ce cas ?” demanda l’étudiant. “Trente ans,” répondit le Maître. “Mais, je ne comprends pas,” dit l’étudiant déçu. “A chaque fois que je dis que je travaillerais plus dur, vous dites que ça me prendra plus longtemps. Pourquoi dites-vous cela ?” Le Maître répondit, “Quand un oeil regarde l’objectif, un oeil seulement regarde le chemin.”
Tel est le dilemme que j’ai rencontré dans le système éducatif américain. Nous sommes tellement concentrés sur un objectif, que ce soit de réussir un examen, ou être diplômé premier de la classe. Cependant, de cette manière, nous n’apprenons pas réellement. Nous faisons tout ce qu’il faut pour atteindre notre objectif initial.
Certains d’entre vous pensent peut-être, “Eh bien, si vous réussissez un examen, ou êtes meilleur de la classe, n’avez-vous pas appris quelque chose ? Eh bien, oui, vous avez appris quelque chose, mais pas tout ce que vous auriez pu apprendre. Peut-être n’avez-vous fait qu’apprendre comment mémoriser des noms, lieux et dates pour plus tard les oublier afin de libérer votre esprit en vue du prochain examen. L’école n’est pas du tout ce qu’elle pourrait être. À l’heure actuelle, c’est un endroit où la plupart des gens déterminent que leur objectif est d’en sortir dès que possible.
J’atteins maintenant cet objectif. Je suis diplômée. Je devrais considérer cela comme une expérience positive, surtout en tant que première de ma classe. Toutefois, avec le recul, je ne peux pas dire que je suis plus intelligente que mes pairs. Je peux attester que je suis seulement la meilleure à faire ce que l’on me dit et à travailler dans le système. Pourtant, me voilà ici, et je suis censée être fière d’avoir accompli cette période d’endoctrinement. Je partirai à l’automne pour passer à la prochaine phase que l’on attend de moi, afin d’obtenir un document papier qui certifie que je suis capable de travailler. Mais je le conteste car je suis un être humain, un penseur, un aventurier – pas un travailleur. Un travailleur est quelqu’un qui est prisonnier de la répétition – un esclave du système mis en place avant lui. Mais maintenant, j’ai réussi à démontrer que j’étais le meilleure esclave. J’ai fait ce qu’on m’a dit jusqu’à l’extrême. Tandis que les autres s’asseyaient en classe et gribouillaient pour devenir plus tard de grands artistes, je m’asseyais en classe pour prendre des notes et devenir une grande passeuse d’examens. Tandis que les autres venaient en classe sans avoir fait leurs devoirs car ils lisaient quelque chose qui les intéressait, je ne manquais jamais un travail. Tandis que les autres créaient de la musique et écrivaient des paroles, j’ai décidé d’avoir des points supplémentaires, même si je n’en ai jamais eu besoin. Alors, je me demande pourquoi ai-je voulu cette place ? Bien sûr, je l’ai méritée, mais qu’est-ce qui en découlera ? Lorsque je quitterai l’institutionnalisme éducationnel, réussirai-je ou serais-je perdue à jamais ? Je n’ai aucune idée de ce que je veux faire de ma vie ; je n’ai pas de centre d’intérêts car j’ai regardé tous les sujets d’étude sous l’angle du travail, et j’ai excellé dans chaque domaine dans le simple but d’exceller, pas d’apprendre. Et franchement, maintenant j’ai peur.
John Taylor Gatto, un enseignant à la retraite et militant critique de la scolarité obligatoire, affirme : “Nous pourrions favoriser les meilleures qualités de la jeunesse – la curiosité, l’aventure, l’endurance, la surprenante perspicacité, en étant juste plus souple avec le temps, les textes, et les examens, en transformant les enfants en adultes véritablement compétents, et en donnant à chaque élève l’autonomie qu’il ou elle a besoin de temps à autres. Mais nous ne le faisons pas.” Entre ces murs en moellon, nous sommes tous censés être les mêmes. Nous sommes forcés de réussir brillamment chaque examen standardisé, et ceux qui s’écartent et voient la lumière sous un angle différent sont sans valeur au système de l’éducation publique, et sont donc considérés avec mépris.
H. L. Mencken a écrit dans The American Mercury en avril 1924 que le but de l’éducation publique n’est pas de “remplir de connaissance les jeunes de l’espèce et d’éveiller leur intelligence. … Rien ne peut s’éloigner davantage de la vérité. Le but … est tout simplement de réduire autant de personnes que possible au même confortable niveau, d’engendrer et de former une population normalisée, de réprimer la dissidence et l’originalité. C’est son but aux Etats-Unis.”
Commentaire : Voici le passage entier : “Le but de l’éducation publique n’est absolument pas d’étendre l’instruction ; c’est tout simplement de réduire autant de personnes que possible au même confortable niveau, d’élever et de former une population normalisée, de réprimer la dissidence et l’originalité. C’est son but aux États-Unis, quels que soient les prétentions des politiciens, pédagogues et autres saltimbanques du même genre, et c’est son but partout ailleurs.”
Pour illustrer cette idée, cela ne vous perturbe-t-il pas d’entendre parler de “pensée critique.” Il y a-t-il réellement une “pensée non-critique ?” Penser, c’est traiter l’information en vue de former une opinion. Mais si nous ne sommes pas critiques lors du traitement de cette information, pensons-nous réellement ? Ou acceptons-nous stupidement d’autres opinions comme des vérités ?
C’est ce qu’il m’arrivait, et s’il n’y avait pas eu la rare apparition dans ma vie en seconde d’un professeur d’anglais avant-gardiste, Donna Bryan, qui m’a permis d’ouvrir mon esprit et de poser des questions avant d’accepter la doctrine des manuels scolaires, j’aurais été condamnée. Je suis maintenant éclairée, mais mon esprit se sent toujours handicapé. Je dois me recycler et constamment me souvenir à quel point cet endroit apparemment sain est vraiment fou.
Et maintenant, me voilà ici dans un monde mené par la peur, un monde supprimant ce qu’il y a d’unique en chacun de nous, un monde où nous pouvons soit accepter l’absurdité inhumaine du corporatisme et matérialisme ou insister sur le changement. Nous ne sommes pas animés dans un système éducatif qui définit clandestinement pour nous des emplois qui pourraient être automatisés, des travaux qui n’ont pas besoin d’être faits, un esclavage sans la ferveur d’aucune réalisation significative. Nous sommes dépourvus de choix dans la vie lorsque l’argent est notre force de motivation. Notre force de motivation doit être la passion, mais nous la perdons dès que nous entrons dans un système qui nous forme, plutôt que de nous inspirer.
Nous sommes plus que des étagères robotiques, conditionnées à recracher les faits qu’on nous enseigne à l’école. Nous sommes tous très spéciaux, chaque humain sur cette planète étant si spécial, ne méritons-nous donc pas tous quelque chose de mieux, de nous servir de nos esprits pour l’innovation, plutôt que la mémorisation, pour la créativité, plutôt que pour des occupations futiles, pour la méditation, plutôt que la stagnation ? Nous ne sommes pas ici pour obtenir un diplôme, puis pour avoir un boulot, pour ainsi pouvoir consommer encore et encore les assoupissements approuvés par l’industrie. Il y a plus, et plus encore.
Le plus triste est que la majorité des élèves n’ont pas l’occasion de réfléchir comme je le faisais. La majorité des élèves sont soumis aux mêmes techniques de lavage de cerveau afin de créer une main-d’oeuvre complaisante travaillant dans l’intérêt de grandes sociétés et du gouvernement secret, et le pire de tout, c’est qu’ils ignorent complètement cela. Je ne pourrais jamais revenir 18 ans en arrière. Je ne peux pas m’enfuir dans un autre pays ayant un système d’éducation destiné à éclairer plutôt que conditionner. Cette partie de ma vie est finie, et je veux m’assurer qu’aucun autre enfant aura son potentiel réprimé par des pouvoirs visant à exploiter et contrôler. Nous sommes des êtres humains. Nous sommes des penseurs, des rêveurs, des explorateurs, des artistes, des écrivains, des ingénieurs. Nous sommes ce que nous voulons être – mais seulement si nous avons un système éducatif qui nous soutient plutôt que de nous maintenir à terre. Un arbre peut grandir, mais seulement si l’on offre à ses racines une base saine.
Pour ceux d’entre vous là-bas qui doivent continuer à vous asseoir derrière des tables de classe et céder aux idéologies autoritaires des instructeurs, ne soyez pas découragé. Vous avez toujours la possibilité de vous lever, de poser des questions, d’être critique, et de créer votre propre point de vue. Exigez un cadre qui vous fournira des capacités intellectuelles qui vous permettront de développer votre esprit plutôt que de le diriger. Exigez d’être intéressé par les cours. Exigez que l’excuse, “Vous devez apprendre cela pour l’examen” n’est pas bonne pour vous. L’éducation est un excellent outil, si elle est correctement utilisée, se concentrant davantage sur l’apprentissage plutôt que sur avoir de bonnes notes.
Pour ceux d’entre vous qui travaillent dans le système que je condamne, je ne veux pas être insultante ; j’ai l’intention de motiver. Vous avez le pouvoir de changer l’incompétence de ce système. Je sais que vous n’êtes pas devenu professeur ou administrateur pour voir vos élèves s’ennuyer. Vous ne pouvez pas accepter l’autorité des conseils d’administration qui vous disent ce qu’il faut enseigner, comment l’enseigner, et que vous serez puni si vous ne vous conformez pas. Notre potentiel est en jeu.
Pour ceux d’entre vous qui quittent désormais cette institution, je dis, n’oubliez pas ce qu’il s’est passé dans ces salles de classe. N’abandonnez pas ceux qui viendront après vous. Nous sommes le nouveau futur et nous n’allons pas laisser cette tradition en place. Nous allons abattre les murs de la corruption pour faire pousser un jardin de connaissance dans toute l’Amérique. Une fois correctement éduqués, nous aurons le pouvoir de faire quoi que ce soit, et surtout, nous n’utiliserons ce pouvoir que pour le bien, car nous serons cultivés et sages. Nous ne prendrons rien pour argent comptant. Nous poserons des questions, et nous exigerons la vérité.
Donc, ici je me tiens. Je ne suis pas ici en tant que meilleure de ma classe par moi-même. J’ai été façonnée par mon environnement, par tous mes pairs qui sont assis là me regardant. Je n’aurais pas pu l’accomplir sans vous tous. C’est vous tous qui avez vraiment fait de moi la personne que je suis aujourd’hui. Vous étiez tous mes concurrents, mais aussi ma colonne vertébrale. Ainsi, nous sommes tous les premiers de la classe.
Je suis maintenant censée dire adieu à cette institution, à ceux qui la maintiennent, et ceux qui sont avec moi et derrière moi, mais j’espère que cet adieu est plutôt un “à bientôt” où nous travaillerons tous ensemble à monter un mouvement pédagogique. Mais d’abord, allons chercher ces morceaux de papiers qui nous disent qui nous sommes assez intelligents pour le faire !
Source : America via Erica, SOTT.net, trad. NewsOfTomorrow




















